L’astrologie bafouée par les astrologues

Posté par nofim le 28 avril 2014

L’astrologie est-elle un savoir « mort »?

par  Jacques  Halbronn

 

Il y a deux définitions disponibles pour la communauté astrologique. L’une selon laquelle celle-ci défend un certain savoir  et l’autre, sensiblement plus large selon laquelle  une telle communauté  rassemble des chercheurs qui s’efforcent d’établir l’existence d’une certaine relation entre l’Humanité et le Cosmos/ Actuellement, c’est la première définition qui tend à devenir dominante et on peut le regretter. Se forme alors ce que les ethnométhodogues appellent un ethno-savoir (cf le mémoire d’Hubert Brun, en ligne sur le site du CURA) et par conséquent dès que le dit savoir est mis en cause, cette communauté se sent menacée en ses fondements mêmes. C’est quand une société se fige qu’elle devient objet d’étude pour les ethnologues et d’ailleurs les sociétés figées ont été le principal objet de l’ethnologie.

Cela est vrai aussi pour les anti-astrologues qui considérent que l’astrologie est un savoir mort/ Précisons qu’ un savoir mort ne peut pas « vivre »/  Une sonate de Beethoven est « morte », elle ne bouge plus mais elle peut continuer à être « jouée des siècles plus tard. De même une société  peut s’ancrer sur un savoir mort tout en  lui conférant une certaine vie en  s’y conformant.  Il y a donc là un obstacle épistémologique autour de la notion de mort que nous avons traitée à maintes reprises.

Autour de l’idée de ce qui est ou n’est pas « mort » les avis peuvent en effet considérablement diverger et notamment selon que l’on est un  homme ou une femme. Ce qui pour une femme est « bien vivant » est mort pour un homme. Il peut y avoir des simulacres de vie, on peut même faire bouger des objets  (psychokinésie) et donner une apparence de vie à un pantin (épouventail agité par le vent, girouette etc).

Revenons à ces astrologes qui ont figé peu ou prou leur savoir, tout en tentant de lui conférer un semblant de  (sur)vie. Ils font la paire avec ces anti-astroogues qui s’en prennent non pas au concept d’astrologie mais à une certaine tradition et qui s’imaginent qu’en mettant en pièces les dires des astrologues, ils auront réglé son compte à l’astrologie. Ces anti-astrologues font les questions et les réponses/ Ils ne se demandent pas s’il n’y a pas d’autres formulations possibles de l’astrologie que celles  qui trainent dans les livres.

En réalité,  l’autre définition de l’astrologie  nous semble bien plus porteuse et c’était celle qui était en vigueur  jusque dans les années  quatre vingt, il y a donc trente ans. Toute contribution à l’étude des corrélations entre les hommes et les astres était la bienvenue, quand bien même n’aurait-elle pas correspondu  à une certaine « doxa » astrologique.Or, recemment, Frank Agier de Baglis TV nous a signalé -après en avoir parlé à différents astrologues – qu’il ne mettrait pas en lignes les vidéos qu’il avait tournées avec moi exposant mes théories astrologiques  parce que cela  risquait de brouiller l’image de l’astrologie. Une telle dérive doit être condamnée car cela conduit à faired du milieu astrologique une sorte de secte.

Selon nous, il est urgent que la communauté astrologique cesse de croire que son salut passe par un savoir figé, fondé sur un consensus.  D’ailleurs, pendant des décennies l’astrologie  a  su éviter de tels écueills, étant évident que toute avancée dans ce domaine même si elle ne validait qu’une mince partie du corpus astrologique serait la bienvenue. A partir des années 90, sous notamment l’impulsion d’yves Lenoble, la communauté astroloique a changé l’image qu’elle se faisait d’elle-même  et s’est perçue comme un espace d’enseignement d’un certain savoir qui n’avait pas à être remis en question car ce serait d’un mauvais effet pour le recrutement. Or, l’effet aura été, avec le recul, inverse de celui que d’aucuns attendaient, lesquels n’ont pas compris, à temps, que l’attirance pour l’astrologie du moins chez certaines élites tenait précisément à ce côté « work in progress »,  domaine à explorer.  C’était oublier que nombreux sont ceux qui sont attirés par de nouveaux horizons et que trouvait-on à la place, ? Un savoir qui avait tous les défauts: il était figé mais néanmoins marginalisé, ne se remettant plus en question, mais ronronnant, avec des adeptes se réunissant en colloques pour célébrer leurs croyances, ce qui correspondait à une subversion des colloques que nous avions organisés à partir de 1975 dans le cadre du Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) et qui étaient ouverts à des débats de fond sur ce qu’il fallait notamment garder ou ne pas garder, sur la question de la cohérence interne comme des passerelles avec d’autres domaines de recherche. Peu à peu, tout allait se verrouiller et d’ailleurs, le public se féminiser  et vieillir  hors de toute proportion  raisonnable, et dès lors s’homogénéiser de façon caricaturale. L’astrologie se momifiait. En ce qui nous concerne, les organisateurs des congrès de Lyon, de Bordeaux ou de Paris en vingt ans ne jugèrent pas de nous inviter à nous exprimer une seule fois dans leur cadre. Toute alternative à leur astrologie devait être muselée et surtout lorsque l’on se permettait de remettre en question certaines « bases » de l’astrologie. En 2014,  lorsque l’on interroge un astrologue sur l »absence  de fondement de tel ou tel dispositif,  on entend pour toute réponse « du moment que cela fonctionne » comme si la notion même de « fonctionnement » était clairement établie en astrologie. C’est là le degré zéro du débat astrologique que Didier Geslain, qui se revendique d’André Barbault, se permet de nous tenir devant la caméra.  On ne peut pas descendre plus bas dans cette cristallisation de l’astrologie qui du fait même qu’elle s’est  solidifiée parle d’elle-même comme si elle était une mécanique de précision. D’ailleurs,  étonamment, c’est ce mot de précision qui est employé de façon récurrente par cet astrologue et qui renvoie notamment à une certaine idée de la prévision avec une fourchette de temps très étroite. Etrangement, en conférence, ces astrologues ne prennent même pas la peine de relier des événements de la vie d’une personne avec le contexte astronomique auquel ils se référent, hormis la sacrosainte date de naissance qui est la seule données à la fois astronomique et existentielle qu’ils prennent la peine de recueillir (extraits d’acte de naissance à l’appui).   Cette communauté astrologique en est au stade des soins palliatifs. Elle se laisse mourir et c’est ce que nous avons appelé le désamour des astrologues pour l’astrologie. Comment parler de l’astrologie comme d’aucuns le font  en « aimant » l’astrologie.

En réalité, comme on dit en ethnométhodologie,  le ‘non-dit  » d’une telle « communauté », c’est bien  un certain désenchantement. Le couple Astrologue-astrologie ne tient plus que par habitude mais voilà longtemps que l’astrologue trompe l’astrologie avec des maîtresses sémillantes. C’est ainsi que l’astrologue préfére parler anecdotiquement de la chanson française (disques à l’appui), des criminels (photos à l’appui)  ou de toute autre catégorie de population, d’actualiité (comme Lenoble aux réunions de l’association Source) et l’astrologie s’en trouve réduite à la portion congrue, en gardant une union de façade. Mais le divorce entre les astrologues et l’astrologie est de plus en plus flagrant et le moins que l’on puisse dire que les astrologues se comportent de façon de plus en plus cavalière avec l’astrologie réduite à un jeu de salon  quand les astrologues se réunissent entre eux.

Qui aime bien châtie bien.     Cette désinvolture de la part des astrologues qui ne prennent même plus la peine de « nettoyer » l’astrologie, qui la laissent vautrée dans ses oripeaux est un scandale comme   une vieille femme que l’on  laisse à l’abandon.  Ce milieu a cessé de se respecter lui-même.

Il est temps de se ressaisir et d’accepter une approchjhe critique (et non apologétique) de l’astrologie. Il faut  adopter une ligne minimale que nous appelons   ockamienne et qui vise avant tout à montrer qu’il y a quelque chose de tangible en astrologie même si cela ne vient pas corroborer  la tradition astrologique dans sa globalité/ Et Suzel Fuzeau-Braesch,  docteur es sciences, auteur d’une édition du Que Sais je sur l’astrologie, avait cru qu’il suffisait de prendre le savoir astrologique comme un tout, définissant l’astrologue comme celui qui savait se servir de l’astrologie et non comme celui qui  enquétait sur ce que pouvait réellemet être une astrologie. Cette définition de l’astrologue comme celui qui sait actionner l’astrologie est parfaitement grotesque et nous confirme dans l’idée qu’il est temps que l’astrologie échappe à l’emprise des femmes lessquelles  ont toujours tendance à prendre le train en marche et sans trop se poser de questions sur la provenance.  Le milieu astrologique actuel  est marqué par une contre-culture qui prend le contre-pied de la démarche scientifique. Il fait un pied de nez à  notre société et  non sans un certain cynisme, déclare à la face du monde qu’il existe et  qu’il n’a que faire  de la méthodologie dominante. Il subvertit sans état d’âme le langage de la science en usant et abusant du mot « précision ». Il ne faudrait pas que la cause de l’astrologie soit compromise par de telles bouffoneries.

 

 

 

 

JHB

28. 04. 14

 

 

 

 

 

 

 

 

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