Regards sur les essais astrologiques d’Elizabeth Teissier

Posté par nofim le 30 juillet 2014

Remarques  sur  les  écrits astrologiques d’Elizabeth Teissier

par  Jacques Halbronn

 

Elizabeth Teissier compte parmi les auteurs français  (francophones) qui ont écrit le plus au cours des 40 dernières années sur l’Astrologie

si l’on s’en tient à sa production de 1976 à 2001, soit sur 25 ans Nous nous contenterons ici de  feuilleter ce millier de pages autour

de trois volumes Ne brûlez pas la sorcière, (Réponses à 25 questions clés sur l’Astrologie) L’astrologie science du XXIe siècle (1988) et l’Homme d’aujourd’hui et les astres. Fascination et rejet.

Le premier livre fut écrit (cf pp. 151 et seq) au lendemain  de la parution du Manisfeste des 186 savants en septembre 75, année qui fut celle de la fondation du  MAU (Mouvement Astrologique Universitaire) dont le premier congrès au mois de décembre 75 fut consacré à lui donner une réponse. Elle s’en prend notamment au Que Sais-je de Paul Couderc sur l’Astrologie, paru dans les annéez cinquante et  donc

depuis une vingtaine d’années, à l’époque.   Nous réléverons ce propos d’E. T.  » Nous considérons qu’il appartient aux spécialistes d’une

question de statuer sur elle et non pas à des gens  de disciplines extérieures, fussent-ils des savants » (p. 168) Cette déclaration nous

laisse assez perplexe car nous n’aimons guère le cloisonnement des disciplines lesquelles doivent inter-communiquer. Nous pensons

que si l’astrologie est prévisionnelle, elle  ne consiste pas à attendre que les choses arrivent.  On ne peut pas empêcher les gens de

se méfier d’un savoir qui ne donne pas confiance de par sa présentation car l’humanité n’existerait plus depuis longtemps si l’on n’avait

pas eu certains préjugés. Ce sont d’ailleurs les gens qui prévoient mal qui font le plus appel à l’astrologie et comme ils  prévoient mal

ils ne savent pas se protéger contre un savoir qui n’est pas à la hauteur de ses prétentions. Cercle  vicieux.   PEndant qu’on y est, on n’a

qu’à demander aux éléphants d’écrire sur les éléphants! Les cordoniers sont les plus mal chaussés. Est-ce que les femmes sont les

mieux placées pour écrire sur les femmes? Oui, le processus de « rejet » signale que certains signaux sont au rouge au sein du savoir

astrologique.

Passons à l’Astrologie, science du XXIe siècle. Le titre nous semble assez séduisant, il est vrai. Mais quelle astrologie et que signifié

ce singulier? On prend l’astrologie en vrac comme Suzel Fuzeau-Braesch, auteur du deuxiéme Que Sais je  sur l’astrologie (1989), qui a répondu aux attentes d’ET formulées en 1976.

Les astrologues qui veulent défendre la légitimité de la consultation astrologique individuelle  expriment ainsi des exigences

exorbitantes qui ne sont pas celles de chercheurs qui se contentent de faire apparaitre certaines corrélations mais alors à la différence

de Mme Teissier, ils ne prétendent aucunement défendre toute l’Astrologie et surtout pas une astrologie au cas par cas, où chaque

personne a droit à un « modéle » fait sur mesure comme si un modéle pouvait valoir que pour un seul cas!

Nous lisons le passage suivant :  » La connaissance de soi qu’offre l’interprétation du ciel de naissancze est certainement

l’application la plus noble de l’Astrologie » (p. 317). Nous pensons que la mission première de l’astrologie est de nous expliquer comment

l’Humanité fonctionne et non point l’individu. Certes, décrire le général, c’est décrire ceux qui le constituent. Mais un gynécologue

doit connaitre l’anatomie féminine qui reste une avant d’aborder les cas particiliers. Il n’est de science que du général.   L’existence

d’une astrologie personnelle sur la base du thème natal reléve de la divination.  Les astrologues mettent la barre trop haut. Qu’ils se

contentent de décrire l’homo astrologicus en ce qu’il a d’universel!  D’ailleurs quand Gauquelin donne des exemples de certains  végétaux et animaux sensibles au cosmos, parle-t-il d’indivdus?

Passons à la thèse de doctorat soutenue en 2001 et parue dans la foulée chez Plon.(soutenance à laquelle nous avions assisté)

Visiblement, E. T. veut défendre le thème natal et elle ne comprend pas que c’est cette partie de l’astrologie qui fait probléme au

premier chef. Si on lui disait que l’astrologie comporte toute une partie générale qui est acceptée mais pas le thème natal, elle ne serait

pas satisfaite car  ce qu’elle défend en réalité c’est « l’horoscopie » (l’ascendant, les maisons etc )  parce que c’est son  vécu, c’est son transfert. E. T.  propose ainsi (p. 39) aux 186 cités plus haut sur lesquels elle revient dans sa thèse, 25 ans plus tard! : « Si, en

revanche, ces pris Nobel se référent à une authentique comparaison de thèmes  (appelée synastrie)  » Décidément, E. T. n’en démord pas. Il faut qu’elle mette le thème natal en avant comme étant le nec plus ultra de l’astrologie, son fer de lance alors qu’en réalité

c’est son maillon faible.  Kamikaze! On est dans le tout ou rien. On notera toutefois que le titre de 2001 est déjà plus raisonnable que celui de 1988. Le mot Astrologie n’y figure pas et l’on se contente de « L’homme d’aujourd’hui et les astres »

Pour notre part, nous pensons que les lecteurs des horoscopes des journaux sont plus proches du véritable esprit de l’astrologie que ceux qui vont faire étudier leur thème et qui pourraient tout aussi bien aller consultter un voyant. Il y a en effet dans cette astrologie

de presse une certaine sagesse . On ne confondra pas, bien évidemment, les petits livres sur les signes du Zodiaque qui figent

une caractérologie avec ces textes qui ont au moins le mérite d’évoluer avec le temps car la leçon de l’astrologie est que plus cela change et plus c’est la même chose. Mais même le fait que quelqu »un se dise de tel ou tel signe est au moins un signe d’humilité. Il sait qu’il

n’est pas le seul dans son cas et donc il  sait que ce qu’on lui dira sera au mieux très général mais il est suffisamment intelligent

pour  savoir qu’il n’est pas un être unique.

On voudrait ajouter que les femmes ne vivent pas l’astrologie comme les hommes. Elles ont tendance à surinvestir le langage et à confondre les mots et les choses.

E. T. emploie parfois le mot « empiétement ». Il nous semble que l’idée selon laquelle

l’astrologie disposerait d’un territoire qui lui serait propre et qui exigerait une

compétence spéciale  est déterminante dans son esprit. On peut même se demander

si l’on ne risque pas ainsi de s’ingénier à rendre un savoir opaque pour renforcer

son étanchéité par rapport aux intrusions extérieures. A contrario, dès lors que l’on

ne se place pas dans une telle attitude, l’on acceptera plus volontiers une certaine

simplification de l’astrologie laquelle est assez aisément marquée par un certain

surcroit « pondéral ». Mettons l’astrologie au régime! On notera d’ailleurs qu’un

Kepler n’était pas qu’astrologue et c’est ce qui lui aura permis de prendre un peu

de hauteur voire de distance.(cf G. Simon  Kepler, astrologue-astronome. Ed Gallimard

1979). La stratégie visant à rendre difficile et long l’apprentissage de l’astrologie aux fins

de lui conférer un semblant de légitimité épistémologique nous semble condamnée

à l’échec. Etrange communication qui vise à faire comprendre que l’on ne peut pas

communiquer et  parler d’astrologie sans être à fond dans l’astrologie et de façon

exclusive:

JHB

31 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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