Retour sur le traité astrologique de Claude Dariot

Posté par nofim le 14 juillet 2014

L’astrologie à la portée de tous de Claude Dariot

par  Jacques Halbronn

 

Nous avons récemment  consacré (cf Revue Française d’Histoire

du Livre 2013  un dossier à son oeuvre paracelsiste et

alchimique) et voudrions revenir ici sur Dariot astrologue

de confession protestante, contemporain de Nostradamus,

et médecin comme lui, auquel nous avions consacré une étude

(Ed Pardés début 1990, avec  Denis Labouré, qui a édité

par ailleurs un reprint de la traduction française de la

Tétrabible (1640 par Nicolas Bourdin)  dans le cadre de la relecture

d’un certain nombre d’ouvrages astrologiques ayant

fait l »objet d’éditions en langue française au cours du XXe

sièce et ayant été produits entre le Ier siècle et le  XVIIe

siècle. Nous aborderons ultérieurement les traités de

Nicolas Bourdin et d’Eustache Lenoble.

Dariot se caractérise par un grand souci pédagogique et

entend vulgariser l’astrologie par une méthode progressive

en recourant à une série de tableaux et illustrations..

On lit ainsi dans son « manuel pratique » des formules

comme « Une fois apprises et bien comprises

les premières significations  des maisons’ » ou « Comment

par les tables  mises aux  éphémérides   l’on pourra ériger

les douze maisons célestes à l’heure du jour  qu’on voudra’ »

ou encore « La figure étant dressée , il faut y placer toutes

les planères  avec la Queue et la Tête du Dragon. Ce qui

se fera comme suit’.Notons que la géomancie, qui est

une forme d’astrologie horaire, use des noeuds de la Lune.

Mais il s’agit au bout du compte d’un traité d’astrologie

horaire (ou encore des interrogations,  questionnaire)

qui n’exige pas la connaissance de l’heure de

naissance.  Dariot se référe en ce sens  au Centiloque (attribué à

Ptolémée , ce que contestera au siècle suivant un Morin

de Villefranche) D’où l’importance qu’il y a en astrologie à

distinguer l’exposé théorique et le mode d’application

pratique. Nous verrons qu’il en sera ainsi avec Etteilla

quand sa reprise un siècle plus tard de traités du XVIIe

siècle ’(Rantzau, Eustache Lenoble )

débouchera sur des procédés recourant au tarot.(1788)

Quel est le savoir  transmis et véhiculé par Dariot et qu’est

ce qu cela nous enseigne sur  l’évolution du dit savoir ? Dariot

classe les signes selon ls 4 Eléments mais rappelons

que ce n’est le cas ni de Manilius, ni de Ptolémée. On trouve

dans son traité  -Introduction au jugement des astres- la

question des noeuds de la Lune. On y apprend que

leur exaltatation se situe sur l’axe Gémeaux-Sagittaire, soit

deux signes n’ayant pas d’exaltation de planéte.

Dariot  inclut la  conjonction parmi les aspects aux côtés

de l’opposition, du carré, du trigone, du sextile.

. Il cite nommément  Firmicus Maternus qui ne semble pas

avoir considéré la conjonction comme un aspect, le mot

aspect -rendu aussi par « regard »- ne pouvant en principe

s’appliquer à deux astres qui sont l’un sur l’autre.. Il y a donc

5 aspects pour Dariot. Deux bons (amitié), deux mauvais

(inimitié) et la conjonction qui est « douteuse ».

On n’y trouve pas le quinconce dont nous avons montré

ailleurs l’importance structurelle…L’opposition est

« mauvaise » alors qu’elle relie  pourtant deux signes de même

sexe comme le sextile et le trigone.

Passons au chapitre sur les « douze maisons célestes » :

Dariot utilise le terme ‘maison’ dans deux acceptions

bien différentes,  soit pour désigner les domiciles ou

« maisons » des planétes soit pour désigner ce qu’on appelle

généralement les « maisons astrologiques ».

La maison II est une des moins bien comprises par

l’astrologie contemporaine  : « La seconde est la maison

de la substance, des richesses  et des ministres  (sic). C’est

pourquoi elle a été appelée Espérance’ et un peu plus loin,

Dariot  compléte : « la seconde  donne toujours  jugement de

la substance  de la précédente ». (maison I  la vie)

On notera que dans un systéme à 8 maisons (tel qu’exposé

dans la Mathesis de Firmicus Maternus), il y a une certaine

logique à ce que la maison VIII de la Mort précéde la maison I

dite de la Vie (cela donne un ouroboros). Or, à  partir du

moment où l’on élargit à douzemaisons, il  eût été cohérent

que la Mort fût associée à la maison XII et non plus

à la maison VIII.  Dariot est passé à douze maisons mais

on voit bien qu’il y a solution de continuité avec l’octotopos.

On note que chez Dariot, c »‘est la maison IV qui est celle des

héritages et non la maison VIII comme on lit de nos jours.

Maison IV qui est justement celle des pères  (sic pour parents).

Il semble que si la maison IX correspond à la religion, c’est

parce qu’elle portait le nom de « Dieu » face à la maison III

(déesse, intitulé dont se sert Dariot). De là toutes les

associations ultérieures  de la maison IX avec la spiritualité, ce

qui n’a rien à voir avec le Sagittaire, neuviéme signe!.

On ne saurait ainsi opposer maison II et maison VIII

car les 8 premières maisons forment un tout. Au delà de la 8e

maison, on opposera la IX et la Xe maison,  pouvoir

spirituel et pouvoir temporel et de façon assez

évidente la XI, maison des amis et la XII celle des ennemis.

Les « joies » des planétes – dispositif qui précise les rapports

planétes-maisons-  sous tendent le profil des maisons: les

maisons bénéfiques  V et XI  sont liées à Vénus et Jupiter,

qui sont des « fortunes » (petite et grande) tandis que les

maisons maléfiques  VI et XII sont liées à Mars et Saturne,

qui sont des « infortunes » (petite et grande)

On note que l’expression « thème natal » n’est pas en usage

en France aux XVIe -XVIIe siècles alors qu’elle est attestée

en  1785, in Manière de se récréer avec le  jeu de cartes

nommées  Tarots pour servir de quatriesme cahier  à cet

ouvragen p. 165, reprint  L’astrologie du Livre de Toth,

Trédaniel  1993). On parle aussi du « thème géomantique »

(ou écu) qui pourrait être à l’origine de l’expression bien

que d’aucuns soutiennent l’inverse.

On notera que l’astrologie moderne a évacué les

« triplicités »,  les « termes » ou « fins des planétes » et les « faces »

(décans) des signes qui font partie des « dignités essentielles ».

Elles sont « au nombre de cinq (…) nous les présenterons

tour à tour ». Cinq dignités donc et cinq aspects (cf supra)/

En ce qui concerne les triplicités, certes, l’astrologie

moderne a conservé les Eléments mais non les

correspondances planétaires. « La première triplicité

qui s’apppelle de feu  est régie  et gouvernée de jour par

le Soleil, de nuit par Jupiter  et tant de jour que de nuit

par Saturne. Pour cette raison, ce dernier est appelé

commun dénominateur de ces triplicité » etc. Le mode

de valorisation des planétes aura donc singulièrement

évolué/

Le manuel est accompagné  d’un « Traité des élections

propres pour le commencement des choses ». Dariot,

cette fois, se référé aux données de naissance : »  Avant

d’aller plus loin, je dirai qu’il ne faut pas faire d’élection

pour celui dont la nativité (ou l’heure de  l’Ascendant  de

la question) est inconnue. Car on  pourrait élire un

Ascendant contraire  à celui de la Nativité [ équivalent

de figure] » Mais on note que Dariot propose aussi

l’Ascendant de la question faute de connaitre l’Ascendant natal.

Rappelons que c’est nous qui avons signalé le premier

que l’ouvrage de Dariot, en dépit d’un titre assez vague,

comportait un exposé substantiel d’astrolgie horaire. (cf

notre postface)

JHB

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