Autour de la géomancie astronomique de Girard de Crémone

Posté par nofim le 17 juillet 2014

La Clef de la Géomance de Girard de Cremone par Luc Antoine Salerne.

par jacques Halbronn

En 1661 , l’année de la parution posthume de l’Astrologia

Gallica de Jean-Baptiste Morin (dit de Villefranche), parait

une traduction  de la Géomancie  Astronomique de Girard (sic)

de Crémone pour  scavoir les choses passées, les présentes et

les futures.  Chez  le sieur de Salerne (Luc Antoine  Salerne), admirateur du Comte

de Pagan, une des figures de proue de l’astrologie française du

siècle, lequel  Salterne   est aussi le  traducteur

de ce texte médiéval (en fait de Gerard  de Sabionettta)  et qui y ajoute une « Clef pour

faire  les Figures et en juger facilement, qui servira aussi

pour avoir une parfaite intelligence des Horoscopes, avec

deux alphabets de Nomancie, aussi pour deviner toutes

choses »". D’autres éditions suivront en 1669 (BNF  V 21848) , toujours chez Salerne  et en 1687 ( cette fois chez

Laurent  d’Houry, BNF V 21818) L’éditoion de 1669 comporte une Epitre à Gaspard Marie Crollalanza, de l’ordre des  Théatins

(datée de Mai 1669)  absente de l’édition de 1661 (frontispice reproduit en fac simile dans la réédition de 1946)

Nous poursuivons notre panorama des ouvrages réédités

au cours du XXe siècles et parus au cours des siècles

précédents. Cet ouvrage est le premier que Volguine publia,

dès 1946 dans une collection qui allait connaitre un certain

succés « Les maîtres de l’occultisme » et dont nous avons déjà

évoqué l’existence à propos du traité des jugements des

thèmes généthliaques de Rantzau qui paraitrait

l’année suivante et qui était paru en français en 1657, à

Paris.   Interessante cohabitation qui annonce le traité d’

Etteilla de 1785 déjà abordé.(L’Astrologie du Livre de Toth

Ed Trédaniel 1993)

Le lecteur peu averti ne peut qu’être   interpellé par le recours à une

terminologie astrologique dans un traité de géomancie.

D’entrée de jeu l’auteur du traité  déclare « L’Astronomie est

une science  trop longue et trop difficile pour pouvoir en tirer

un jugement convenable. Les yeux de l’entendement ont de

la peine d’en  regarder  seulement une partie  et peu de

personnes sont  aujourd’hui  capables d’en faire de vraies

prédictions. Nous avons composé cet ouvrage et lui avons donné

le nom de Géomancie Astronomiquee pour enseigner  avec

moins de travail et de peine la manière de bien juger car, dans

cette science, il n’est pas nécessaire d’observer’ l’Ascendant  ni

l’heure de naissance  comme il se pratique dans l’Astrologie »

Il es proposé de faire un tirage géomantique qui fixe

l’Ascendant et par là les douze  maisons de l’horoscopen dès lors

qu’à une figure géomantique correspond analogiquement un

signe du zodiaque. On retrouve ce principe dans les maisons

solaires, calculées d’après la position du soleil, mois par mois, ce qui .

qui évite de devoir déterminer l’Ascendant et donc de se

priver du dispositif des maisons astrologiques. De la même

façon, l’on situera les planétes dans les maisons par le biais

d’un tirage géomantique, sans aucun respect d’une quelconque

vraisemblance astronomique.(question des élongations de

Mercure et de Vénus). On ne renonce donc pas à l’Ascendant

mais on le calcule autrement, ce qui revient d’une certaine

façon à une forme d’astrologie « horaire » que rejetait le dit

Morin et que pronait en revanche outre Manche un William

Lilly (Christian Astrology, cf notre postface à l’édition du

traité de Claude Dariot, Ed Pardés 1990)  Pour actionner

le systéme en question, on doit notamment recourir aux

Dignités planétaires car il y est questiion du « Seigneur »

de telle maison  dans telle maison – ce qui recoupe

la technique des « maîtrises » encore en usage  chez une

grande partie des astrologues français actuels (comme

Didier Geslain, voir sur You Tube) L’intérêt de cette

technique est de relier les maisons entre elles et donc

d’asseoir le propos divinatoire.

En  réalité l’essentiel du volume est constitué par l’apport du

tradducteur. Examinons le récapitulatif  du savoir/jeu  astrologique

figurant dans sa  Clef   de la géomancie par Salerne qui fait suite.. On relève que- la queue et lâ tête du Dragon sont

ajoutées au Septénaire.  En ce qui concrne les noms des

signes du zodiaque à la fin du XVIIe siècle, on notera

que le Bélier est souvent désigné comme Mouton, les

Gemeaux comme Bessons, le Cancer comme l’Ecrviesse

le Sagittaire comme l’Archer.

Par ailleurs, les domiciles des planétes -diurne et

nocturne- sont appelés « maisons ». L’exil (à l’opposé

du domicile) se nomme « détriment ». Le trône,

contrairement à la pratiqu actuelle, n’est pas synonyme

de domicile mais désigne le domicile le plus favorable

le taureau pour Vénus,  la vierge pour Mercure (bien

qu’aussi son signe d’exaltation),  le verseau pour Saturne, le

Sagittaire pour Jupiter et le scorpion pour Mars. Les joies

sont également rappelées:  Soleil en maison IX, Lune en

maison III,   Vénus en V,  Mercure en I,  Jupiter en XI,

Saturne en XII et Mars en VI.  Les Quatre Eléments sont

Signalés en rapport avec les « triplicités » tout comme les

signes masculins et féminins. On nous indique aussi

l »Amitié et inimitié des planétes entre elles »

Il nous apparait, en tant qu’historien et ethnologue des

pratiques astrologiques que le « thème » est avant tout

constitué de la relation entre maisons et planétes et que

les signes ne servent ici que d’articulation entre maisons.

En effet, dire que telle maison est liée à telle autre tient

au fait que la planéte qui domine le signe où se trouve la

« pointe » (cuspide) de la dite maison (ou lieu)se trouve dans telle

autre. En fait, on peut même dire que seule importe la

connexion entre les douze maisons du thème et non la

nature de la planéte ou du signe, si ce n’est en raison du

lien entre signes et planétes.

Autrement dit, les rapports planétes-signes ne sont

qu’un processus de mise en rapport des maisons

astrologiques entre elles. Même dans le cas de l’Ascendant,

le signe n’est pas interprété mais on regarde quelle est

la planéte qui est « seigneur » du dit signe.

Une telle façon de procéder se retrouve étrangement

dans l’utilisation des Quatre Eléments en Astrologie, où

l’on comptabilise le nombre de planétes non pas dans

chaqu signe mais dans chaque triplicité, la nature des

planétes étant indifférente.

On serait donc  face  à une astrologie des Eléments et des

Maisons bien plus que face à une Astrologie des Planétes

et des signes.

17  07. 14

 

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