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Ernest Florian-Parmentier, le mari de ma grand mère maternel

Posté par nofim le 31 mars 2015

Moteur à impulsion

Ernest Florian-Parmentier, le mari  de ma  grand mère maternel dans Culture interview

par Eric Dussert

Tous nos
égarés oubliés

Nous avons passé notre premièreenfance à Marigny/Yonne (Nièvre)

où Florian Parmentier avait

vécu avec son épouse, Sarah

Moise, alias Claude Jonquière,

dont l’article ci-dessous ne fait

aucune mention.

 

 

 

Ernest Florian-Parmentier (1879-1951) incarne à merveille le type des chercheurs d’absolu qui tâtonnent obstinément, avec grande d’énergie.

À rapprocher d’Alcanter de Brahm, de Marcello-Fabri ou d’Alexandre Mercereau, tous fondeurs de théories  » ismiques  » que nous aurions bien tort de trouver cocasses ou incongrus, Ernest Florian-Parmentier aura débuté net et fort en lançant son Manifeste de l’Impulsionnisme en 1904. Né le 15 mai 1879 à Valenciennes, il avait connu une enfance  » rêveuse, inventive, et d’une prodigieuse activité «  (F. d’Hurigny) et avait produit la plupart de ses poèmes réunis en 1899 dans Rêveries et Frissonnements (Vanier, 1899) dès l’âge de 16 ans. «  Entomologiste en herbe, amant de la nature aux heures de la solitude, mais aussi parmi les petits camarades, « chef de bande » toujours prêt à mille improvisations (…) et, malgré tout, bon élève.

 

. (…). A 18 ans, ses humanités faites, il méditait les propositions de sa philosophie dans une maison d’exportation où, voulant apparemment favoriser ses penchants, on l’avait fait chef… d’un rayon désert. «  Sébastien-Charles Leconte, dans sa préface au Génie (Le Fauconnier, 1922), se montre plus précis : «  Dans la maison d’exportation, il fut jugé apte, de par son grec et son latin, à… passer des socques au noir-de-galoches. «  Il effectue ensuite son service militaire à Verdun – qui lui fournit la matière Déserteur ? (1909) – et fait la connaissance de Léon Deubel à Nancy. Installé à Paris en 1905, il connaît les débuts du pigiste, mais publie rapidement son Manifeste de l’Impulsionnisme qui déchaîne l’enthousiasme «  de Moscou à Buenos-Ayres « , fonde la Revue impulsionniste (1905-1906) ainsi que L’Essor septentrional (1903-1906), tout en dirigeant La Revue des Flandres (1906-1907). L’impulsionnisme est une nouvelle doctrine où la pensée trouve sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie (l’esprit), «  saisie par la conscience devient mouvement créateur, impulsion  » (Décaudin). Il connaît un tel succès qu’il fonda une Fédération Impulsionniste Internationale.
Comme s’en souvint Lucien Aressy dans La Dernière Bohème (Jouve, 1923) – information Livrenblog – «  Florian-Parmentier avait des correspondants dans tous les pays du monde et, comme il était alors secrétaire de rédaction de la Revue Illustrée (il) avait commis l’imprudence de se faire adresser sa correspondance aux bureaux de la Revue. «  Le directeur, imaginant une concurrence déloyale le flanque à la porte. «  Et comme Florian-Parmentier n’avait que la foi pour toute fortune et pas du tout d’entregent et encore moins de notions pratiques sur l’arrivisme contemporain, il fit dès lors les besognes les plus invraisemblables, notamment des annonces en vers pour une maison de modes, le boulot d’un secrétaire de rédaction de grand Magazine à raison de 70 francs par mois, lequel secrétaire empochait 500 francs. Ce personnage ne pouvait assurer son service, étant allemand et ignorant toutes les subtilités de notre langue ! Il se transforma en nègre, fit des bouquins pour des personnalités en vue, des articles, des discours. Et puis… toute la lyre. C’est vers cette époque qu’il écrivit Déserteur ? Entièrement claustré dans une chambre à Montmartre, avec ordre à la concierge de dire à tout visiteur que M. Florian-Parmentier était parti en voyage ! Pendant quatre mois que dura cet internement volontaire, il ne se sustenta que de lait et de pain pour toute nourriture. Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger. Pendant une autre période lamentable où il ne disposait que de 30 francs par mois, il tenta une série d’expériences ingénieuses. Elle consistait par exemple à planter des légumes à racines dans des pots de fleurs, ils se renouvelaient à mesure qu’il en prenait pour son usage. Il faisait aussi croître du cresson sur son évier, transformait en épinards les verts des carottes, de navets, faisait cuire une pâtée de farine d’avoine au lait. Il apprit ainsi à vivre à bon marché, tout comme son ami Alexandre Mercereau, à vivre heureux puisque indépendant. Mais tout cela c’est du passé, un passé bien mort. Une discipline qui l’a toujours soutenu a fait de Florian-Parmentier un écrivain de classe, l’auteur de ce livre prodigieux : L’Ouragan. «  Florian-Parmentier avait en effet été mobilisé et connu d’autres douleurs, celles des tranchées dont il fit, à l’instar de Gabriel Chevallier (La Peur, Le Dilettante, 2008), le juste tableau. Un spécialiste de René Ghil, J.-P. Bobillot, a rappelé ce que ce dernier en pensait : «  Ce livre est la Guerre entière, il est tout ce qu’ont éprouvé par leurs cinq sens, des millions d’hommes qui habitèrent quotidiennement la certitude immédiate de leur cadavre !  » (Cahiers Idéalistes, octobre 1921).

 » Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger. « 

Critique, poète, romancier, auteur dramatique ou théoricien, Florian-Parmentier a touché avec ce livre son plus haut succès. Pour le reste, son activité d’éditeur sous les marques de Gastein-Serge ou du Fauconnier lui assura probablement une notoriété et un entregent raisonnables. Installées dans le XVIe arrondissement de Paris, puis boulevard Mortier, dans le XXe, ses éditions se survécurent jusqu’en 1938 au moins, laissant notamment trois volumes de Toutes les lyres, une luxueuse anthologie poétique équipée de photographies (s’il vous plaît) – on ne peut s’empêcher d’imaginer des comptes d’auteur… Reste aussi son récit de voyage au pays des Soviets, L’Etoile rouge (Le Fauconnier, 1936) dont le tirage s’épuisa dans l’année. Florian-Parmentier se lassa quant à lui un peu plus tard et disparut, à Marigny-Corbigny en 1951, non sans avoir tracé un jour cette dédicace votive : «  L’auteur te le dit sans détour :/ Il n’a fait qu’écrire le livre./ Toi, lecteur, tu le feras vivre,/ Si tu le lis avec amour. « 

 

Eric Dussert

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