Les piétres avocats de l’astrologie

Posté par nofim le 30 août 2014

 

 

La diversité des astrologies et la façade unitaire au regard de la théorie des aspects.

 

Par  Jacques  Hallbronn

 

La plupart des astrologues perçoivent l’astrologie comme unitaire, non pas comme ayant un projet

unitaire mais étant intrinsèquement unitaire, par essence. Même Jean-Pierre Nicola aura essayé

de démontrer que toutes les notions astrologiques, toutes les données astronomiques  constituaient

le grand puzzle de l’astrologie.  Il suffisait  « simplement » d’expliciter la raison d’être de chacun des dispositifs  transmis par la littérature  astrologique : 12 maisons, 12 signes, Aspects de trigone et de carré, 10 planètes y compris celles qui furent découvertes à partir de la fin du XVIIIe siècle.

Qu’il se soit instauré à un certain stade une sorte de « cohabitation » entre diverses astrologies, cela peut certes d’envisager mais ce ne serait là qu’un compromis entre plusieurs « obédiences » et qu’il ne s’agirait ni de sacraliser, ni d’entériner par des arguments spécieux visant à tout prix à sauvegarder une unité  de surface.

C’est ainsi que l’on nous présente dans les différents manuels la série des aspects astrologiques (cf.

Y. Lenoble Initiation à la pratique des cycles planétaires, Poissy 1996) qui entremêle carré et trigone,

Semi-carré et sextils comme s’il s’agissait d’une série d’un seul  tenant. Or, il nous apparait que deux systèmes sont en présence qui auront fini par « fusionner », l’un à base 4 et l’autre à base 3.

D’une part une astrologie du 4, qui divisait  le cycle astral en 4 quadrants (étymologiquement 4) et qui aura donné l’aspect de carré(90°)  et de semi-carré (45°), soi t une division en 8 secteurs (octotopos)

D’autre part, une astrologie du 3  qui divisait les saisons en trois, pour que cela corresponde peu ou prou aux 12 mois soli-lunaires et le cercle en 3, ce qui donna les trigones (120°)

Ce que fait l’astrologie « traditionnelle » c’est de combiner et d’entrecroiser ces deux systémes pour

n’en plus produire qu’un seul quitte à ce que les subdivisions ainsi obtenues soient inégales dans leur durée.  On finira par dire que les carrés sont »dissonants » et les trigones sont « harmoniques » – c’est d’ailleurs que tente d’expliquer Nicola.

Selon nous,  c’est la conjonction qui est harmonique et le carré qui est dissonant et l’on n’a nullement besoin du trigone et du sextile pas plus que de la division en 12.

Certes, l’on trouve dans la littérature astrologique- et notamment dans la Tétrabible- tout un systéme articulé autour des 12 signes, à commencer par les 4 Eléments ou les « Maitrises » (planétes/signes) . Mais selon nous, il s’agit là de l’expression de ce syncrétisme que nous

évoquions plus haut qui aboutira d’ailleurs à ajuster des dispositifs construits sur le 8  sur une structure à 12 facteurs. Passage de 8 à 12 signes, de 8 à 12 maisons et plus récemment du Septénaire à une série de 12 « planétes » au lendemain de la découverte d’Uranus en 1781.

Pour conclure, nous dirons que si l’astrologie veut entrer à l’Université même sur le plan historique, il importe de faire apparaitre cette diversité des écoles et les relations qui se tissèrent entre elle et non de s’en tenir à une présentation synchronique, structurelle qui ne comporte pas de vraie diachronie en dehors de la question de la réception de l’astrologie d’une époque à une autre, d’une culture à une autre.

C’est la diversité des astrologies – et pas seulement entre Astrologie « occidentale » et astrologie

Indienne ou astrologie chinoise ou aztèques  mais bien au sein même de la seule Astrologie

« mésopotamienne » et de ses dérivés qu’il s’agit de traiter et d’explorer. Selon nous, c’est l’insuffisance de l’Histoire de l’Astrologie qui aura plombé le dossier universitaire de l’astrologie et non la question de sa pratique. Après tout,  la linguistique  ne saurait se réduire au fait qu’elle « marche » mais doit se situer au niveau des problématiques qu’elle  pose. A ce propos,  il est clair que la linguistique anglaise (cf. notre DEA, Lille III, 1981 sur les traductions du français vers l’anglais aux XVI-XVIIe siècles)  ne saurait faire abstraction du fait que la langue anglaise est une rencontre entre le monde germanique et le monde franco-latin. L’unité de l’anglais n’est jamais qu’un fait sociolinguistique qui ne résiste pas à la recherche historique et diachronique.

Si l’on prend le cas du Zodiaque, il faut cesser  de percevoir cet ensemble comme  « unitaire ». Il s’agit en fait d’un tableau récapitulatif de trois  critères, d’où la division  des signes en

cardinaux, fixes et mutables. Ce n’est qu’après coup que l’on va tenir un discours « global » sur le Zodiaque.  Les signes cardinaux font référence aux axes équinoxiaux  et solsticiaux, les signes fixes à un zodiaque que l’on retrouve dans le tétramorphe (taureau, lion, aigle, homme) et les signes

mutables se référeraient et illustreraient les 4 Eléments. Il est donc totalement vain d’y chercher une quelconque continuité tout comme il est  ridicule de voir un ordre logique entre les rubriques d’un

dictionnaire obéissant à un simple critère alphabétique.

L’apologétique du XXe siècle à l’exercice de laquelle se seront épuisés et évertués tant d’astrologue est une fausse piste tant quand il s’agit de justifier de la cohérence au sein d’une série que quand on veut prouver la compatibilité entre le différentes séries, comme pour les rapprochements entre signes et maisons, entre symbolisme des signes et répartition des Quatre Eléments. Autant de domaines où tant de chercheurs se sont cassés le nez à commencer par un Luc Bigé (sur Baglis Tv et

ailleurs). Un tel travail  « unitaire »  est  désormais ringard.

 

 

 

 

JHB

30. 08 14

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