Etteilla et sa compilation astrologique de 1785

Posté par nofim le 14 juillet 2014

Une  présentation  française de l’astrologie traditionnelle

à la fin du XVIIIe siècle

par Jacques  Halbronn

 

Quelle image de l’astrologie donnait -on à la veille de la

Révolution Française, au lendemaine de la découverte

d’une nouvelle planéte qui prendrait le nom d’Uranus

(1781) ? Nous revenons sur notre présentation

parue en  1993 (Trédaniel) parue sous le titre ‘L’Astrologie

du Livre de Toth ».  L’ouvrage daté de 1785dont il est ici

question est l’oeuvre d’un célébre occultiste, Alliette alias Etteila.

On l’a dit à propos de Dariot, et de son  Introduction au

Jugement des Astres (1558), il importe de distinguer entre

le contenu théorique et le mode de « tirage » qui permet

d’exploiter et d’appliquer le dit « savoir ».  C’est un peu

comme une langue ou famille de langues

qui peut s’écrire selon divers alphabets

(cf les langues slaves , partagées entre alphabet latin

(polonais, tchèque etc) et alphabet cyrillique

(serbe, bulgare, russe) en raison de clivages d’ordre

religieux (catholicisme, culte orthodoxe)

Etteilla recourt à toute une bibliothèque occultiste pour

produire une sorte d’encyclopédie astrologique Il fait appel

(cf p.153  et seq) à Eustache Lenoble (Uranie, Tableaux des

Philosophes) , cité  par Pierre Bayle, et dont nous avons été le

premier à signaler  l’importance à une date aussi tardive

que la charnière du XVIIe et du XVIIIe siècles. (cf l »étude

de Patrice Guinard dans la revue Astralis). Etteilla

met aussi (cf pp 180  et seq) à contribution le Traité

du Danois H. Rantzau qui fait d’ailleurs partie des auteurs

réédités au XXe siècle (Ed des Cahiers Astrologiques)

et sur lequel nous reviendrons, dont l’édition française

date de 1657 et est contemporaine des ouvrages de

Nicolas Bourdin et de Jean-Baptiste Morin (dit de

Villefranche). Il est aussi fait mention de Luc Gauric,

contemporain italien de Nostradamus (‘pp. 107  et seq)

A la fin du XVIIIe siècle, certes, on ne sait plu ou on ne

cherche plus

à consulter des éphémérides astronomiques mais est-ce à

dire pour autant que l’astrologie n’est plus « enseignée », du

moins par la voie du livre?  Ce qui est certain, c’est

qu’Etteilla a le sentiment de générer une renaissance

de l’astrologie, ce qui laisse entendre que dans les

décennies qui ont précédé,  celle-ci était quelque peu

tombée en désuétude.(cf notre étude accompagnant

la réédition en fac simile de 1993, « Recherches sur

l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot, cf aussi La Vie

astrologique il  y a cent ans, Trédaniel, 1992 avec P.

Curry  et N. Campion)

Etteilla situe l’importance du projet:

- »Mettre les sentimens des Philosophes  (sic) Astrologues

à la portée de tout le monde »

‘Voilà dira-t-on, l’Astrologie qui veutr reparaître »

« Etes-vous bien certain que l’Astrologie a quitté  notre

noble Contrée (…) depuis qu’elle a été calomniée? »

-L’astrologie est une science toute humaine »

Précisons que le public de lecteurs auxquels Etteilla

s’adresse est certainement en grande partie féminin et

que tout au long du XVIIIe siècle,  des formes simplifiées

d’astrologie auront eu la cote,  comme la géomancie.

Etteilla est un des premiers à utiliser la formule « thème natal »

à la place de « figure » ou « nativité (cf une

représentation d’un   »thème »dressé pour le 9 avril  1782, p. 38)

« Il faut dresser ce que nous nommons un thème en

Astrologie , c’est à dire  établir douze maisons ». Etteilla

ici se situe dans une astrologie « horaire » et se référe à

« horizon  dans lequel la question est faite »

En fait on retrouve l’expression dans le traité latin (début XVIIe)  du Danois

H. Rantzau dont la traduction française, (Paris, P. Ménard) comporte

en son titre Traité des jugements des thèmes génétliaques. (Réédition partielle  1947, Nice

Ed des Cahiers Astrologiques, Présentation Hiéroz)

On est à l’époque de Mademoiselle Lenormand

et bientôt plusieurs auteurs masculins adopteront des

pseudonymes  féminins pour s’inscrire dans ce créneau divinatoire.

Un siècle plus tard, fin XIXe siècle, une nouvelle « renaissance »  astrologique

sera annoncée laquelle sera notamment marquée, cette fois,

par une volonté de se démarquer de certaines alliances avec

d’autres domaines. L’astrologie voudra alors faire

cavalier seul pour tenter de conquérir d’autres publics avec

des bonheurs divers.

 

 

 

JHB

14  07  14

 

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