Sociologie astrologique : l’âge et le sexe

Posté par nofim le 26 juin 2014

Les jeunes et les femmes en milieu astrologique

(1953-2013)

par Jacques  Halbronn

Les deux angles que nous avons adoptés sont révélateurs

de ce qui se passe dans le milieu astrologique  français

mais à des titres extrémement différents.

On pourrait ainsi résumer la situation:

très peu de jeunes et notamment d’hommes

jeunes et énormémemnt de femmes d’un certain âge avec

une certaine forme de gérontocratie majoritairement

masculine. Il serait intéressant d’étudier si un tel « dosage »

se retrouve au sein d’autres communautés  astrologiques

ou non  mais aussi de vérifier s’il en a toujours été ainsi

sur une soixantaine  d’années pour le dit milieu

astrologique..

Sur le premier point, nous laisserons la question en suspens

mais nous invitons des chercheurs à confronter nos

observations propres au dit milieu à ce qui peut s’observer

pour d’autres terrains. Comme dans bien des domaines,

l’approche comparative   et synchroniquepeut se révéler fort

instructivede l’état moral, mental de la dite « communauté ».

Sur le second point, l »on proposera ici une approche

comparative diachronique du milieu astrologique entre 1953

et 2013 et l’on peut d’emblée constater un phénoméne de

vieillissement de la dite population assez saisissant pour

quelqu’un qui aurait suivi son profil sur quelques décennies.

Disons de façon quelque peu caricaturale que ce qui frappe

c’est le faible renouvellement des classes d’âge. Ceux qui

étaient jeunes hier ne le sont plus aujourd’hui mais ce sont

grosso modo les mêmes acteurs que l’on retrouve, d’une

décennie à l’autre,  toujours un peu plus blanchis, un peu

plus ridés, avec le temps qui passe, avec dans la plupart des

cas les mêmes pratiques, le même « ethno-savoir » qui se

perpétue depuis un demi-siècle. Bien entendu, celui qui

n’a pas de critère de comparaison ne s’en rendra pas

compte car il lui manquera un certain recul. L’information

la plus déterminante est souvent celle qui concerne le

temps alors que l’on a plus facilement accés à ce qui

reléve de l’espace.  Il faut donc apprendre à voyager dans

le temps pour prendre conscience de la  réalité de la

situation actuelle. Cela dit, une comparaison avec le milieu

astrologique dans d’autres pays, pour d’autres langues, serait

des plus instructives mais nous ne l’avons pas menée à ce

jour et nous cantonerons à la seule sociologie du milieu

astrologique de l’hexagone, espace que nous avons

assez systématiquement arpenté.  Il faudrait également

envisager d’élargir la recherche à une population plus

large connue sous le nom de « voyants », ce qui englobe

parfois les astrologues, stricto sensu, les frontières étant

d’ailleurs parfois assez poreuses. Il ne sera pas question ici

de l’intérêt général de la population française pour ces

domaines mais bien des personnes qui fréquentent plus

ou moins assidument  le dit milieu astrologique, lors

de réunions locales (avec le visuel que cela permet)

ou sur Internet. (le visuel étant fonction notamment des

vidéos en ligne). On peut d’ailleurs penser que le refus

de certaines structures que l’on vienne filmer leurs

activités pourrait être lié au choc visuel que représente

une salle d’astrophiles en termes de sexe et d’âge.  Le visuel

n’est nullement un point secondaire-qu’on le veuille ou non-

car ce qui se ressemble s’assemble et vice versa ce qui ne

se ressemble pas ne s’assemble pas. On ne saurait cacher

le facteur « repoussoir » d’une salle trop fortement

homogéne, visuellement, en matière d’âge et de sexe,  soit

deux critères immédiatement captés avant même que

quiconqe n’ouvre la bouche. La sociologie ne saurait

ignorer la dimension visuelle des rapports sociaux, ce

qui inclut aussi d’ailleurs un troisiéme critère qui est celui

de la couleur de la peau et dans le milieu astrologique, on

a  affaire à une population presque exclusivement « blanche »

excluant presque totalement, de fait, les arabes, les noirs et

les Asiatiques.  Un constat assez identique pourrait sur ce

point être effectué en ce qui concerne, par exemple, le

public des concerts de musique dite « classique », en termes

d’âge, de sexe et de race, à titre de groupe témoin que nous

avons eu également la possibilité de suivre depuis l’époque

des JMF (Jeunesses Musicales de France) dans les années

soixante… Il y aurait donc apparemment quelqe

similitude  au regard du public de ces deux ensembles, si

ce n’est que cela ne vaut pas pour les interprétes en musique

qui, quant à eux, sont souvent fort jeunes, tous sexes confondus,

en ajoutant que les lieux de représentation en musique

classique sont infiniment plus nombreux que pour

l’astrologie laquelle se pratique largement en cabinet, donc

hors de tout visuel..

On pourra résumer en disant que le milieu astrologique

n’est plus guère traversé par des « guerres » de génération

ni de sexe,  étant donnée l’absence de reléve. Mais il n’en

a pas toujours été ainsi.

 

I  Le facteur « jeunes » en milieu astrologique

Nous sommes bien placés pour aborder la question de l’âge

puisque par la force des choses, nous étions plus jeunes

il y a cinquante ans qu’aujourd’hui et que notre « carrière »

a bel et bien commencé au début des années soixante dix,

après quelques années d’apprentissage..

Incontestablement,  les « jeunes » occupèrent dans les

années soixante-dix, en milieu astrologique, une position

que l’on aurait le plus grand mal à imaginer, à concevoir

en 2014! Et ceux qui furent « jeunes » à l’époque ne peuvent

que constater à quel point il n’en est plus ainsi mais en

tirent-ils quelque enseignement?

En effet, la génération  des astrologues nés au lendemain

de la Seconde Guerre Mondiale (1945-1949) constitua

un apport tout à fait significatif dans les années Soixante-dix,

cela vaut notamment pour Patrice Louaisel,  Jacques

Halbronn (l’auteur de ces lignes) mais aussi, dans une

moindre mesure (à l’époque) pour Yves Lenoble  qui

n’accéderait à un certain ascendant que dans sa quarantaine

tout comme d’ailleurs Maurice Charvet et Alain de Chivré.

Signalons au demeurant le cas d’un Denis Labouré qui naquit

dans le courant des années cinquante et qui joua un certain rôle

au cours de la même décennie, de façon fort précoce.

Le background universitaire nous oblige à préciser

« jeunes diplomés » et cela vaut  tant pour  Louaisel que

Halbronn ou Lenoble, tous passés par la « fac ». Il faudrait

évidemment s’interroger sur ce qui rendait alors si

attractif pour ces jeunes hommes quelque peu aguerris

intellectuellement  le dit milieu astrologique. On répondra:

un certain climat  de recherche qui régnait alors et qui

offrait certaines perspectives – ou mirages- d’une prochaine

émergence pour l’astrologie, comme savoir – c’est le

cas de le dire -d’avenir!  Un espace qui offrait des possibilités

de publication dont sut notamment profiter assez tôt

Jacques Halbronn, un des rares leaders « jeunes » voués à

paraitre chez des éditeurs ayant pignon sur rue,  avec, par

la suite, Denis Labouré.

Un des moments emblématiques de l’émergence de cette

vague « jeunes » dans le milieu astrologique fut en effet

la parution en 1976 du volume Astrologie de la prestigieuse

collection « Clefs pour » chez Seghers, l’éditeur ayant

finalement préféré le texte de Jacques Halbronn à celui

d’André Barbault, né  26 ans plus tôt. Il est vrai qu’André

Barbault avait lui aussi porté haut l’étendard de la jeunesse

dans les années cinquante. Rivalité entre deux chercheurs

l’un né au lendemain de la Première Guerre Mondiale

et l’autre au lendemain de la Seconde, pour représenter

l’astrologie face au public cultivé et honnête homme…En

1955, Barbault n’ »avait-il pas publié chez Grasset une

Défense et Illustration de l’Astrologie? Mais il s’agissait

d’une collection « ésotérique », donc marqué par un certain

ghetto.

Toujours dans le domaine de l’édition, René Alleau allait

offrir à Halbronn l’occasion  de se positionner comme

historien de l’astrologie à part entière , dans sa Bibliotheca

Astrologica (1975-1977). En 1979, le même « jeune »

soutiendrait une thèse de 3e cycle à l’Ecole Pratique des

Hautes Etudes et à Paris III  qui paraitra en 1985 sous le

titre « Le monde juif et l’astrologie. Formation et fortune »

(Ed Arché, Milan).

Mais Halbronn ne se limitait pas à ce créneau académique.

Bien que n’ayant jamais embrassé la « profession »

d’astrologue – ce qui le distinguait nettement du parcours

de Barbault, ce « jeune loup »  s’intéressait au monde

des astrologues de l’époque. Barbault allait ainsi apprendre

que le dit Halbronn, lors d’une réunion du Conseil

d’Administration du Centre International d’Astrologie (CIA)

tenue en juin 1973, avait été élu en tant que l’un des

Vice-présidents de la dite association, poste que Barbault

avait du abandonner en 1968, à la suite de sa

participation au projet Astroflash, d’interprétation du

thème natal par ordinateur, titre qui avait été mis en avant

à maintes reprises par celui-ci. Immédiatement, Barbault

décida que cela ne pouvait pas continuer ainsi et  il obtint

l’année suivante que l’on mît fin au dit mandat accordé à

Halbronn pour que celui-ci revienne à des gens plus « mûrs ».

L’affaire Seghers, on l’a vu,  serait la réponse de Halbronn,

du berger à la bergère. Halbronn était d’autant plus

furieux que grâce à lui un congrès avait été programmé à

Paris pour septembre 74 avec l’ISAR (International

Society for Astrological Research). Que le CIA n’ait pas

souhaité renouveler son mandate de Vice-Président était

vécu comme un affront et une marque évidente d’ingratitude

pour services rendus.

En vérité le CIA était dans une bien mauvaise passe et

cela contribua à exciter certains appétits (on n’abordera pas

ici les causes « astrologiques » de ce démantélement).

L’autre « jeune » en pointe était Patrice Louaisel qui avait

d’ailleurs précédé Halbronn dans ce « statut » de  jeune de

service. Il était chargé au sein du CIA d’animer un

« laboratoire » de recherche (Groupe d’étude et de recherche

en astrologie scientifique) qui allait dès 74 devenir une

association distincte.  Mais les « vieux » donnaient

l »exemple de la dissension au sein de l’école du CIA, le

CEFA (Centre d’études et de formation en Astrologie) qui

lui aussi allait faire scission sous la houlette de Jean-Pierre

Nicola, né en 1928 et qui avait donc dans les 45 ans. (cf le

guide de la vie astrologique, Ed. Trédaniel, 1984). En 1975,

Halbronn, à son tour, allait créer sa propre structure, le

Mouvement Astrologique  Universitaire(MAU).

Imagine-t-on de nos jours un jeune homme de 27 ans

créant une association astrologique- ce qui en soi ne veut

pas dire grand chose – qui dès le mois de décembre 75

accueille à Paris tout un florilége de personnalités

astrologiques tant françaises  qu’étrangères,   transformant

ainsi l’essai du congrès ISAR de l’année précédente dont

il avait d’ailleurs été la cheville ouvrière pendant 8 jours, en

l’absence, bien évidemment, d’André Barbault? Cela serait

pour ce dernier l’occasion d’évoquer les années 1953-54

quand, le jeune Barbault (pour le distinguer de son frère

Armand) allait prendre la tête d’une  éphémére

Fédération Astrologique dépassant les limites du CIA, en

s’alliant notamment avec les disciples de Néroman.( Collège

Astrologique de France, CAF)  et accueillant au congrès de

Paris des fêtes de fin d’année 1953 la comtesse autrichienne Zoé Wassilko

Serecki, dans une salle du Palais de la Mutualité. Il est vrai

que pendant les 20  ans qui suivirent, Barbault ne parvint

jamais à mettre sur pied un nouveau congrès à Paris, pour des

raisons que l’on ignore. C’est justement, ce créneau que

Jacques Halbronn investira, au rythme de plusieurs

manifestations par an, et pas seulement à Paris au cours

de ces années 70  et au delà.

Mais Barbault n’était pas au bout de ses peines avec le sieur

Halbronn. On mentionnera  six  points:

- le procés en diffamation agné en appel (début 78)

en diffamation pour un compte-rendu dans la revue

‘L’astrologue »

- la parution du Collectif ‘Aquarius ou la nouvelle ère du

Verseau  (Albatros 1979)

- en  1984 la publication du Guide de la Vie   Astrologique, aux

Editions Guy Trédaniel, qui se poursuivra  dans les

années 90

- la parution de l’article « ‘Astrologie » dans la Bibliotheca

Universalis, en remplacement de celui de René Alleau

(1994)

- la soutenance d’une thèse d’Etat sur le prophétisme (1999)

précédée d’une exposition à la BNF.(1994)

-le lancement de Teleprovidence (2008)

Quelle est briévement la situation actuelle?  André

Barbault est toujours en vie à plus de 90 ans et continue

à publier. Plus de « jeunes loups » à l’horizon! Les « jeunes »

d »‘hier ont désormais la soixantaine. Mais Halbronn

a investi le créneau du « modéle universel » cher à Barbault

(1967  Les astres et l’Histoire, Ed Pauvert). On rappellera

que les années 80  mirent à mal le dit modéle Barbault avec

une troisiéme guerre mondiale qui n’advint pas. Heureusement

il y eut 1989 qui allait faire oublier cet échec prévisionnel

avec l’annonce d’une date importante pour la Russie.

Contribution en l’occurrence du jeune Barbault  au vieux

Barbault puisque ce pronostic heureux datait du début

des annés Cinquante  et avait été entre temps quelque

peu  relégué!

 

II La reléve féminine dans les années 80

Un autre apport allait jouer son rôle et contrbuer  à la

situation actuelle, la mise en avant des femmes astrologues

au cours de la décennie 80.. Halbronn ne  fut  nullement

étranger à ce phénoméne. Son association le MAU

se constitua autour d’un noyau de trois femmes, Catherine

Aubier, Jacqueline Belluc et Marielle Clavel( les initiales

formant le sigle ABC), dans le cadre de la Faculté

Libre d’Astrologie de Paris( FLAP), sa branche Enseignement,.

et  ce dès 1975.

Deux femmes allaient marquer la décennie suivante:

Danièle Rousseau et Denise Daprey.  L’une liée à Yves

Lenoble, l’autre à Jacques Halbronn, l’une avec sa

FFA (Fédération Française d’Astrologie), l’autre sa FEA.

(Fédération de l’Enseignement Astrologique), dans les

années 84-86. (cf un numéro du Bulletin de la Société

Astrologique de France sur les femmes en milieu

astrologique, Dépôt Légal, BNF).  Mais une autre femme

va émerger, Solange de Mailly -Nesle qui fonde l’AGAPE, une

école d’astrologie, en 89. (Association des Astrologues

Professionnnels). Quand Yves Lenoble, ayant passé

la quarantaine, débutera en 90 une longue série de

congrès annuels, les femmes joueront

un rôle déterminant, ne serait-ce que parce que le public

nombreux est  désormais en grande partie constitué d’éléves,

ce qui confère à ces rencontres un ton bien différent des

colloques de recherche et de réflexion propres au MAU..

Parmi ces femmes qui jouent alors un rôle de premier

plan dans les premiers  congrès de Lenoble, on ne saurait

oublier une Joëlle de Gravelaine tandis que Catherine

Aubier  connait la réussite en tant qu’auteur (y compris

dans la collection Zodiaque co-dirigée par Halbronn, chez

Solar). C’est encore avec Solange de Mailly Nesle que

Lenoble s’associera pour créer SEP Hermés, la

structure organisatrice de ses congrès avant de se lier

avec Catherine Gestas (association Source) par la suite.

Parmi les femmes les plus actives en province, depuis

quelqes années, citons  Josette Bétaiolle, à Bordeaux et

Anne-Marie Roussel sur Antibes ainsi qu’une « jeune »

femme qui organisa une série de rencontres dans les Cévennes.

Parmi les auteurs, citons Iréne Andrieu Dorothée

Koechlin de Bizemont, Fanchon Pradalier-Roy disciple

de Germaine Holley sans oublier évidemment

une Elizabeth Teissier  très médiatisée qui soutiendra en

Sorbonne une thèse de sociologie sur l’astrologie

en 2001 (reprise aux ed. Plon).

De nos jours, le « visuel » des réunions astrologiques d’une

certaine importance est constitué presque uniquement de

femmes  d’un certain âge, dans le public, sinon à la tribune.

Le type « jeune astrologue » de sexe masculin n’est plus

représenté  et il est fort improbable que la reléve vienne de

de ce côté.

Il est bien difficile, à l’heure qu’il est, de se représenter

ce que pourrait être la physionomie du milieu astrologique

dans dix ans si ce n’est en supposant les mêmes avec dix

ans de plus, ce qui aura évidemment un effet dissuasif. Quant

à l’astrologie ainsi véhiculée, elle aura, elle aussi, pris un

coup de vieux.

Par ailleurs, le développement d’Internet  contribue à limiter

les modes de socialisation directe. Le temps des meetings

astrologiques est -il révolu? Il semble que l’on puisse

mettre le milieu astrologique en pilotage automatique avec

des robots mettant à jour et en ligne les informations et les

vidéos.

 

 

JHB

26  06 14

 

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