Retour de l’anti-astrologie en 2005-2006 en France.

Posté par nofim le 15 avril 2014

La réaction anti-astrologique en France (2005-2006)

Par  Jacques  Halbronn

En hommage à  mon père Pierre Halbronn, né le 15 04 1905.

Dans son Dictionnaire Amoureux de la Science (Ed Plon Fayard, 2005, pp.  92-93), Claude Allègre consacre quelques pages à l’astrologie au chapitre Astronomie.  Nous entendons en faire ici le commentaire : «  L’astrologie  est fondée  sur l’idée que des astres distants de nous de millions voire de milliards de kilomètres pourraient avoir une influence  non seulement sur notre psychisme  mais plus encore sur notre avenir ? Comme si le ciel  était  constitué par une myriade d’étoiles organisant le monde  grâce à un système bien sûr totalement mystérieux. C’est la négation même de la  science, de la logique et de la biologie Les quelques coïncidences positives qui ont pu se produite entre la date de naissance et  un certain comportement  relèvent du hasard et non d’un déterminisme cosmique(…) à  A l »époque actuelle, le renouveau de l’astrologie marque une perte des repères chez beaucoup d’individus  et ce n’est pas un signe positif  pour l’état de notre société »

On ignore quels ouvrage Allègre a consulté pour affirmer ce qu’il affirme en ce qui concerne les fondements de l’astrologie mais cette façon de présenter  le discours astrologique  est une fausse note dans l’ensemble de ce Dictionnaire, lequel est d’une certaine qualité, par ailleurs. Allègre nous assène que l’astrologie serait « fondée sur «  une certaine idée comme s’il ne pouvait exister  d’autres approches de l’Astrologie. Si l’on devait interroger divers astrologues, il est possible que cette « idée » soit assez largement répandue. Mais en aucune façon, il ne s’agit d’une condition nécessaire. Dans bien des cas, les  astrologues se contentent  d’observer  sans nécessairement théoriser. Et même s’ils mettaient en avant telle idée et que cette idée ne soit apparemment pas recevable, ce ne serait pas suffisant pour remettre en question l’astrologie. C’est là un paradoxe,  la question des fondements n’est généralement pas première, en dépôt de quelque évidence intuitive. On peut en cour de route changer de théorie tout en conservant la même phénoménologie. Ce qu’on appelle un point de départ n’est souvent qu’un point d’arrivée  Le problème, c’est que lorsque l’on fait du zèle en voulant creuser- c’est le cas de le dire- la question des « fondements », l’on  est parfois amené à élaborer des théories qui  desservent parfois plus qu’autre chose ce que l’on cherche à expliquer. LE mieux est souvent l’ennemi du bien ;

Ceste ainsi que nos travaux sur l’Astrocyclon sont assez faciles à suivre dans leur exposé pratique alors que lorsque nous essayons d’expliquer comment cela marche et comment un tel système a pu se mettre en place,  on entre dans des considérations qui peuvent fragiliser la crédibilité de l’ensemble car les gens ont vite fait de jeter le bébé avec l’eau du bain.   Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage et tous les prétextes sont  bons. Il reste qu’il n’est pas question pour nous de fuir le débat théorique et historique. Pour notre part, nous ne partageons en tout cas aucunement l’idée qu’Allègre se fait de l’Astrologie comme supposant que l’Astrologie aurait besoin de supposer une influence physique directe du cosmos. Certes, il est des astrologues qui se rapprochent assez de cette description. On pense à Jean-Pierre Nicola et son « système RET) qui  laisse entendre que le système solaire est organisé de façon signifiante, selon un codage basé sur  la distance des planées (jusqu’à Pluton) au soleil  mais qui n’accorde aucune importance au étoiles fixes. (cf. Pour une Astrologie Moderne, Ed  Seuil,  1977). Mais il y a aussi des « symbolistes » qui n’ont cure d’une telle « influence » physique mais on butte sur cette question : comment les premiers astrologues s’y sont-ils pris pour identifier la nature  archétypale  (Jung) de chaque planéte surtout  quand ils combinent toutes les planètes au sein du thème.  ?

A  ce propos, Allègre laisse entente, dans les quelques lignes qu’il consacre au sujet  que l’astrologie passe forcément pat le thème de naissance. Là encore, il généralise et surtout il  ne prend pas la peine de s’interroger sur la possibilité d’une  telle  corrélation par-delà le moment de naissance. C’est là encore un assez mauvais procès que de critique tel ou tel propos sans chercher à aller au-delà. D’ailleurs, l’astrologie dite mondiale  ne se sert pas nécessairement du thème natal sans parler de l’astrologie horaire qui dresse le thème pour le moment de la consultation u de la question ; C’est notamment le cas de la théorie de grandes conjonctions Jupiter Saturne si importante  notamment dans les années  1300-1600, en Europe. (cf. dans la République de Jean Bodin, fin  XVIe siècle). Pour, notre part, nous n’avons aucun usage du thème natal  dans notre Astrologie. Il n’est pas davantage obligatoire de considérer que l’astrologie étudie les individus dans leur spécificité, elle peut fort bien se limiter  à nous décrire un comportement général, que l’on pourrait situer dans le domaine physiologique par-delà  l’imaginaire du public. Mais à partir de quel seuil,  est-ce encore de l’astrologie et quels en sont les attributs incontournables ? Peut-être  pas ceux auxquels ’on  pense dans un premier temps

Ce que nous voulons dire, c’est que l’approche que les scientifiques devraient avoir de l’astrologie ne saurait se limiter à ce qu’en dissent les astrologues à moins de se situer dans une démarche ethno méthodologique (cf. le Que sais-je ?) visant à décrire les croyances servant de lien social à une « tribu », à une « secte ». Etudier le dossier astrologique  ne saurait se limiter à ce que les astrologues disent de leur discipline.(accountability  pour parler comme Harold Garfinkel).  Allègre pourrait traiter de ce que pourrait être l’astrologie et sur quels fondements elle pourrait reposer.et ce par-delà les dires des astrologues.  On nous objectera naïvement que l’on ne saurait dissocier les astrologues de l’astrologie et vice versa. C’est un point de vue que nous ne partageons pas car nous pensons que les astrologues actuels ne disposent pas d’une astrologie valable ni sur le plan théorique ni sur le plan pratique. (cf. La pensée astrologique,  Ed Artefact  1986, in l’Etrange Histoire de l’Astrologie (avec  Serge Hutin). Il est vrai que le Que sais-je sur l’Astrologie réalisé par Philippe Zarka et  Daniel Kunth au début cette même année 2005 commet le même type d’erreur et décrit l’astrologie comme une langue dotée d’une certaine littérature et non dans un esprit scientifique. Il arrive ainsi que les scientifiques s’aventurent avec plus ou moins de bonheur dans des domaines qu’ il n’ont pas suffisamment approfondis en ne prenant pas la peine de reprendre la question à la base, par-delà tout ce qu’une certaine littérature  a pu véhiculer à travers les âges.

Jean –Paul Ravine, en 2006 (dans la revue Sciences Pseudosciences de l’AFIS)- SPS n° 272, juillet-août 2006) montre bien que l’année 2005 marque un sursaut de l’Anti-astrologie, avec notamment le remplacement du Que Sais-je de Suzel Fuzeau Braesch jugé trop favorable à l’astrologie et paru en 1989.

« La célèbre collection des Presses Universitaires de France héberge le meilleur et le pire. L’aventure du Que-sais-je ? Sur l’astrologie n’est sans doute pas la page la plus glorieuse de son histoire.

Le premier ouvrage sur le sujet est publié en 1951. Signé par l’astronome Paul Couderc, c’est un excellent opuscule, précis, pédagogique, bien dans l’esprit de la collection. Il sera réédité et remanié au moins cinq fois, preuve de son succès. Pourtant, en 1989, sous le même titre, un livre entièrement nouveau est publié, signé de Suzel Fuzeau-Braesch. Aucun doute sur les intentions de l’éditeur. Suzel Fuzeau-Braesch n’est pas astronome, elle est astrologue. Et en lieu et place d’un ouvrage expliquant les bases astronomiques de l’astrologie, confrontant cette dernière à la science, aux études statistiques visant à éprouver ses affirmations, le lecteur qui fait confiance à la célèbre collection se trouve avoir entre les mains un plaidoyer pro-astrologie, faisant fi des réalités scientifiques.

Le scandale sera régulièrement dénoncé par les astronomes et astrophysiciens, ainsi que par tous ceux qui sont épris de rigueur dans la connaissance scientifique et attachés à une collection qui les aura accompagnés dans de nombreuses découvertes. C’est alors qu’en février 2005, un troisième ouvrage portant le même titre est publié. Début du retour du balancier ? Deux astronomes sont mis à contribution : Daniel Kunth et Philippe Zarka. » (cf. notre entretien pour teléprovidence avec Daniel Kunth)

Neuf ans plus tard,  l’anti-astrologie aurait intérêt à revoir sérieusement sa copie car son « objet » d’étude s’est considérablement transformé et ses critiques ne sont plus d’actualité, ce qu’apparemment  les auteurs dont il a été question n’avaient pas prévu. Car le grand tort des anti-astrologues est de réifier l’objet Astrologie comme s’il était  fossilisé alors même qu’ils reconnaissent que les astrologues ont adopté de nouvelles planètes récemment découvertes. Ils ont voulu la figer dans le passé tout en état parfaitement conscients qu’elle était restée bien vivante et en oubliant que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Au fond, ces anti-astrologues traient l’astrologie comme s’il s’agissait d’une langue parlée par un certain groupe et qui n’évoluerait qu’à la marge en s’ajustant et s’alignant sur  une certaine  modernité. Or derrière une langue – et c’est un débat entre linguistes- il y a une science qui est souvent disloquée, démantelée, brouillée mais qui se pette à une certain archéologie, ce qui exige des talents particuliers.

Au bout du compte,  il importe de rappeler que le ciel peut parfaitement avoir été instrumentalisé par l’astrologie tout comme un photographe restitue un objet sa façon sans demander son avis au dit objet/  Les astres peuvent agit sur les hommes sans que cela suppose de la part des dits astres d’exercer une quelconque influence. Allègre semble tout vouloir ignorer d’une telle problématique et en fait de mal appréhender la dialectique Science/technique. La technique transmute l’objet de départ, elle en fait quelque chose de totalement autre de même d’ailleurs que l’Art. On n’imagine pas des scientifiques déclarer que Rodin a eu tort d’utiliser le marbre de telle ou telle façon. On sent chez le scientifique une sorte d’exaspération par rapport à la Technique lorsque celle-ci ne se met pas à son service (cf. Allègre sur les télescopes).

Or, il nous semble assez clair que l’astrologie a un rapport technique avec l’astronomie, et la technique est évidemment en principe au service des hommes, ce qui peut être aussi assez irritant pour la Science « pure ». Il est vrai que les astrologues eux-mêmes n’ont pas pris la mesure de cette dimension techniciste de l’Astrologie et donc sont de mauvais avocats de leur propre savoir. Peut-être, l’astrologie est-elle une chose trop sérieuse pour être  laissée aux astrologues. C’est ainsi que le langage est une « technique » qui se sert  des sonorités et comme toute technique, elle n’a aucune obligation d’exhaustivité, elle prend ce dont elle a besoin et laisse de côté ce dont elle n’a pas besoin. Cela vaut notamment pour l’astrologie qui n’a aucune obligation, en tant que technique, de se servir de tout ce qui existe dans le cosmos et encore moins de ce que l’on pourrait découvrir un jouir.  La création technique est fonction d’une époque, de ses besoins et de ses moyens. Précisons que l’on emploie ici le mot technique est souvent employé en astrologie non pas pour désigner l’astrologie mais plutôt comme synonyme de méthode.

Selon nos réflexions actuelles, la piste d’une Astrologie-Technique se révèle fort féconde et notamment parce qu’elle résout la question de la transmission des caractères acquis (Lamarck) mais il nous faut plutôt parler de biotechnologie quand le vivant  intégré des informations « externes » comme notamment certaines configurations astrales utilisées comme marqueurs de temps, à l’instar  de ce qui se passe pour le calendrier. Car qu’est-ce que l’astrologie sinon une forme de super-calendrier, terme que n’utilise à aucun moment les anti-astrologues de 2005-2006. ? Rappelons que selon nous l’Astrologie Technique  ne se sert que d’une planéte, Saturne et de quatre étoiles. Le Scientifique peut demander pourquoi au nom de son devoir d’exhaustivité mais il est déboité  si l’on se place au niveau purement technique. Est-ce que l’on demande pourquoi tel mouillent a été construit dans tel matériau et pas dans tel autre ? Cette question peut intéresser ‘l’historien mais ne saurait mètre en question l’existence du dit monument. Considérons donc l’Astrologie comme un monument,  une Œuvre qui nous est parvenue, non sans encombre, non sans restaurations malheureuse – (on pense à Violet Leduc pour les cathédrales). Et on pourrait dire qu’elle fait à ce titre, comme les langues ou les villes, partie du patrimoine de l’Humanité.

Mais avons que tout n’est pas si simple et que l’on passe parfois de Charybde  en Scylla, ce qui a au moins l’avantage d’exiger des adversaires de l’astrologie qu’ils changer leur fusil d’épaule et ce à plis d’un titre.. D4une part, parce que l’astrologue n’est pas obligé de dire que l’astrologie est une modèle à suivre, il peut fort bien vouloir au contraire la neutraliser (cf. Le monde juif et l’astrologie, Ed Archè 1985) pas plus qu’un cancérologue ne fiat l’apologie du cancer. D’autre part, il  convient de se demander comment les êtres humains fonctionnent en rapport avec  cette mécanique céleste qui se meut au-dessus de leur tête, tout au long de leir existece (et pas seulemenbt à la naissanxe). Nous avons proposé que seules les femmes faisaient partie intégrante d’un tel écosystème puisque l’on sait qu’elles sont sensibles à un certain cours du temps (grossesses, règles) comme le sont d’ailleurs divers animaux et  végétaux qui semblent avoir réussi à élaborer des techniques  faisant appel à un référentiel externe, comme la position de la Lune, sans parler du soleil. On note qu’Allègre ne prend même pas la peine de mentionner le cas des luminaires et qu’il s’attaque aux aspects les plus extrêmes de l’astrologie pour la discréditer au lieu de voir ce qu’il peut en garder

Nous ne contesterons pas d’ailleurs que certaine questioins de biotechnologie ne sont pas encore maitrisées de nos jours. Nous pensons notamment que certains êtres vivants  relèvent eux-mêmes du domaine de la technique. Quand nous parlons de l’Astrologie Technique, c’est en fait à cela que nous entendons parvenir, à savoir que l’Humanité serait en partie du moins constituée d’ères relevant du cadre de la technique. Mais faut-il rappeler que nos mains appartiennent quelque part à un tel cadre mais il s’agit là d’une technologie « soft », organique. Or, dans le cas de l’astrologie, il s’agit aussi d’une technologie organique en pris avec le monde extérieur comme c’est le cas d’ailleurs pour les mains (qui sont l’ancêtre déroutes sorts d’outils). La seule différence est-elle est de taille, c’est que l’astrologie, du moins de nos jours, n’implique pas un visuel conscient. Entendez par là que l’on ne regarde pas les astres, ce qui semble pourtant être une  condition sine qua non minimale qui n’exige –rappelons-le- que de capter visuellement un signe ou plutôt un signal (au sens pavlovien du terme) Or/  M. Allègre  ne nous contestera pas que les hommes contemplent le ciel et peuvent être influencés par  ce regard qu’ils portent sur celui-ci même si le ciel n’en a curé. Là encore, l’approche d’Allègre est fort peu humaniste, il semble détester l’idée que les humains aient pu  décrire le ciel comme bon leur semblait et en tirer quelque usage aussi hérétiques aurait-il pu être au regard de la science moderne ; Veille querelle des Anciens et des Modernes.

Mais que se passet-il quand il n’y a même pas ce visuel qui est une condition  suffisante pour qu’une certaine « influence » puisse exister. Tel est le véritable obstacle épistémologique .et il n’est donc pas là où croient pouvoir le situer nos  nouveaux anti-astrologues de 2005-2006 (Zarka, Krivine, Lequévre, Kunth, Allégre, sans oublier Pecker etc). On est obligé d’admettre que certains êtres humains (on a pointé les femmes) seraient équipés d’une  sorte de  radar. C’est peut-être à cela que la tradition renvoie au sujet de l’intuition féminine. Il revient aux neurosciences de détecter éventuellement l’emplacement d’un tel appareillage.

On nous objecta évidemment que les Anciens n’étaient aucunement en mesure  d’installer des radars dans l’organisme humain. Voilà qui nous conduit à penser que l’Histoire des Techniques est porteuse de certaines questions de ce type  Comment a-t-on fait pour construite ceci ou cela ? Cette Histoire nous ouvre des perspectives remarquables pour baliser l’évolution de l’Humanité laquelle n’a probablement pas été linéaire mais a du connaitre des  cycles et des ruptures.

 

 

JHB

15  04  14

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