Phénoménologie du manque

Posté par nofim le 20 mai 2014

La dialectique du plaisir et du manque

par  Jacques  Halbronn

Le plaisir, selon nous, n’existe que par le manque, par l’attente.  Il y aurait une instrumentalisation du plaisir. Il n’y pas de plaisir

sans sentiment de déplaisir.

Faire l’amour  ne fait plaisir que par le manque qui précéde. Une découverte scientifique n’apporte de satisfaction  que parce qu’il y avait

un sentiment d’insuffisance. Il y a donc un soulagement à mettre fin à une tension.

Celui qui ne s’inquiéte pas, ne pourra donc éprouver de plaisir.

Mais le plaisir peut ne pas correspondre au probléme mais être un dérivatif  qui ne réglera rien  et la « solution » risque de devenir

le problème, un problème supplémentaire.

Le plaisir est un moyen de pallier l’impression de frustration.

Chaque fois que nous éprouvons du plaisir, il importe de se demander quelle est l’anguille sous roche, quel est le non-dit.

Quelqu’un achète un objet pour se faire plaisir. Cela semble innocent mais en fait la vraie raison peut n’avoir rien à faire avec l’objet en question comme si le plaisir finissait pas se déconnecter du manque. On ne fume par manque de fumée mais pour compenser une

frustration sur un autre plan.

Le vrai plaisir est celui qui est en prise directe sur un vrai manque.

On interrogera donc la personne par rapport à cet objet et l’on verra qu’il en est bien  ainsi dans un grand nombre de cas.  Le plaisir

doit avoir une utilité, c’est à dire qu’il faut mériter son plaisir.

Le plaisir n’est pas quelque chose que l’on ajoute mais bien plutôt un probléme dont on se décharge, se déleste parce que l’on a trouvé

une solution; le manque a été résolu et cela se fête.

Nous aimons nous mettre à la place de notre corps: le plaisir est un leurre qui peut tromper notre corps et le forcer à absorber ce

qui ne lui convient pas,  et par corps, nous incluons le cerveau. Pour ne pas souffrir, nous nous abrutissons, nous créons du doute, de

l’incertitude. Le plaisir peut être une forme de viol, de forcing.

Prenons le cas d’une personne qui parle et qui dit des choses sans intérêt mais nous nous sentons obligés de rester pour quelque

raison que ce soit,  par exemple parce que cette personne est agréable à regarder.

Nous nous forçons à subir une situation qui nous déplait.  Prenons un sandwich baguette. Le pain ne nous

intéresse pas en soi mais on y a mis un peu de jambon et donc nous allons manger le dit sandwich parce que cela fait un tout. Que « pense »

notre corps d’un tel manége, et notamment qu’en est-il de nos défenses immunitaires que nous désarmons ce faisant?

Qu’est-ce que notre corps « reconnait »?  Quantitativement,

il aura mangé du pain et ce n’est pas une mince tranche

de jambon qui  changera quoi que ce soit?  i

C’est un marché de dupes! On est dans une démarche de

bakchich, de corruption pour « faire passe la pilule ».

Nous avons beaucoup écrit sur le manque, le handicap

et les expédients pour masquer la pauvreté. Quand il y

a à manger pour un seul, on mélange sa portion avec des

produits de troisiéme ordre pour que tout le monde ait

un petit quelque chose. La quantité remplace la qualité.

C’est la base de tous les «  plats », une « table du pauvre ».

Nous pensons que la perception du Mal est beaucoup plus

vitale pour une société, pour une civilisation que celle du

Bien qui ne serait qu’un épiphénoméne à moins de

définir le Bien comme la conscience du Mal. S’apercevoir

que l’on a commis une erreur  est le plus grand bonheur et

renvoie d’ailleurs à la question du pardon. En  revanche, le

Bien déconnecté du Mal est suspect car il nous cache le

Mal et nous empêche d’en avoir conscience.  Ce « Bien »

c’est le Plaisir qui atténue notre lucidité, qui nous

aveugle quand il n’est pas libération du Mal . Le plaisir

qui serait lié à une soumission au Mal serait pervers. « Délivre

nous du Mal » conduit à la vraie  joie. Le Mal est ce qui met en

péril notre vie tant individuelle, corporelle que collective,

communautaire.

En ce sens, nous sommes assez proches de l’idée

d’ataraxie, c’est à dire de sérénité.  Pour nous le plaisir

serait en fait la tentation de dissocier le Bien du Mal, ce qui

ferait que l’on pourrait accéder au Bien sans identifier le

Mal.  Le Mal est la conscience du Manque mais en ce sens

il est une bonne chose. Le Mal qui nous alerte est le Bien

et le Bien qui nous endort est le Mal.

 

 

JHB

20 05 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JHB

19. 05  14

 

 

 

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