L’astrologie stellaire de Nicolas Bourdin

Posté par nofim le 14 juillet 2014

La conception de l’astrologie de Nicolas Bourdin

par  Jacques Halbronn

Nous avons rencontré l’ »oeuvre de Bourdin dans les années

70 du siècle dernier par l’intermédiaire de Morin de

Villefranche qui avait consacré des « Remarques

astrologiques » à la critique du long Commentaire (1651)

que le dit Bourdin avait consacré au Centiloque, lequel Bourdin

s’était déjà illustré par une traduction de la Tétrabible de

Ptolémée,  promise à une  certaine fortune.

Morin s’en prend souvent vivement aux positions du

Marquis de Villennes et il est intéressant de tenter de mieux

comprendre ce qui  oppose ces deux astrologues vivant

à la même époque à Paris, ce dont nous avons déjà

quelque peu traité dans notre nouvelle étude sur les dites

Remarques.(1654).

Comme à notre habitude, on se limitera à quelques ‘ »flashs »

qui nous interpellent en tant qu’historien de l’Astrologie.

(cf notre édition du dit Commentaire, Paris, Trédaniel, 1993

Etudes autour des éditions ptolémaïques de Nicolas de

Bourdin (1640-1651))

Nous retiendrons surtout la place que Bourdin accorde

aux étoiles fixes, si absentes de l’astrologie des 50 dernières

années, et qui servirent de bouc émissaire pour montrer

la faculté de l’astrologie du XXe siècle  à se réformer. En

renonçant aux étoiles fixes, l’astrologie serait entrée dans

la modernité. Nous pensons au contraire qu’elle se mettait

ainsi en porte à faux avec ses fondements. Rappelons

que les étoiles fixes ne posent probléme ni par rapport

à la précession des équinoxes ni par rapport aux aspects.

Une des raisons de la désaffection des astrologues modernes

est paradoxalment le fait qu’elles ne portent pas de noms

évocateurs sur le plan symbolique et/ou mthologique comme

le font planétes et signes zodiacaux. Rappelons que dans

le récit de la Création, on ne mentionne pas les planétes

mais seulement les luminaires et les étoiles (du firmament)

Ecoutons donc Bourdin dans son usage des  « fixes » dans

son commentaire de plusieurs aphorismes du Centiloque.

aphorisme XXV

« Ce que j’ai dit des Planetes se doit encor expliquer des

Estoiles fixes » Et de mentionner  le Grand Chien, les

Pléiades, les Hyades, Orion. « L’expérience annuelle  que

nous avons de la puissance redoublée aux estoiles  fixes,

lorsqu’elles sont  jointes au Soleil a bien plutost  de la

ressemblance  à la pierre d’aimant armée  et conjointe au fer

qui en fait plus  grand effet’ Et de donner l’exemple de la

Canicule ‘(petit chien)

La génération de Bourdin est d’ailleurs sous le coup des

découvertes de Galilée survenus au début du siècle.

Faut-il que l’astrologie en tienne quelque compte? Nous

rappellerons que pour nous l’astrologie est née dans un

certain contexte  scientifique mais qu’elle mettait celui-ci

au service d’un certain projet politique.  Ne confondons

donc pas les fins et les moyens,

Les astres ne sont qu’un moyen d’instaurer un certain

ordre social et comme l’on sait les moyens sont

interchangeables alors que les fins sont constantes. Cela dit,

il n’est donc pas question, paradoxalement, de substituer

des moyens à d’autres puisque cela n’est pas l’enjeu.

Bourdin s’interroge  en citant Galilée ‘(autour de l’aphorisme XXIX):

« Mais à présent qu’on a trouvé des yeux pour en voir des

troupes innombrables, où trouvera-t-on  des noms assez

dans la Fable et dans l’Histoire pour les  adapter? » La forme

des constellations s’en trouve perturbée par de nouvelles

observations quant au nombre d’étoiles qui les composent/

Probléme épitémpologique que les astrologues actuels n’ont

pas résolu en adoptant Uranus, Neptune ou Pluton ou

plutôt n’y sont pas parevenus,  ne serait-ce que sur le dossier

du statut de Pluton.

Bourdin  signale un argument  anti-stellaire :  »Parce  que

la  tardiveté de leurs mouvements   et les rares expériences

qu’on a de ce qu’ils produisent chez nous en rend la preuve

plus difficile, on admire les événements qu’ils ameinent qui

quelquefois sont  et grands et  remarquables  par

d’insignes félicitez »  Selon Bourdin, il importe de combiner

planétes (« errantes ») et étoiles, les planétes devant « seconder »

les fixes.  Noux partageons absolument un tel point de vue.

On sera peut être géné par nos prises de position qui

pourraint sembler incompatibles avec la distance que

l’on attendrait de la part de l’historien mais va -t-on reprocher

à un historien des sciences de rapprocher tel texte de telle

époque de ce que l’on sait de nos jours de tel phénoméne.?

Certes, on nous objectera que dans le domaine de

l’astrologie, il n’est aucune vérité établie mais tel n’est point

notre avis et nous pronons une approche historique fécondée

par les travaux de recherche sur ce que l’on a exploré de

certaines corrélations.

 

JHB

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