La dialectique argent/emploi et ses effets pervers

Posté par nofim le 11 avril 2014

L’Etat  et  la circulation de l’argent

Par  Jacques  Halbronn

On sait que seules certaines instances ont le droit d’émettre de l’argent. L’Etat peut payer les services qui lui sont rendus avec de l’argent et cet argent servira à son tour à ce que  les gens qui ont ainsi été payés  en emploient  d’autres,  avec ce même argent,  en contrepartie de certains services.

Celui qui reçoit de l’argent pour service rendu est donc  invité à  employer des gens pour qu’il puisse faire usage de l’argent qu’il aura reçu.  Cela nous rappelle des séjours que nous avons faits en Europe de l’Est, donc avant 1989, où on disposait de sommes  (notamment en raison du change obligatoire ou du fiat de la vente de certains biens, comme des vêtements. Il  fallait ensuite trouver à employer cet argent en achetant des choses dont on n’avait pas forcément  un énorme et urgent besoin. En ce sens, recevoir de l’argent peut créer des besoins et donc des dépendances de façon artificielle. Il y a des choses que je pourrais faire moi-même et que je vais déléguer du fait que j’ai de l’argent à dépenser.

L’argent crée du lien social comme d’ailleurs toute forme de handicap lié à un manque car il  exige une certaine éducation, une initiation qui seront  un mode de communication entre tous ceux qui ont appris  certaines pratiuqes.

L’argent conduit donc à se cloisonner professionnellement puisque certaines choses peuvent être demandées à d’autres. Et  cela  crée un risque de chômage car si le  créneau sur lequel on s’est polarisé   se bouche, on n’a pas d’alternative puisque nos autres activités sont  réalisées par procuration ou très mal maitrisées.

Inversement si  l’on supprime la circulation de l’argent,  à quoi cela  va conduire? On peut dire que les gens devront faire les choses eux-mêmes, ce qui diluera d’autant le lien social, ce qui n’est pas forcément    une mauvaise chose puisque l’on a  vu que le handicap était un facteur important de lien social.

La notion d’autonomie ne doit pas nécessairement se poser au niveau individuel. On peut aussi parler de l’autonomie d’un groupe et plus ce groupe sera vaste,  plus il sera autonome. D’où l’intenté des fusions d’entreprises, très à la mode en ce moment ou des annexions de territoires dans le cas de le Crimée)

En ce sens, l’argent permet la multiplication des entités distinctes et la raréfaction de l’argent  encourage la constitution d’entités plus importantes. Quand l’Allemagne a envahi  la France en  1940, cela lui a permis de se procurer des biens sans avoir à les payer. La notion de blocus continental   mise en œuvre par Napoléon allait dans le même sens d’une réduction des échanges avec des entités extérieures. Car l’argent  sert avant tout à connecter des entités séparées, à commencer par les individus isolés qui ne vivent pas en tribu et ne profitent pas d’une certaine solidarité.

Donner de l’argent peur avoir par conséquent  des effets pervers en ce que  cela décourage l’accès à l’autonomie et aux rapprochements entre personnes ou entre entités.

La question de l’argent  est liée à celle du plein-emploi. Si je crée et distribue  de l’argent, je crée de l’emploi, puisque les gens  ont de l’argent à dépenser.  Mais  est-ce une bonne chose en soi ?

Il y a deux façons de permettre le plein emploi. D’une part,  en créant des postes  rémunérés par de l’argent qui permettra à la personne de pater pour ce qu’elle ne fait pas, comme par exemple pour un baby Sitter. Doit-on  aller travailler pour payer une personne pour garder des enfants ? D’autre part, en encourageant les gens à  former des entités relativement vaste, ils profiteront  d’une synergie qui n’est pas possible s’ils restent seuls. Le regroupement est un moyen d’échapper au chômage et au circuit de l’argent, par la réduction des couts.  Il existe enfin une autre solution qui est que la personne parvienne par elle-même à satisfaire ses besoins, ce qui  relève de la gratuité. Tout ce que nous faisons sans faire appel à un quelconque appareil externe est gratuit, il est lié au simple fait de vivre. (cf. le concept de Kibboutz).

A ce propos  il   est essentiel de réfléchir à la notion de besoin car un grand nombre de  besoins  sont abusifs.  Il y a notamment le critère de qualité qui autorise tous les abus et dérives. On pourrait faire des choses par soi-même mais ce ne serait pas aussi bien fait, entend-on. Ou bien, on aurait mieux à faire que de s’occuper de telle ou telle activités, cela nous ferait perdre du temps ou cela empiéterait sur notre temps libre.   Cette notion de loisir nous apparait assez factice, c’est un peu comme l’argent à dépenser, on a du temps à dépenser  du fait que l’on s’est soi-même mis au chômage en déléguant. Et ce temps libre sera d’ailleurs l’occasion de dépenser notre argent et d’employer des gens qui nous distrairont et dont c’est le métier. On pourrait s’interroger avec Pascal sur la notion de divertissement.

Nous sommes très sceptiques sur l’idée de spécialisation qui nous semble appartenir au domaine de la machine plutôt que de l’humain. Plus on se déshumanise et plus on se spécialise.  Il faut accepter  de faire avec les moyens du bord et de ne pas chercher la qualité à tout prix car cela  crée des besoins  au niveau d’un groupe qui pourtant aurait en son sein suffisamment de ressources humaines pour ne pas avoir à en  importer. D’om l’importance que nous accordons au « live ». La vertu du live est d’éveiller les facultés des proches, de ceux qui peuvent s’identifier à ceux qui sont en train de performer. Un enfant s’identifiera à quelqu’un de sa  famille en posant un principe d’identité, d’égalité : ce qu’il fait, je peux le faire, puisque je suis comme lui, que je lui ressemble ; Il ne s’identifiera pas à quelqu’un de lointain qui serait trop différent ?  Bien des ^problèmes des minorités, actuellement, sont liés à la dépréciation du milieu familial et à la polarisation sur des personnes qui leur sont étrangères. Une telle aliénation conduit à un sous-développement des membres du dit milieu par manque d’identification et donc de motivation à développer en soi certaines aptitudes. L’individu isolé ne peut s’identifier donc ne peut  s’éveiller pleinement à ses propres dispositions qui sont au départ illimitées mais qui risquent de se cloisonner très vite, d’où cette question « que feras-tu quand tu seras grand ? ». En revanche,  avec l’âge, le rôle du milieu sera nettement moins déterminant mais l’adulte aura le devoir d’éveiller les enfants par l’exemple et de ne pas déléguer cette mission. Il ne s’agit pas ici de raisonner en tant que consommateur mais comme « consommacteur » (cf notre entretien avec Steve sur You Tube-Halbronn). L’idée n’est donc pas d’apporter un plaisir maximal  dans le  fait de recevoir  mais de donner envie à d’autres de nous imiter, quitte à nous dépasser.  Si l’on prend le cas de l’apprentissage du langage, il n’a pas à être délégué à   un étranger à la famille, même si cet étranger est « meilleur » dans sa façon de s’exprimer car cet étranger n’enclenchera  pas une même dynamique mimétique.  Même une prestation médiocre suffit  dès lors qu’elle émane de la personne appropriée. Et cela vaut pour la plupart des activités.  Le «Fait maison » est plus porteur et  ne passe pas, qui plus est, par l’argent. D’où le probléme des familles monoparentales qui ne favorisent pas l’autosuffisance du groupe et donc  finissent par s’inscrre dans un processus de délagation et donc d’argent, qui n’aura pas la même vertu d’éveil..

JHB

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