Le blocage face à la centralité

Posté par nofim le 22 janvier 2015

Le déni de centralité

par  Jacques Halbronn

 

Notre civilisation souffre d’un déni de centralité et cela a pour effet de  nous condamner à la décadence car refuser de reconnaitre le centre  ici et maintenant, c’est se condamner à  accepter ce qu’ont établi les générations antérieures ou les sociétés étrangères.  Bref, une société malade est une société qui ne parvient pas à co-créer sur des bases nouvelles; qui n’arrive pas à s’entendre sur le futur, ce qui la contraint à s’appuyer à l’excés sur le passé.

Notre démarche vise à vider les contenants de leurs contenus en remplaçant les dits contenus par d’autres données. C’est tout le but de notre projet de café philo « Autour d’un mot’ (tous les jeudis à partir du 29 janvier 2015, 8 rue de la Providence. 75013 Paris)

Il n’y a égalité dans une société que par le biais de la nouveauté. Créer de la nouveauté est le meilleur  garant qui soit de l’égalité. A contrario,

si l’on conserve les anciennes associations signifiant-signifi », on génére inévitablement de l’inégalité entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas alors que ce qui compte, c’est de distinguer entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas,  ceux qui ont de fortes potentialités et les autres.

C »est toute l’idée des nouveaux consensus.  Une société doit forger de nouveaux consensus et non se servir de ceux qui ont déjà été

fixés. Quel mérite de nos jours à saluer, par exemple, le génie d’un Beethoven? Il y a bien plus de mérite à célébrer celui d’un de nos contemporains mais cela exige un tout autre investissement et peut être ne sommes -nous plus capables de découvrir de nouveaux génies?

Il faut bien comprendre que tout ne peut se  faire que progressivement  d’un petit cercle vers un plus grand cercles, du quartier à la ville, de la ville à la région, de la région au pays et ainsi de suite. Les gens ne savent plus comment les choses se font et préférent les choses

toutes faites. Et c’est bien ce que nous appelons décadence.

Notre idée de café philo « Autour d’un mot »  met l’accent sur la centralité. Le signifiant en fait ne peut désigner qu’un mot que l’on place au centre, ce que n’avait pas compris Saussure et tous les autres modes gravitent autour.

L’important est de fixer un centre et c’est là qu’il y a blocage. Prenons le cas de l’improvisation musicale, il faut un chef qui donne le la, et cela vaut aussi dans un lieu de culte. Le chef lance quelque chose qui est repris par l’assemblée. De même, chaque mot d’un dictionnaire met en avant un mot et tous les autres mots sont susceptibles de le définir.

Si Freud nous a appris beaucoup sur la structure de notre psyché,  il semble, en revanche, que la dynamique sociale n’ait pas vraiment décolé et cela explique les symptomes de décadence que l’on peut capter un peu partout. Les gens préférent obéir docilement à une partition que de se laisser entrainer par un leader qui les conduira. Le chef d’orchestre est un usurpateur. Le vrai chef est celui qui

s’avance et qui est suivi mais ce n’est pas quelqu’un de muet comme l’est le chef qui est le seul de l’orchestre à ne pas faire de bruit. Le vrai leader se fait entendre et son verbe est amplifié, prolongé par le groupe. D’ailleurs, de nos jours, bien des chefs d’orchestre sont aussi

des concertistes mais au lieu d’improviser et d’ouvrir de nouvelles tonalités, ils se contentent de réactiver des consensus du passé qui ne sont que de faux semblants d’une véritable vie.

 

JHB

22. 01  15

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