La charge affective des signifiants

Posté par nofim le 21 février 2015

Linguistique du signifiant et sentiment amoureux

par  Jacques  Halbronn

La linguistique des signifiants  prend en compte tout objet pouvant servir de porteur de signifié, ce qui est pour nous  la définition du

signifiant. En ce sens, il est bien connu que ce qu’on appelle l’amour conduit à nous charger les uns les autres sinon mutuellement d’une

certaine quantité ou qualité de signifié. Mais savons-nous ce que les autres font de nous en tant que signifiants qu’ils instrumentalisent?

Le regard de l’autre- on l’a dit ailleurs- nous renvoie une image de nous – même qui dépend largement de ce qui émane de nous

au plan de la subconscience.

Quand deux amoureux se séparent physiquement, est-ce que cela signifie ipso facto qu’ils sont déchargés des signifiés qui leur sont

associés par l’autre? On peut raisonnablement en douter. Comment pourrais-je forcer l’autre à ne plus me percevoir comme auparavant? Comment le saurais-je d’ailleurs?

Si les « amoureux » continuent à se voir, parce qu’ils fréquentent les mêmes lieux – même après la rupture déciée

unilatéralement ou d’un consentement mutuel, est-c e que cela ne va pas perpétuer un certain lien entre eux?

Par ailleurs,  il est bon de ne pas cristalliser notre rapport à un signifiant donné, qu’il s’agisse d’un mot ou d’une personne. Combien

cependant s’en montrent capables? Dans bien des cas, force en effet de devoir constater que tel signifiant reste indéfiniment associé

à tel signifié, et ce tant individuellement que collectivement comme si la charge de tel signifiant par tel ou tel signifié était

peu ou prou irréversible.

On touche ici  à la question du deuil ce qui impliquerait d’être en mesure de dissocier  tel signifiant de tel signifié.

On voit donc que la linguistique du signifiant peut avoir des applications sur le plan thérapeutique.  S’il y a association de mots,  peut-il

également exister une dissociation des mots, donc le deuil d’un certain lien.

L’on peut aussi comparer un mot à une femme fascinante par son élégance, par sa classe et cela nous éclairera sur la question de

l’emprunt linguistique dont il importe de souligner qu’il porte avant tout sur le signifiant et non sur le signifié car en principe

il est toujours possible d’associer tel signifié à  un autre signifiant  comme un homme peut a priori aimer telle femme à la place de telle autre. En ce sens, nous dirons que la langue   française ou en tout cas les mots qui la constituent aura été historiquement fortement

« aimée » par d’autres langues et par leurs locuteurs.

En ce sens, l’emprunt linguistique fait-il sens si l’on admet que notre besoin de projection affective tend vers l’altérité, vers ce que l’autre représente – au sens symbolique du terme- pour  celui ci ou celui là. Qu’une langue s’amourache d’une autre langue serait

l’expression de ce processus d’altérité qui trouve en l’autre ce dont l’autre n’est pas nécessairement conscient. L’autre sera aimé

malgré lui voire à son insu et encore plus si la relation a bel et bien existé et que l’on aura tenté d’y mettre fin, ce qui ne sera vraiment le cas que par une certaine  forme de déni dont l’impact  semble devoir être assez relatif.

En conclusion, nous dirons que le lien amoureux semble bien illustrer la dialectique signifiant/signifié en termes de charge et de décharge (upload, download) et sa difficile gestion est révélatrice de la difficulté que nous avons à dissocier un signifiant des signifiés qui ont pu lui être accolé.  Reprendre sa « liberté » vaut tant pour le signifiant-mot que pour le signifiant-personne.

 

 

 

 

 

JHB

21 02 15

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