L’astrologie de la Mathesis de Firmicus Maternus

Posté par nofim le 11 juillet 2014

Réflexions autour de la Mathesis de Julius  Firmicus Maternus (Ive siècle)

Par  Jacques  Halbronn

 

Pour faire suite à nos récentes études autour de Manilius (Ier siècle de notre ère) et de Ptolémée (IIe siècle), nous proposerons quelques sondages, à notre manière,  effectués au sein de la Mathesis de Julius Firmicus Maternus  (IVe siècle)  en le situant aussi par rapport à Abraham Ibn Ezra (XIIe siècle) et Morin de Villefranche (XVIIe siècle) On se servira de l’édition bilingue de P.  Monat   (Ed. Les  Belles Lettres, 1992). On s’intéressera surtout  ici  aux questions techniques en notant que l’ouvrage en question  a une dimension apologétique et réplique aux arguments d’un « accusateur des astrologues », d’un « contradicteur » (Livre I). Le Livre II de la Mathesis retiendra particulièrement notre attention.

Sur le Soleil et la Lune : « le Soleil est maître d’un signe masculin (Lion), la Lune d’un signe féminin  (Cancer)» Et d’ajouter « Quant aux cinq autres astres (…) ils ont chacun (en domicile) deux signes, dans lesquels ils exercent l’absolu de leur pouvoir : des deux signes que chacun possède, l’un est masculin (masculinum en latin), l’autre féminin (femininum) » L’auteur place donc le sexe des signes au cœur du dispositif : «  Saturne  a un domicile dans le Verseau et un dans le Capricorne, de ces deux signes, le Verseau es  masculin, le  Capricorne féminin » et ainsi de suite. Quant aux exaltations, l’auteur donne un degré précis, comme le 21° de la Balance pour Saturne. Les planètes occupant des signes opposés ont les mêmes degrés d’exaltation ou peu s’en faut, ce que ne note pas Firmicus Maternus : Saturne en balance (21°)  face au soleil (19°) en bélier, Mars à  28° capricorne  et Vénus à 27°Poissons,   Jupiter à 15° Cancer et Mercure à 15° Vierge, la Lune étant isolée à 3° taureau, puisqu’il y a un septénaire. On note que les degrés rétablissent les couples des domiciles mais ne les

mettent pas systématiquement en opposition mais plutôt en sextile lequel ressemble d’ailleurs à

l’opposition en ce qu’il relie deux signes de même sexe. Selon Firmicus Maternus, les Babyloniens ne

distinguent pas domiciles et exaltations et alignent les premiers sur les seconds. L’auteur ne note pas qu’il y a dualité sexuelle entre domiciles et exaltations puisqu’il associé la Lune au taureau en exaltation et au cancer  en domicile, soit deux signes en sextile. Rappelons que c’est le carré qui instaure cette dualité sexuelle en dehors du quinconce (150°) et du semi-sextile (30°).  Avec Firmicus

Maternus,  on suit Ptolémée et les dieux référés aux signes sont bien des planètes, ce qui n’était pas le cas chez Manilius.

Si l’on examine la présentation des 12 signes, l’on note que les Quatre Eléments n’y sont pas mentionnés.  Cette tradition est décidément arabe.

C’’est chez Maternus qu’il est question des  « huit lieux » (de octo locis) et cela se termine par la mort pour le huitième et dernier lieu, à partir de l’Ascendant (Horoscopus) soit la série : vitae, spaei, fratrum, parentum, filiorum, valitudinis, coniugis, mortis : vie, espoir,  frères, parents, fils,  santé ; épouse (sic), mort. On observera que l’on parle de l’épouse, ce qui laisse entendre que le thème concerne l’homme. La maison II est celle de l’espoir, ce qui ne correspond pas à  ce qu’on lit dans

La littérature astrologique « classique » Il faut comprendre que ces 8 maisons sont coupées en deux

par l’horizon : ce qui donne un clivage après la maison IV. Les quatre premières maisons  correspondent selon nous au cadre dans lequel on nait, soit les frères et sœur (fratrie), les parents

On passe à l’âge adulte avec les enfants, les maladies, le mariage et la fin de vie (qui  précède la maison I, la Vie). Tel est le chapitre XIV du Livre II.

Mais, cela n’empêche pas l’auteur de traiter des « douze lieux » toujours dérivés de l’Ascendant

Livre II  Chapitre (XIX  De duodecim locorum potestatibus)  et cette fois l’on trouve les définitions traditionnelles des 12 maisons.  Maternus  décrit la maison II  de ce système comme lié à l’espérance mais aussi  à  l’enrichissement (possessionis incrementa)  On trouve les deux séries chez Ibn Ezra si ce n’est que l’astrologue espagnol  ne traite pas de la division des maisons en huit mais en douze. Etrangement,  Maternus emploie le même terme « locus » (lieu)  dans les deux dispositifs.  Il s’agit là des maisons égales.  On  a l’impression que ces 4 maisons supplémentaires sont à rapprocher du réaménagement produit par l’intégration de nouvelles planètes en astrologie, soit un dépassement non pas du huit mais du sept. On note que Maternus ne note pas que les 7 exaltations font double emploi avec les doubles domiciles (12) pas plus qu’il ne signale le double emploi des huit et des douze lieux/

Passons aux aspects (Chapitre XXI) à savoir ici  l’opposition, le trigone, le carré, le sextile.   Maternus ne revient pas comme le fait Ptolémée sur  le critère du même sexe pour étayer le caractère

harmonique du trigone. Dans chaque cas, il distingue le droit  et le gauche.

Le Chapitre XXV du Livre II   nous parle des divinités pour désigner les planètes, ce qui nous ramène au vocabulaire de Manilius et nous montre qu’il y a bien un passage d’une terminologie  à une autre.

Maternus parle des Antisces, ce qui conduit considérer des astres en quinconce comme balance et poissons.

Au livre IIII  Maternus  utilise volontiers le critère du masculin  et du féminin dans ses raisonnements.

Il passe ensuite à l’étude des planètes (De Saturni Stella etc.  qu’il faut traduire par l’astre de Saturne,

Ce que nous ne rappelons pas dans l’astrologie moderne quand nous disons « la planète Saturne »

L’auteur étudie les planètes dans le  12  lieux et non dans les signes.

Au Livre IV  Firmicus Maternus  se focalise sur la Lune, ce qui semble indiquer qu’elle joue un rôle absolument central dans son astrologie.

Au Livre V, on étudie les  signes ascendants ; ce qui donne lieu à un portrait assez étoffé que l’on retrouvera chez Ibn Ezra.  Mais ensuite on aborde le cas de chaque planète dans les 12 signes du Zodiaque.

Au Livre VI, on  étudie les aspects entre planètes.

Au  Livre VII,  on a une sorte d’encyclopédie où les différentes questions qu’un client peut se poser sont examinées  astrologiquement.

Au Livre VIII ce sont les constellations zodiacales qui sont traitées. On a  affaire à une astrologie

constellationnelle. Les degrés sont ainsi répartis sur l’ensemble de la figure de chaque

Constellation.

Par exemple  « Sur le sixième degré du Taureau se trouvent les Pléiades »

Il s’agit là avant tout des constellations qui se lèvent au moment de la naissance, ce qui montre que l’idée même d’ascendant suppose qu’une étoile se lève et que l’on puisse la voir (horoscopus) et en renonçant aux étoiles, on aboutit à un ascendant abstrait/ On a là un moyen de rectifier l’heure de naissance. Là encore Maternés fait se suivre deux exposés de techniques assez proches.

Cette diversité des techniques qui laisse le choix à l’astrologue  s’est maintenue de nos jours où l’astrologue dispose de plusieurs procédés de rechange. En établissant un lien entre les signes, les maisons, les planètes, l’astrologue moderne a trois manières d’introduire telle notion en recourant à des modes de calcul différents. Si l’on cherche du cancer,  on a  la tonalité zodiacale, celle de la maison IV, celle de la Lune associée au cancer. L’astrologue a donc trois chances de « prouver » ce qu’il entend prouver.  L’on peut même envisager une quatrième méthode consistant à associer tel aspect à telle subdivision en 12, comme a peut-être été tenté de le faire un Kepler qui ne jurait que par les Aspects.  La distribution des Eléments entre les 12 signes permet de créer des connexions

supplémentaires : si l’on ne trouve pas- dans notre exemple- du cancer, on peut toujours trouver un

autre signe d’eau qui fera tout aussi bien l’affaire. Mais répétons-le, il n’est pas question des Quatre Eléments dans la littérature astrologique antérieure à l’astrologie médiévale, point que semble-t-il

André Barbault n’ a pas mis en évidence dans son ouvrage  sur ce sujet (Ed Traditionnelles)

JHB

11. 07. 14

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