Analyse du polycopié d’une école d’astrologie (2001)

Posté par nofim le 12 août 2014

Réflexions autour du Collectif  « Initiation à l’astrologie globale et symbolique »

Ed/ Agapé.

Par Jacques Halbronn

 

En 2001,  l’école AGAPE publia le volume 1 d’un ensemble d’études visant à

repositionner l’astrologie. Y  contribuèrent Martine Barbault, Yves Lenoble et Solange de

Mailly Nesle.

Nous présentons ici nos commentaires concernant le programme d’enseignement qui est proposé par la dite école.

En ce qui concerne le Zodiaque, nous dirons que nous ne pensons pas que l’astrologie lui ait

accordé l’importance que l’on nous dit.  Certes, l’astrologie a-t-elle pu  voir dans le

cycle des saisons une matrice cyclique mais  uniquement  sur  un mode analogique et non sur

un mode opérationnel.  La question de la précession est donc secondaire. Cela dit, contrairement à ce que disent les auteurs,  le symbolisme du Zodiaque tétramorphe (taureau-lion- aigle-homme) est bel et bien décalé par rapport aux saisons dès lors que  l’on constitue une astrologie  dépendant du

dit symbolisme.

Le cas des 4 Eléments est significatif.   On notera que la Tétrabible ne mentionne aucunement les Eléments par rapport aux signes  même quand on y traite des triplicités, point qui n’aurait pas du

échapper à Yves Lenoble qui venait alors de participer au travail de Pascal Charvet (-Ed  Nil). Il aurait été bon de rappeler que les dieux sont associés aux signes bien avant qu’on y articule le Septénaire. (cf.  Manilius) Tous les développements sur les « symboliques planétaires »  créent une confusion entre astrologie, astronomie et mythologie et  il eut été souhaitable d’étudier la genèse qui a abouti au savoir  décrit et qui est le fruit d’une évolution dont on peut se demander si elle n’est  pas une déviance. Quant  à l’intégration des planètes  transsaturniennes, cela correspond en effet à une « évolution » bien mieux signalisée mais qui n’est qu’un avatar de plus.

Abordons le Chapitre intitulé  « Le Zodiaque : quaternaire, ternaire et binaire »  (pp ; 90 et seq).  On nous compare l’astrologie à une langue qu’il faut acquérir et  l’enseignement de l’astrologie semble dès lors  être du même type que celui d’une langue. La lecture d’une partition musicale – son interprétation » est donnée en exemple/ Dès lors, il ne s’agit pas tant de comprendre que d’apprendre, ce qui met en quelque sorte l’esprit critique en veilleuse. On pourrait parler d’une forme de régression intellectuelle qui se produit d’ailleurs chaque fois que l’on se lance dans  l’apprentissage d’une nouvelle langue, ce qui réveille les réflexes des toutes premières  années. On bascule vers une stratégie d’intégration au sein d’un certain groupe social qui est celui du milieu

Astrologique.

Que nous dit-on  à l’AGAPE sur les « signes astrologiques » ?  On  a droit au couplet sur le « bélier »

, « celui qui est toujours en tête du troupeau ». En  réalité, quand on relie le zodiaque avec l’iconographie des mois de l’année, on  voit bien qu’il s’agit d’un mouton dont on tond la  toison. Le fait  de relier Mars au Bélier explique évidemment un tel contresens tout à fait délibéré. Quant au Lion, il ne figure aucunement dans l’iconographie des mois et il relève (cf. supra) d’un autre zodiaque

quaternaire   qui s’est amalgamé à celui des 12 mois.

En fait, nos enseignants ne se soucient aucunement de l’origine du symbolisme zodiacal. Ils plaquent sur ce symbolisme un certain discours sur les saisons, sur les éléments, qui est totalement décalé. Il faut savoir que le  symbolisme du zodiaque à 12 signes et 12 mois  exprime la vie des sociétés au cours de l’année et non la dynamique de la Nature, même si les deux plans sont liés. Faute de quoi on ne comprend pas un  signe comme celui des Gémeaux. Que disent nos enseignants sur ce signe très problématique. Ils ne manquent pas de rappeler que ce signe est dominé par Mercure, ce qui est vrai  au regard du dispositif des domiciles –encore qu’il est également en Vierge dans ce cas mais la symbolique des Gémeaux est bien évidement vénusienne comme tout spécialiste du symbolisme vous le confirmera. (cf. les enfants de Vénus dans le Kalendrier des Bergers) On ne manque pas non plus de relier les Gémeaux à la maison III  alors qu’il s’agit là d’un rapprochement tardif   (sans parler du passage de 8 à 12 maisons) On se contente de nous dire  que « le signe  est représenté par deux

Adolescents jumeaux  Castor et Pollux  qui se tiennent par la main ». (p/ 128) alors qu’il s’agit bel et bien en réalité d’un « vrai » couple/ Nos auteurs se sont trop fiés à André Barbault qui a complétement occulté l’autre approche bien plus pertinente (dans son petit livre sur les Gémeaux) qu’il n’a même pas pris la peine de signaler. Avec les Gémeaux, on tombe dans les excès  d’une exégèse qui fait dire n’importe quoi au document ainsi commenté et on nous parle d’allégorie alors que le temps de ce signe est bien celui des Amours (cf. les  Très Riches Heures du Duc de Berry)

Que disent nos auteurs sur le Scorpion ? Là encore,  il n’y a rien d’évident et d’allant de soi dans ce

Symbole et il faut vraiment que les élèves soient de bonne composition pour gober de telles explications qui n’ont ni queue ni tête. Quel rapport d’ailleurs entre l’Eau et cet animal ?  Pas un mot sur la symbolique de l’Aigle !

En conclusion, nous dirons que  le projet de nous présenter une genèse de l’Astrologie n’aura guère été mené avec rigueur et que très tôt l’on nous a basculés de la diachronie dans la synchronie, de l’Histoire vers un apprentissage d’une langue, d’un « clavier ». La carence iconographique  est  édifiante et on ne trouve dans ce volume aucune reproduction des vignettes des 12 mois de l’année. On nous restitue une tradition exégétique extrêmement discutable.

En fait, il eut été infiniment plus sage de laisser complétement tomber la symbolique zodiacale  comme l’a fait sagement Jean-Pierre Nicola et de s’en tenir à la distribution des Eléments et des planètes entre les 12 signes mais  en laissant totalement de côté leur symbolisme propre car comment expliquer que le signe du verseau est un signe d’air. Cela aurait évité bien des contorsions ; Il eut suffi de déclarer que ce symbolisme est  un simple codage commode pour situer les astres dans le ciel et d’ailleurs usité par les astronomes/

Se lancer dans une prise en compte du symbolisme zodiacal était  casse-cou. Faut-il rappeler qu’André Barbault – l’oncle de Martien Batbault- a largement pris ses distances par rapport à un tel  symbolisme et que la parution des volumes sur le Zodiaque n’aura  été pour lui qu’un exercice, un jeu

et en fait un tremplin pour d’autres ouvrages qui paraitront aux mêmes éditions du Seuil au début des années 60 comme cela fut notre cas quand nous avons traité du Sagittaire (Ed Tchou) et dans  nos introductions pour la série chez Solar.  Barbault dès les années 50 avait compris que l’astrologie cyclique devait  laisser tomber toute prise en compte de la symbolique zodiacale, ce qui est particulièrement manifeste dans Les Astres et l’Histoire (1967) mais aussi dans son étude du cycle Saturne- Neptune.  On sait que l’astrologue ne saurait résister à toutes les sollicitations tant de la part des éditeurs que de sa clientèle mais il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie.

Ce syncrétisme qui  associe  de façon systémique les 12 signes, les 12 maisons, les planètes (et le système actuel est resté en chantier inachevé depuis 80 ans, et  n’a pas bougé depuis la découverte de Pluton.  On n’a pas de chapitre dans ce volume sur les maisons mais  il est plus que probable qu’à

Aucun moment  on ne s’y demandera si l’ordre des maisons tel qu’il nous est parvenu n’a pas été corrompu/

Que disent nos auteurs sur ces nouveaux astres ? (pp. 69 et seq) On note qu’ils n’évoquent à aucun moment  l’après Pluton et le fait que la « prophétie » d’une découverte de nouvelles planètes a le bec dans l’eau et on le sait d’autant plus depuis la parution en 2001 du dit  volume avec le déclassement du dit Pluton. On serait curieux de savoir comment l’AGAPE  traite de cette déconfiture. Autrement dit,  on reste sur sa faim tant concernant l’appréhension du passé de l’astrologie  qui laisse bien des zones d’ombre que celle de son avenir. Le chapitre introductif sur

« L’édification de l’astrologie » laisse fortement à désirer tout comme celui sur ‘L’évolution de l’Astrologie à travers l’Histoire

Pas un mot bien évidemment sur le rôle des étoiles fixes  royales qui appartiennent comme par hasard aux  constellations correspondant aux signes fixes sauf  dans le cas  de l’Aigle mais aussi de Fomalhaut qui est dans la  Constellation du Poisson Austral et non dans celle du Verseau

Ce qui  fait problème, pat dessus tout,  c’est l’idée que l’astrologie doit « évoluer ». Nous pensons bien plus tôt qu’elle  doit se ressourcer. Mais il est vrai que le passé est encore plus inaccessible pour le commun des mortels que le futur et que nous assistons là à une fuite en avant, et au spectacle d’une astrologie à la dérive. En esquivant   un vrai débat sur l’Astrologie, les auteurs en semblent  pas

avoir conscience  de  faire fuir des recrues d’un certain niveau et d’être en retrait par rapport au niveau des années soixante –soixante-dix/

 

 

JHB

12. 08 14

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