Gestuelle et sexuation

Posté par nofim le 2 juillet 2014

 

Le statut du geste chez l’homme et chez la femme

Par Jacques Halbronn

 

Pour la femme, le geste est lié au toucher, c’est un geste vers l’autre  alors que pour l’homme, le geste est signal visuel qui n’implique pas la même proximité, qui peut  garder sa distance. Il reste que le geste est un acte commun aux deux sexes, par-delà  les différences de sens.

Chez les femmes, on joint le geste à la parole  tandis que chez les hommes, le geste

est à décrypter  contextuellement et par lui-même. Dans un cas il faut un rapport de proximité voire d’intimité d’exclusivité, dans l’autre,  l’on peut « toucher » un public plus large et plus lointain. On a rappelé dans un précédent texte que les femmes sont marquées par un mode de vie ancestral clos alors que les hommes  sont dans un rapport social large, une dynamique de partage. La question de l’infidélité à un seul et unique partenaire n’aura donc pas le même sens.

Le geste de l’homme –on l’a dit- n’implique pas de toucher physiquement qui que ce soit mais plutôt de le toucher moralement, intellectuellement, ce qui passe par une sublimation.

La musique, avons-nous dit ailleurs,  est fonction d’une gestuelle et ne saurait être séparée du corps dont elle émane, qui la produit. En ce sens, on parlera d’une danse à propos de tout acte musical. Est-ce qu’il y a musique, s’il n’y a pas eu préalablement danse, mouvement ?

Pour nous la création musicale passe en effet par une dynamique corporelle, impliquant les mains et/ou les pieds, au contact d’un support ou se servant mutuellement de support (applaudissements)/ La musique serait liée au son du contact de mon corps avec ce qui lui est extérieur mais que j’incorpore pour un temps.

C’est pourquoi la musique doit être un spectacle visuel et ne saurait se présenter sans l’image de celui ou de ceux qui la produisent. Mais l’on pourrait tout à fait montrer le mouvement du corps, des mains, des pieds, en dehors de tout son secrété.  La musique serait un sous- produit de la danse et en fait le mot « musique » (muse) pourrait désigner la danse.

D’où l’intérêt de filmer l’acte musical et même dans les salles de concert,  il n’y a pas que l’acoustique qui compte mais aussi sinon davantage la visibilité (cf.  Michel Foucauld sur le panoptique). Les mains du pianiste doivent notamment être reprises sur écran car elles instruisent un ballet tout autant que les chorégraphies qui privilégient les membres inférieurs. Les mains permettent de n’avoir qu’un seul opérateur comme si chaque doigt était un personnage spécifique alors que dans le ballet « classique », on est dans la multiplicité des acteurs. En ce sens,  le concerto  met en scène deux « ballets », celui du soliste et celui de l’orchestre, étant entendu que les mains du soliste  accèdent à une pluralité.

On  aura compris que le langage articulé, codifié, dicté par la pratique commune de telle ou telle langue est étranger, selon nous, à la musique car ce langage n’est pas accessible immédiatement. La musique n’a aucunement besoin du langage « oral », au sens commun du terme même si elle est elle-même ‘langage » mais d’ordre visuel, le son ne faisant sens que par rapport au visuel dont il émane puisque c’est par le geste que sort le son. A la limité, le fait qu’il y ait ou non son est du même ordre que l’acte sexuel « accompli » ou non, jusqu’à son « terme ». On peut imaginer une gestuelle qui n’accéde pas au son ou dont le son serait supprimé par la technique. On « coupe » le son ou on le limite à une vibration sourde.

En ce sens, la musique et les arts plastiques ne sauraient s’opposer puisque la musique dispose d’une plastique par le biais d’une gestuelle, d’une danse, d’une chorégraphie.

Accorder de l’importance au son c’est féminiser la musique, c’est la rendre accessible à l’aveugle, c’est  une forme de braille pour mal voyants qui ne passe pas par le toucher mais par la vue. En fait, le langage oral est du braille lequel ne fait sens que pour celui qui est malentendant en sus d’être malvoyant. On peut même dire que la lecture d’une partition est déjà en soi, pour celui qui s’y connait, un spectacle en soi constitué de « signes ». On rappellera simplement que les femmes sont rares dans la production artistique en général du fait qu’elles ne captent pas la gestuelle visuelle et qu’elles ne font que la deviner par l’expédient du son qui n’est qu’un épiphénoméne.

JHB

  1. 07. 14

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