L’anglais sur les traces du français

Posté par nofim le 17 juin 2015

 

Recherches sur les relations entre le français et l’anglais

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

I   Comment le système français a influé sur l’anglais

On ne s’en tiendra pas ici au seul aspect de l’emprunt lexical.  Nous insisterons sur le fait que certaines particularités de la grammaire anglaise pourraient être liées au français mais au prisme de l’idée que l’emprunteur s’en est faite.  On pense notamment au fait que l’adjectif  ne change pas en anglais   qu’il s’agisse du masculin, du féminin ou du pluriel, trait qui n’est nullement attesté en allemand, autre langue germanique. Le phénomène du calque  fausse aussi les pistes : une langue  s’inspire des constructions d’une autre langue tout en le transposant dans  son lexique propre. C’est ainsi que « likely » est  certainement issu du français « vraisemblable »,  avec like, qui signifie  « comme ». Mais sous sa forme actuelle,  on ne prend même pas la peine de nous préciser « comme quoi ? ».

Selon nous, cela tient à une certaine perception des locuteurs anglais face au français, ce que nous avons appelé de l’épistémologie populaire.  Si en effet, dans le français écrit, des marqueurs existent, à l’oral, on y distingue mal le verbe au singulier et au pluriel du moins à la troisième personne et par ailleurs la troisième personne du singulier en français est identique pour les autres personnes. On nous objectera que ce n’est pas le cas par ailleurs mais cela nous importe peu car il y a là un ensemble d’éléments suffisant pour rendre compte de la façon dont l’anglais a reçu le français, dès lors que l’on admet que cette réception passe par les locuteurs et que ceux-ci ne sont pas censés avoir une perception parfaite de leur modèle.  Et cette façon de faire ne vaut  pas uniquement pour les verbes de provenance française mais pour le verbe anglais en général, à l’exception de l’auxiliaire  to be (am, are, is), ce qui atteste d’un état antérieur du statut du verbe anglais.

On se demandera pourquoi  par ailleurs le français n’a pas déteint sur l’anglais dans la construction de la phrase négative dans le genre « je ne veux pas ». Mais  on rappellera qu’une telle construction n’est pas systématique en français :  on peut dire «  je ne saurais dire mieux » et non « je ne saurais pas dire mieux ». On dira également  « je ne le saurai que demain »

 

Dans notre approche des rapports entre les langues, il importe de faire la part de l’oral et de l’écrit car certaines influences se situent à l’oral. L’anglais n’a pas seulement emprunté à l’écrit, loin de là! Cette oralité- dont on pourrait croire qu’elle ne peut être appréhendée historiquement- vu que  cela ne  laisserait pas de traces – on la cerne au niveau des règles grammaticales. Les marqueurs de genre et de nombre sont essentiellement le produit d’une influence orale et donc passant par le peuple alors que l’écrit  est lié à une société plus savante.  Rappelons en passant  cette observation  de Walter Scott selon laquelle  les noms des animaux au stade de l’élevage  seraient germaniques et leurs noms de ces mêmes animaux servis   à  table seraient  français.

Des mots comme  juste,  honnête, riche, pauvre ne distinguent pas le genre et ce trait aura selon nous puissamment marqué l’élaboration de la grammaire de l’anglais moderne et il ne s’agit cette fois nullement d’un dénominateur commun avec les autres langues germaniques. L’anglais a emprunté au français  des caractères qui ne font sens qu’au prisme du français oral alors même qu’au niveau lexical, il est resté très proche de l’écrit et même- de façon saisissante-  de l’orthographe du français[1].

Le  français  sépare ainsi très nettement l’oral et l’écrit à la différence des autres langues latines, et l’écrit ne rend pas justice à la créativité orale du français qui par ailleurs tend à simplifier énormément la langue puisque la non prononciation des consonnes finales  conduit à ne pas faire entendre le marqueur  de nombre t là encore on retrouve l’anglais lequel  a introduit cette pratique orale à l’écrit er atteste  ainsi d’ une très ancienne pratique française.

Nous avons  montré que  le  français est une langue qui offre une forte dualité entre l’écrit et l’oral et qui est plus accessible au niveau écrit. Cette liberté de l’oral par rapport à l’écrit permet à cette langue de s’acclimater au sein des langues les plus diverses, non point en tant que totalité mais par le biais de sa diversité lexicale.

C’est ainsi – on l’a vu- que le pluriel français ne s’entend quasiment pas tant au niveau du nom que du verbe alors qu’il se différencie à l’écrit, sauf en cas de liaison quand une consonne finale est suivie d’un mot commençant par une voyelle. D’où l’importance à l’oral des articles (défini, indéfini) et des pronoms (personnel, possessif). En français, le féminin est plus long que le masculin, notamment par l’ajout d’un « e » in fine et en cela on se rapproche de l’allemand (klein/kleine) et se démarque des autres langues latines (avec des marqueurs o  et a).  Dès lors,  la plupart des mots français s’entendent en anglais sous leur forme féminine. Intelligent s’y entend comme « intelligente » etc.

On ne  saurait  évidemment opposer le français à l’anglais dans la mesure où l’anglais  a récupéré des milliers de mots français. Toutefois,  l’anglais ce faisant est devenue une langue hybride qui ne fait bonne figure que si l’on se situe au niveau du signifié, lequel est universel, comme le montre le processus de traduction d’une langue vers une autre mais qui est défaillante sous l’angle des réseaux de signifiants. Précisons toutefois qu’une langue plus riche qu’une autre en signifiants,  tendra à  faire croitre le nombre de ses signifiés, de façon artificielle.

On notera que les adverbes sont formés à partir des adjectifs sous leur forme féminine: actif/active/ activement, ce qui explique pourquoi les adjectifs français passés en anglais présentent le plus souvent une forme féminine, ce qui indique qu’ils sont entrés en anglais par le biais des adverbes eux-mêmes pourvus d’un nouveau suffixe en « ly » au lieu de « ment ». La langue est un processus duel (masculin/féminin). Le nom isolé ne fait pas sens, il a besoin d’être précisé par le possessif,  le qualificatif  qui viendra lui donner sa signification. On doit donc se méfier des mots isolés qui sont très réducteurs comme le mot Dieu.

 


[1] Un cas intéressant est le processus de négation en anglais au niveau oral. Les formes « don’t », « doesn’t », « didn’t », « isn’t’ etc  remplacent le « o » par un « e muet » précédé  d’un « e »  quand le n est précédé d’un s, Or on retrouve en français oral lune pratique analogue  avec   ,  « j’veux »  » voire « j »tel »dis » ou  « j’t »ledis »  pour « je te le dis ». ce qui complique quelque peu la pratique du français qui ne saurait être enseigné sur la seule base de l’écrit, procédé que l’on ne trouve pas en allemand.

 

II  Une nouvelle description des temps en français

 

 

On  oppose parfois le verbe anglais qui serait invariable à la complexité de la conjugaison  du français mais cela ne tient-il pas à une description défectueuse ?

En suivant une approche structurelle –sinon structuraliste- nous dirons que le radical du verbe français est invariable (à la différence des verbes irréguliers (« forts ») de l’anglais). On s’intéressera ici  au passé composé et  à l’indicatif du futur. On notera que le passé composé se conjugue par le fait de préfixes, – en prenant cette expression au sens large, ce qui n’implique pas que le préfixe soit collé au verbe mais simplement le précède-  alors que le futur se sert de suffixes. Il y a là une certaine logique  anthropologique  que de placer ce qui correspond au passé avant et ce qui correspond au futur après.

Exemples ;  j’ai  mangé,     je mangerai.

Les radicaux du passé et du futur différent cependant de façon   symétrique  : celui du passé se termine par  « é »  ou « it » – mais en fait ce « é » est une  restitution de l’oral et s’écrivait au départ « ed » – ce qui a été conservé en anglais (on le trouve même dans le d de  « did » et « had ») et celui du futur  se termine en « er «  ou « ir »  à l’instar des infinitifs. Nous proposerons donc dans notre réforme du  français de rétablir  à l’écrit la forme « ed », ce qui aligne le français sur les autres langues latines.  Cette déformation est d’ailleurs assez étonnante quand on sait  à quel point le français écrit s »est généralement efforce de ne pas être tributaire de l’oral.

[1]On aura donc compris qu’une fois cette clarification effectuée, le différentiel entre le français et  l’anglais – au regard du verbe- est très limité. D’une part, parce que nous incluons logiquement  le pronom personnel dans la conjugaison du  verbe- ce dont l’anglais ne saurait se dispenser ! –  et d’autre part, force est de constater que l’anglais tout comme l’allemand ne marquent pas le futur par un suffixe  mais  le forment de façon préfixale, en recourant à un auxiliaire, manquant ainsi  cette dialectique préfixe-suffixe qui nous parait assez remarquable.

Bien des locuteurs français semblent ignorer que le futur français se construit à partir de l’infinitif qui est considéré comme  invariant. En fait,  le futur se conjugue par l’adjonction à l’infinitif du verbe avoir, en ses différentes personnes : ai, as, a etc.  Il nous apparait donc qu’une clarification de la description du français  peut  en améliorer  sensiblement l’image.

Le passage de l’écrit à l’oral peut tout à fait générer des erreurs. C’est ainsi qu’en français,  le marqueur des nombres ordinaux a fini par  se perdre totalement.  Initialement, une convention voulait que l’on plaçât un point après le nombre cardinal pour en faire un ordinal.  Pour dire « troisième, » il suffisait d’écrire 3  suivi d’un point : « 3. ». Cela valait notamment pour les  rois, pour les jours de la semaine et cela aura conduit le français à une étrange simplification dont il a le monopole et qui lui permet de dire « Louis quatorze » au lieu de ‘Louis quatorzième » ou  «  le 8 janvier » au lieu du 8e de janvier. Les anglophones n’ont pas suivi en cela le français tout simplement parce que la perte de la raison d’être d’une telle convention aura été  tardive. De telles mésaventures auront été courantes lors du passage de mots français vers l’anglais, quand on ignore les règles de prononciation en vigueur.

 

 

III  LE ROLE DU « E » EN ANGLAIS

 

La langue anglaise est  une des rares langues avec le français, en Europe, à pratiquer le e muet, inconnu en allemand . On le trouve notamment  avec nice,  fine, line, wine,  nature, age,  sage, one,  mine , change, France etc. mais aussi  avec des mots qui n’ont rien de français comme le « made in France » et tous les participe s (en « ed », où le « e » ne s’entend pas, ce qui crée des binômes consonantiques : changed s’entend chang’d, le ed étant  d’origine française et ayant évolué vers le « é »  dans l’orthographe du français moderne, perdant son d final à la différence de la conjugaison en « it » : écrit. Il est des cas où la forme en « ed » peut  surprendre au premier abord comme le célèbre « wanted » (bien connu des amateurs de westerns) et dont on ne voit pas à quel verbe français ,  il correspond alors que la fine « ed » semble réservée à la  seule provenance française  .

L’étude de l’anglais permet d’exhumer des formes françaises oubliées.  C’est aisni que « tired », que l’on traduit par fatigué, est

certainement issue du français « tiré », à rapprocher de « étiré » qui indique bien une idée de  tension, de stress. La forme en « ed » désigne d’office  une origine française  et il faudrait chercher du côté de blessed (béni) et waited (attendu) comme wanted (recherché) ou stressed. (à rapprocher de détresse).

Le système vocalique de l’anglais est tout à fait différent de celui de l’allemand. Serait-ce un trait propre au génie de la langue anglaise ou bien  ne serait-ce pas plutôt  une application singulière du modèle français? On peut dire ici que l’anglais est « plus royaliste que le roi » en cela qu’il amplifie certains traits du français notamment en ce qui concerne les règles, les conventions de prononciation de l’écrit, ce qui relève de la morphophonologie. Rappelons celles-ci concernant l’usage fonctionnel  de la lettre  « e » en français. Que cette lettre fasse  suite ou non  à une consonne, cela affectera la prononciation et de la consonne et de la voyelle qui la précéde.

Deux cas de figure par conséquent : soit  il y a un « e » final , soit il n’y en a pas. S’il y  en a un, la consonne qui précéde le e se prononcera impérativement. Par exemple :  grande. En revanche, le « e » lui-même ne s’entendra pas. En anglais,  qu’est-ce que cela va donner ?  Prenons le mot  Nature.  Le « e » final   fera que l’on entendra la lettre « r » mais que le « u » se prononcera de façon spécifique  qui n’est pas le même que dans « bus » par exemple, où le  s n’est pas suivi de e.

L’anglais ne respecte pas ou plus la non-prononciation de la consonne finale non suivie d’un « e » – et c’est  particulièrement flagrant pour  la marque du puriel  « s »  qui s’applique à tous les noms, quelle que soit leur origine, à quelques exceptions près comme  child/children. En revanche, l’anglais modifiera la prononciation de la voyelle quand elle précéde une consonne suivie d’un « e » muet. C’est ce que  fait le français avec ses diphtongues notamment  devant un « n » , un  « r »,  un « t » au point que le français par la suite – et en cela il ne sera pas suivi par l’anglais-  modifiera son orthographe en conséquence, changeant ainsi le « ed » en « é »..

Quelques exemples de cette double prononciation des voyelles en anglais :

White  et Thin.    White s’entend ici comme un « ay ».  Thin rend la prononciation habituelle du français quand il n’y a pas de « n » à la suite non suivi du « e ».

Plane et Plan.   Plane s’entend comme un « é » alors que le « a » de  plan s’entend à peu près  comme en français.

Tant en français qu’en anglais, les voyelles sont vouées à un double régime du fait de la présence ou de l’absence du « e » final. Cette notion d’absence peut sembler étrange mais il nous semble bien que c’est d’un tel code qu’il s’agit.  Rappelons  que ce « e » final est en français un marqueur de genre et que c’est là sa fonction première, ce qui n’est nullement le cas de l’anglais.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’anglais ne prononce passystématiquement  les consonnes finales des mots et en cela nous y voyons une influence française et le décalage entre l’écrit et l’oral.  C’est ainsi que si menteur donne au féminin menteuse,   on trouve également le couple menteux/menteuse, taiseux/taiseuse , le r  étant remplacé par le x et donc  l’oral ayant ici modifié l’écrit en français.

 

 

IV

La dynamique des emprunts

Pour souligner la prédominance souvent  contestée du signifiant sur le signifié, nous ferons  remarquer que –si l’on prend l’exemple de  l’anglais mais cela vaudrait pour d’autres cas- les mots empruntés peuvent être regroupés non pas au regard de leur sens (signifié) mais de leur forme (signifiant).

C’est ainsi que l’on peut classer les emprunts de l’anglais au français selon les finales et inversement, ces finales regroupent presque exclusivement des mots français : en « ine », en « ure », en « ot », en « é » (verbes  dont le passé  est en  ed, forme de l’ancien français devenue « é », l’accent remplaçant une lettre) « et » etc. Un nouveau mot entrera ainsi plus aisément s’il se trouve dans la langue d’accueil des mots se terminant pareillement. De même qu’en français, l’on note que la finale « ing » signe un grand nombre de mots du « franglais » (Etiemble) et  l’on peut prévoir que les emprunts à venir s’inscriront dans  ces catégories suffixales.

 

 

V Les raisons d’une fascination pour le français

 

On peut certes se contenter de constater une certaine suprématie des mots français au cours du dernier millénaire, mais à quoi cela a-t-il tenu ? Pourquoi donc cette langue latine et pas une autre  a-t-elle connu

un tel impact sur les langues  germaniques  (de l’Angleterre et de  l’Allemagne), créant ainsi un certain continuum et  parachevant  une latinisation de tout le continent ?

Selon nous, cela tient  à l’existence d’un  substrat germanique  du français, qui aura singulièrement facilité son adoption au septentrion, du fait d’une certaine familiarité.

On mettra l’accent sur les marqueurs de genre et de nombre, tant au niveau nominal que verbal, en  français, dans une approche comparatiste. On notera ainsi que le français ne recourt pas aux marqueurs comme la finale « a » pour marquer le féminin, ce que l’on trouve en italien, en espagnol mais aussi en arabe et en hébreu,  donc tout autour du bassin méditerranéen. Opposition donc au regard de la  morphologie, de la grammaire entre deux zones géographiques : l’Europe du Nord (cher à Max Weber)  et le monde de la Méditerranée (cher à Fernand Braudel). La forme  grand/grande est bien plus proche de l’allemand  Klein/kleine que des formes méridionales évoquées.

Le  quatuor France-Angleterre-Allemagne, Pays Bas, à des marqueurs de genre  faibles par  opposition aux marqueurs « forts » du Sud. Mais cela vaut aussi pour les marqueurs de nombre. En français, le pluriel des adjectifs ne s’entend quasiment pas  à l’oral (sauf en cas de liaison) et il est peu audible en allemand, qui ne connait pas le « s » final. En anglais, encore une fois, l’adjectif  est invariable. Là encore des marqueurs très discret, l’allemand n’utilisant pas le ‘s » final[1].

Un autre exemple concerne la différence  prononciation des voyelles dans les langues germaniques et latines. Le français- tout comme l’allemand-  connait le « ö » et le ¨ »ü » et le « ä » (voyelles avec umlaut)  alors qu’aucune autre langue latine ne pratique ces sonorités. En anglais, le traitement des voyelles est assez confus [2].

Voilà donc autant d’éléments  qui expliqueraient que le français a pu jouer le rôle qui  a été le sien au sein du monde germanique. En termes  culinaires,  le français aura  usé de condiments  plus légers que les  autres parlers méditerranéens. Cela n’a rien d’étonnant, si l’on retient que le nom même de France (en allemand Frankreich)  renvoie  à une peuplade germanique, les Francs. On aura compris que la thèse selon laquelle l’anglais aurait été marqué plus par le latin que par le français ne tient guère, même si certaines constructions impliquant de placer le complément de nom- ce qui caractérise le latin – avant le nom  (génitif) sont largement pratiquées en anglais tout comme le fait de placer systématiquement l’adjectif avant le nom. En ce sens, d’ailleurs, le français aura échappé à une telle emprise du génitif latin.

Ce qui nous semble le mieux caractériser, en effet,  le génie de la langue française serait le rôle dominant des consonnes alors que les autres langues dites latines accorderaient  une grande importance aux voyelles.  On nous objectera que les langues sémitiques sont généralement présentées comme axées sur les consonnes mais il  ne s’agit là selon nous que d’une posture a posteriori, liée à l’adoption d’un certain type d’écriture et l’on sait qu’une langue ne doit pas s’analyser au prisme de son alphabet, d’où des langues usant d’un même alphabet  et très différentes par ailleurs et vice versa. pour nous, donc, les langues germaniques privilégient le mode consonantique, ce qui ressort de nos travaux consacrés aux adjectifs. En français, la distinction entre le masculin et le féminin s’articule autour de la prononciation ou non prononciation de la consonne finale, mais cette distinction est subtile et on ne s’étonnera pas que dans la foulée l’anglais ait considéré que l’adjectif était neutre, puisque l’anglais moderne passe par une certaine lecture, souvent fausse (on parlera alors d’épistémologie populaire), du  français. En ce qui concerne l’allemand qui reste la langue germanique de référence (étant moins marquée par l’influence  française que l’anglais), la différence entre les genres est en effet des plus ténues, si ce n »est qu’à la différence du français, la consonne finale est rendue au masculin, bien que non suivie du « e » et qu’au féminin allemand, le « e » n’est pas muet comme pour le féminin français, mais est un « e » qui se rapproche du  e français « interne », c’est à dire non pas à la fin d’un mot mais au milieu d’un mot (la table,  le cheval).

 


[1] A contrario dans le quatuor italien, espagnol, arabe, hébreu, nous avons des marqueurs de pluriel plus lourds quant aux adjectifs   et qui d’ailleurs varient selon le sexe du mot ou du sujet.

[2] L’anglais ignore le ü et rend le « u » comme si c’était un »ö » mais  respecte le « ä ». (on lit  Mecdonald pour Macdonald). Il prononce « bus » comme si c’était un  « ö » (cela donne « beuss »), ce qui correspond probablement  à une confusion à l’oral entre le son « ü » et le son « ö ». On voit à l’œuvre une linguistique populaire et non une linguistique savante, ce que nous appellerons une épistémologie populaire.

JHB

19  06 15

 

 

 


[1] Dès lors le  passé  au féminin  devra se lire  « ède » et  non « ée », en marquant nettement la consonne « d ». Il est  passed  (on ne rend   pas, à l’oral, la consonne finale)  -Elle est passéde. (sic)

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