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L’Astrologie selon Ramon Lulle (fin XIIIe siècle, Catalogne)

Posté par nofim le 28 juillet 2014

 

 

La réémergence de traités astrologiques médiévaux au XXe siècle : le traité de Lulle

Par  Jacques  Halbronn

L’ouvrage catalan  de  Raymond Lulle retient notre attention en ce qu’il se  veut porteur d’une réforme de l’astrologie. Nous lui trouvons une certaine similitude d’esprit avec le diptyque que nous avons publié en 1977

d’Abraham Ibn Ezra et qui s’efforça  autour de 1146  -(à Béziers) d’apporter des justifications à certaines des outils et des dispositifs dont se sert, qu’a constitués l’Astrologie au cours des siècles. Le traité de Lulle date de 1297 mais la traduction en langue romane des traités rédigés en hébreu  d’Ibn Ezra  est de 1273.  En tout état de cause, les deux ouvrages émanent  de la même région  sinon de la même religion.

Cette période semble marquer d’une certaine volonté apologétique mais aussi  critique que l’on pourrait retrouver s’exprimant dans d’autres domaines. (Raymond Lulle  Traité d’astrologie (trad. /  et présentation  A. Llinarés,  Ed Stock, Paris, 1988)

L’astrologie préconisée par le Tractat d’Astronomia (en catalan) est marquée par la question des Quatre Eléments qui est un apport majeur de l’Astrologie de la fin du premier millénaire, avec notamment  l’œuvre d’Albumasar. Rappelons que chez Ptolémée comme chez Firmicus Maternus, il n’est  nullement question d’un  lien entre Eléments, signes et planètes.

Lulle : “Nous avons dit  que les signes et les planètes ont effectivement les complexions des éléments” (p. / 64) / Si les rapports signes/Eléments sont familiers à l’oreille des astrologues modernes, en revanche le fait d’associer chaque planète avec  un des 4 Eléments n’est pas passé dans  les mœurs  astrologues.  Or, cette volonté d’unifier le champ astrologique par le moyen

de correspondances élémentaires semble bien sous-tendre tout le projet de l’astrologie lullienne. Lulle propose de se servir des  4 premières lettres de  l’alphabet pour formaliser son système à 4 facteurs. (ABCD)

Mais voyons comment  Lulle  parvient à  expliquer certains dispositifs de l’astrologie. (pp 77 et seq)

Les 12  signes

« Il y a 12 signes dans le ciel, ni plus ni moins,  pour qu’il puisse y avoir quatre saisons dans l’année  (…) afin qu’ici-bas les complexions soient tempérées par le cercle, le quadrangle et le triangle  (…) Cela ne pourrait se produire si le ciel était naturellement  divisé en plus ou moins de 12 signes »

Les 7 planètes :

« Parmi les raisons que l’on peut évoquer pour montrer pourquoi il ne peut y avoir  naturellement  que sept planètes  nous voulons en citer trois. La première est la division du temps en semaines de 7 jours (…) Deuxième raison : grâce à ce nombre sept ; des  triangles, des quadrangles et des triangles peuvent être formés dans le cercle (…) Si les planètes étaient  seulement  au nombre de six, l’ordre indiqué ci-dessus serait  détruit. Par suite de la disparition de cet  ordre, la nature souffrirait d’un vide qu’elle ne pourrait supporter »

On notera que Lulle  ne semble pas le moins du monde  s’intéresser aux maisons astrologiques  et en cela il nous apparait comme  se référant essentiellement à la Tétrabible de Ptolémée qui  ne les mentionne pas davantage.   En fait, il nous apparait que Lulle pratique une astrologie dynamique et non statique : « Lorsque le Soleil entre avec Vénus et Mercure au domicile du Taureau, la constellation est favorable comme la précédente » (p. 159)  Le mot clef chez Lulle est celui de la « rencontre » et un autre est le verbe « entre ». « Lorsque Mars entre dans les Gémeaux » (p/ 157=

Il  est  à noter que Lulle parle de la division du «  ciel des étoiles fixes en douze  parties » sans se référer aux saisons. Mais, on l’a vu,  à un autre endroit du traité,   l’auteur associe les 12 signes aux 4 saisons. Quant à Llinarés, le présentateur, il écrit ‘Le Bélier, premier signe de printemps commence l’année »  formule que l’on ne trouve nulle part dans le Traité.  Tout se passe comme si le Traité comportait deux volets  d’inspiration différente. Et il  s’agit de fait d’un diptyque. Le second volet ne  s’intitule-t-il pas « Fondements nouveaux » et le premier « Fondements de l’astrologie » ? Or le second traité d’Ibn Ezra, Liber Rationum peut être traduit-comme  nous l’avons fait, par « Livre des Fondements » (Ed Retz 1977) .

A la fin du premier volet, Lulle dit : « Nous avons exposé  la première partie des fondements de

l’astrologie. Nous allons aborder maintenant la deuxième partie  où s’exprimera notre opinion » (p. 61), laquelle partie débute ainsi «  Nous voulons savoir maintenant si ce que nous venons de dire dans  un premier temps est vrai. »

Selon nous, les deux parties du Tractat d’Astronomia  ne forment pas un ensemble homogène. D’une part une astrologie liée à un zodiaque des étoiles et de l’autre un zodiaque saisonnier.

Nous retiendrons ce jugement sévére  en cette fin du XIIIe siècle , il y a donc 700 ans ‘(pp. 192-193) : les astrologues « ont  créé une astrologie dont il  est  impossible de tirer une prédiction parce qu’ils ont commis l’erreur de considérer un trop grand nombre de moments et d’instants »

 

JHB

28. 07. 14

 

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