La notion de « ‘maison » en astrologie

Posté par nofim le 30 juillet 2014

André Barbault et la question des « maisons astrologiques ».

par  Jacques Halbronn

Nous avons déjà signalé que le terme « maison » était utilisé au XVIIe siècle avec des significations fort différentes. De nos jours, on ne s’en

sert que pour le découpage du cycle journalier mais  autrefois, les signes du zodiaque pouvaient tout aussi bien désignés en tant que

« maisons ». (cf  notamment chez Bourdin, le traducteur et commentateur de la Tétrabible et du  Centiloque.

En réalité,  il ne faut pas utiliser le mot « maison » tout seul mais toujours en précisant  à partir de quel point de repére, la maison a

été constituée.

Dans le cas des « maisons astrologiques », expression  beaucoup trop vague, il  conviendrait de dire « maisons de l’horoscope », ce qui a

donné le nom « horoscope »  à l’ensemble des 12 maisons. Cela signifie que ces maisons ont été calculées à partir du degré de l’Ascendant.

Mais  l’on pourrait tout aussi bien parler de « maisons du descendant » s’il nous venait la fantaisie de calculer les maisons à partir du

degré opposé à celui de l’Ascendant,  comme nous l’avons suggéré par ailleurs.

Mais l’on conçoit tout aussi bien que l’on puisse parler des maisons pour désigner les signes du zodiaque, à condition de préciser

que le point de départ a été   le 0° Bélier (tropique) ou tout autre repére que l’on voudra, le tout étant de  l’indiquer de façon

explicité. Si les signes sont calculés à partir de telle étoile de telle constellation, comme en astrologie sidéraliste ( Ayanamsa), il faudrait

également le signaler. Donc il sera tout  à  fait possible de désigner les divisions du Zodiaque de ‘maisons » au même titre que les « secteurs »

du mouvement diurne. En ce sens, l’astrologie que nous prônons et quii a comme point de départ une des quatre étoiles fixes royales, comportera elle aussi « ses » maisons. Quant au nombre de maisons, cela ne change rien  à la possibilité d’une telle désignation. Quant

au sens des maisons (cf Dorsan), il est également une variable qui ne saurait  affecter un tel usage terminologique. On aura comprise

que le mot maison est synonyme de « secteur » et mieux encore de « case » (ce qui se rapproche du latin pour maison). Toutes les

subdivisions ne sont que des « cases » et il est bon de ne pas   figer les limites entre les unes et les autres surtout quand les définitions

associées à telle ou tele case sont discutables et peu probantes, notamment au niveau de l’ordre des significations; On  sera surpris, à ce

propos de voir que tant d’astrologues (comme André Barbault) se contentent de  faire des variations sur les significations

traditionnelles des « maisons de l’horoscope » sans aucunement chercher à en corriger éventuellement l’ordre qui nous semble

abracadabrant comme de placer, d’intercaler,  la maison des maladies entre celle des enfants et celle du conjoint.

En fait, un usage aussi ouvert du mot maison – et l’on peut regretter qu’il se soit tant restreint au point que Barbault, dans son

Traité d’Astrologie Pratique, lui préfére celui de « secteur ». Il nous semble au contraire éminemment souhaitable de maintenir

un usage polyvalent car cela fait ressortir le dénominateur commun entre les différents dispositifs, à savoir qu’ils dérivent d’un point de départ éminemment variable d’où l’importance qu’il y a à préciser « maison de quoi » au lieu de cette formule creuse de « maison astrologique » puisque toutes ces maisons sont astrologiques quant à leur usage?

Mais que dire de l’usage du terme « domicile » en astrologie pour indiquer que tel « signe » est associé à tel astre?  Visblement, domicile

serait un substitut à maison mais  l’usage que nous avons précisé ici du mot « maison » ne renvoie pas à telle ou telle planéte mais bien à

un point de départ à partir duquel se met en place une série de « maisons ».  Dire que tel « signe » est la maison de telle planéte est ambigu

en réalité cela signifie simplement au départ que l’on a attribué telle maisson du zodiaque (quel que soit le mode de calcul, tropical

ou sidéral)  à telle planéte . Ni plus ni moins.

Puisque nous évoquons ici les « domiciles » également appelés trônes (mais l’expression semble initialement avoir été réservée à l’un des

doubles « domiciles » que l’on propose au Livre I  de la Tétrabible, de préférence à l’autre), on notera une étrange bévue commise dans

la collection Zodiaque  (Ed du Seuil), dont André Barbault avait été chargé avec l’équipe du CIA (Centre International d’Astrologie) dans

les années cinquante (nous fîmes de même avec les livrers des éditions du Seuil  dans les années 80 pour le MAU (Mouvement

Astrologique Unifié, rééd  France Loisirs). Et cette erreur n’a pas été corrigée entre 1957 et 2005, donc sur près d’un demi-siècle.

Qu’on en juge:

p.  14 de l’éd. 1957

«  Mercure s’identifie tellement avec les Gémeaux  qu’il y est à la fois ên trône et en  exaltation  »

et   p 25  de l’éd. 2005

Barbault – ou du moins l’un de ses collaborateurs-  confond  avec la Vierge   signe dans lequel Mercure est en effet  en trône comme en

exaltation. Mais ce n’est nullement le cas des Gémeaux! Cela dit,  il est assez génant que Mercure soit à la fois domicilié et exalté en

Vierge.

Mais ce point là  reste très confus puisque dans le Traité Pratique d’Astrologie, on ne propose pas du tout  d’exaltation pour Mercure (p. 142) alors que dans  un tableau de la page précédenre, Mercure est présenté comme exalté en Gémeaux! Il serait peut être temps de

corriger!

Quant à savoir si les  Gémeaux sont un signe de  Mercure, il serait quand même bon de rappeler que l’iconographie de ce signe qui

a d’ailleurs totalement disparu de la réédition de 2005 est fortement vénusienne. Que l’on aille voir page 6 le charmant couple qui

représente les Gémeaux/ Barbault a beau parler de Castor et Pollux, tout indique en réalité que  ce signe est d’essence vénusienne comme

cela apparait nettement dans l’iconographie du Kalendrier des Bergers. Barbault (p. 70 de l’éd de 1957) reproduit les « enfants » de

Mercure alors qu’il eut fallu présenter ceux de Vénus. Pourtant,  p. 80, l’Homme Zodiaque reproduit dans la même éditions de 1957

comporte bien un « vrai » couple.  Le mois de mai est illustré dans les Très Riches Heures du Duc de

Berry par un joli couple qui n’a rien de mercurien. Il serait bon que l’on comprît que l’attribution des planétes aux signes n’a rien à voir

avec la symbolique zodiacale. En fait, deux traditions cohabitent étrangement et il eut été heureux de le signaler au lecteur.

Mais revenons-en aux « maisons » astrologiques, comme on les appelle.

Barbault  écrit dans son Traité de 1961 (réédité en  2001): « Avant Morin, les auteurs recommandaient  simplement de  juger la vertu des « significateurs universels » que sont les symboles ».  On a l’impression à lire ce passage que Morin de Villefranche  aurait « inventé » les maisons  astrologiques. Il n’en est évidemment rien. On les trouve chez Firmicus Maternus au IVe siècle. En fait, Ptolémée est un des rares auteurs à aborder les questions posées au praticien.   Un tel jugement ne peut avoir été induit que par une connaissance insuffisante de la

littérature astrologique classique.

Barbault consacre quelques pages à lister ces questions: la santé, la fortune, la

réussite et l’amour  ( XII  Synthèse de l’interprétation pp. 295 302) alors que Ptolémée consacre la moitié de la Tétrabible à dresser la liste des questions que l’astrologue devra traiter successivement. Quant à Barbault, il se contente de donner la liste des « significationsé » des 12

maisons sans s’interroger sur la pertinence de l’ordre des dites significatiions ce qui donne l’impression d’un poéme pittoresque  à la Prévert: (pp/ 115(118) laissant l’apprenti astrologue avec la dite liste hormis les indications succinctes signalées plus haut:

« le monde du Moi  (..) le monde de l’avoir (…)le monde des contacts immédiats (…)le monde familial, le monde créatif, le monde domestique, (..) le monde du complémentaire (…) le monde des crises, (…) le monde du lointain, (…) le monde social (..) le monde des

affinités (…)  le monde de l’épreuve »

Peut-on encore concevoir de nos jours que l’on passe brusquement,  du fait de quelques minutes d’écart (qui sont fonction du mode

de domification) d’un « monde  » à un autre comme on le fait d’un Ascendant à un autre?

Pourtant Barbault avait indiqué  (p 115) en tête de ce bien court chapitre que d’un  « système « octatropos » on passa au système « dodécatropos »

Et de fait il n’est pas trop difficile de rétablir le bon ordre de ces 8 secteurs d’origine  en 4  quadrants:

Ier quadrant:  frères et soeurs &  parents

2e quadrant   mariage & enfants

3e quadrant   biens et dignités

4é quadrant   maladies et décés

Les deux premiers quadrants corespondent au début de la vie, aux proches  et les deux derniers à la carrière et à ses aléas

Barbault ne cherche pas dans son Traité à établir la moindre continuité – comme le propose pourtant Ptolémée-quant à la succession

des maisons. Il ne signale pas non plus que lorsque Ptolémée aborde ces mêmes questions, il ne se référe aucunement aux maisons mais

aux planétes car en tant qu’astronome, Ptoléme préfére tout axer sur la combinatoire des planétes (comme le fera à sa façon un

autre astronome désireux de réformer l’astroogie que fut Kepler).  La « check list » des questions à traiter par l’astrologue vaut pour toutes les pratiques astrologiques. Elle n’a pas de vocation divinatoire contraignante et peut simplement être utilisée comme pense-bête pour

examiner systématiquement les diverses implications d’un  dispositif  astrologique ou autre.  Mais visiblement Barbault prend très au sérieux les significations des maisons (p. 281 de son Traité) et attend de l’astrologie qu’elle indique dans quel domaine telle planéte agira,  le « céleste » étant complété  par le   »terrestre ».

Quant à la raison d’être des domiciles des planétes, il convient de s’en tenir à Manilius, ce sont les dieux et non les planétes qui sont

associés aux « signes »  d’où Neptune associé aux Poissons par le dit Manilius plus de 1500 ans avant la découverte de la dite planéte. C’est

Ptolémée ou du moins l’école à laquelle il appartient qui aura imposé que les seuls dieux propres  à l’astrologie soient ceux associés aux

planétes. En fait, tous ces dispositifs sont conçus pour ne fonctionner qu’avec un seul et unique curseur (la lune, le soleil, Saturne etc)

passant au cours de son cycle par des états successifs pouvant être décrits tout aussi bien par des noms de dieux que par des

activités successives comme dans les maisons astrologiques.  Au bout du compte, le thème astral regroupe la totalité de ces divers

chapitres  abordés successivement et séparément par Barbault  (« les claviers symboliques »)  au sein d’un même ensemble  syncrétique qu’il aborde au prisme des naissances des rois de France (pp. 211  et seq  « Les interprétations ». Le mot clavier nous semble assez approprié car

on imagine l’astrologue à son « orgue » plus en représentation qu’en consultation.

 

 

 

 

 

 

JHB

30. 07. 14

 

 

 

 

 

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