Les femmes et l’économie

Posté par nofim le 30 avril 2014

L’économie  au féminin en question

par Jacques  Halbronn

 

 

Nous avons déjà  mis en cause une économie de l’échange et de l’emploi que nous opposons à une économie de l’auto-suffisance et de la gratuité car ce qui est organique- dans tous les sens du terme-  obéit à une autre logique moins aliénante.  D’un côté, donc, une économie organique, de l’autre une économie « instrumentale », « objectale », « technique ».

Or, il nous apparait que l’économie dans laquelle nous vivons serait  essentiellement « féminine », c’est à dire (cf nos travaux sur ce thème), qui fait appel à des éléments extérieurs à la personne dans sa « nudité » organique, sauf, paradoxalement,  dans le cas de l’accouchement.

Dans la tradition juive, ce sont les femmes qui « travaillent » si l’on entend par ce mot qui gagnent de l’argent et cet argent permet de se procurer un certain nombre de biens. Mais l’on sait qu’il est des choses qui ne s’achètent pas et qui en ce sens sont inestimables. Les hommes dans le judaïsme se vouent à ces « travauax » qui n’ont pas de prix comme l’étude de la Torah.

Il est des femmes qui préférent un collier à un poéme, parce que le collier a une certaine valeur marchande, comme si le fait de dépenser de l’argent  était un acte symbolique fort, une privation, un sacrifice, une dépossession  alors que le poéme que l’homme a oomposé lui-même n’a pas exigé  une telle « mutilation ». Dépenser, c’est se séparer de quelque chose, d’où le préfixe « dé ». Faire l’amour en ce sens ne serait pas aussi « fort » que d’acheter un beau cadeau alors que quelque part l’homme y aura mis plus du sien que dans quelque achat.

Cela nous renvoie à cette idée que nous avons déjà exposée, à savoir que tout échange passerait par une perte. Si je décide de faire appel aux services de qelqu’un comment vais-je le payer, le rémunérer? Nous avons montré que le fait d’employer quelqu’un découle de l’idée que je me fais de mes limites et de mes insuffisances, ce dont ce quelqu’un a pu me convaincre, dans son propre intérêt. Il va donc bien falloir qu’en échange de ses services, du temps qu’il consacre à mes affaires, à ma place, que je lui donne quelque chose qui m’appartient ou que je me sépare d’un bien pour y  parvenir. Celui qui ne veut pas « payer », acheter serait donc quelqu’un qui ne voudrait pas se priver, s’appauvrir, se limiter, renoncer.

Or, symboliquement,  dans l’économie du couple,  on conçoit que la dépense soit associée à un don de soi peut être plus marquant que ce que l’on sort de soi-même, san avoir à le payer.  Cela vaut d’ailleurs aussi pour les cadeaux consistant à des objets qui n’ont pas été achetés mais que l’on aurait trouvé dans son grenier ou dans sa bibliothèque. D’où l’importance du cadeau flambant neuf pour lequel il aura bien falu débourser. On pourrait jouer sur ce mot de « bourse » . Bref, il faut faire des « frais » pour donner un gage de son attachement à l’autre et ne pas se contenter de  quelque chose qui ne nous aura rien couté, si ce n’est un certain fonctionnement du mental ou du physique.  On pense à Samson et Dalila, laquelle exige de Samson un « vrai » sacrifice » pour preuve de son amour, même et surtout si cela lui coûte.  Ainsi, une femme sera touchée par un cadeau dispendieux pour lequel l’homme aura du s’endetter, contraindre son avenir, ce qui symbolisera la volonté d’un attachement à long terme. Moins le cadeau coûtera et moins il s’inscrira dans une temporalité, une durée.  Ce qui est naturel aura ainsi moins de poids que ce qui est « laborieux » tant pour celui qui achéte que pour celui qui  produit.

Il est clair que moins l’on se met en frais pour nous, moins on nous honore et  on préférera des gateaux du patissier aux fruits du jardin car ces fruits n’auront rien couté et puis cela repousse, cela se renouvelle  alors que si je me separe de quelque chose que je ne sais pas reproduire, je suis dans une problématique de mort/ Quelque part, ce qui est mort et voué à s’épuiser tôt ou tard  ferait plus sens que ce qui est vivant et qui peut se renouveler.(Eros et Tanatos, chez Freud)

Quelque part, le cadeau idéal est celui qui aura beaucoup couté, c’est celui qu’offre le pélican en  donnant à ses petits à manger ses propres entrailles (symbolique christique). Chez le Chrétien,  le sacrifice  fait sens, même et surtout s’il est excessif. Il faudrait se mettre en péril par le don que l’on fait à l’autre. En fait,  acheter serait un acte plus personnel, plus viscéral qu’offrir sa propre production car l’achat a un coût sur tous les plans.  Et l’on revient à la notion d’emploi. Employer quelqu’un, c’est accepter de se priver. Il y a là un paradoxe: j’aide celui qui est censé m’aider. J’accepte de plus ou moins  bonne foi de reconnaitre que j’ai un manque  pour que l’autre  puisse recevoir de moi en échange de ses services.  En me privant, en me limitant, j’entre dans une spirale de l’échange car à mon tour je vais essayer de me faire employer. C’est un cercle vicieux.

Notre conception de l’économie se situe au delà de telles problématiques:  que se passe-t-il si l’on refuse de jouer le jeu?  Cela implique que chacun accepte ce que l’autre peut lui offrir gracieusement et quand on y pense, cela fait déjà beaucoup. Au lieu d’aller au restaurant, je peux manger chez moi mais aussi chez des amis, des proches qui par exemple ont un jardin potager, des oeufs que les poules pondent car les animaux aussi produisent abondamment et se reproduisent. C’est toute la question de l’animal et du végétal par opposition au minéral.

Le sexe est évidemment par excellence un acte gratuit de la part de l’homme et qu’il peut reproduire indéfiniment tout comme tout ce qui reléve des loisirs  est le fait de personnes qui sont en mesure de « pondre » des oeuvres sans limitation.

Quelles seraient donc au bout du compte les objections à un tel art de vivre? On passerait d’une dynamique de difficulté, de privation à une dynamique de facilité, d’abondance. Au lieu de se persuader que l’on ne sait pas faire telle chose, pourquoi ne pas se prouver qu’il n’en est pas ainsi, relever le défi?. Cela ne peut qu’être épanouissant que d’éveiller de nouvelles potentialités. Pourquoi ne parviendrais-je pas à faire ce que l’autre fait, qui est un humain comme moi?

Le probléme, ce sont les femmes qui n’ont pas de telles facultés de dépassement de leurs limites et qui se spécialisent très tôt, ce qui obéit  probablement à une certaine forme de programmation (cf  nos derniers textes sur les statistiques de Michel Gauquelin). La notion d’autosuffisance ne serait pas accessible aux femmes et  l’on peut se demander si elles ne  cherchent pas à persuader les hommes de les imiter en  déclenchant les processus décrits plus haut. Car on ne peut se faire employer que par quelqu’un qui est limité. Celui qui est illimité ne va pas vouloir  employer qui que ce soit.   On a vu que le développement de l’ordinateur personnel (PC) avait rendu le métier de secrétaire assez vain. Le PC  augmente notre auto-suffisance tout comme Internet; Il est clair cependant que nous ne naissons pas avec un  ordinateur intégré dans notre corps ‘et en outre fabriquer un ordinateur est plus ou moins  couteux.  Mais a-t-on réellement besoin d’un ordinateur (cf les ouvrages de Frank Hebert)?

La société économique idéale est celle où chacun contribue selon ce qu’il fait le plus normalement, le plus couramment, ce qui lui permet de partager. Il faut en bannir toute symbolique de privation comme gage de la qualité de mon rapport à l’autre. Mais c’est aussi une société où chacun cherche à réaliser par lui-même ce que font les autres qui ne sont là que pour montrer l’exemple,  Il ne s’agit donc pas de donner quelque chose  à quelqu’un mais de lui montrer  comment il pourrait produire lui aussi cette chose. Les êtres qui n’ont pas cette aptiitude d’adaptation et d’imitation (intelligente) vont être tentés de mettre les choses par écrit, de les enregistrer pour les perpétuer, ce qui est une logique de mort, de testament, qui  se passe de la source. Nous sommes pour une transmission horizontale et non point verticale, une relation au sujet et non à l’objet.  Nous ne pensons pas qu’il soit sain de chercher à transmettre au delà de notre vie car il ne serait pas sain que les générations suivantes dépendent de la nôtre et  perdent leurs propres capacités créatives.  Car  ce mot créer est fondamental  tout comme celui de procréation. Celui qui crée  se situe dans la gratuité et plus je crée, dans un plus grand nombre de domaines et plus je me libére de  tout endettement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

30. 04. 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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