L’évolution des manuels d’astrologie au XXe siècle.

Posté par nofim le 29 juillet 2014

Le  thème natal comme syncrétisme  à la lumière des manuels

d’astrologie du XXe siècle (1897-1998)

par  Jacques  Halbronn

 

 

Le corpus sur lequel nous travaillons ici englobe aussi bien

des rééditions de textes parus dans les siècles antérieurs au

XXe siècle et la littérature astrologique du siècle dernier.

Nous montrerons que les manuels qui paraissent actuellement

sont marqués par  un hiatus majeur entre les divers dispositifs

exposés séparément  et l’interprétation des thèmes qui

recourt en vrac à tous ces dispositifs.

Nous avons souligné, dans nos  récentes études sur la Tétrabible de Ptolémée que celui-ci avait opté pour une présentation de domaines successifs balisant la condition humaine  et non pour des entrées techniques. Cette présentation de l’astrologie fut-elle respectée pour le XXe

siècle, quant aux manuels et traités d’astrologie,  telle est la question que nous posons ici.

Si nous prenons l’Horoscope en détail d’Alan Léo et H. S. Green qui est une traduction de l’anglais (que nous avons réédité chez Trédaniel en 1987) , parue en 1909, nous trouvons sous le  titre  « Régles Générales » (pp. 64  et seq) une  série de rubriques qui mettent en évidence

toute la diversités des processus disponibles et en concurrence:

Santé et maladies. Vie et Mort (ch VII)

L’amour et le mariage. Les amis et les ennemis (VIII)

Argent, Propriétés, occupations  (IX)

Parents et enfants  (X)

Voyagesq (XI)

Le caractère et le mental  (XII)

Voyons à présent comment en 1935-1939 procéde Maurice Privat (chez Grasset) dans son Astrologie Scientifique à la portée de tous,  30 ans plus tard, premier ouvrage que nous avons connu pour notre part. Force est de constater qu’un tel exposé fait totalement défaut. On

a cloisonnné l’astrologie  selon ses différentes techniques mais on ne propose pas de synthèse comme c’était le cas antérieurement. Ce

faisant le lecteur de Privat n’est pas conscient des convergences entre les différents procédés mais est bien obligé de noter que l’ordre des

maisons ne correspond pas à rien de cohérent, ce que les présentations synthétiques tendent à masquer.

Cela dit, le belge Georges Antarés, à la même époque dans son Manuel  pratique d’Astrologie – voué à des rééditions multiples après guerre, termine son exposition autour d’un certain nombre de domaines., combinant ainsi les significateurs planétaires et les maisons.

Dans un autrre ouvrage ‘*L’Art de l’interprétation en astrologie)  Antarés  propose des » Exemples d’interprétation de thèmes avec justidications techniques » qui propose une méthode pour aborder le thème mais sans donner un exposé général.

En 1943,  Dom Néroman publie son Traité d’Astrologie Rationnelle, qui sera plusieurs fois réédité (Table d »‘Emeraude, Arma Artis) . Dans

la  cinquiéme partie, on nous propose « L’interprétation statique du thème de nativitéé ‘(pp. 189 et seq) avec les « régles générales », terme

que nous avions vu utilisé par le traducteur d’Alan Léo (L. Miéville) mais cela s’applique au thème de Verlaine et chaque configuration y est interprétée, un peu comme dans la production d’Astroflash (1968) avec des « tiroirs » successifs.,

 

Si l’on remonte à 1897 et au Manuel d’Astrologie sphérique et judiciare ( réédité en 1933) on trouve bel et bien un exposé de

synthèse avec des entrées générales et non des entrées techniques forcément cloisonntes. D’un côté  le corps, les richesses, les dignités, la

profession et de l’autre  les « relations extérieures », le mariage, les employés et serviteurs, les amis et ennemis, les enfants et pour finir

le genre de mort.  Il est clair que le cadre des maisons astrologiques semble avoir servi à produire de telles subdivisions mais les éléments proposés pour répondre à

ces questions successives  sont assez variés et disparates. C’est

notamment le cas du Dictionnaire Astrologique de Gouchon

(1935) réédité après la guerre ou del’Encyclopédie  d’astrologie

psychologique de  l’Anglais  Charles Carter.(1963 trad. fr  Dervy)

1985).

Si l’on remonte à la Mathesis de Firmicus Maternus, on note

que le Livre VII  est construit autour  de toute une série de

cas concrets, listant ainsi les questions qui peuvent être posées

à l’astrologue comme c’est le cas dans la Tétrabible.

A l’opposé,  nombre de traités actuels se dispensent de consacrer

une partie de leur exposé à ces questions: C’est ainsi que

Didier Colin, dans son épais  Manuel  Pratique d’Astrologie

(Hachette 1998)  n’aborde à aucun moment ce chapitre.

Quant à André Barbault,  ce travail n’est envisagé qu’à

l’occcasion de l’interprétation de thèmes de souverains

(Traité Pratique d’Astrologie. Ed Seuil ) mais non sur une

base systématique  hormis évidemment l’étude des

différentes techniques  bien séparées les unes des autres.

Que conclure de telles remarques?  Le chapitre sur les

maisons astrologiques a le monopole de l’étude des ces

divers aspects de la vie alors que cela concerne aussi bien

les planétes qui se trouvent peu ou prou dépossédées de cette

responsabilité. Mais, plus globalement, le lecteur des  manuels

actuels  doit désormais impérativement passer par l’étude de

chaque technique prise séparément. On ne lui propose plus

de partir des questions posées par le client.  Ce que l’on

met en avant , c’est comment l’astrologue va interpréter les

différentes données du thème. L’astrologue n’a plus pour

fonction que d’interpréter le thème et non de répondre aux

questions existentielles.

Cela dit,  il nous faut quand même rappeler, pour éviter

tout malentendu, que pour notre part nous ne pensons pas

que l’astrologie ait fondamentalement vocation à répondre à

toutes sorte de questions. Elle ne peut que fournir qu’un

background cyclique, un contexte cosmique dont la

principale question tourne autour de la question de

la dualité du diurne et du nocturne. Mais cela dit, il est

clair que dans la pratique d’une astrologie divinatoire,  c’est

bien la combinatoire des diverses techniques qui permet

à l’astrologue actuel  de gagner sa vie.

Il est quand même pour le moins insolite d’avoir à

constater le fossé qu’il y a entre le cloisonnement des chapitres

(cf le traité d’André Barbault) et les exemples donnés des

thèmes des rois de France, qui sont eux totalement

décloisonnés et mélangent allégrement sur une seule et

même figure les aspects, les signes, les maisons, les planétes

sans que l’auteur ne prenne la peine de rédiger un chapitre

faisant interface et exposant comment face à une question

donnée, l’astrologue ait à combiner toutes sortes de critères.

Le seul chapitre traitant des différentes questions pratiques

est celui des maisons astrologiques alors qu’à l’évidence

le thème qu’érige Barbault fait appel à bien d’autres dispositifs.

En fait, il apparait que ces questions relévéraient

initialement d’une astrologie horaire, ou plus correctement

d’une astrologie des interrogations (ou questionnaire)

L’ouvrage de Claude Dariot que nous avons fait rééiter chez

Pardés en 1990  l’Introduction au jugement des astres,

expose ainsi les questions auxquelles il entend pouvoir

répondre.

Au chapitre 20, « Des significateurs et comment les trouver »

il écrit  » Un significateur, c’est aussi bien une maison

signifiant la  chose demandée que la planéte qui posséde le plus

de dignités  en cette maison. Les chapitres suivants traitent

de « si quelqu’un aura richesse et quand », de « l’interrogation

sur les frères » en suivant en fait le même ordre que celui

des maisons astrologiques. Autrement dit, on est en droit de

se demander si les maisons ne sont pas faites pour

l’astrologie horaire bien plus que pour une astrologie

généthliaque et si la Tétrabible n’est pas en ce sens au départ

un traité d’astrologie « horaire »

 

JHB

30. 07. 14

 

 

 

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