Le clivage des aspects du thème et des aspects du cycle

Posté par nofim le 16 août 2014

 

 

L’astrologie des aspects  ou la mixture indigeste

Par Jacques Halbronn

 

Notre bête noire en matière d’astrologie, ce sont les aspects astrologiques du moins

tels qu’on les pratique usuellement. Paradoxalement, les aspects constituent aussi

un facteur incontournable au regard de toute forme de cyclicité. Rappelons que pour Kepler

les aspects étaient la partie la plus aine de l’Astrologie. C’est dire que ce domaine est celui

du pire comme du meilleur. Séparons donc le bon grain de l’ivraie !

Selon nous la véritable raison d’être des aspects est de baliser un processus cyclique. A partir de la

conjonction qui est en quelque sorte le « point zéro » de l’aspect (0°), une série d’aspects se succède jusqu’à l’opposition et qui indique le temps qui passe, les stades successifs par lequel  tout cycle se déploie. Jusque-là tout va bien.

Mais il y a une autre face aux aspects –c’est le côté Janus, Dr Jekyll  & Mister Hyde- et qui sévit notamment mais pas seulement dans le thème natal ou autre (horaire, révolution solaire, transits) et qui consiste à mêler et entremêler les « significateurs » , c’est-à-dire les significations propres à chaque planète, pour dire les choses simplement. On ajoute en quelque sorte un peu de telle planète avec un peu de telle autre, c’est la cuisine astrologique traditionnelle.

Nous ne trouvons ce procédé que dans un seul chapitre de la Tétrabible et l’on peut se demander

raisonnablement si ce n’est pas là une interpolation. En tout cas

cette pratique est attestée dans la Mathesis de Firmicus

Maternus, deux  siècles plus tard , au Livre VII.

On lit donc au

Livre III. 14 du Tetrabiblos

 

 

Des qualités de l’âme.

Saturne avec  Jupiter,  Saturne avec Mars, Saturne avec Vénus, Saturne avec Mercure,

Jupiter avec Mars, Jupiter avec Vénus et ainsi de suite jusqu’à Vénus car  quand on arrive à  Mercure, tous les aspects ont déjà été abordés/

Prenons au hasard la configuration Jupiter avec Mercure dans la Tétrabible (trad. N. Bourdin, 1640)

 

« La  familiarité de Jupiter avec Mercure (..) fait ceux qui sont amateurs des sciences, biendisants, adonnés à la géométrie, aux arts, à la poésie , à l’éloquence, ingénieux  etc »

Depuis, on ne compte plus les textes qui  pratiquent un tel exercice combinatoire avec plus ou moins

de virtuosité,  jusqu’à Astroflash. Quels astrologues ne se sont pas prêtés à un tel  manège ? Prenons le Manuel  Complet d’Astrologie Scientifique & Traditionnelle –Ed Niclaus, N  Bussière Succr  1967, pp/ 95 et seq) :  « Les aspects mettent en relation différents facteurs de l’horoscope. Ils sont donc

essentiels  car ils conduisent à une synthèse »

Mais  quelques pages plus tôt, on nous expliquait :

« Les aspects sont l’écart angulaire séparant les planètes entre elles/ Ces aspects expriment  facilités ou conflits. » (p. 91)

On est là face à deux registres : celui du contenant et celui du contenu.  Les aspects  structurent le cycle, certes, le découpent en un certain nombre de divisions. Mais il y a un glissement, une dérive quand on  passe à un autre stade qui est celui du mélange des significations. On pourrait parler alors d’abus,  qui fait passer de l’astrologie naturelle  à une astrologie divinatoire (astromancie). C’est en cela qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau  (sale) du bain.

Voyons comment cette dualité est  ou non consciente chez certains astrologues. Ainsi  Bernard Blanchet a-t-il consacré un ouvrage entier à ce sujet (Les aspects astrologiques  Ed  Trédaniel  1994) D’entrée de jeu Blanchet aborde la question des « bons » et des « mauvais » aspects qui  est à mi-chemin entre les deux registres que nous avons distingués. Cela ne fait que « pimenter » le dit mélange puisque l’interprété devra (comme le propose Georges Antarès dans son Manuel) devra

doser son interprétation  sur un registre plutôt « harmonique » ou plutôt ‘dissonant ». Mais

étrangement,  Blanchet ne s’arrête pas sur le rôle des aspects dans la formation même de toute

cyclicité. Il faut lire des ouvrages sur les cycles comme celui d’Yves Lenoble pour que les aspects sont appréhendés sous cet angle comme si toute l’astrologie ne dépendait pas de la détermination d’un binôme et des écarts entre les  deux membres du dit binôme y compris en ce qui concerne l’alternance entre temps harmoniques et temps dissonants.  On note un cloisonnement entre

l’approche du cycle et du thème alors que tous deux recourent aux aspects.

Quant à l’Anglais Carter (Interprétation des aspects en astrologie Ed Dervy 1979, trad de l’anglais

Par Véronique Lepage) ; il y est question de « 36 combinaisons possibles entre le Soleil,  la Lune et les planètes » A aucun moment cet astrologue ne se demande s’il n’y aurait pas intérêt  à ce que l’astrologie  déterminât quel est l’aspect dominant pour l’Astrologie par-delà les spécificités propres à tel ou tel thème./Que dit André Barbault à ce sujet (Traité Pratique d’Astrologie 1961, pp. 187 et seq)  Cet auteur ne fait quasiment aucune référence à une cyclicité si ce n’est à propos des marées pour les aspects soleil-lune) et s’intéresse surtout aux aspects « dans le thème ».

Passons à Jean-¨Pierre Nicola  (Le Grand Livre de l’Astrologue ; Ed Tchou 1983, R »ed  2005)  qui consacré un long chapitre à  l’Interprétation des Aspects (pp 167 et seq).  Pas davantage de mise en

perspective cyclique mais  une approche située dans le temps et non dans l’espace, ce qui est un grave contresens.

Que dit en 1943  un D. Néroman des aspects (Traité d’Astrologie Rationnelle des

Premiers rudiments à la cosmogonie platonicienne Ed Sous le Ciel,, Reed Table d’Emeraude et Arma  Artis). ? Au chapitre « Les aspects interplanétaires » (pp. 24  et seq).  Il faut se contenter de cette définition : « On dit , en astrologie que deux planètes  (ou plus généralement deux points du cercle) forment un aspect lorsque leur distance angulaire est un multiple de 30 degrés etc. ». Mais là encore la dimension cyclique, temporelle de l’aspect est  esquivée. Il manque une dimension.

Il nous semble que le fait que l’astrologie ne se réfère plus  à une étoile fixe comme point de départ des 12 signes  aura  noyé la notion d’aspect, du moins dans son principe. On ne considère pas l’intervalle entre un astre et le point  vernal (O° bélier, tropique). Pourtant dans la théorie des Grandes Conjonctions, la conjonction récurrente Jupiter-Saturne  se reproduit de trigone en trigone, tous les 20 ans. Le Zodiaque n’est donc pas considéré comme constitué  à partir d’une conjonction et ses subdivisions pas davantage.

»

 

 

Abordons enfin  ce que disent les deux derniers Que Sais Je sur l’Astrologie (PUF  1989  et 2005)

1989  Suzel Fuzeau Braesch. Dès l’abord du Zodiaque, il eut été heureux de poser le problème en termes d’aspects car l’aspect est fonction d’un point de départ, d’une conjonction entre deux facteurs qui vont ensuite s’éloigner l’un de l’autre. L’auteur ne traite des aspects que dans le cadre du thème et non dans celui des structures mêmes de l’astrologie en général (p. 16). L’aspect serait conjoncturel et non structurel.

2005  Daniel Kunth et Philippe Zarka : on n’aborde les aspects  qu’à mi-parcours (p. 58 sur 125 p) « Les astrologues postulent que les influences planétaires ne se combinent de manière intéressante que sous certains angles (…) Il est probable que l’importance attribuée aux  aspects planétaires  découle de ceux de la Lune et du Soleil, connus depuis fort longtemps et  responsables des phases de la Lune » Etrangement, on a l’impression que les auteurs n’ont pas compris que les astrologues se servaient des aspects dans le cadre du thème natal. Ils abordent la question des transits (pp/  63 et seq) mais sans les présenter comme des « aspects » :  ce « sont des passages apparents des planètes

-sur certains points remarquables du thème de naissance (…) sur des points jugés sensibles de ce même thème (…)ou encore en aspects des points ci-dessus »

Yves Lenoble (Initiatin à la pratique des cycles planétaires Ed ARRC  1994) i rappelle (p. 24)ce que Barbault écrivait  en 1967 (Les astres et l’Histoire). On a bien là l’exposé des différents aspects  mais sans aucun lien avec les aspects du thème natal comme si  un clivage séparait  les deux dimensions du cycle et du thème en dépit du fait que l’on y recourt dans un cas comme dans l’autre aux mêmes aspects désignés de la même façon.

Lenoble aborde aussi le cas de Dane Rudhyar (p. 23) : en d épit du fait que l’on se serve du semi-carré (45° soit 360/8), le mot « écart » est préféré  au mot « aspect » dans la présentation de Lenoble. ‘L’écart Lune-soleil est aussi important que la position des luminaires en signes »

Une meilleure  formulation semble devoir revenir dans notre corpus à l’astrologue italienne Lisa Morpurgo (Introduction à la nouvelle Astrologie   Hachette 1974) écrivait  sur les aspects (pp. 217 et seq)  il y a 40 ans :

« L’expérience astrologique semble démontrer que lorsque deux planètes se trouvent à une certaine distance , il se crée entre elles un rapport qui en modifie ou intensifie l’influence. On appelle « aspect » ce rapport (..) L’astrologie considère deux  catégories d’aspects : les aspects nataux c’est-à-dire la position de planètes au moment exacte de la naissance et les aspects célestes, c’est-à-dire les diverses positions que les planètes occupent progressivement dans la succession des jours et des  années. Les aspects  nataux ne sont qu’un fragment des divers aspects célestes (…) Les  transits tracent une série ininterrompue d’aspects célestes »( cf aussi  de Roger- Benoit  Jourlin, Le cercle astrologique. Défense et illustration de l’astrologie, ed Dervy 1997,  pp. 143  et seq)

Mais par-delà la question des définitions souvent insuffisantes et qui ne parviennent pas  à placer la question des aspects au centre du système astrologique et n’en font qu’une composante,  il y a cette

gymnastique à laquelle se contraignent tant d’astrologues qui consiste à  marier plusieurs significations entre elles, ce qui est en soi fâcheux. Nous pensons qu’en un instant T, il n’y a qu’une formule simple qui s’impose et que la complexité est non pas dans la juxtaposition mais dans la  succession des facteurs. Ce qui change tout ! Il  y a là comme un télescopage qui écrase le temps astrologique. Tout se passe comme si en astrologie,  on ne pouvait accéder au temps qu’en évacuant l’espace ou à l’espace qu’en évacuant le temps.  Et de fait, il y a là bien là un enjeu épistémologique. Selon nous, l’astrologie n’est pas spatiale mais temporelle, non point  liée au thème mais au cycle et l’on a vu tout au long de la présente étude que même les aspects sont décrits le plus souvent comme étant liés à l’espace et non au temps.

D’ailleurs, même dans le domaine linguistique, nous pensons que le temps a été  largement sacrifié. Les divers préfixes  ne déterminent-ils point des stades successifs et l’on ne peut au même moment

Partir (préfixe « de »  et revenir  (préfixe « re »). On ne peut pas  à la fois être dans le passé et dans le futur, dans le masculin et le féminin.

 

 

JHB

16 08. 14

 

Laisser un commentaire

 

Hertiuatipo |
L'actualité du droit d... |
Beats Pas Cher |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lixueosche
| Kenpkcv
| Luivaterfoxs