La cuisine des données brutes

Posté par nofim le 14 octobre 2014

 

Etudes cognitives. De l’approche « raisonnée » et de l’irrationnel.

par  Jacques  Halbronn

 

Nous aimons à comparer la digestion des nourritures matérielles avec celle des spirituelles ou intellectuelles. Et c’est pour cette raison que nous avons déclaré récemment que la philosophie était une « cuisine de l’esprit », que notre intelligence risquerait l’indigestion si nous faisions absorber à notre « mental », à notre cerveau, des produits qui ne seraient pas préts à la consommation, insuffisamment

cuits, par exemple. On pense à la « cuisson » alchimique dans l’Athanor.

Le philosophe serait donc voué à servir des préparations qui seraient assimialbles, digestes par un processus de purification, de décantation, de dégrossissage.

Mais il n’est pas le seul à être le gardien immunitaire  face à des faits que l’on pourrait qualifier de « barbares ». Il faudrait aussi

faire la part de l’historien qui introduit et satisfait à une exigece de diachronicité, de perspectives, de « genése ». En ce sens, tout fait

devrait bel et bien être passé au tamis des approches croisées de la philosophie et de l’Histoire.

Mais l’on pourrait ajouter deux autres « méthodes »,  celle qui passe par le Droit, et celle qui passe par la Langue.

Dans le premier cas, le Droit permet à une sociéte de fonctionner, de s’organiser, de se réguler en proclamant des « lois » sans le respect desquelles il n’y aurait pas  d’Etat de Droit. Nous dirons que d’une certaine façon, l’astrologie reléverait à l’origine des sciences juridiques même si cela a dérivé vers la croyance, voire vers la religion à des fins de légitimation.

Et  dans le second cas,  la Langue est égélement censée  servir d’interface entre les « faits » de nature et ceux de culture.

Il serait bon de développer ces quatre angles d’approche lesquels présentent chacun une certaine spécificité. Ces quatre approches semblent constituer un ensemble nécessaire sinon suffisant pour que l’Humanité puisse éviter le désordre, la décadence, le  dépérissement, la dégradation de la conscience. Bien évidemment, l’on ne saurait oublier la Diététique dont il a été question au début.

En replaçant la philosophie au sein d’un ensemble de méthodes, nous mettons fin à  un statut à part tant il est vrai que la plupart

des gens sont dans l’incapacité de  cerner l’objet de la Philosophie.

Pour notre part, nous avons couvert  peu ou prou  le champ de ces diverses  « grilles » – terme qui ici signifierait  une idée de filtrage- et cela représente à nos yeux un tout à cinq branches, si l’on y englobe les nourritures terrestres.

A  contrario, que se passe-t-il quand ce appareil immunitaire ne fonctionne pas ou mal, quand ce qui est brut n’est pas raffiné, quand

ce qui est  désarticulé n’est pas rétabli et en fait quand les méthodes auxquelles on est en droit de vouloir recourir  sont elles-mêmes

viciées? Alors la solution tend à devenir le probléme.

Le passage du cru au cuit  fait image et dit bien, croyons-nous, ce qu’il veut dire. La philosophie, on l’a dit, doit servir de four en vue d’une cuisson. Elle se situe avant tout dans la synchronie, dans l’agencement structurel et quelque part elle évacue, évite la dimension chronologique, ce que fait en revanche l’Histoire. Le philosophe n’est en ce sens pas nécessairement un bon historien capable de restaurer le cours, la succession des choses, la  chronologie.

Pour en venir à un domaine qui pour nous est « pilote », à savoir l’Astrologie, nous dirons que l’on y observer une double déficit

de synchronie et de diachronie. En outre, l’astrologue se sert du langage dans sa pratique sans toujours prendre conscience des ambiguités de la « parole ». Quant au Droit, l’astroloogue est réticent à percevoir et reconnaitre la dimenion juridique de son  savoir. Or, nous pensons que de même que l’astrologie doit faire bon ménage avec l’Histoire,  celle-ci -du moins à l’origine- était avant toute chose

une Loi, non pas au sens scientifique mais moral  du mot.

Ce faisant, l’Homme se constitue  une « seconde Nature » rivalisant avec la Nature primordiale et c’est d’ailleurs précisément ce qu’entreprend au départ l’Astrologie.

Ceux qui sont capables de « travailler » les données brutes sont désignés pour conduire l’Humanté,  à l’instar d’un Moïse, leur cerveau leur servant d’Athanor et prédigérant ce qu’ils transmettent à leurs « ouailles ». Ce sont, dans tous les sens du mot, des restaurateurs.

A la lumière de nos propos, quel usage attendre de ce qu’on appele le « café philo »?  Ce serait un espace voué à l’apprentissage de la cuisine, à former des « préparateurs », comme en pharmacie. On aurait affaire à des écoles  qui enseigneraient à philosopher. Mais il faudrait éviter l’écueuil des « plats » traditionnels

que sont les ouvrages de tel ou tel « philosophe ».

On peut parler d’une approche « raisonnée » des corpus, des

sujets, comme on dit d’une bibliographie qu’elle l’est. A

contrario, que dire d’une présentation qui ne serait point

ainsi raisonnée, dotée de raison comme valeur ajoutée? Besoin

d’un ordre, d’un rangement, d’un classement. Encore est-il des

agencements factices qui ne se référent qu’aux apparences

brutes: l’ordre des noms , des dates, des titres selon de

simples critères alpha-numériques, ce dont se contentent

souvent les catalogues de bibliothèques et qui n’offrent que

l’intérêt de pouvoir s’y retrouver et de recourir à un consensus

de bas de gamme. On pense aux techniques de l’Art de la

Mémoire qui font fléche de tout bois.

L’irrationnel serait ainsi ce qui n’a pas été bien « raisonné » ou

semble ne point pouvoir l’être vraiment, qui n’est pas passé

au tamis de l’intelligence. C’est une telle exigence de « sens »

(dans tous les sens du terme) qui serait le fondement de la

Science et dont les humains seraient pourvus très inégalement

en dépit des apparences puisque personne, dirait Descartes,

semble se plaindre d’en être dépourvu. Il est ainsi des terres

en friche, encore de nos jours, qui sont restées en dehors

des grandes entreprises de raison et on les désigne d’ailleurs

sous le terme d’irrationnel. Mais dans certains cas, la marge

de progression reste encore, en ce XXIe  siècle, considérable: dans le domaine

de la linguistique, de l’Histoire, de la science politique etc.

On soulignera notamment la nécessité d’une approche

diachronique  couplée avec une approche synchronique. On pense

à la médecine qui a appris à aseptiser, à purifier. Raisonner

sur un document qui n’a pas été débarrassé de ses scories

nous semble un exercice assez vain qui se contente de

« sauver » un état tardif et peu ou prou corrompu. Se pose

ainsi la question des origines, de la provenance comme dans

le domaine de l’alimentation qui souvent est négligé au

profit de toutes sortes d’expédients et d’adjuvants, en une

sorte de fuite en avant. Nous dirons que la faculté de

remonter dans le passé est une des vertus les plus rares et

les plus précieuses -et la Science n’est-elle pas vouée à nous

parler du passé?- et semble n’être – au bout du compte même

si certains démagogues se refusent à l’admettre- que le lot  d’une élite

masculine. Appréhender le passé est une tâche autrement

plus complexe que de se projeter vers l’avenir et ses chimères

d’autant que ce futur peut être trafiqué et qu’une prophétie

tend à s’auto-réaliser de par l’effet d’annonce.

 

JHB

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