Fortune du revival astrologique du tournant du XXe siècle
Posté par nofim le 17 juillet 2014
Le « retour » de l’Astrologie vers 1900
par Jacques Halbronn
Nous avons récemment développé une nouvelle thèse selon laquelle à chaque fin de siècle, se déployait un certain
réformisme astrologique. Kepler entendra refondre l’astrologie autour de 1600 avec son De fundamentis Astrologiae. et en allemand son Tertius Interveniens. Un siècle plus tard, Eustache Le Noble, en France, aura une même ambition de renouveau et de » retour ».
A la fin du XVIIIe siècle, nous avons signalé les tentatives d’un Etteilla. La fin du XIXe siècle
ne fera pas exception avec un nouveau projet de relance, nettement exprimé par Fomalhaut alias Charles Nicoullaud en 1897
chez Vigot (réédité en 1933, ibidem), soit 200 exactement après la parution de l’Uranie de Le Noble, à Paris.
Le Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire comprend un
passage célébre annonçant la prochaine découverte de Pluton(cf La vie astrologique il y a cent ans Paris, Trédaniel, 1992), nom de code de la transneptunienne, ce qui vient infirmer la thèse selon laquelle
le nom de Pluton aurait été donné à la suite d’une proposition postérieure à la découverte de cet astre.
*Voici comment Nicoullaud situe l’astrologie en cette fin de siècle : » Abandonnée malheureusement depuis de longs siècles (elle) est devenue la proie des ignorants et
des charlatans (..) Il n’est pas douteux qu’étudiée avec la
puissance de pensée et de travail qui a donné
dans d’autre branches de signalés et de si bons résultats, elle ne reprenne la place qui lui est due et qu’elle a déjà occupé à la tête des autres sciences qui toutes ont
besoin de son appui et de son concours »
Quant à Selva , dans son Traité théorique et pratique d’astrologie, paru en 1900 ( dédié à Barlet (en date de 1897) il déclare
« Venir traiter d’astrologie en cette fin du XIXe siècle (…) paraitra à beaucoup d’esprits oeuvre de mauvais plaisant ou de fou (…)
Le renouveau des sciences occultes qui se manifeste si puissamment depuis plusieurs lustres a aussi ramené l’attention des esprits curieux sur l’astrologie ». Pour Selva (alias Vlés) rien ne vaut « l’épreuve de l’expérience »
Quant à Paul Choisnard, polytechnicien) qui écrivit d’abord sous le pseudonyme de Flambart, il pense que l’astrologie a tout intérêt à se
rapprocher de l’astronomie pour en quelque sorte se ressourcer. C’est son éloignement d’une telle matrice qui expliquerait
la « répulsion » à son égard. (Langage astral 1902. Traité Sommaire d’astrologie scientifique). Choisnard prône aussi un
rapprochement avec la psychologie bien plus qu’avec l’événementiel qui pousse l’astrologie vers la divination. ‘(cf l’Homme Rouge des Tuileries de P. Christian 1863, chez l’auteur, Reed. Dorbon Ainé 1937 et Trédadaniel 1977)
Ces « médecins » qui se placent ainsi au chevêt d’une astrologie envahie par l’onomancie (cf Ely Star Mystères de l’Horoscope, 1888),
préconisent divers traitements. Celui du polytechnicien est le plus radical ^Selva met en avant l’ »expérience mais l’on sait que cela conduit à la validation de la tradition.
L’annonce d’un retour est aussi un aveu d’une chute dont on chcrche se relever. Un siècle plus tard, il semble que la situation de l’astrologie en France ne soit pas beaucoup plus brillante qu’en 1897 et ce en dépit d’un recours intenstif aux éphémérides, une
chasse systématique aux données de naissance – un facteur qui était alors considéré comme vital par certains des avocats de sa réhabilitation.
On a l’impression que de telles apologies laissent entendre que le déclin de l’astrologie serait dû à ses échecs. Mais, selon nous, il ne s’agit pas de cela: son déclin serait selon nous lié à sa présentation qui laisse beaucoup à désirer.Pour restaurer l’astrologie, on
ne peut faire l’économie d’une approche historique exigeant une méthodologie archéologique permettant de retrouver son mode d’emploi. Car là se situe le vrai débat :à
quoi sert l’astrologie?
Le problème, c’est que chacun arrive avec sa définition., son
« idée » a priori » de la destination de l’astrologie, ce qui l’aura motivé à s’y intéresser. Autrement dit, il va
s’en tenir à sa définition pour maintenir sa motivation. C’est
un cercle vicieux! On n’échappe pas à
quelque idée préconçue de l’astrologie que ce soit pour s’y
intéresser ou pour la rejeter.
Il serait plus sain selon nous d’aborder le sujet sans projeter quelque attente que ce soit. L’astrologie est un objet dont il faut trouver le mode d’emploi sans chercher à l’instrumentaliser au bénéfice de quelque idéologie. Ainsi, plusieurs des dispositifs figurant au sein
du corpus astrologique méritent que l’on s’interroge sur leur raison d’être. Affirmer que l’astrologie est un commentaire du système solaire est un a priori que l’on n’a aucune obligation d’accepter et à un autre niveau pas davantage la thèse selon laquelle
l’astrologie traiterait de l’individualité ou de l’errance de l’âme! C’est en tout cas selon ces termes que nous pensons envisager un nouveau réveil de l’Astrologie, au tournant de l’An 2000 et peut être cette fois sera-t-elle la bonne? Cela correspond à une position
de ‘neutralité » revendiquée par Kepler conseillant de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
L’écueil principal – il faudrait dire le piége- tient au fait que l’on parte du principe que l’astrologie, c’est ce que l’on connait sous le nom d’astrologie. On ne peut faire l »économie d’un travail de décantation, de restauration des plus délicats à mener à bien.
C’est ainsi que, selon nous, les significations des
maisons astrologiques sont le coeur de l’astrologie alors que le
symbolisme zodiacal et planétaire serait purement
instrumental.C’est ainsi que les systémes de dignités
planétaires (relations planétes/signes) ne serviraient qu’à
relier les maisons astrologiques entre elles qui serait le seul
dispositif réellement opérationnel. La technique des « maîtrises »
fonctionne en effet à partir du signe où se trouve la cuspide
(pointe) de telle maison, dont la planéte maîtresse se trouve
presque toujours dans un autre signe, d’autant que chaque
signe dépend de plusieurs planétes (en domicile, en exaltation)
JHB
-18 07 14
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