La vie en play back

Posté par nofim le 15 juillet 2014

 

Pour une épistémologie de l’hybridité. Vers une culture « bio ».

Par Jacques  Halbronn

 

Que peut faire la science face à un objet, un phénomène hybride et comment savoir si l’on a

affaire à de l’hybridité ? Qui dit hybridité, dit interaction, dit mélange, mixité, symbiose, synthèse,

syncrétisme.

Pour le 14 juillet 2014, nous avons assisté devant la Tour Eiffel  au « Concert de Paris » qui préludait au  Feu d’artifice et il se  produisit un dysfonctionnement au niveau du play back.   Les chanteurs qui apparaissaient sur les grands écrans  n’étaient pas en phase avec le son censé leur correspondre/ Le résultat global était « désuni » et  on peut y voir une incarnation d’une hybridité qui se défait. Normalement, on aurait dû n’y voir que du feu si la technique avait été à la hauteur. Mais il y avait là une faille révélatrice du procédé, de l’imposture.

A  tout moment,  ce qui nous est montré comme ne faisant qu’un risque de se désunir, de se

désynchroniser.

Dans nos relations avec autrui, savons-nous faire la différence entre ce qui est proprement nous, ce qui est un « moi » s’adressant à l’autre et parlant la langue,  s’exprimant dans le langage de l’autre et ce qui émane de l’autre ?

Par épistémologie de l’hybridité, nous entendons la nécessité d’une certaine méthodologie. Face à

un phénomène qui se présente, au premier abord, comme étant d’un seul tenant, comment  débrouiller l’écheveau  des interactions  entre les différentes composantes ?

Selon nous, il importe de remonter à un stade où la combinatoire n’a pas encore eu lieu.

On prendra l’exemple des hommes et des femmes dans nos sociétés. Une partie de notre savoir – faire, voire de nos valeurs  ne fait sens que dans un rapport de communication avec autrui et vice versa  de la part d’autrui à notre égard.

Nous avons à maintes reprises abordé la question du dimorphisme hommes-femmes. Si l’on prend le cas du rapport sexuel, est-ce l’homme qui recherche celui-ci ou bien plutôt la femme ?

Selon nos thèses, le besoin de toucher, de sentir l’autre – dans tous les sens du terme- de le goûter,

serait typiquement féminin  et lié à un habitat ancestral originel marqué par l’absence ou l’extrême pénurie de lumière, ce qui exigeait  une grande proximité d’autant que la vie se déroulait dans un espace relativement restreint et  générant une certaine promiscuité.

Autrement dit, si l’homme a acquis un certain savoir-faire dans le domaine sexuel ; c’est avant tout pour communiquer avec les femmes et vice versa, les femmes seraient attentives à leur look pour

plaire aux hommes, avec des couleurs vives pour qu’on puisse les voir de loin, tant l’homme est marqué par le visuel et les grands espaces.

On conçoit donc que seule une  approche en amont permet de décrypter les tenants et les

aboutissants d’une telle interaction, tant à force d’exister pour l’autre, l’on finit par oublier que l’on a

adopté les valeurs de l’autre. On se demandera ainsi jusqu’à quel point les hommes sont instinctivement mus d’une impulsion vers les femmes avec le besoin de les toucher. Il s’agirait plutôt

d’une affaire d’éducation.

Un autre aspect de l’hybridité qui retiendra ici notre attention tient au langage. Le langage est par essence hybride, il est le fait d’un compromis entre le masculin et le féminin/ Certes,  le langage peut faire l’objet d’une forme d’écriture, donc de « visuel » mais ce n’est pas un visuel au sens plein du terme. C’est- un visuel aménagé, conditionné et qui d’ailleurs nous envahit toujours plus notamment pour ce qui est des téléphones mobiles. C’est un visuel en espace clos, limité à quelques centimètres carrés.  Ce n’est pas un visuel « pour de vrai », mais un visuel arrangé qui n’a rien de «naturel ». C’est un visuel qui se substitue au vrai visuel et qui émane de l’autre, qui est dicté par l’autre. On l’a dit ailleurs, le langage est une interface entre les hommes et les femmes, il permet de passer de l’image au son. Les femmes peuvent « prononcer » ce visuel en dépit de leur « cécité » au monde. Les femmes sont plus dans le

comment que dans le quoi, ce qui signifie qu’elles aiment

dire le comment d’un quoi qui leur est fourni.

L’illusion d’unité est au centre de l’hybridité. Dans le domaine musical,  l’interprété donne une impression d’unité qui  n’est que factice. Il joue de son instrument mais la musique qui en sort est

autonome, déconnectée par rapport au dit instrument car elle préexiste au moment de l’exécution qu’il nous propose. Comme une sorte de play back (cf supra).  On le voit jouer mais on entend quelque chose qui, quelque part, sonne faux ou du moins devrait sonner faux si nous étions suffisamment lucides, si nous y voyions suffisamment clair. Pour en revenir au concert du 14  juillet, certaines personnes n’auront pas remarqué le décalage.

L’exigence d’unité authentique passe par  l’improvisation, par le fait que celui qui joue ne joue pas un rôle mais est bien lui-même. Il se passe ce qui semble se passer, à savoir que l’instrument lui parle, s’exprime par lui, ici et maintenant. On n’est pas dans le simulacre, accentué lorsque l’interprète lit

une partition encore que dans ce cas la ficelle soit un peu grosse. Mais parfois, même dans ce cas, l’illusion persiste. Les gens en tout cas veulent encore croire à l’unité. Il est vrai que l’on peut jouer sur les mots : après tout, le son émane bien du jeu des mains sur l’instrument, n’est-il pas vrai ? Il y a là comme un tour de passe-passe ! Après tout, l’interprète choisit le morceau qu’il interprète mais quel rapport avec une véritable improvisation ?

Actuellement, avec l’essor des neurosciences, il devient possible de mesurer de telles différences car notre cerveau ne fonctionne pas de la même façon dans les divers cas signalés et cela ni chez le musicien ni pour son public (s’il y en a un). Une musique déjà composée et qui plus est ne l’est pas par l’interprète relève de la « mal-culture », d’une culture au rabais, dont la valeur nutritive ne

saurait être la même. On pourrait parler d’une musique « bio » comme on parle d’une alimentation

« bio ».(cf.  E. Pelegrin-Genel,  Des souris dans le labyrinthe)

L’écriture est, on l’aura compris, un support d’imposture. Elle permet à  ce qui est absent ou mort de donner signe de vie et le paradoxe c’est que celui qui recourt à un tel stratégéme  a lui aussi quelque

chose de  mort en lui qui l’empêche d’être pleinement présent comme quelqu’un qui lirait un texte devant un public au lieu de s’adresser directement aux gens.  D’aucuns répondront que c’est dans un souci de perfection, que l’on ne veut pas décevoir  en étant vraiment soi-même, en usurpant l’œuvre

d’un autre ou en relisant à voix haute ce que l’on a écrit auparavant.  A quand un match de foot en play back ? A quand un rapport sexuel en play Back ? Ce qui est triste, c’est que cette culture du

handicap est envahissante, intrusive, que la fausse monnaie chasse la bonne.

La musique, elle-même, ne saurait être assimilée au langage. Elle a une dimension universelle  que n’offre pas une langue dont l’intercompréhension est  limitée, cloisonnée. Le langage est un compromis  entre  le vrai visuel et le vrai « audio ».

Distinguer le bon grain de l’ivraie.

En tout cas, la musique est moins nocive que la parole  à

l’égard de notre aptitude à penser. Plus on parle autour de nous

et plus il nous est difficile de nous concentrer. Le silence de la

parole- c’est à dire l’absence de l’autre- est propice à une

réflexion profonde.

 

JHB

15. 07 14

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