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Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle

Posté par nofim le 29 septembre 2014

Le profil des éditeurs des Centuries au XIXe siècle et la littérature des Dames et Demoiselles.

par  Jacques Halbronn

 

 

Dans notre thèse d’Etat (Le texte prophétique en France. Formation et fortune, 1999), nous avons abordé un certain nombre de

recueils de prophéties. La période allant du XVIIIe au début du XXe siècle est généralement considérée comme marquée par un

certain déclin de l’Astrologie mais c’est aussi celle qui s’appuie le plus fortement sur le public féminin qui apparait comme un

public captif face au discours divinatoire, ce qui vient compenser, quelque peu, les effets du dit déclin. Mais comme nous l’avions précisé,  il y a 20 ans, nombre d’auteurs masculins signent sous des noms de plume féminins (cf Rechetrches sur l’Histoire de

l’Astrologie et du Tarot, Ed Trédaniel, pp. 42-43) comme Guillois, Bloquel, Collin   de Plancy. C’est toute une contre-culture correspondant à un monde  conçu par les femmes et pour les femmes qui se développe tout au long du XIXe siècle et des suites d’une

Révolution qui a oublié les femmes en ne leur accordant pas le droit de vote. Nous ajouterons que cette orientation aura perduré

tout au long du XXe siècle au regard de la proportion des femmes dans le public des assemblées  astrologiques et notamment en ce

qui concerne les conférences, lesquelles fonctionnenent sur un registre oral.

En tete du chapitre « Le tarot divinatoire en sept leçons », (in Le Tarot des Bohémiens, c 1911), Papus  tient à préciser:

« La première partie de notre étude sur le Tarot, pleine de chiffres, de lettres hébraïques et de déductions abstraites n’est

certes pas faite pour mériter l’attention de nos lectrices. C’est que si la nature féminine,  curieuse de mystères et d’idéakn aime et sait excuser toutes les envolées de l’imagination, les hommes recherchent avant tout la précision et la méthode dans ces sortes d’études. (..) Il est de tradition cependant que le  Tarot doit servir à connaitre l’avenir et toutes nos lectrices m’en voudraient beaucoup si je ne sacrifiais pas à la tradition. Voilà pourquoi je me suis décidé à aborder cette délicate question: j’ose espérer quie le plaisir des consultantes saura

faire équilibre au scepticisme des esprits rigoureux »

On est en tout cas frappé par la quantité de titres d’ouvrages traitant de la divination qui s’adressent explicitement aux « Dames » et qui sont

même censés avoir été l’oeuvre de femmes, ce qui est bien souvent factice.

Ce procédé n’est plus guère attesté au XXe siècle si ce n’esgt que la presse féminine  sera preneuse de cette littérature à partir notamment

des années Trente. Il importe de circonscrire la période marquée par  un tel parti pris des éditeurs en remontant notamment jusqu’au

XVIIIe siècle. Mais par ailleurs,  l’on s’intéressera aux éditeurs qui publient des recueils prophétiques et si ce sont les mêmes qui

produisent cette littérature divinatoire à destination des dames.

Il nous a semblé à lire les ouvrages liés à Etteilla que c’était une littérature certes pour les femmes mais traitant des hommes/

Papus écrira à son sujet « Aussi devint-il le Dieu des tireuses de cartes futures qui ne jurent plus que par lui. Voilà pourquoi nous nous

contenterons de donner sa méthode en détail, jugeant inutile de parler de celles de ses successeurs en jupons qui n’ont fair que le

travestir sans le comprendre » (p. 369) Papus poursuit  » Nos lectrices  sont ainsi mises à même de choisir celle (des méthodes) qui leur plaira et qui leur donnera les meileurs résultats.  (…) Nos lectrices nous sauront gré de ne pas les avoir oubliées dans ces discussions abstraites » (p.344. reed  Dangles, 1966).

Certaines librairies ne publient qu’un certain type d’ »ouvrage consacré à Nostradamus, aux Oracles des Dames etf, ce qui tend à

constituer une sorte de ghetto au sein même du monde de l’édition. On peut aussi penser que certaines librairies sont tenues par des femmes comme Breteau dans les années 1840. Rappelons  bien évidemment le cas emblématique de Mademoiselle Le Normand dès la

fin du XVIIIe siècle  dont le nom servira  après sa mort pour promouvoir en 1845 une grande encyclopédie de la divination chez Breteau..

 

Le  catalogue  des librairies spécialisées/

Nous avons notamment deux  cas, celui de Chaillot (Avignon)  et celui de Delarue.(Paris)

En 1839,  à Avignon,  sous la Monarchie de Juillet,  Pierre Chaillot jeune réédite les Vraies Centuries et Prophéties de Maistre Michel Nostradamus interprétées pour le passé, le présent  et l’avenir et corrigées d’après les plus anciennes édition  par P. C.  -c’est à dire Pierre Chaillot) L’auteur y signale la parution en feuilleton dans la Gazette de France (en mars 1839) d’un travail sur le même sujet signé d’un certain  Docteur

Lecabel. Mais dès les années 1820, Chaillot avait publié (cf infra) Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe, voué  à des rééditions jusque dans les années 1850. C’est là un fonds de commerce.

Quant à Delarue, auquel on devra  notamment le triptyque de 1866 comprenant les Centuries, le Recueil des Prophéties Anciennes

et Moderne et les Prophéties Perpétuelles de Moult, il avait publié entre autres, sous la Seconde République, en 1852  un Almanach biographique du Président  Louis Napoléon Bonaparte  (le futur Napoléon III) et le Triple Nostradamus pour 1853 (BNF 8° Lb22 239

 

Nous fournissons ci-dessous une bibliograhie de la production de ces deux libraires  conservée (à la BNF)  qui parle d’elle-même et circonscrit un certain champ que l’on peut qualifier d’occultiste marqué par une certaine spécialisation.

 

Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Vraies Centuries et prophéties de Maistre Michel Nostradamus, interprétées pour le passé, le présent et l’avenir, et corrigées d’après les plus anciennes éditions, par P. C. [Chaillot.]
P. Chaillot jeune
1839
2
2
Livres
Almanach biographique de S. A. monseigneur le prince Louis-Napoléon, et le triple Nostradamus pour 1853, contenant : 1 ° une notice biographique sur le prince Louis-Napoléon ; 2 ° la constitution de la république française…
Delarue
1853
3
Livres
Annuaire prophétique et drôlatique, almanach véridique pour l’année 18.. : illustré par six cent petits sujets gravés, plusieurs vignettes et lithographies : contenant les prophéties extraordinaires de Jacques Martin ; les pronostics de Th. Moult ; les prédictions générales de Nostradamus et de Matthieu Laensberg ; des renseignements astronomiques et météorologiques ; des articles d’économie domestique ; des procédés utiles aux agriculteurs ; des anecdotes intéressantes ; des évènements historiques très curieux ; etc : publié par Blismon
Delarue
1842
4
Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Prophéties de M. Michel Nostradamus dont il y en a trois cens qui n’ont encores jamais esté imprimées, adjoustées de nouveau par ledict autheur
P. Chevillot  1866  (pour le tricentenaire de la mort de Nostradamus)

 

On comprend  mieux désormais la portée du passage que nous citions de Papus (Encausse), dans son Tarot. On peut dire

que ce domaine de la divination est révélateur du clivage entre hommes et femmes. Mais au XXe siècle et encore moins en ce

début de XXIe siècle,  on conçoit mal  de telles formulations. Même les horoscopes des journaux ou les textes sur les signes du Zodiaque se gardent bien de faire la moindre distinction entre les deux sexes alors que cela était de mise par exemple dans le Kalendrier des

Bergers tout au long du XVIe siècle.

 

 

Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau-Sexe…
P. Chaillot jeune
1830
2
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1825
3
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1826
4
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1828
5
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1833
6
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1839
7
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1842
8
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1844
9
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1852

 

Regamey, G.
Grand jeu de l’Oracle des Dames : [jeu de cartomancie à enseignes italiennes] : [estampe]
Delarue
Teynier
La Bonne aventure dans la main, éléments de chiromancie, divination et explication de l’avenir, par Teynier
Delarue 1880
1890-1900
2 II  Les publications (prétendues)   de femmesAbordons quelques titres portantr des  signatures  féminines Il nous semble que certains hommes voulant soutenir la cause des  femmesn’ont pas hésité à leur préter main forte..Dans nos précédentes recensions, nous avions omis d’évoquer une certaineMademoiselle Lemarchand (parfois rendue en Lemarchant); nom qui n’estpas sans faire songer à  celui de Mlle Le Normand.Unr Mademoiselle  A. Lelièvre (alias  Marc-François Guillois) publie   en 1847 chez Garnier Frèresune  Justification des Sciences Divinatoires, dédiée à Madamela Comtesse Marie d’Adhémar. Déjà en 1807, un Petit

Oracle des Dames avait pris une dame comme dédicataire.

L’ouvrage de Mlle Lelièvre comporte une « digression au sujet des femmes » (pp. 14 et seq). des plus élogieuses, on s’en doute.

Mais  l’auteur entend placer l’Astrologie à une place centrale (pp  184 et seq) et on nous propose un résumé de son Histoire. La Cabale serait

d’ »ailleurs, nous dit-on,  une « partie de l’Astrologie » (p. 195) On y oublie

pas le « Livre de Toth » (pp. 277 et seq)

Les années 1840 correspondent bel et bien à une certaine renaissance

de l’astrologie (cf notre étude  Breteau  La Comtesse de *** et son grand Jeu de Société. Prophéties secrétes de Mlle Le Normand  (1845) qui reprennent une publication du même nom de J. Gaudais (BNF 8°V 1889) qui elle ne se présentait

pas comme l’oeuvre de la dite Comtesse. Le dit Gaudais publiait de son côté au début des années 1840:  La Sibylle des

Salons/

 

III Les publications pour les « dames »

En 1807, parait chez la Veuve  Gueffier, à Paris  Le Petit Oracle des dames ou Récréation des curieux, qui expose un nouvel

ordre des Arcanes Majeurs qui n’est pas celui prôné par Etteilla (ce qui lui est attribué à tort par le catalogue de la BNF, sur la base du catalogue  « Tarot, jeu et magie » : exposition, Bibliothèque nationale, 1984 / catalogue
par Thierry Depaulis, 132 = Depaulis, Tarot 1984, 132).

 

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Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle dans ASTROLOGIE ex1_onglet_haut  BNF  Tolbiac Gallica NUMM- 62270  Impr. Ducessois.
1 Site  Richelieu -pour les cartes.Estampes RESERVE KH- 179 -BOITE FOL < ESTNUM-7064 >
ex1_onglet_bas dans Conscience

 

EN 1816, parait à Marseille, chez la Veuve Friedel et fils Le

Petit Oracle des Dames ou manière amusante de lever un petit coin

du voile qui nous cache l’avenir. Jeu de société nouveau et intéressant publié par J. L. F. (BNF R 46291)  et  qui reléve de la Géomance (ou

géomancie)

L’ouvrage étit déjà paru sous le titte de  Petite  Géomance  des Dames chez la même  Veuve  Friedel (BNF R 46363)

 

On donnera un échantillon du ton employé pour s’adresser à un tel lectorat;

On  » a donc réuni seulement  les oracles capables d’offrir un sujet d’amusemebt et amener le sourire sur les lèvres des

charmantes lectrices qui pourraient le consulter. » (cf  Les récréations de la Cartomancie par Mademoiselle Lemarchant- (sic

pour Lemarchand)

ou encore (Manière de consulter l’Oracle) : » Aussi, je suppose, mal belle questionneuse que parmi les choses que vous

devriez le plus connaitre  celle ci est la plus importante: serai-je bientôt mariée »

Ci-dessous quelques variations autour de ce titre (catalogue BNF) avec des rééditions du XXe siècle chez Grimaud.

Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1863
2
Livres
Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1866
3
Livres
4
Livres
L’Oracle des dames, ou manière amusante de soulever un petit coin du voile qui nous cache l’avenir. Nouvelle édition…
Friedel et Gasc
1824
5
Livres
Manière de tirer le petit oracle des dames composé de 42 cartes et 74 tableaux
J. Boyer
1877
6
Livres
Le Petit oracle des dames ou récréation du curieux ; contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes…
B.-P. Grimaud
1932
7
Livres
Le petit Oracle des Dames ou Récréation du Curieux contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes,… Ch. M. et Cie
imp. de Gattet
1867
8
9
Documents iconographiques
Nouvel Eteila, ou le petit Nécromancien : [jeu de cartes, estampe]

 

On a vu plus haut  la fortune du Nouvel Oracle des Dames,  chez P. Chaillot, jeune.

 

Conclusion: on ne conçoit guère le recours à un tel langage de nos jours pour s’adresser aux femmes en tout cas pas

dans cette littérature. Autrefois, il était courant de distinguer par exemple chez les gens nés sous un certain signe, les

naissances masculines et les  naissances féminines, ainsi dans diverses éditions du Kalendrier des Bergers au XVIe siècle.

Les horoscopes des journaux actuellement ne semblent guère, à notre connaissance,  faire un tel distingo qui serait mal

venu. Mais en pratique, l’on ne peut que constater que les femmes sont les plus curieuses d’apprendre l’astrologie ou le

Tarot non pas tant pour mieux se connaitre que pour appréhender ce qui leur est étranger et inconnu.

JHB

29. 09 14

 

 

e

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, divination, NOSTRADAMUS | Pas de Commentaire »

La cartonomancie d’Etteilla (32 et 78)

Posté par nofim le 26 septembre 2014

 

La cartonomancie d’Etteilla: des cartes françaises aux

égyptiennes

par  Jacques Halbronn

 

En 1770, Etteilla se fit connaitre  pour son traitement des

jeux de cartes ordinaires, dites françaises. Son travail

connut deux rééditions en 1773 (Bib. Arsenal)

et 1783 (conservée au département des estampes de la BNF)

avec chaque fois de nouvelles introductions et préfaces.

Mais à partir des années 1780, Etteilla se fera le

propagateur du « jeu de tarots » qui est chargé d’une autre

dimension, et qu’il présentera comme le Livre de  Thot, avec

un lignage égyptien. Et c’est par ce biais qu’Etteilla

s’inscrit dans l’histoire du Tarot de Marseille, rôle et mérite que

l’on ne saurait lui contester. Papus parle à son sujet d’une

« mutilation du tarot véritable  »

Comment expliquer que son magnum opus ait reçu le titre

de Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

tarots, en 4 cahiers. Titre en effet qui nous apparait comme

emprunté aux méthodes d’apprentissage du tarot en tant

que divertissement, amusement, jeu de société.?  Force en

effet est de constater qu’une telle présentation risque fort

d’induire- délibérément- en erreur le lecteur non averti.

D’ailleurs, Etteilla se référe à   La Maison des jeux academiques , contenant un recueil general de tous les jeux divertissans pour se
réjoüir, & passer le temps agreablement   À Paris,  chez Estienne Loyson. M.DC.LXV

(BNF 8° S 16525) ouvrage de La Marinière,  paru dans les années  1660  et dont un chapitre traite du jeu de tarots

et de son introduction en France; après avoir connu une vogue à l’étranger et notamment dans les pays d’expression

allemande/ .

 

I  Les cartes françaises

Les titres changent d’une édition à l’autre :

1770 Etteilla ou manière de se récréer avec un jeu de

cartes, Amsterdam, Paris, Lesclapart (Arsenal  8°S 14395)

On note que ce titre sera repris dans sa Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On aura

simplement ajouté qu’il s’agissait de Tarots (cf  J. M. Lhôte;  Court de

Gébelin, Ed Berg  1983 p. 177)

1773  Etteilla ou la seule manière  de tirer les cartes

revue, corrigée et augmentée.  Amsterdam et Paris, chez

Lesclapart.(Arsenal  NF 49167)

1783  Etteilla ou Instruction sur l’art de tirer les cartes

3e et dernière édition par l’auteur de la Cartonomancie

Amsterdam  et Paris

(Estampes Microfilm , BNF Richelieu, Arsenal NF 6894))

La dernière édition signale d’ailleurs la parution de la

Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

Tarots pour servir de troisiéme cahier à cet ouvrage

par Etteilla

Au début des années 1780, La lecture du Monde Primitif de Court de Gébelin révéle

à Etteilla tout l’intérêt du jeu de Tarot, dont celui-ci avait probablement eu connaissance

sans en saisir la véritable portée. (cf  aussi  en annexe du Monde Primitif analysé et comparé avec le monde moderne (.) ou Dissertations mélées (pp. 395 et seq)  Recherches sur les Tarots et sur la divination par les cartes des Tarots par M. Le C. de M*** (in Jean-Marie Lhôte, op. cit. pp. 145 et seq)  Il  cite  La Maison des Jeux Académiques  1665   p. 34  (p 149) qui comporte un chapitre

sur les Tarots, sans la moindre connotation ésotérique.  On peut d’ailleurs parler d’une

ésotérisation d’un jeu de cartes et on notera que les éditions du Tarot que réalisera Etteilla dans le cours des années 1780

porte un titre insignifiant sans aucune allusion divinatoire, peut être pour tromper la censure..

.  En lisant le volume 8,  Etteilla découvre que la série (il appelle cela une

« galerie ») a probablement subi des permutations, ce qui ne laisse d’éveiller son intérêt. Très vite, il va faire paraitre

des travaux sur ce sujet en y exposant un certain nombre de réformes.

Le passage du jeu de 32 cartes à un « jeu » de 78 cartes  s’accompagnera d’un certains transfert . Le nom d’Etteilla y est repris pour

signifier le questionnant et la questionnante. Mais alors que dans le jeu de 32 cartes, Etteilla conseillait de créer une 33e carte

en effacçant par exemple l’as d’un autre jeu- ce qui donnait une carte blanche, dans  le jeu  de 78 cartes, il remplace deux lames

par des cartes correspondant aux dits questionnant et questionnante. Par ailleurs,  le traitement qu’il avait fait des cartes « mineures » du jeu de 32 cartes (c’est à dire les cartes qui ne sont pas des « honneurs », selon la terminologie que nous emploierons désormais (cf infra), réparties en 4 « couleurs »  ont des rois réprésentant l’homme de campagne, l’homme de robe, l’homme blond et l’homme brun tant

dans le jeu à 32 cartes que dans le jeu à 78 cartes que présente Etteilla. Dans les éditions plus tardives, au XIXe siècle, on les associera au pape, à l’empereur d’allemagne, au Soudan d’Egype et au roi de France.Le  terme cartonomancie  englobera les deux pratiques.

 

II  Les tarots et le Livre de Thot.

Entre 1783  et  1785  quatre « cahiers » paraissent

(le dernier étant consacré à l’astrologie, toujours sous

ce même intitulé, ce qui explique qu’il n’ait longtemps point

été identifié en cette qualité. (c reproduit in f Jean-Marie L’hôte,  Court de Gébelin, Le Tarot,

Berg, 1983 p.  162) : Jeu des Tarots ou le Livre de Toth, Memphis, Lesclapart)

Etteilla y développe une critique du Tarot quant à l’ordre

des Arcanes supérieurs, en reprenant en partie les arguments de

Court de Gébelin lequel met en cause l’ordre traditionnel des Arcanes majeurs : Etteilla s’en prend aux

Cartiers  qui « ont renversé l’ordre du livre de Toth (…) Effectivement, une galerie (une série) qui contiendrait une histoire de cette sorte

serait  bien sottement composée. Nous verrons l’ordre des premiers Egyptiens mais

avant il faut reprendre ce faux ordre dans l’esprit le plus vrai ainsi que nous venons de faire

pour la Cartonomancie.  ‘(Second Cahier de  la Manière de se récréer, 1785,   reprint Jobert 1977, p. 36).

L’ordre qu’il adopte – comme on l’a montré dans une précédente étude- se

voit considérablement « chamboulé » et rappelons qu’un autre ordre sera encore

proposé en 1807 qui place carrément en tête l’arcane du Monde dont  Papus

dira que c’est la clef du Tarot, carte qui comporte le tétramorphe, donc une division en 4. (cf Le Tarot des

Bohémiens. Clef absolue de la science occulte, le plus ancien livre du monde) Etteilla  s’efforce de reconstituer

les procédés des cartiers  en vue de « symmétriser la galerie », c’est à dire l’ordre des cartes. Selon Etteilla, « les copistes  qui se

sont succédés y ont mis suivant l’époque où ils vivaient les  objets relatifs à leur manière de voir emblématique » (cf  Leçons théoriques

et pratiques du Livre de Thot, Amsterdam, 1787; pp. 10-11)

Le titre quelque peu anodin de ces 4 cahiers semble avoir été imposé par la censure. Etteilla aurait parait-il préféré pour titre

« La Cartonomancie égyptienne ou le Tarot. »

Les travaux d’Etteilla se perpétueront après sa mort, apparememnt survenue à la fin de 1791  avec notamment

Hugan alias Jejajel sans oublier le fils d’ Alliettte qui se présente sous le nom d’Alliette fils.  Une édition pirate sans aucune mention

d’Etteillla reprendra textuellement son nouvel agencement,  sous le nom de Mlle Lemarchant : Les Récréations de la cartomancie, ou
Description pittoresque de chacune des cartes du grand jeu de l’oracle des
dames, avec des combinaisons pour expliquer le présent, le passé, l’avenir : Paris : tous  les marchands de nouveautés, (1856) BNF V 44599) cf aussi  Julia Orsini (alias  Simon  Blocquel), Le Grand Etteilla; Reed./ Paris,  Leymarie, 1990)

Etteilla aura donc réussi à imposer  sa « version » du  Tarot mais sera  finalement marginalisé au point qu’on ne le considérera pas comme appartenant à la littérature consacrée au Tarot « classique » (de Marseille) alors que selon nous, il en est un critique et un réformateur. (sur la place accordée à Etteilla dans l’histoire du Tarot,  cf  Helen  Farley  A Cultural  History of Tarot  From Entertainment to Esotericism; B. Taurus  2009,  pp. 106 et seq. ; Cynthia   Giles   The  Tarot History, Mystéry and Lore   Paragon House 1992, , pp..  26  et seq.  Stuart Kaplan,  La grande  Encyclopédie  du Tarot, trad. de l’anglais,  Paris,  Tchou 1979, pp. 154-158)

On notera qu’Etteilla n’était pas parvenu, cependant, comme nous le proposons désormais, à  la conclusion selon laquelle les

arcanes majeurs devaient initialement comporter non pas 22 lames mais 24.

En effet,  il nous apparait que le jeu de 78 est une amplification du jeu de 32 et en étend la division en deux groupes, les honneurs et

les cartes mineures, répartis en 4 couleurs, soit 4×8 et 8×4.

Roi  Dame Valet  As

Dix-neuf, huit, sept

En fait l’As remplace ici le cavalier que l’on retrouve dans le Tarot qui correspond donc  à un état plus ancien du jeu de 32 cartes. Mais sur 78 cartes, le décalage est compensé.

Par extension:  on ajouta donc  24 cartes mineures : 4×6 :  six, cinq, quatre, trois, deux,  as et 24 cartes majeures qui sont les

arcanes dits majeurs du Tarot si ce n’est que l’on n’en a plus que 22 et c’est cette lacune que n’ont pas signalé les tarologues. Ce faisant,

ils n’ont pas non plus cherché à répartir les arcanes majeurs en 4 groupe de 6 cartes s’ajoutant aux 16 honneurs du jeu initial de 32

cartes, ce qui donnait un total de 40  « majeurs » face à 40 « mineurs., le  défaut rédhibitoire du 22 é tant qu’il n’est pas divisible par 4.

Etteilla a proposé de  voir dans les arcanes majeurs

les 7 jours de la création, les 4 vertus cardinales mais cela ne suffit

nullement à notre requéte. Nous avons nous-mêmes en 1983  (Mathémétiques Divinatoires, Ed Trédaniel), proposé d’isoler

dix arcanes dans le cadre d’un « tarot séfirotique » reprenant le principe posé par Papus de regrouper les lames totalisant 22.

Mais nous allons reprendre le dossier de fond en comble sur la base d’une division en 4  familles de six à lames. Il nous semble que  cela implique  qu’il n’y ait pas

à rechercher une quelconque unité, que la continuité

du début  à la fin de l’ensemble ne soit pas de mise. Quelques

lignes de clivage semblent en tout cas ressortir:

le pouvoir terrestre  avec 4 cartes qui se suivent;

papesse  – impératrice-empereur  pape    : 2 -3-4 – 5

le pouvoir céleste  avec l »Etoile, La Lune, le  Soleil, trois

cartes qui se suivent. 17 18 19

Il semble qu’il y ait également de bonnes et de mauvaises

cartes et que si l’on additionne deux cartes qui totalisent

22 on  ait  autant de contrastes (cf Mathématiques

Divinatoires  1983, pp 37  et seq) mais on en reviendrait alors  au

nombre 22!

Amoureux et Maison  dieu

Chariot  et Diable

Hermite et Mort

Roue de fortune  et   Pendu

Force et  Fou

En tout état de cause, il est étonnant qu’Etteilla n’ait pas perçu

que le jeu de tarot n’était  qu’une amplification, une

extension du jeu de piquet.  Dans les deux cas, il y a

des honneurs et des cartes « simples » sans images. Il nous

apparait donc clairement que l’on est passé de

deux  fois seize  à  deux fois  quarante et que face à  40

cartes sans images, il fallait   40 images, soit 16 + 24  et non

38.(16 +22). La recherche passe par la conscience du manque.

On notera que le Bateleur renvoie aux 4 séries sur sa

table:  coupe,  denier, épée  et  baton et qu ‘on en trouve

trace dans certaines arcanes majeurs:

le bâton, c’est aussi le sceptre de l’empereur et de l’impératrice

la coupe  figure sur les cartes de la tempérance et de l’Etoile.

l’épée s’observe avec la  Justice et la  faux de la mort

les deniers sont les disques du soleil  et de la  lune

Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur le choix de ces 4

objets tant dans le jeu à 32 qu’à 78/80 cartes. En anglais,

l’on désigne le tréfle par club, bâton et pique par spade,

épée, carreau par diamond et seul coeur est rendu

par Heart et non pas Cup, ce qui souligne l’interaction

entre les deux « paquets » de 32  et de 78/80.

Bien entendu, les éxégétes n’ont pas manqué de relier

les 22 arcanes supérieurs aux 22 lettres de

l’alphabet hébreu et de  proposer une division en

trois groupes de  sept lames, ce qui nous semble être une

fausse piste. On notera ainsi que le Livre de

la Création (Sefer Yetsira) distingue 7 lettres doubles

alors que grammaticalement il n’y en a que 6, le resh

ne comportant pas de « daguesh » modifiant sa

prononciation. Cela a contraint le commentateur à

proposer  3 lettres mères au lieu de 4.(Eléments) et  douze

lettres « simples » pour les douze signes zodiacaux et les douze

mois. On notera aussi que 32 correspond à la somme de

22 lettres et des 10  sefiroth.

Le rôle de l’historien des textes est de déduire un certain

nombre de probabilités à partir de ce qui lui est donné à

voir, c’est à dire des « restes », des vestiges qui nous

parviennent, souvent hors contexte et sans la part de

l’oralité qui donne une autre portée à l’écrit. Face  à ces

24 cartes dont nous présumons l’existence dans le

projet initial, il y a en fait plusieurs découpages possibles entre

lesquels il nous faut choisir.

On peut ainsi diviser 24 par six mais aussi par quatre.  Ce

qui donne six groupes de 4 ou quatre groupes de 6. Or,

force est de constater que l’on trouve assez facilement

dans les arcanes majeurs des groupes  de 4 lames, qui se

succédent ou non.  Dans le cas des vertus cardinales, il y en

a 4 (cf  Court de Gébelin,   Du jeu des Tarots, p. 97, reprint

in  Jean-Marie Lhôte. Court de Gébelin,  Le Tarot, Berg, 1983)

et on ne peut donc guère songer à en ajouter deux pour

arriver à 6. Un autre groupe déjà signalé est celui

de l’empereur et du pape et de leurs contreparties féminines, ce

qui donne à nouveau 4.  C’est pourquoi nous pensons que

celui ou ceux qui ont pensé ce dispositif auront opté pour

six groupes de 4 et non 4 groupes de  6. Il nous

reste à tenter de reconstituer les 4 autres groupes mais

le cas des cartes comportant des astres s’offre aussi à nous:

soleil, lune, étoile et on peut y adjoindre le Jugement qui

fait immédiatement suite:  13   15 16 et 22

on revient aussi sur l’idée d’un groupe positif (Amoureux,

Ermite,  Chariot, Roue de  fortune et d’un

groupe négatif (mort, diable, maison dieu, Fou) en soulignant:

une certaine continuité numérique.

Restent deux lames de synthèse: le Bateleur et ses 4 objets

représentant les 4 séries des lames mineures et le Monde

avec le  tétramorphe. (aigle, lion, taureau, homme) On pourrait

ajouter les 4 tempéraments (comme dans le Kalendrier des

Bergers)

En fait, la principale erreur d’Etteilla est d’avoir cru que les 22 arcanes constituaient

un ensemble d’un seul tenant  et qu’il convenait d’en déterminer l’ordre  du commencement à la fin. Il

semble même qu’il ait voulu gommer la frontière entre arcanes majeures et mineures si l’on s’en

tient aux légendes qu’il associe aux diverses cartes.

Or, selon nous,  il s’agit d’une juxtaposition de 6 séries distinctes les unes des autres et ce sont les séries

qu’il faut ordonner et non leur contenu:  la série 1 est celle des personnages assis représentant le pouvoir

tant temporel que spirituel, puis lui fait suite la série des « bonnes cartes », puis celle des Vertus, puis celle

des « mauvaises cartes », puis celle des forces célestes. Quant à la sixiéme série, dont il ne nous reste que deux éléments, elle se situe à l’articulation entre la fin et le début de la « galerie », avec le Monde (XXI) et le Bateleur (I) formant une sorte d’ouroboros. Déjà en 1983,  nous avions (Mathématiques Divinatoires Ed  Trédeniel) opposé le groupe des  « bonnes » cartes et celui des « mauvaises « cartes. tant ces deux séries sont marquées par un expressionisme  qui ne se retrouve pas par ailleurs. Oswald Wirth

(cf Le Tarot des Imagiers du Moyen Age, Rééd.  Ed Tchou, 1978, pp. 51  et seq) avait distingué divers groupes d’arcanes. et opposé, par couples,é les lames totalisant deux par deux 23.(nous avions pour notre part opposer des lames totalisant 22)/ Wirth  avait circonscrit deux groupes de 4 lames  que nous avons nous -même isolés :

1  la Papesse et l’Impératrice  face à l’Empereur et au Pape

2 Les Etoiles, la Lune, le Soleil et le Jugement

 

Nous pensons que l’imagerie du Tarot en ce qui concerne

les arcanes majeurs puise dans le Kalendrier des Bergers.

(fin XVe siècle) mais on observe aussi que la Roue de

Fortune  s’origne dans le supplice de la roue pratiqué aux

Enfers et très représenté dans le dit Kalendrier au même

titre que le Diable et la  Mort. Inversement, selon Court de

Gébelin, le Pendu ne serait pas une mauvaise carte mais

l’allégorie de la vertu de Prudence. Quant  à la Maison Dieu,

est-ce une si mauvaise carte que cela? L’Hôtel – Dieu est un lieu

d’accueil pour les indigents, le symbole de la Charité.

On ne suivra certainement pas Wirth quand il écrit

 » Aux 22  arcanes primitifs ont été ajoutés 56 cartes à

jouer partagées entre 4 séries de  14″ Il est clair que pour nous

les arcanes supérieurs sont dérivés des 16 honneurs, ce qui

donne un total de 40 images. 22 n’est divisible ni par 6 ni

par 4. On notera cependant que le nombre 32 est important

en kabbale en ce qu’il totalise 22 + 10  sefiroth  et de fait

les 22  arcanes majeurs renouent avec  ce nombre 22 qui se

subdivise en 7,  12  et 3, selon le Sefer Yetsirah

Le Tarot est-il au départ un savoir divinatoire? On peut

sérieusement en douter. Il nous fait songer au Kalendrier des

Bergers où l’on retrouve les Vertus cardinales mais aussi

la Mort et les astres, à l’iconographie des Livres d’Heures.

Les historiens du Tarot ont d’ailleurs mis en évidence un tel

compartimentage:

« Ces images étaient réparties en cinq séries représentant les  états de la

vie, les muses ou arts, les sciences, des vertus et les planétes ou systéme du monde. Le tarot

serait né de l’adjonction à ces images de cartes numériques » (Cinq siècles de cartes à jouer

en France, Bibliothèque Nationale,   Bulletin du vieux papier,  facc 205, septembre 1963, p. 85)

 

.

Bibliographie

)
The Game of Tarot : from Ferrara to Salt Lake City / Michael Dummett ; with the assistance of Sylvia Mann
G. Duckworth
1980
Decker, Ronald
A wicked pack of cards : the origins of the occult tarot / Ronald Decker, Thierry Depaulis and Michael Dummett
Duckworth
1996
A history of games played with the tarot pack : the game of triumphs / Michael Dummett and John McLeod
the Edwin Mellen press
2004

R. Falconnier,  Les XXII Lames hermétiques du Tarot Divinatoire,

Ed Bélisane, Nice  1976, 2012

Gérard  Van Rijnberk, Le Tarot. Histoire, iconographie, ésotérisme,  Ed Trédaniel 1981

JHB

01  10  14

Publié dans ASTROLOGIE, divination, FEMMES, judaîsme, LINGUISTIQUE, NOSTRADAMUS, prophétisme, symbolisme | Pas de Commentaire »

Astrologie et sciences

Posté par nofim le 22 septembre 2014

 

Astrologie et Sciences : pour une nouvelle épistémologie.

texte repris dans la revue Trois Sept Onze, en son

dernier numéro.

 

Par Jacques Halbronn

Certains astrologues se méfient de tout discours visant à faire de l’astrologie une création du

génie humain, une « seconde nature », une « conquête de l’homme ». Les hommes ayant en

quelque sorte apprivoisé les astres en les intégrant dans leur agencement du Temps, à l’instar

d’un calendrier et se conformant dès lors au dit agencement institué par eux et ce, sans pour autant,

modifier en quoi que ce soit, les astres en tant que tels, se contentant de se transformer eux-mêmes,

dans une écologie bien comprise…

Il est rare que l’on trouve sous la plume d’un astrologue l’idée selon laquelle l’émergence de

l’Astrologie serait liée à un certain progrès social, une avancée dans l’organisation de la Cité (Polis),

l’homme étant un animal politique.

En fait, les astrologues ont, généralement, des difficultés avec la liberté humaine et avec toute forme

d’indétermination chez autrui car le monde deviendrait alors beaucoup trop compliqué à appréhender.

Au vrai, ce que les astrologues attendent de l’Astrologie, c’est qu’elle nous dise tout ce qu’il y a à

savoir sur le monde et surtout sur les gens, de façon à éviter toute surprise.

Les astrologues ne veulent pas d’une idée de l’astrologie selon laquelle l’astrologie pourrait disparaître

si les hommes n’en veulent plus. Et c’est pour cela qu’ils préfèrent s’en tenir à l’idée que les hommes

n’ont pas inventé l’astrologie et que celle-ci existe qu’ils le veuillent ou non.

En effet, si l’astrologie est le fruit du génie humain, elle n’a qu’une réalité culturelle, l’homme ne

pouvant produire quoi que ce soit de durable et ne pouvant exister sans conscience.

Ce que nous proposons, c’est de savoir renoncer au discours astronomico-mythologique ainsi qu’aux

arguments technoscientifiques pour embrasser une relation féconde avec les sciences sociales en

cessant de sous-estimer les capacités des hommes à construire dans le dur.

Nous pensons aussi que les processus subconscients seront amenés à jouer un rôle majeur dans

l’épistémologie des Sciences de l’Homme, au regard notamment des neurosciences.

En effet, il nous semble évident que le rapport des hommes aux astres ne se limite pas au seul niveau

conscient. Il est clair que la connaissance culturelle de l’astronomie n’est pas une condition préalable

à l’idée d’une détermination astrologique. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille admettre que

l’astrologie ne soit pas une émanation de l’ingéniosité humaine.

Autrement dit, l’astrologie serait comme un enfant qu’un homme aurait fait à une femme sans le savoir

et cet enfant se présente, un beau jour, à nous. Il n’aurait pas existé sans notre intervention, mais il

aura vécu sans que nous nous en doutions.

Ce que nous voulons dire, c’est que l’humanité peut être prisonnière de ses propres productions, que

celles-ci peuvent s’autonomiser et lui échapper. Mais que l’humanité, elle, ne leur échappe pas.

Nous n’ignorons pas que ce scénario pose problème. On pense aux objections à un certain néolamarckisme.

Mais c’est épistémologiquement le moins pire, il ouvre un nouveau champ de recherche

aux sciences « molles » pour le XXIe siècle. Bien plus, il permet de relativiser le poids de la Techno-

Science en montrant à quel point l’humanité instrumentalise le monde bien plus qu’elle n’est

déterminée par lui.

La notion d’instrumentalisation est complexe et quelque peu déroutante. On se sert d’un objet, d’une

donnée dans un sens qui n’est pas intrinsèque au dit objet mais qui fait partie de ses dispositions.

Cela peut donc être un contre-emploi ou un emploi en deçà de ce que l’objet pourrait produire et ce

emploi est plus contraignant pour l’instrumentalisateur que pour l’instrumentalisé.

On notera qu’en linguistique le signifiant est inévitablement instrumentalisé par le signifié. Si l’on

prend le mot « table », il veut tout dire et rien dire de précis tout à la fois, mais une fois que le mot a

reçu ce sens, celui-ci est contraignant pour le locuteur concerné.

C

5

Les astres se prêtent idéalement au rôle de signifiant. On peut les traiter et les qualifier à sa guise en

ne tenant compte que de certaines de leurs particularités externes. Même si cela ne s’inscrit pas dans

la ligne de la science astronomique.

L’instrumentalisation n’a que faire de la chose en soi. Elle est la victoire du récepteur sur l’émetteur, le

récepteur dictant sa loi à l’objet auquel il se réfère, voire auquel il se soumet, du fait de ce qu’il projette

dans tous les sens du terme.

Certains astrologues ont du mal avec la notion d’instrumentalisation, car ils sont persuadés que les

significations projetées sur un astre sont l’expression de la vertu de cet astre.

D’autre part, ils sont persuadés que l’astrologie doit respecter les structures propres à l’astronomie, à

commencer par le fait que si l’on s’intéresse à une planète du système solaire, il faut impérativement

prendre en ligne de compte la totalité des planètes dudit système et laisser de côté ce qui n’en fait pas

partie.

Enfin, ils croient que les astres inconnus des Anciens doivent être tout autant étudiés que ceux qui

font partie depuis longtemps de leur perception. Les hommes ont le droit de prendre du monde ce qui

leur plait, au moment qui leur plait sans aucune obligation autre que ce soit dans le temps et dans

l’espace.

L’astrologie relève d’une philosophie du choix et donc au départ de l’indétermination qui débouche

sur un processus d’instrumentalisation en quelque sorte alchimique qui devient contraignant s’il est

largement adopté et sur une longue période de temps (de cuisson). En ce sens, l’humanité est

prométhéenne, le feu est son vecteur car le feu est lié au temps. Il transforme l’objet, le fait passer du

cru au cuit. L’astrologie est le résultat de cette cuisson, à la façon d’une oeuvre de Bernard Palissy.

L’astrologie contemporaine a contracté une relation très particulière avec les astronomes. Le baptême

des nouvelles planètes est un véritable poème mystique qui nous plonge en pleine théosophie. Les

astronomes seraient les prophètes des temps modernes : d’une part, en ce qu’ils découvrent de

nouveaux corps célestes qui « manquaient » à l’astrologie pour être accomplie et d’autre part parce

qu’ils prennent sur eux de baptiser ces nouveaux astres en recourant aux mythologies, poursuivant

ainsi une antique pratique.

On connait le discours, désormais ressassé sur le ton de l’évidence, sur le fait que les astres sont

découverts au moment où l’humanité passe un certain cap. 1781 pour Uranus, 1846 pour Neptune,

1930 pour Pluton. On ne peut plus enlever à un astrologue son Pluton, ni comme planète, ni comme

concept. Même si c’est un astre très lointain, très lent (248 ans pour faire le tour du zodiaque) et

totalement invisible à l’oeil nu, une sorte d’intermédiaire entre une planète et une étoile, en quelque

sorte, ce qui tombe bien puisque les astrologues s’étaient interdits de se servir des « fixes »,

lesquelles ont le tort de ne pas appartenir au système solaire. Mais les astrologues ne s’arrêtent pas

tous à Pluton et certains « pionniers » n’ont pas attendu les astronomes pour annoncer la prochaine

découverte de la femme de Pluton, Proserpine (Korè), ce qui relève d’une certaine « mythologique »

encore inconnue des astronomes et encore plus lente que son époux infernal. On est vraiment très

loin du cycle lunaire fondateur mensuel, si présent à notre conscience dans notre ciel depuis toujours.

Ces astrologues nous expliquent que ces astres aussi récemment découverts étaient là, bien avant

qu’on ne les découvre. Et que de toute façon, ils sont devenus – depuis leur découverte -

incontournables. Qu’est ce que serait donc une astrologie qui les négligerait ? Elle perdrait la face.

Par certains côtés, les astrologues, face à la science, sont, pour la plupart, plus royalistes que le roi.

Ce qui explique que leurs relations avec le monde des sciences humaines ne soient pas

particulièrement sereines.

 

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La réception en français de la Tétrabible au XVIIe siècle

Posté par nofim le 20 septembre 2014

La réception de  la Tétrabible en français  au  XVIIe

siècle

par  jacques  Halbronn

 

On sait tout l »intérêt que nous avons accordé à Nicolas

Bourdin depuis une quarantaine d’années. (cf nos éditions

de 1975 et  1993, chez Retz et chez Trédaniel).  En 1640,

Bourdin publiait une première traduction française de la

Tétrabible sous le titre d’Uranie, titre repris par Eustache

Le Noble en 1697.  Dans une étude consacrée à Auger Ferrier

(en ligne sur « nofim »),  nous avions déjà abordé la question

de l’influence de la Tétrabible sur les traités d’astrologie

français, en l’occurrence ses Jugements Astronomiques sur les

Nativitez (première édition Lyon Jean de Tournes 1549/1550)

en parlant d’un « modéle tétrabiblien ». Rappelons que la

dernière édition connue des Jugemens  de Ferrier date de 1625, et est donc contemporaine

de l’Usage des Ephéméride d’Antoine de Villon dont il est ici

question. Au vrai, avec le recul, il nous apparait que le lien

entre les Jugemens de Ferrier et le Quadripartit n’est pas

strictement avéré, d’autant qu’il ne s’y référe pas alors que

Villon suit cet ouvrage pas à pas, livre par livre et quasiment

chapitre par chapitre/

Toutefois,  Ferrier cite explicitement le Centiloque

(Livre I Ch II  De la vérification de l’heure de la nativité)

en ce qui concerne l’heure de la conception:

« l’ascendant d’une nativité  a esté le lieu de la Lune au

temps de la  conception  et l’ascendant de la conception est

le lieu de la Lune à l’heure de la nativité » (cf infra)

A   partir de quelle édition du

Quadripartit Villon  oeuvre-t-il? Nous avions abordé une telle

question à propos des traductions faites par Petro d’abano

des traités astrologiques d’Abraham Ibn Ezra (cf notre

communication  Congrès Mondial des Etudes Juives 1993)

en montrant le recours à des traductions en ancien français

du texte hébraïque.

Dans l’Usage des Ephémérides de 1624 d’Antoine de

Villon, professeur en philosophie dans l’Université de

Paris  ce qui nous interpelle, c’est le fait que

certaines expressions  concernant la Tétrabible se

retrouvent littéralement dans l’Uranie de 1640, ce qui ne

laisse de nous interroger  sur les rapports entre  Villon et

Bourdin.  Bourdin  s’est-il servi de Villon pour rendre la

Tétrabible en français ou bien ont-ils tous deux puisé à une même

source non identifiée qui serait la première traduction

française et dans ce cas, Bourdin ne serait pas pleinement

l’auteur de la traduction parue sous son nom?

Cela dit, peut être ne s’agit-il que de coincidences : deux

traducteurs ne peuvent-ils parfois se recouper puisque

travaillant à partir d’une seule et même source? En tout

cas Villon devrait désormais  être considéré comme ayant

traduit ou en tout cas édité  ne serait-ce que partiellement

le Tetrabiblos  même s’il s’est servi d’une précédente

édition française probablement restée manuscrite.(cf infra)

. Le commentaire, la paraphrase auraient ici

précédé la parution de l’intertexte d’une quinzaine d’années..

Mais il existe encore d’autres hypothèses: si l’on regarde

les dates de naissance: Morin et Bourdin sont nés en 1583

et Villon en 1589. En 1624,  Morin publie une « Réfutation

des thèses erronées d’Antoine Villon, dit le soldat philosophe, et Etienne de Claves, médecin-chimiste, par eux affichées publiquement à Paris,
contre la doctrine d’Aristote, le 23 août 1624, à l’encontre desquelles y a eu
censure de la Sorbonne, et arrêt de la Cour de parlement. Où sont doctement
traités les vrais principes des corps et plusieurs autres beaux points de la
nature. »

On ne saurait exclure que la traduction

de Bourdin ait circulé en manuscrit bien avant son impression.

Le cas n’est pas si rare à l’ époque (cf nos étudesi sur Gassendi

et sur Morin, « Questions autour du texte sur l’éclipse de 1654

attribué à Gassendi »in Gassendi et la modernité; dir S.

Taussig, ed Brepols, 2008 ) et dès lors Villon, dit le Soldat

Philosophe, qui dit avoir enseigne l’astroogie à l’Université de

Paris, par ailleurs personnage assez peu

scrupuleux aurait « pioché » dans  la dite traduction, comme

il l’aurait fait, dit-on, pour David Origan et pour ce qui est

de son Apologie contre les Calomniateurs de l’Astrologie

qui ouvre son Usage sur des auteurs du xVIe siècle.(cf notre

CATAF, en ligne sur le site grande-conjonction.org), ce qui ne

diminue pas pour autant ses mérites de commentateur avisé.

En tout cas, grâce à Villon, nous  avons l’occasion de mieux

comprendre le plan de la Tétrabible et notamment le passage

du Livre III au Livre IV qui a souvent paru étrange.

I   Les emprunts  à une possible traduction manuscrite

II  Le découpage de la Tétrabible en 4 volets.

 

I  Les emprunts littéraux à  une traduction  inédite de Bourdin

La récolte n’est pas surabondante et probablement pas

exhaustive mais elle laisse perplexe.

‘ »soit par hazard, soit par observation »  à propos de la

connaissance  du temps de conception

Cette f’ormule se retrouve texto dans les deux textes.

Tétrabible  Livre IV  ch. V Des mariages

« légitime conjonction de l’homme et de la femme »

 

II  Le découpage  en 4 volets  du Tetrabiblos

En travaillant sur Villon, nous avons compris ce qui nous

avait jusque là échappé dans la Tétrabible, à savoir

le passage du Livre III au Livre IV , apparemment sans

raison évidente. C’est qu’en fait, le Livre III traite du thème de

conception et le Livre IV du thème de naissance.

Tétrabible  Prologue du Livre IV:

« J’ai enseigné les choses qui se doivent considérer

avant la naissance de l’enfant et celles qui arrivent dans

le temps de cette même naissance comme aussi celes qui la

suivent, celles qui sont encore attachées au tempérament

et qui ne regardent que le mélange des qualités. Maintenant,

je traiterai de celles qui viennent d’ailleurs, entre lesquelles

je parlerai  premièrement des richesses et des dignités »

Le Tetrabiblos -précisons-le n’expose aucunement  un

dispositif des maisons astrologiques rigide avec chaque maison

associée à un certain domaine, comme le feront la plupart

des auteurs que l’on connait. Il ne lui en coute donc rien

de dédlarer que tel ou tel domaine appartient  au thème

« avant la naissance ».

On ne sera pas surpris de voir que les astrologues qui

ont traité de la Tétrabible se soient abstenus de commenter

le dit Prologue.

Nous proposerons ci-dessous  une sorte de concordance

entre les 5 parties de l’Usage des Ephémérides et le

Quadripartit:

D’emblée,  la première partie de l’Usage n’a pas

d’équivalent dans la Tétrabible, elle comporte des

directives purement techniques pour dresser le thème et

en tirer diverses données.

La deuxiéme partie  de l’Usage recouvre le Livre I  de la Tétrabible.

La troisiéme partie de l’Usage est à rapprocher du Livre II

de la Tétrabible et concerne le « Prognostic Universel ».

Villon reprend le prologue du Livre II avec ses propres

mots qui ne sont souvent qu’une paraphrase de l’intertexte :

« Il ne faut adjouster aucune foy aux astrologues qui

predisent de la nativité de l’enfant sans avoir cognoissance des

constitutions generales des régions, Provinces, villes, » Un avis

au demeurant  fort peu suivi par les astrologues des

siècles suivants.

La quatriéme partie de l’Usage recoupe largement le

Prologue du Livre III de Ptolémée, autour de la question

du « commencement », terme qui revient aussi sous la plume

de Bourdin,traducteur. On revient sur la question du

thème de conception comme point de départ. Selon Villon,

les adversaires de l’astrologie reprochent aux astrologues de

ne pas tout faire commencer du dit thème.

Avec le chapitre X  de l’Usage des Ephémériodes, nous

passons au commentaire du Livre IV du Quadripartit.

Enfin, la cinquiéme partie de l’Usage où on passe de la

prédiction à la datation – ce qui est distinct car la prédiction

reste très générale. Elle correspond au capitre X  du Livre IV

de la Tétrabible « De la division des temps »  qui ne couvre chez

Ptolémée que quelques pages. Villon achève ainsi un

ensemble d’environ 1100 pages.

Pour conclure, nous rappellerons que  dans les années

1650, à la suite de la publication du commentaire du

Centiloque par le dit Nicolas Bourdin- qui se situe

également dans l’orbite ptoléméenne et des deux éditions

des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin

(1654  et 1657 (posthume) sur le dit Commentaire, nous

assistons à un certain revival ptolémaïque en France entre 1624

et 1654

On s’interrogera pour terminer sur les liens entre justement

le Centiloque et la Tétrabible –(cf nos Etudes sur les éditions

ptolémaïques de Nicolas Bourdin,  ed trédaniel 1993, avec

le Commentaire du dit Bourdin)

Dans l’aphorisme premier, on retrouve le distinguo entre

le particulier et le général qui marque l’articulation de la

Tétrabible

« Il n’est pas possible que celui qui sait prédise les

formes particulières des choses de même que le sens ne

peut concevoir une forme particulière mais seulement une

forme générale de la chose »

Le Centiloque n’est pas étranger au thème de conception:

sentence 50: Faites ascendant en la conception le signe où

est la Lune au temps de la naissance  et le signe où elle

a été trouvée en la conception ou son opposé, ascendant

en l’enfantement » C’est la trutine d’Hermés dont on   a  vu

qu’Auger Ferrier se servait(cf supra).  On peut penser que

ce principe aura permis aux astrologues de déclarer que

le thème de naissance présentait des recoupements avec

le thème de conception et donc qu’il pouvait s’y substituer

si ce n’est que ce qui est annoncé par le thème de conception

ne fait sens que si cela est formulé avant la naissance..

En fait, les préceptes liés au thème natal s’entremélent dans

le Centiloque avec ceux concernant le thème de la consultation

dont ne trait à aucun moment Ptolémée. On trouve même

l’idée de comparaison de thèmes (synastrie)  à l »aphorisme 33 :

« L’accord entre deux personnes procéde de l’harmonieuse

configuration des planétes qui signifie l’espèce de la chose

par laquele la bienveillance est établie en la naissance de l’un

et de l’autre »

Aph. 34 « L’amour ou la haine se prend tantôt de l’accord et

de la discorde des luminaires tantôt des ascendants de l’une

et de l’autre naissances. »

On trouve aussi une typologie zodiacale inconnue dans

la tétrabible:

Aph  38  « Ceux qui ont pour ascendant la vierge ou les

poissons seront cause de leur puissance »

Le Centiloque traite des douze maisons astrologiques

en rapport avec les différents domaines de l’existence, ce

que ne fait pas la Tétrabible qui ignore un tel dispositif

qui entremêle les données du thème de conception et celles de

naissance..

Ajoutons que le Centiloque  rappelle à l’aphorisme 50  qu’il y a 119 conjonctions (cf

ce qu’en dit Ibn  Ezra cf nos récents textes  à ce sujet sur

nofim, à propos des traductions de Shlomo Séla, ed Brill) mais

à l’aphorisme  63 il aborde les conjonctions de Jupiter et

de Saturne.

Le Centiloque nous semble correspondre à la réception

de la Tétrabible au temps d’Abraham Ibn Ezra. (XIIe siècle

au plus tard), le recours  au thème de conception n’y est

évoqué que très ponctuellement (cf supra). En y renonçant,

les astrologues évitaient ainsi d’être trop tôt  démentis dans

leurs prédictions puisque dès la naissance, l’on pouvait

juger de la pertinence de ce qui avait été annoncé quelques

mois plus tôt et sur des points très concrets. Selon nous,

l’astrologie  ptoloméenne témoigne de l’existence d’une

pédomancie, c’est à dire d’une divination s’adressant aux

parents attendant un enfant ou dont l’enfant vient de naitre.

Passé ce cap de la prime enfance, l’astrologie perdait

largement de son intérêt car il existait alors bien d’autres

façons de connaitre l’avenir d’une personne que l’astrologie.

Un autre point d’interrogation pourrait concerner la

connaissance de la date de la mort et de ses causes.

(thanatomancie Mais entre ces deux extrémes, le recours à

l’astrologie fait-il vraiment sens? Les travaux de Gauquelin

(à partir de 1955) s’inscrivent dans une « pédomancie » si ce

n’est qu’ils se présentent sous un jour scientifique, statistique.

Comme l’a signalé  l’australien Geoffrey Dean (Recent

Advances in Astrology), la sollicitude des parents pouvait-elle

aller jusqu’à faire naitre l’enfant sous telle ou telle « étoile », en

connaissance de cause et peut être l’astrologue était-il chargé

de faire en sorte qu’il en soit ainsi?

 

JHB

26  10 14

 

 »

 

 

 

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Le syncrétisme stellaro-tropical en astrologie

Posté par nofim le 16 septembre 2014

La combinatoire  stellaro-saisonnière  en  astrologie et

les emprunts de l’astronomie à l’astrologie.

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie est fondamentalement marquée par une

combinatoire stellaro-saisonnière  plus encore que par

une combinatoire  stellaro-planétaire. Encore récemment,

les astrologues  en adoptant la théorie des ères

précessionnelles ( y compris chez André Barbault), ont

montré qu’ils étaient disposés à combiner le point vernal

donc un  critère saisonnier et une étoile fixe correspondant

à celui-ci, en un instant T.

En relisant le  Centiloque (attribué à Ptolémée), nous rencontrons

cette  sentence (la 46e):

« Les grandes félicités dans les naissances sont données

tantôt par les étoiles fixes tantôt par les angles des

nouvelles lunes, tantôt  par les lieux  de la Part de fortune

lorsque l’Ascendant  s’y rencontrera »

Morin de Villefranche  commente ainsi  dans ses Remarques

Astrologiques : »trois causes de bonheur par l’Ascendant de la

nativité »

Or, l’Ascendant est  tyîquement un mélange  de stellarisme

et  de référentiel terrestre puisque symboliquement il renvoie

au Zodiaque: on dit qu’on a tel signe à l’ascendant.Rappelons

que c’est à partir de l’ascendant que l’on met en place

les maisons astrologiques, par delà la question du « signe

ascendant », ce qui compte alors c’est surtout le « degré »

qui est déterminé par le fragment de constellation qui

apparait à l’horizon.

En ne respectant pas cette combinatoire du stellaire et

des référentiels terrestres (horizon, saisons) l’astrologie

contemporaine allait se déséquilibrer et se condamner à

adopter des  modéles peu viables ni enviables comme ces

myriades de cycles planétaires qui partent dans tous les

sens  (cf  Yves Lenoble. Initiation à la pratique des cycles

planétaires, 1996)

Le cas du Zodiaque est emblématique d’un tel syncrétisme

en ce que les signes fixes  correspondent, selon nous,  à

des étoiles fixes  alors que les signes mutables correspondent

à des saisons tout comme les signes cardinaux correspondent

aux équinoxes et aux solstices sur le plan symbolique.

Autrement dit, les signes  fixes  sont tributaires de la

précession des équinoxes et les  autres signes s’ajustent

naturellement sur le cycle saisonnier en vigueur à un instant

T. Ce qui nous a conduit à soutenir que l’instauration du

zodiaque des fixes  au départ calé sur les saisons

avait du avoir lieu il y a 12000 ans environ quand l’Aigle

était au printemps, dans l’hémisphère nord et non pas

comme de  nos jours à l’automne.

En 1624, Antoine de Villon, dans son Usage des Ephémérides (pp. 645 et seq)

dans la partie consacrée à l’Astrologie généthliaque écrit : « Il  ne faut pas négliger

(..) les étoiles fixes qui se trouvent logées dans l’horoscope. » Il situe les étoiles en tropical

« Le coeur  du Lion ou basilic au 24° du Lion ».  Mais l’Ascendant est particulièrement impliqué en

matière d’étoiles fixes, ce qui est logique vu que faute de planétes, le plus souvent -on n’en connait à l’époque que 5 plus les luminaires-

la plupart des corps célestes ne peuvent être en la circonstance que des étoiles fixes.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il importe de repenser complétement toute la construction du thème natal, d’une part, parce que

nous penons que l’observation la plus commode se situe non pas à l’ascendant mais au descendant  puisque c’est à la tombée du jour

et non au lever du soleil que les étoiles et les planétes apparaissent. Mais nous pensons aussi que cela ne fait guère sens de faire

le thème pour le moment de naissance quand il fait jour (ce qui est actuellement la régle puisque la plupart des naissances se

font de jour pour des raisons fonctionnelles). Il semble préférable de se contenter d’un thème toutes les 24 heures, à la tombée de

la nuit et qui vaudrait pour toutes les naissances se produisant dans cet intervalle. Par ailleurs, nous pensons que c’est l’étoile fixe  qui

se léve au coucher qui doit servir de base au calcul des maisons astrologiques. Les Anciens avaient élaboré un systéme permettant

de déterminer le degré de l’ascendant à partir de la constellation, en numérotant les différentes composantes de la dite

constellation.

Signalons les propos d’Eustache Le Noble dans son traité astrologique de 1697 sur la précession des équinoxes:

« L’Etoile qui est il y a 1800 ans dans le point précis où le Soleil pour parler vulgairement coupoit la ligne & entroit au Bélier en sorte

que dans ce moment il se trouvoit en conjnction précise avec cette estoile »  Cette même étoile se trouve désormais « à la fin du bélier ». Le Noble mentionne un cycle de  25.000 ans.  On en arrive à l’époque à un écart de 28° selon Eustache Le Noble.

Mais Le Noble expose les choses avec beaucoup de bon sens  (pp. 60-62):

« Ce n’est point  ce lieu imaginaire nommé le Bélier qui influt mais ce sont les  estoiles elles mêmes qui se trouvant

en conjonction avec le Soleil ou les Planétes, leur unissent leurs influences (…) répandent leurs vertus à l’aide de leur lumière; sur les

corps disposés à la recevoir (…) « .  On met donc ainsi fin à un faux probléme.

On notera qu’il est extrémement facile de déterminer un aspect entre une planéte et une étoile et d’ailleurs selon nous, la raison d »‘être

des aspects  est fonction des écarts entre planétes et étoiles.

Ce qui est essentiel, c’est le point de départ, après tout n’est plus que mathématique.

Ce sont les astronomes qui ont jugé bon de nommer des ensembles d’étoiles selon les signes du zodiaque mais cela

ne remet nullement en cause  l’importance des étoiles fixes  que l’on a assimilées au probléme des constellations.

En fait, on a éliminé les étoiles parce que l’on n’en voyait pas l’utilité!!!!!

Avec l’ascendant,  l’important n’est pas la constellation qui se léve mais l’étoile qui sert de point de départ à tout l’horoscope.

L’historien de l’astrologie ne saurait ignorer les emprunts

de l’astronomie à l’astrologie tant en ce qui concerne les noms

des dieux que celui des signes.L’astrologie elle-même

a au demeurant emprunté à la mythologie et à la symbolique

saisonnière .Mais au départ, ces noms de dieux, comme on

le voit chez Manilius, ne concernent pas les planétes pas plus que

ces signes zodiacaux ne  désignent les constellations. Selon

nous, ce sont les astronomes qui auront jugé bon de récupérer

ce « jargon » pour désigner tant des corps célestes – tradition

qu’ils poursuivront au XIX e siècle- que des ensembles

d’étoiles.

A l’historien de clarifier  une telle évolution, ce qui permettra

aux astrologues de se détacher du joug de l’astronomie. En

effet de tels procédés auront contribué à un certain

fusionnement de l’astrologe et de l’astronomie débouchant

sur des amours malheureuses.

Comme le dit fort bien Le Noble,  l’astrologie aurait du

garder les étoiles fixes en renonçant aux constellations mais

elle aura préféré jeter le bébé des étoiles fixes avec l’eau

(sale) du bain, à savoir les constellations. L’adoption,

notamment, d’une symbolique  mythologique par les

astronomes aura abouti à ce que les astrologues se croient

obligés de prendre en compte toutes les planétes ainsi

ornées d’atours olympiens. Autrement dit, l’astrologie aura

fait le mauvais choix, renonçant aux étoiles fixes et adoptant

la totalité des planétes du systéme solaire.

Au niveau des aspects,  on peut aussi penser que l’astrologie

aura perdu en cours de route le semi-octile, qui correspond

au quart de 90°,  soit 22°30′. On sait l’importance du nombre 22

avec les 22 lettres de l’alphabet hébraïque qui en quelque

sorte assigne une lettre à chaque degré (cf aussi les 22 arcanes

majeurs du Tarot).  On est là dans une division en 8 qui

est certainement plus « astrologique » que la division en

douze qui reléverait plutôt d’un emprunt. Or, les aspects n’ont

aucunement vocation à relier les astres entre eux au sein

du ‘ »thème » mais bien de ponctuer le déroulement des

cycles. Selon nous, il y autant de zodiaques que de cycles et

chaque cycle établit sa conjonction comme point de départ

de « son » zodiaque.

 

 

 

JHB

16  09 14

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, HISTOIRE, POLITIQUE, RELIGION, symbolisme | Pas de Commentaire »

Café philo ou Salon philo?

Posté par nofim le 16 septembre 2014

Du café philo au salon philo. Les formes de sociabilité.

par  Jacques Halbronn

Aucun principe n’est valable de façon constante. Cela dépend.

Il est des solutions d’attente qui ne sauraient être confondues

avec l’idéal. Cela nous raméne aux exemples tirés de  notre

mode d’alimentation. Tout  tourne en fait autour de la

question du partage. Partage de la nourriture, du temps de

parole, des responsabilités dans le cas des réunions de

type café-philo qui sont emblématiques de notre

problématique, d’où l’intérêt que nous leur avons

récemment accordé sous un angle ethnométhodologique en

tant qu phénoméne révélateur au point d’avoir envisagé

d’interviewer des gens sur ce sujet. En effet, certains

ont rédigé des « régles », qui visent en fait à modéliser un

mode de communication selon leurs voeux, ce qui n’échappe

pas à l’utopie parfois la plus cauchemardesque.

Nous commenterons un texte récemment distribué  et qui

date de 2003 intitulé « Café débat : régles de fonctionnement »

dont l’auteur est  Robin Branchu, animateur d’un café

philo à Bernay (Eure).

On en citera quelques passages remarquables qui méritent un

commentaire:

« retarder ses réflexes d’intervention »

« les interventions doivent être concises »

-en principe le rôle de l’animateur  s’arrête là, c’est  à dire

après avoir présenté les régles de fonctionnement »

-deux types de débats:  ordonnés et  désordonnés.

-tentation de  couper la parole

-Si on accepte les discussions par petits groupes, nous

ne formons plus un groupe(…) ça n »est plus un café

philosophique »

-Il me faudra intervenir  pour empêcher quiconque  de couper

la parole »

-Si!  On peut  laisser dire même n’importe quoi et y répondre

plus tard!

 

Notre commentaire:

On est là en face d’un texte qui prône une égalité dans

la distribution du temps entre tous les participants et qui

va jusqu’à  considérer que l’on peut carrément se passer

d’un « meneur de jeu »,ayant la charge de « recentrer » les

prises de parole. Et de conclure que cela se passe très bien

et que tout le monde est content de la sorte.

A notre avis, on fait là de nécessité vertu et cela nous fait

penser à la formule « quand le chat n’est pas là, les souris

dansent ». On est visiblement dans un rejet du « centre » et

en faveur d’une forme d’anarchie  non pas quant aux régles

mais sur le fond du débat qui est de traiter d’une certaine

question ensemble certes mais en avançant au fil du temps

qui passe (qui est généralement de deux heures).  Nous y

voyons le symptome d’un certain malthusianisme qui n’attend

pas de progrès mais gère les acquis, ce qui débouche sur

le partage entre tous puisque l’on ne croit plus à un nouvel

apport qui pourrait en émerger.

Robin Branchu  s’en tient à des régles qui constitueraient

l’identité du  genre « café philo » mais il semble au contraire

qu’il passe à côté de l’essentiel.

Cela dit, nous même, avons organisé en 2004 un grand

congrès sur 3  jours( on le trouve filmé sur  You Tube

(chaîne  Jacques  Halbronn) qui correspondait assez bien

à cette méthode. Nous étions ainsi parvenu à faire intervenir

un très grand nombre de personnes, autour de six

commissions qui pourraient correspondre à autant de

café philos. On pourrait d’ailleurs annuellement organiser

ainsi un grand congrès réunissant plusieurs café philos

en plusieurs salles et sur plusieurs jours, le tout dûment

enregistré (audio/vidéo).

Mais l’on en revient au fonctionnement idéal des cafés

philo : faut-il s’en tenir à des prises de parole réparties

-et donc rationnées- entre tous les participants s’étant

inscrit pour s’exprimer autour d’un thème central ou bien

s’agit-il  de constituer un débat qui peut en effet devenir un

combat d’idées entre des gens qui savent défendre leur

point de vue aussi bien qu’interpeller les autres

intervenants? A partir de quel moment, peut-on parler d’un

vrai « débat » (titre du texte de Robin Branchu) Est ce que

le seul fait de découper le gâteau du temps de parole entre

tous ceux qui veulent dire quelque chose peut faire un débat?

Qu’est ce qu’un débat? Voilà un bon sujet de café philo.

Nous dirons que dans un débat celui qui expose, s »expose et

il doit en assumer les conséquences de façon responsable.

Nous trouvons notamment un peu léger de voter sur des

sujets que l’on n’a même pas pris la peine de préciser par delà

une formulation des plus « sibyllines ». On nous répond que

lorsque le  sujet sera choisi,  on s’en expliquera. Mais ce sera

après le vote alors qu’il faudrait que cela se passât avant le

vote.  Un exemple d’une dérive surréaliste des cafés philo

où l’on se délecte de lancer des sujets dont on a absolument

pas la maîtrise et qui sont en fait simplement des questions

que l’on pose et que l’on se pose. Dans ce cas, qui va gérer

le débat si le sujet est lancé et voté de façon aussi

désinvolte? La personne qui a fait passer son sujet sans

le définir  va-t-elle porter le poids du débat si elle n’a pas

la faculté de comprendre ce que disent les uns et les autres?

Il arrive que les personnes censées responsables ne sont

pas à la hauteur et donc il faut bien que d’autres dans

l’assistance prennent le relais. Mais il y a là une crise du

systéme car  ce faisant, ceux qui assument une tâche mal

assumée se verront reprocher de perturber la réunion alors

qu’ils cherchent au contraire à la sauver en dépit des dites

insuffisances.  On voit donc que l’on nous oblige à accepter

l’autorité de personnes incompétentes à animer , et à recentrer

le débat après chaque prise de parole  (cf Raphaël Prudencio

comme exemple à suivre). En fait, c’est bien là que le bât

blesse: les personnes qui se mettent en avant vont, comme

le veut le principe de Peter, dépasser leur seuil de compétence.

Il est donc bon selon nous, que la responsabilité du débat

soit mise en place au cours du débat au vu des personnes

qui interviennent dans la première demi-heure.  Il ne suffit

pas de voter un sujet mais de déterminer qui va en garantir

la dynamique et ce ne sera pas forcément ni celui qui aura

suggéré initialement le sujet ni le préposé à l’animation

On évitera donc toute rigidité. L’incompétence est la plus

grande source de désordre et la compétence, on l’aura

compris, ne saurait se réduire à la tenue des listes de ceux

qui ont levé le doigt et du temps de parole.  Etre concis

ne se limite pas à parler peu de temps mais exige un vrai

contenu qui ne parte pas dans tous les sens.

Robin Branchu nous fait un éloge du »retard ». Il faudrait

apprendre aux gens à attendre pour prendre la parole. Ce serait

meme là tout l’enjeu de l’exercice.  C’est en fait le seul

bénéfice que son « traitement » apporterait: s’habituer à ne

pas réagir tout de suite à ce qui a été dit. On bascule là

dans une forme de thérapie ou de jeu pour enfants de 8 ans.

Ce qui n’est pas la vocation, il nous semble des cafés philo

mais un fantasme d’éducateur. Robin Branchu s’est donné

pour mission de nous éduquer, d’acquérir de bonns manières.

Cela dit,  nos travaux sur la cyclicité nous enseignent qu’il

est des périodes (altérité extérieure) où la dynamique

externe prévaut, celle du groupe, sur la dynamique interne,

celle du cerveau. Dix personnes discourant entre elles feraient

selon Robin Branchu, un meilleur travail que deux philosophes

reconnus (Ferry/ Sponville) comme »professionnels ». On est

en pleine démagogie! Mais il est vrai qu’à certains moments

de pénurie « intérieure » – et cela dépendrait d’une certaine

cyclicité energétique- on est bien obligé de recourir à de tels

pis allers, à des ersatz, à des succédanés, comme dans le

domaine alimentaire et  vestimentaire sous l’Occupation.

On est dans le nivellement par le bas et non plus par le haut.

Et puis revient le temps d’un réveil energétique et  les

solutions d’attente n’ont alors plus leur raison d’être et

doivent être remisées jusqu’à nouvel ordre.

Pour le cyclologue, la période actuelle est intéressante

précisément du fait du passage qui est en train de s’opérer et

dont nous avons traité ailleurs et l’on assiste en effet depuis

quelque temps à une remontée de la cote des leaders, pas

forcément de ceux qui sont actuellement au pouvoir d’ailleurs.

Si l’on en revient aux extraits du texte de Robin Branchu,

on note que le seul moment où on a le droit d’intervenir

sans que ce soit notre tour c’est pour dénoncer les manquements

des autres. C’est en fait à cela qu’il faudrait surtout être

attentif, aux aguets. On peut aussi demander à un Chinois

qui ne comprend pas le français d’animer le débat puisque

la seule chose qui compte, ce sont les comportements

extérieurs: on parle trop longtemps, on parle avec son

voisin, on coupe la parole. On peut envoyer Robin Branchu

animer un débat chez des gens dont il ne comprend pas

la langue, il fera très bien l’affaire!

En ce qui concerne le risque que se constituent de « petits

groupes » dans une assemblée nombreuse, nous ne voyons

pas réellement d’objection  pourvu qu’à certains intervalles

chaque groupe résume son travail de groupe. Nous avons

d’ailleurs filmé le Forum de l’évolution de la conscience

(octobre 2013) qui prévoyait un tel mode de fonctionnement.

La formule de groupes de six personnes autour d’une table

nous semble bien fonctionner quand cela est complété par

une ‘ »assemblée plénière » où les porte paroles de chaque

groupe interviennent. Il est clair que lorsque l’on est trop

nombreux et que l’on n’est pas dans a proximité  visuelle,

tout devient artificiel. On communique certes  par la parole mais

la relation  est d’abord non verbale. Evitons que le café

philo devienne une usine à gaz. Il est  bon de préciser les

régles implicites des conditions du débat mais les régles

ainsi devenues explicites se révélent souvent très

appauvrissantes et réductrices et ne font pas la part de ce

qui  « va de soi », du « non dit » qui sous tend le rapport social.

On nous dit qu’il ne faut pas céder à nos ‘réflexes » mais

notre rapport à l’autre passe par le réflexe qui nous permet

d’être en phase avec la dynamique en cours au lieu de la

casser en intervenant sans prendre en compte celle-ci qui

est -rappelons-le- dans ce qui se dit.  Celui qui parle sans

se faire l’écho de ce qui est en train d’être pensé ne respecte

pas le véritable esprit du café philo qu’il ne faut pas confondre

par exemple avec un autre phénoméne que nous avons suivi

il y a quelques années qui est celui des soirées poésie, autour

d’un thème, où chacun arrive avec son texte. (cf la Cave à

poémes de J. F. Trougnoux). On peut aussi penser aux

scénes ouvertes (comme l’Echelle à Coulisses de Marielle

Frédérique Turpaud qui tient aussi un café « honoré-philo)

mais il semble bien qu’il y ait là le risque d’une certaine

confusion des genres.  Le texte proposé par Robin Branchu

correspond mieux à la formule des clubs de poésie!

A propos de réactivité,  on rappellera qu’avant de réagir, il

importe de prendre le temps de comprendre ce qui est dit

et donc nous pensons que dans un premier temps de la réunion,

il importe déjà de clarifier de quoi il retourne au lieu de

partir sur les chapeaux de roue. Il est donc souhaitable d’attendre

avant même de demander la parole et il y a des gens qui

demandent la parole prématurément et qui feraient mieux

de profiter du débat  qui prend forme peu à peu .

On nous parle d’interventions qui doivent être « concises »

mais de deux choses l’une, ou bien  l’on s’exprime librement

« à bâtons rompus » et aussi souvent que l’on veut mais en

se greffant sur ce que les autres disent, en très peu de mots

ou bien on léve le doigt, figure sur une liste d’attente et

ce qu’on aurait pu dire en 20 secondes on l’exprime en

7 minutes puisque l’on ne parlera qu’une seule fois. Pour

notre part, nous préférons un travail réellement collégial

où les phrases « concises » fusent et se précisent au fur

et à mesure de l’échange. Au nom de la concision,  on entend proposer

des sujets formulés de façon lapidaire et l’on nous demande parfois de voter

pour élire un des sujets que personne n’a pris la peine de préciser et de développer

préalablement à tout vote. La personne qui propose le sujet dans bien des cas n’en a pas

la maitrise. La concision masque souvent mal une pensée creuse.

 

Evitons le double bind!

La formule du café philo se distingue de la scéne ouverte

(souvent liée à un squatt) au fait que l’on n’y distingue pas

ceux qui sont acteurs et ceux qui sont spectateurs. Il n’y a pas

de « scéne », on ne monte pas sur une estrade pour prendre la

parole, on s’exprime de sa place, en restant assis. Il serait

peut être dissuasif  de demander que toute prise de parole

implique de se mettre en avant ne serait-ce que le temps

de l’intervention. Mais en même temps, l’on tend à se

rapprocher des conversations de salon au point que l’on

pourrait parler d’une nouvelle ère des salons et que la formule

des « salons-philo »  serait  au fond la plus heureuse. On

dirait ainsi le salon d’Un tel ou d’ Un tel qui recevrait chez lui

ou dans un lieu mis à sa disposition régulièrement comme

cela se pratique. (cf Raphael Prudencio à la Rotonde de la

Muette,  cf site accord philo)

Nous dirons que les participants à ces réunions doivent

prendre conscience que leur discours est nécessairement

influencé par tel ou tel auteur, quand bien même ne

l’auraient-ils pas lu ou n’en auraient-ils point gardé le

souvenir. Il serait quand même étonnant que parce que l’on

ignore les influences qui pésent sur notre pensée, nous

puisssions nourrir l’illusion d »une quelconque originalité.

Le  rôle des « convives » et du maître de céans est de

participer , de contribuer  à une telle prise de conscience

mais aussi de  faire apparaitre de vraies lignes de clivage

qui sont la condition nécessaire à toute tenue d’un débat

authentique qui doit être  l’aboutissement de la rencontre.

Recentrer les interventions de la part de l’animateur impliquera

donc qu’il sache resituer les prises de parole des uns et

des autres en « élevant » le débat.

 

 

 

.

 

 

 

JHB

22 09  14

 

 

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Un Code de déontologie astrologique en 1773

Posté par nofim le 14 septembre 2014

 

Le « généliate » dans les années 1770. Un premier code

d’éthique pour les astrologues

par  Jacques Halbronn

 

Lorsqu’il y a un peu plus de 20 ans nous avons publié

l’Astrologie du Livre de Toth (Ed  Trédaniel 1993), nous avions négligé de

consulter certains documents, à savoir la production

d’ »Etteilla dans les années 1770, nous étant    concentré

alors sur la décennie suivante. (cf aussi  chez Jobert, en 1977

des premier et deuxiéme cahiers de la Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On trovera

le troisiéme cahier à la Bibliothèque de l’Arsenal et le

quatriéme fut réédité par nos soins en 1993. Ces 4 cahiers

sont associés aux 4 vertus cardinales qu’Etteilla perçoit

dans les Arcanes majeurs du Tarot.

Dans les années 1770, l’astrologue est désigné sous le terme

de généliate, à partir de  généthliaque- c’en est une

déformation  peu connue  mais qui n’en est pas moins

avérée- à l’oral on devait prononcer  « généliaque » la forme écrite

« généthliaque »-

l’astrologue étant souvent désigné par « généthliaque »-  et  on

lira ci-après les conseils qu’Etteilla dispense aux

astrologues de son temps- faisant ainsi son examen de

conscience- et qui probablement restent peu

ou prou valables par delà le type d’astrologie pratiqué ici et là;

« Etteilla ou la seule manière de tirer les carts, Amsterdam »

extrait du « Petit avant-Tout ayant rapport à l’art de la

divination » (Amsterdam  1773, Cote Arsenal NF 49167, la

première édition  parue 3 ans plus tôt ne comportait pas ce

texte(cf  Bib Arsenal) ;

« Y a -t-il un mal réel à être  Généliate  (sic)? Oui, si le

faiseur d’horoscopes est un perfide, un imposteur de guet à

pend , une âme sordide, un mauvais citoyen; sans doute ,

ce Généliate est  un homme à bannir de la Société et même à

châtier dès l’instant que l’on a la preuve non pas de qu’il

s’est dit Généliate mais de ce qu’il a abusé de la confiance de

ses Consultans  & il  faut encore remarquer  si ce

Généliate, qui a les apparences d’être coupable l’est

bien effectivement  (..) Mais si ce généliaque  est reconnu

homme droit, sage et vertueux politique ne  visant point

tant aux pronostics qu’à la bonne intelligence de ses

semblables, oh! pour le coup voilà nos réfutateurs  obligés

de mettre bas les armes. Mais dit-on le Généliate alors cesse

de l’être et moi je certifie au contraire qu’il est plus

que jamais  Généliate, digne de l’être,d’en porter le nom. Il est

droit  ses pronostics  seront dégagés d’iniquité. Il est

sage, ses oracles tiendront tous du poids, de la mesure, de la

plus saine réflexion.Il est vertueux politique, il ne condamnera

pas  avec un sourcil froncé les fautes des hommes mais

faisant semblant de prendre le change sur l’affreuse

conduite qu’ils tiennent, il les raménera insensiblement au

bien par sa sage et adroite prévoyance; bref il aime le

vertueux accord de la Société et cimentera dans le silence ce

que dix familles assemblées ne pourront faire en grand tumulte.

Exemple: le Sage et savant Généliate dit : je respecte

votre libre arbitre, le Ciel vous a protégé mais Mercure

dominant dans le signe du Verseau à l’instant de votre

naissance m’assure que  vous recevrez  telle nouvelle

en tel tems. Et il arrive que ce tems est demain. L’annonce

se trouve  effective par quelque motif que le Sage ou le

Critique veuille admettre mais enfin certaine confiance

établit l’espoir du consultant et le Généliate  vraiment honnête

homme profite de la disposition et de la circonstance pour

amener la paix et le bon accord.

Mais puisque je connais mieux que nos théoricien le fort et le

faible de la Divination et ce que cette Science renferme de

juste et d’injuste, je conseille absolument d’approuver à fond

le Généliate  : il peut faire un bien  dans la Société au dessus de tout ce que l’on

peut présumer ou au contraire si ce Généliate n’en ayant

que le nom est un mauvais citoyen, il occasionnera divers

maux (…) Il n’y a pourtant guères à se tromper pour

reconnaitre  le Généliate sciencié (sic, au fait de sa science) d’avec

le Généliate toujours ignorant, ce dernier à l’âme sordide et

méchante, il fuit l’inclination de son Consultantpour être

mieux payé mais le vrai Généliate est bien différent; il

accepte parce qu’il  faut subsister.  Revenons à cette  sévère défense   qui

sans jamais  anéantir toute l’espèce convernait  le sage Généliate

soumis aux lois de son Prince  existnt alors à

réserver dans  son sein une science qu’il ne met en usage que

pour le seul plaisir de faire le bien mais comme cet ordre

effectué bannirait les vrais  généliates, il ferait renaitre

une foule d’âmes cupides que le châtiment léger,

proportionné à la faute du délinquant, l’expulserait jamais;

Laissons le  bénévole (sic bénin)  mal tel qu’il est sans ôter

la vue de dessus tous deux  et conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant mais si la curiosité entraîne l’homme,

qu’il se garde de donner à la faible créature ce qui est

absolument  réservé au Divin Créateur et ce point

fondamentalement établi de son esprit qu’il pense comme moi

à ce sujet en parlant à un Généliate : tu as certain talent

et l’art de pronostiquer au dessus de tes semblables : travaille

sur le passé et le présent et nous jugerons de ta science

pour l’avenir (..) »

L’auteur (cf  notre étude « Reecherches sur l’ histoire de

l’astrologie et du Tarot,  1993, p. 11) passe à la présentation de sa propre  démarche :

Etteilla n’a pas besoin de voir ses

Curieux (sic  ses consultants) : il ne veut ni leur parler

ni les connaitre pour leur faire un  horoscope amusant et

quelquefois utile, dans lequel il parlera également du passé, du

présent  et de l’avenir avec une justesse qui les surprendra

agréablement; il lui suffit, comme il en a déjà averti le

public, de recevoir sur  un quarré (sic carré) de papier

les initiales de leurs noms (sans qu’il soit question de ceux

des titres, ni de famille) , l’an et la quantiéme du mois de

leur naissance avec la couleur (sic) favorite du Questionnant.

Ce petit billet  de leur  état  lui  étant  parvenu par telle voie qu’il vous

plaira, revenez quelques jours après chercher sa réponse. Il

croit pouvoir assurer qu’il aura su vous satisfaire. Si un

songe vous a frappé par ses charmes ou par les horreurs qu’il

aura répandues dans votre imagination, communiquez lui

par écrit  et vous serez emerveillé car bien son interprétation

flattera ou rassurera vos esprits.   Etteilla, jaloux de prouver

sa science en vous amusant ne manquera pas de vous

donner le nom du bon génie qui a soin de veiller à votre

conversation »

On retiendra cet excellent précepte:

« conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant »

On signalera que sous l’anagramme d’Etteilla à part

d’Alliette, on ne désigne pas seulement un auteur mais un

jeu (le jeu de  cartes tout préparé nommé Etteilla »,

qui se caractérise par  un élément qui a pour nom

Etteilla. D’où des expressions telles que ; «  »on regarde si

Etteilla y est », « le Etteilla sur Saturne », « l’Etteilla à côté de.. »

«  »on prend l’Etteilla et l’on le met au milieu », « Le Etteilla vous même,

cette carte doit être toute blanche ».

Dans les « cahiers »  qui paraitront dans la décennie suivante

c’est le terme « astrologue » qui prévaudra sous la plume

d’Etteilla, probablement du fait d’une meilleure connaissance

de la littérature astrologique mais il reste que l’expression

« généliate » devait être couramment employée pour

désigner un praticien oeuvrant à partir de la date de

naissance, le terme se rapprochant de « géniteur », de

« génital ».

 

« e

JHB

15  09  14

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, divination, FEMMES, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

L’astrologia Gallica de Morin de Villefranche

Posté par nofim le 11 septembre 2014

Retour sur l’Astrologie Gallica  de Morin de Villefranche
par  Jacques  Halbronn

 

Nous avons trouvé à la Bibliothèque de l’Arsenal  une notice manuscrite en tête de l’un des

deux exemplaires qui y sont conservés de l’Astrologia Gallica. C’est d’ailleurs, il y a plus de 40 ans dans

cette même bibliothèque que nous avions découvert  les Remarques astrologiques du même

Jean-Baptiste Morin (2eédition 1657) qui furent republiées en 1975 dans la collection

Biblotheca Hermetica dirigée par René Alleau, ouvrage qui était resté ignorée de la vague

morinienne qui avait envahi  la France depuis trois quarts de siècle (avec notamment

Henri Selva (alias Vlés), Jean Hiéroz (alias Rozières)

et d’autres qui leur emboitèrent le pas).

Cette page manuscrite nous informe notamment de ce que les 14 premiers « livres »

de l’Astrologia Gallica étaient parues avant la mort de l’auteur mais que les 12 autres furent retrouvés « dans ses papiers ».

Nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas là en vérité deux volets assez distincts. Et en effet, il nous est apparu assez évident  que la partie qui ne paraitra que de façon posthume est

Beaucoup plus marquée par l’astrologie que la partie qui fut probablement imprimée aux dépens de l’auteur, peu après donc la parution des Remarques Astrologiques (1654)  dont Morin fut son

Propre éditeur alors que la seconde édition fut  réalisée par

Pierre Ménard en 1657, après la mort de l’auteur survenue en 1656.

Il  convient de s’arrêter sur le titre complet de l’ouvrage qu’il nous semble insuffisant de réduire

à  ses premiers mots. Il importe en effet de compléter au minimum et désormais par un adjectif, qui est  « stabilisata », que l’on traduira par « établie » (expression utilisée par Blaise de Pagan à la même époque)plutôt que rétablie.

Astrologia Gallica principiis  et rationibus propriis

stabilita » et on proposera le sigle  AGS pour désigner cet

ouvrage même si Morin même le désigne simplement dans

les Remarques par « Astrologia Gallica »

Le titre souligne le fait que l’ouvrage ne s’adresse pas aux seuls

Etudiants en Astrologie Judiciaire mais couvre bien d’autres domaines.

Le premier volet – c’est-à-dire celui qui comporte 14 « livres »- ne comporte aucun thème astral- on

disait à l’époque «  figure céleste » pour désigner le dispositif des maisons astrologiques (dont traite

Blaise de Pagan).

L’auteur du feuillet biographique note: « Quand il mourut,

il n »avait fait imprimer que les 14 premiers livres. On trouva

les 12 autres dans ses papiers » Cela n’est pas sans nous

faire songer à la parution posthume des Centuries.

Alors que le second  est truffé de « thèmes » en carré.

Nous pensons que le premier volet  n’aborde qu’accessoirement

le savoir astrologique institué alors

que le second volet  débute d’entrée de  jeu par l’exposé

de celui-ci à savoir toute la panoplie du « petit astrologue »

Cela n’est probablemet pas le fait du hasard.

Cela dit dans les Remarques

Astrologiques,   on trouve plusieurs dizaines de références

explicites  et detaillées à l’Astrologia Gallica. Or, si l’on

admet -sur la  foi du manuscrit-  que les  14 premiers

Livres sont parus avant la mort de Morin,  on doit donc

en conclure que lorsque parait en 1657 leur seconde édition,

l »Astrologia Gallica  était déjà imprimée pour ce qui est des

premiers volumes, donc sans la partie proprement technique

comportant notamment moult  »figures célestes » totalement

absentes du « premier  » volet. Mais on sait que dans les

Remarques Astrologiques, les 26 « livres » étaient déjà prêts

puisqu’il y est fait référence abondamment..

Donnons ici les titres des livres du « second « volet qui

tranchent avec les généralités du « premier » – contraste

que l’on retrouvera chez Le Noble 40 ans plus tard, d’une

« apologie » à l’autre :

Pour Morin les Remarques Astrologiques sont bel et bien

le volet français de son oeuvre latine.

On notera que les deux volumes que nous avons publiés dans le cadre de

la Bibliotheca Hermetica en 1975 et 1977  traitent de la même problématique à

savoir les « fondements » et les « raisons » , termes dont se sert explicitement

Morin de Villefranche dans ses Remarques Astrologiques.

lesquelles se terminent en se  référant  aux  « fondements

et  raisons contenues dans l’Astrologia Gallica ».

Signalons que ces Remarques Astrologiques furent attribuées

à Nicolas Bourdin dans certaines biographies en raison de

l’ambiguité du titre.

On rappellera que la date de 1666 n’a eu aucune incidence sur le cours des

parutions astroogiques du moins jusqu »à la fin du siècle. En 1697, Eustache

Le Noble- donc 30 ans après l’édit de Colbert- son Traité de la Science Céleste, qui est

la dernière partie de son Uranie ou Tableau des

Philosophes, parue en 1697. Seul, cependant,

un des libraires de 1694 poursuivra l’entreprise,   Jouvenel (Martin, rejoint par Georges).

Cela dit Le Noble,  à l’instar d’un Kepler,  entend adopter une posture mesurée et qualifie l’astrologie d’ »art

fautif  &  conjectural (..) fondé sur des convenances tirées

de quelques expériences.

Dans l »exemplaire   Arsenal la Préface du vol III  est intercalée entre V et VI

« ‘L’applaudissement que ces deux premiers  volumes ont eu

me fait espérer que celuy ci  sera reçu avec le même agrément

et si l’on doit  mesurer le succès d’un livre à la curiosité qu’il inspire, la Philosophie céleste mérite plus que tout autre l’attache des curieux et

tendre un considérable à cette dernière partie »,

Or force est de constater  que cet ouvrage de Le Noble fut sans

effet sur un certain déclin de l’astrologie en dépit de son

impact salué par un  Pierre Bayle, quelque peu étonné. Morin

quarante ans plus tôt  n’était pas parvenu à changer une

tendance défavorable. Il convient de s’interroger quant aux

raisons de tels échecs plutôt que sur les effets d’un mythique

édit  que Colbert aurait décrété contre l’astrologie en 1666;

En bref, nous dirons que la réforme astrologique inaugurée

par Kepler au tout début du siècle aura fait long feu. Avec le

recul du temps, on perçoit mieux les carences d’un tel projet de

reconnaissance. Morin  n’avait qu’une idée en tête, placer le

thème natal au centre de toute activité astrologique. C’était

à l’évidence imposer un boulet et Outre Manche William Lilly

allait en sens inverse entendant, dans sa Christian Astrology

-à laquelle l’Astrologia Gallica entendait répliquer ( rappelons

que Morin démarra son oeuvre dans les années 1620-1630)-

préconiser une astrologie dégagée du thème natal et empruntant

d’ailleurs-ironie du sort,  à l’astrologue protestant Claude

Dariot  de Beaune, pas très loin de Villefranche en Beaujolais

(cf notre étude chez Pardés  1990).  L’étendue de la culture

de ces deux astrologues qui déborde largement du champ

étroit de l’astrologie  ne sauvera pas la mise. Certes, à la lecture

de ces oeuvres monumentales, on pourrait croire que l’astrologie

est partie prenante d’une ensemble bien plus vaste mais ce

n’est là qu’un processus à sens unique comme ces

astrologues qui traitent de médecine dans leurs livres alors

que la réciproque n’est pas vraie. C’est un faux semblant!

Thorndike consacrera à l’AGS un chapitre entier de son History (XVI)

of Magic and experimental  Science (vol VII): Morin’s

Astrologia Gallica. « Such is the book of  Morin, a  curious

collection of old  and new, of progressive and backwards

view » (p; 490)

 

 

 

 

 

 

JHB

11 09 14

 

 

 

Paquelier

renfort, donne le droit d’être « coupé »

tour de table : on peut passer.  On n’a pas à lever le doigt mais on peut faire un geste pour dire que l’on passe son tour.

trois temps

Première heure

I  exposé de la thèse

II  questions pour comprendre celle-ci

Deuxiéme heure

III  objections à la thèse

IV

 

 

 

Société Générale  CERIJ

Le juge appréciera par lui-même

vice de forme ne mentionnant pas

vice technique avec le chéque perdu.

 

 

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la vraie fonction des aspects dans la Tétrabible

Posté par nofim le 7 septembre 2014

La fonction structurante des aspects  attestée dans la Tétrabible

par  Jacques  Halbronn

 

On peut être surpris du rôle que Ptolémée fait jouer aux aspects

dans la Tétrabible tant en ce qui concerne les domiciles et

exaltations des planétes que pour les maisons astrologiques. Nous avons

souligné ailleurs que le mot « maison » désigne jusqu’à une époque

récente, toute division du cycle, déterminée par un point de départ,

quel qu’il soit (point gamma), planéte, étoile, point vernal notamment.

Nous penson pouvoir expliquer un tel usage des aspects dans la

Tétrabible par le fait que les aspects permettent de déterminer le

temps parcouru par un facteur mobile par rapport à un point fixe

qui peut être une conjonction soleil-lune, une conjonction de

l’horizon avec une certaien étoile fixe (horoscope/ascendant) étant

entendu que les aspects se répartissent en deux groupes: harmoniques

et dissonants. Selon nous cette alternance correspond à une dualité

structurelle récurrente dans toute la pensée astrologique et qui

peut être ainsi formulée: si l’on est-à  proximité de la conjonction, on

est cautionné par l’harmonie conjonctionnelle et si l’on s’en éloigne

par trop, on bascule dans la « disjonction », quand l’astre rapide est

au mi-point entre deux points conjonctionnels.

Par la suite, le dispositif aura évolué, quand on abandonna les 4

étoiles fixes pour ne plus en considérer qu’une seule, par exemple

Aldébaran.  Si le semi-carré marque la dissonance, le carré correspond

au contraire à une nouvelle conjonction, par analogie, donc garante

d’harmonie sociale. Par la suite d’autres aspects sont apparus, comme

le sextile et le trigone.

Prenons le traitement que la Tétrabible fait des « bonnes » maisons

astrologiques comme la maison XI et la maison IX (Livre III, 11),

ce qui leur confère cette qualité favorable, c’est l’aspect qu’elles

forment avec l’ascendant, à savoir respectivement un sextile et un

trigone qui sont donc assimilés ici à une conjonction selon un systéme

qui diviserait le cercle en 4 triangles et en 6 sextiles.

Quand la Tétrabible aborde la question des domiciles au Livre I (18) dans

la traduction de 1640 de Nicolas Bourdin :

 

« A Saturne (…) le Capricorne et le Verseau » opposés aux positions

des luminaires.

« A Jupiter (…) le Sagittaire et les Poissons lesquels d’un trine aspect

qui convient à la bienfaisance regardent les signes des luminaires »(cancer et

Lion) »

« A Mars (…) le Scorpion et le Bélier, lesquels à cause qu’ils ont de carré

avec les domiciles des luminaires conviennent  à une nature nuisible

et qui engendre la corruption »  et ainsi de suite.

Vénus quant à elle, est associée au sextile dans la Tétrabible, d’où ses

domiciles du taureau et de la Balance. « parce que aussi cette planéte

ne précéde ou ne suit le Soleil de plus loin que de deux signes »

Et enfin, Mercure « qui est le dernier et qui n’est jamais plus éloigné

du Soleil que d’un signe (…) les Gémeaux et la Vierge », Ptolémée

introduisant là -comme pour Vénus, un argument astronomique (élongation)

Nous sommes là de toute évidence  face à une problématique

dualiste: aspects bons ou mauvais,  planétes bonnes ou

mauvaises, maisons  bonnes ou mauvaises, selon un

processus d’alternance. Pour les signes, Ptlolémée distingue

entre signes masculins et signes féminins

(cf Livre I,  19), et oppose les

triplicités de signes masculins à celles de signes féminins (les 4

Eléments ne font pas partie des classements de la Tétrabible).

L’alternance est  ici la régle mais sur une base duelle.Tout

dispostif (maisons, planétes,  signes, aspects)

est réductible, en fin  de compte, au  deux.

En pratique, on est bien obligé de  dédoubler  voire de

tripler   les  subdivisions mais c’est pour ensuite  les ramener

à une dualité  fondamentale dont il  importe  de ne

jamais perdre conscience.

Le problème de Ptolémée tient au fait qu’il  accorde la plus

 

grande importance au douze qu’il cherche à concilier avec

le sept.En cela,Ptolémée raisonne en astronome  s’en tient

aux deux luminaires et aux cinq planétes, aux douze « signes »

et aux douze  maisons, ce qu va jouer sur

le nombre d’apects. Kepler plus tard  rêvera

de disposer  de 7 aspects pour correspondre aux  7

« planétes »(0° 60  90 120, 180 plus 72  et  144°)

On voit que le systéme des domiciles  s’articule autour

des luminaires qui font face à Saturne et c’es à partir de

ce noeud des luminaires  que se met en pace le

dispositf des aspects.Mais on ne saurait oublier que

si les luminaires  sont ainsi associés c’est du fait de leur

conjonction astronomique (lunaison), ce qui se joue  au niveai

du mois. MAis par extension, l’on peut trnsposer au niveau

de Saturne si cen’est que Saturne  ne saurait être conjoint

à lui même d’où nous en concluons que c’est avec une

étoile fixe qu’il est censé s’associer et qui joue le .

rôle  de  huitième  facteur.

C’est dire que la   Tétrabible est structurellement

lacunaire. Rappelons que l’ascendant lui aussi ne peut

fonctionner qu’en recourant à  une conjonctionn

de l’horizon (ligne de  lever et de coucher du soleil)

avec une étoile fixe.

Rappelons aussi que le thème pour Ptolémée, comme le

note Morin de Villefranche Astrologia Gallica, trad.

1946 du XXVe Livre,  Ed Lymarie 1946) ne fait sens que

si l’on le référe  à la syzyigie (rapport soleil-lune)

qui précéde.Autrement dit, on ne peut faire le thème à un

moment non  signficatif  astronomiquement. Selon nous,

à l’origine, on ne faisait le thème qu’au lever ou au coucher

du soleil (et selon nous plutôt au coucher  quand on pouvait

observer la première étoile )

Les aspects n’ont donc pas comme fonction  d’étudier les

angularités entre deux planétes au sein d’un thème mais bien

au sein d’un cycle.Dire que telle personne a tel aspect dans

son  thème est une déviance du systéme des aspects. La

vraie raison des aspects est fondée sur des divisions

égales de 30° en 30° ou de 45° en 45° (ce qui parfois se recoupe)

Donc, des maisons égales, des signes égaux,  le seul probléme

étant le point de départ (ce qui distingue les tropicalistes

des sidéralistes). Les aspects ne sauraient donc fonctionner

sur les constellations si ce n’est en tant que cadre permettant

de situer les étoiles fixes (notamment pour le calcul des maisons

de l’horoscope) pas plus que sur les maisons inégales (Placidus,

Regiomontanus, Campanus , etc).

Quand Ptolémée  parle de tel écart entre telle maison et

l’ascendant, il entend  entre la cuspide (pointe) de

 

cette maison et  le  degré de l’ascendant) et quand il parle de tel

aspect entre tel signe et tel autre signe, il entend,  le 0° de

chaque signe  et nullement  tel degré de telle planéte avec

tel degré de telle autre. Les planétes ne jouent de rôle pour les

aspects que lorsqu’elles forment  un binome servant  de

base à la formation d »un cycle.( Cela exclue totalement

les transits, par exemple),  comme pour le cycle  Jupiter-

Saturne ou le cycle  Lune-Soleil (la division en 4  correspond

à 90°, en 8 à 45° etc )

En aucun cas , on ne trouvera dans la Tétrabible une

quelconque justification pour  l’usage des aspects dans

le thème natal.

Certes, le dispositif  des exaltations comporte-t-il mention

des degrés pour chaque planéte mais justement pas

dans la Tétrabible. Mars et Vénus y ont des degrés

approchants en opposition (vers 28°, tout  comme Mercure  et

Jupiter (15°) et Soleil et Saturne (vers 20°), la Lune se retrouvant sans

vis à vis.(3°), ce qui souligne son rôle central.

On peut dire que telle planéte est dans un signe en aspect

avec celui de telle autre mais il faut distinguer impérativement

entre  les relations structurelles entre deux astres constituant

un cycle par leurs écarts  angulaires  et  les relations entre deux

planétes dans un thème. De là vient probablement la

confusion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

07 09 14

 

 

 

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Phases de synergie et phases d’altérité intérieure

Posté par nofim le 6 septembre 2014

Sur l’alternance des phases dans le  cycle de 7 ans au prisme

de  la Tour  de Babel

par  Jacques  Halbronn

 

Il importe de comprendre que  l’astrologie est  garante

d’une certaine communion,  d’une  synergie (syn = cum) par

le fait de la conjonction de Saturne avec l’une des  4 étoiles

fixes royales. Lorsque les effets de la conjonction s’épuisent,

se tarissent, il faut donc s’attendre à  une sorte de crise

babélienne  de désorganisation (soit la disjonction de

Saturne avec les 4 étoiles)

Il  faut alors trouver une solution de rechange qui ne

dépende pas structurellement mais  conjoncturellement

 

du systéme  astrologique, c’est alors l’émergence de

leaders ayant une forme d’autonomie, ce que nous appelons

l’altérité intérieure. Opposition entre le monarque et le

peuple. L’astrologie favorise les rapports horizontaux par

la conjonction tandis que  par la disjonction, cela conduit à

des rapports verticaux.

Il importe de savoir  bien  différencier ces deux phases

et de bien cerner le passage  de   l’une  à l’autre. de façon à bien se

faire comprendre des gens à qui nous nous adressons.

Or, les astrologues s’épuisent à multiplier les combinaisons,

les cas de figure et n’approfondissent  donc pas leurs

concepts, ne les maîtrisent pas.

Nous illustrerons notre propos avec la série  1960-1989-2011.

On note que ces dates sont séparées de 29  ans  et de 21 ans environ,

soit quatre ou  trois cycles de 7 ans.  Ces trois dates sont

disjonctionnelles. Elles voient apparaire  des leaders qui

prennent le relais de la société -orchestre.   Ce sont des solistes.

En ces trois occasions, on aura vu émerger tout une série

de « chefs » régnant  sur des territoires plus ou moins

importants. Rappelons que 1960 c’est la décolonisation

de l’Afrique noire,  1989,  le démantélement du bloc

soviétique et  2011  c’est le « printemps arabe », soit des

mondes bien différents, ce qui va  à l’encontre de la thèse

d’André Barbault qui  voudrait que telle configuration

astrale concerne  une région du monde bien spécifique. Par

exemple, 1989 serait lié au cycle de Saturne-Neptune qui

régirait  les affaires russes. Or,  on ne saurait dissocier

selon nous ces trois dates qui  impliquent des

phénoménes comparables. Au IX e siècle, Albumasar

avait compris quil falllait placer  au premier plan une

certaine  configuration astrale ( selon lui  la conjonction

Jupiter-Saturne). Barbault se croit obligé de distribuer les

régions du monde entre les diverses conjonctions, ce qui

conduit de facto au morcellement des analyses sur le plan

spatial. L’autre erreur de Barbault, c’est de ne pas préciser

suffisamment le type d’événement attendu. Il privilégie les effets

plus ou moins importants,, ce qui est aléatoire  et néglige

d’établir une typologie événementialle digne de ce nom. Son

langage semble être tributairee des aspects, harmoniques ou

dissonnants mais la conjonction lui apparait comme

un aspect ambivalent.

Nous avons, pour notre part, proposé de qualifier

d’harmonique la phase conjonctionnnelle et de

dissonante la phase disjonctionnelle. La conjonction

rapproche,  rassemble, crée des partenariats, des

interdépendances tandis que la disjonction multiplie

les « chefs »  et donc les clivages (cf le mythe de Babel)

Etrangement,  1989  correspond à la fois  à une conjonction

Saturne-Neptune et à  une phase « disjonctionnelle ». Ce qui s’est

passé en 2011 est comparable  à ce qui se produisit en 1989.

La phase conjonctionnelle est supranationale  alors que la

phase disjonctionnelle  est  plutôt  liée à un centre qui

rayonne en fonction du dynamisme du leader, de son « génie »

La phase disjonctionnelle  profite de la perte de coordination

de la phase conjonctionnelle lorsque ‘l’écart entre Saturne

et les étoiles fixes royales se creuse. L’homme providentiel

de la phase  disjonctionnelle   remplace la coalition ou lui

fait face.

*Grâce  à l’astrologie que nous avons élaborée, il devient

possible de déterminer comment va évaluer le rapport des

forces sur une certaine période de temps?

Rappelons que pour nous, la phase détermine un certain

langage et que l’on ne parle pas de la même façon en phase

une et deux du cycle de 7 ans. En phase une, domine

l’altérité extérieure et  en seconde phase, l’altérité

intérieure.  La phase 2 est régressive en ce qu’elle

nous raméne à une ère antérieure à l’instauration de

l’ordre astrologique.  La phase 1 pousse les humains à

s’unir, à s’unifier du fait d’ »un signal pavlovien qui a un

impact grégaire.  La phase 2  met fin au « charme »

conjonctionnel  et  remet en selle  les humains

pré-astrologiques qui peuvent à nouveau dominer. On

pourrait dire quelque part que  la phase

de disjonction  libére le diable de ses chaines pour un

certain temps comme on peut le lire dans l’Apocalypse

de  Jean. Etrangement,  la période signalée  est donnée

comme étant de trois ans et demi, soit la moitié

d’un cycle de 7 ans, une demi-semaine  d’années. Pour nous

cette succession n’est pas linéaire mais cyclique. Toute la

question est de savoir de quel  côté l’on se place: est ce que

Satan régne en temps de conjonction ou en  temps de

disjonction? Est ce que l’astrologie est satanique, luciférienne

ou bien est-ce le temps  de son éclipse (disjonction)

qui le serait?

 

 

 

06  09  14  JHB

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, LINGUISTIQUE, machine, RELIGION | Pas de Commentaire »

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