Liberté spatiale des hommes et cyclicité féminine

Posté par nofim le 15 avril 2014

Le film « Divergent », et la problématique masculin/féminin
Par Jacques Halbronn
Nous avons beaucoup aimé le film de Neil Burger, premier volet de l’adaptation de la trilogie de science-fiction de la romancière Veronica Roth. Et il est vrai que la science-fiction est un domaine où nous projetons nos angoisses et nos espérances dans un futur plus ou moins utopique. (Matrix, Blade Runner, la planéte des Singes, Elyséum etc, sans parler du film de James Cameron, Avatar, en 2009.) Mais ce film nous interpelle en ce qui concerne nos réflexions actuelles et aborde par un certain biais des problématiques astrologiques.
La société dans laquelle l’action se passe est divisée en cinq « faction », correspondant peu ou prou à des activités professionnelles diverses. On pense aux types planétaires de Gauquelin qui sont également au nombre de cinq. A l’âge de seize ans, les enfants doivent choisir la faction (après avoir subi un test d’orientation) à laquelle ils appartiendront et qui n’est pas nécessairement celle dans laquelle ils sont nés et ont été éduqués. Mais il y a certains enfants qui ne correspondent à aucune des factions proposées, on les appelle des « divergents ». qui constituent une menace pour le modèle social en vigueur qui exige que chacun ait une étiquette.
Si nous étudions ce film (et ce livre) à la lumière du clivage entre hommes et femmes – notons que dans le film les factions sont mixtes, c’est qui est déjà en soi, selon nous, une erreur-
En effet, cette propension au cloisonnement professionnel nous semble typiquement féminine. Tout se passe comme si les femmes étaient programmées à effectuer un choix et à s’y tenir, en passant par la formation appropriée
A contrario, ceux qui sont appelés « divergents » seraient selon notre modèle des hommes qui ne sont nullement programmées pour s’inscrire au sein d’une quelconque spécialisation. Se pose ainsi le différentiel entre hommes et femmes que Veronica Roth ne parvient pas à cerner pleinement tout en mettant en avant les bonnes lignes de clivage. Il faudrait évidemment prendre connaissance des deux autres volets de sa trilogie mais il est clair qu’elle n’aborde pas de front la question du masculin et du féminin.
Cette notion de « divergeant » est extrêmement intéressante dans la langue de Veronica Roth. Selon nous, c’est celui qui se cloisonne ou se laisse cloisonner qui serait plutôt divergeant, déviant.
Cela dit, Roth ne pose pas ce choix de l’une des factions à la naissance si ce n’est que la naissance place d’office la personne au sien de telle ou telle faction. Mais l’auteur situe ce choix à seize ans, ce qui nous semble plus raisonnable et lus proche de la réalité. C’est bel et bien au cours des premières années, qu’une femme façonne sa « personnalité ».Elle guette des signes de ce qui pourrait circonscrire sa liberté lui épargne ainsi de se disperser, de trop «embrasser’ » Les hommes, au contraire, ne sont pas engagés dans une telle « sélection » de ses potentialités, qui conduit à la « mort » de certaines d’entre elles, à leur élimination. Ils n’ont pas comme les femmes à faire le deuil de ce qu’ils ne sont pas et c’est en cela qu’ils sont « divergents » au sens de Veronica Roth. Quand les hommes rencontrent des obstacle dans tel ou tel domaine, ils n’ont pas à y voir le signe d’une frontière à ne pas franchir mais bien plutôt un défi à relever et tout au long de leur vie, ils s’efforceront de faire bouger leurs lignes, ce qui les rend difficiles à cerner une fois pour toutes, ils sont inclassables, ils n’entrent pas dans un moule et ce n’est pas étranger à leur créativité alors que les femmes sont vouées à un certain conformisme socioprofessionnel, elles ont moins de facettes que les hommes.
Un autre problème que pose ce film, c’est qu’il laisse entendre que les choses ne se jouant pas à la naissance. Or, il est clair que le sexe qui est le nôtre constitue un fait non seulement évident à la naissance mais désormais avant même la naissance, pat le biais de l’échographie. Mais ce qui compte alors, ce n’est pas le thème natal mais bien le sexe, alors que les astrologues et les numérologues n’en tiennent guère compte du moins si l’on en croit ce qui s’écrit sur ce sujet. .
En fait, notre réflexion sur la cyclicité nous amène à présent à penser que c’est la cyclicité qui perturbe le cours de la vie. Le fait de passer d’une phase à une autre crée de la discontinuité. Echapper à la dynamique cyclique, c’est rester constant et imperturbable et toujours égal à soi-même, tout en élargissant son champ de conscience en continuant à éveiller de nouvelles potentialités en soi. En définitive, et cela peut sembler paradoxal, les hommes sont plus marqués par l’exploration de leur spatialité, de leur territoire et les femmes plus marquées par le vécu de leurs phases successives et récurrentes qui leur apporte une certaine diversité qu’elle ne connaissent guère spatialement puisqu’elles se sont systématiquement limitées, au cours de leur vie alors même que les hommes, tout au contraire, s’ouvraient à d’autres activités en parallèle, ce qui leur permet d’avoir une double ou une triple vie de front alors que les femmes connaitront cette diversité de par le cycle.
Bien entendu, les deux genres sont en interaction et s’influencent mutuellement. Comment un homme ne serait-il pas marqué par un changement de phase d’une femme qui lui est proche et comment une femme ne serait-elle pas étonnée par l’ampleur des possibilités insoupçonnées et toujours renouvelées – qui lui donnent le tournis- de son partenaire. Ce qui repose les femmes quand elles sont entre elles, c’est qu’elles arrivent mieux à se cerner à tel point que chacune d’entre elles prend la peine d’indiquer ce qu’elles sont et ne sont pas, ce qu’elles aiment ou n’aiment pas, comme si elles donnaient ainsi leur mode d’emploi Ce qui repose les hommes quand ils se retrouvent entre eux, c’est que ceux-ci ne sont pas voués au changement dans leurs relations entre eux. Certes ils peuvent passer d’une activité à une autre, d’un monde à un autre, mais ils ne sont pas entrainés par une dialectique de fascination-rejet comme c’est le cas pour les femmes. Les hommes sont imprévisibles par l’étendue de leurs activités professionnelles tandis que les femmes le sont par la diversité de leurs comportent et de leurs attitudes psychologiques.
On se demandera si dans notre monde, n’est pas jugé « divergent » celui qui refuse de se limiter dans son champ d’action, ce qui lui confère une maîtrise dans plusieurs domaines et lui permet d’être en prise avec chacun d’entre eux au lieu d’être dépendant des domaines qui ne sont pas les siens, comme c’est le cas pour les femmes. On notera que souvent les gens se mettent plus facilement d’accord sur ce qu’ils ne connaissent que de seconde main, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’approfondir et se disputent sur ce qu’ils connaissent de première main, parce que c’est vivant, en progrès. (work in progress, process)

 

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