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jacques Halbronn Manifeste pour une astrologie minimale. Le principe d’Occam

Posté par nofim le 18 janvier 2021

Manifeste pour une astrologie minimale ou le principe d’Occam

pat  Jacques  Halbronn

Nous pouvons dire que dans le paysage astrologique français, nous représentons le courant d’une astrologie que l’on pourrait qualifier de « minimale » voire « minimaliste » et tel devrait d’ailleurs être lé véritable débat de nos jours ente notre courant et celui d’une astrologie liée à l’astronomie et donc vouée  à gérer un grand nombre de facteurs planétaires, au nom d’une certaine « modernité ».Encore est-il  conseillé  de prendre conscience que si une astrologie minimale est minoritaire parmi les astrologues, tel n’est nullement le cas dans le public lequel se satisfait de se voir signer le seul signe « solaire », ce qui relève bel et bien du courant minimaliste et d’un monoplanétarisme. De même les travaux statistiques de Michel Gauquelin nous semblent, eux aussi, pouvoir s’inscrire au sein d’une telle mouvance, marquée par un goût pour la simplicité des moyens mais aussi des fins., l’une n’allant pas sans l’autre.

La philosophie de la sensibilité  astro-minimaliste  passe par l’idée selon laquelle  notre cerveau sature assez vite, confronté à de la complexité. Or, c’est bien à de la complexité que l’astrologue expose son client/patient. En ce sens, modernité et complexité feraient bon ménage car l’astrologue de la modernité se voit doter d’un clavier assez riche, notamment avec l’apport de planètes inconnues de l’Antiquité.  C’est d’ailleurs l’avis de l’auteur de »Pour une astrologie Moderne » -Ed du Seuil,  Jean-Pierre Nicola et de  ses disciples. En adoptant et en intégrant des astres découverts grâce aux nouveaux moyens techniques, depuis  Galillée et sa lunette, l’astrologie disposerait d’un meilleur arsenal, ce qui lui aurait manqué, à les entendre. Plus on est de fous, plus on rit! 

On allait ainsi mieux baliser minutieusement la psyché personnelle  mais aussi accompagner l’Historien dans son découpage du Temps, grâce aux planètes « lentes », sur des siècles.-cf Barbault  De la psychanalyse à l’astrologie, 1961 et Les astres et l’Histoire. 1967) Et tout cela grâce à cette modernité  soutenue par l’informatique, laquelle serait en mesure de gérer les schémas les plus sophistiqués.(Astroflash 1967, cf Wikipedia) Les années soixante auront donc été l’âge d’or de cette modernité, garante du microcosme comme du macrocosme alors que les années cinquante avaient été la scène où  circulaient les  douze types zodiacaux, dont, paradoxalement, Barbault avait été le chantre avec la Collection par au Seuil, dont l’emploi  avait été singulièrement simple avec à la fois un matériel astronomique réduit à un seul vecteur, le Soleil natal  et une typologie permettant d’encadrer toute notre Humanité avec la plus grande économie de moyens. Toutefois, au niveau statistique, Michel Gauquelin, dès 1955, préconiserait une typologie planétaire avec trois puis cinq astres,en rapport avec  diverses activités professionnelles (L’influence des astres, Ed du Dauphin)

Les années soixante-dix  verraient-elles, encore, une autre représentation de l’astrologie?En1976, nous publiâmes Clefs pour l’Astrologie, chez Seghers, qui ouvraient une nouvelle voie, celle de l’astrologie minimale.(cf aussi Astrologie Sensorielle, in magazine Cosmopolitan, Décembre 76). On prenait ses distances par rapport à l’astronomie en n’en retenant que quelques données, tendant ainsi vers le monoplanétarisme. Avec un seul vecteur planétaire, passant successivement par un certain nombre de périodes,  l’on pouvait faire de sérieuses économies logistiques.  Complexité cette fois dans le temps mais non plus dans l’espace, le thème natal, support de complexité par excellence,  n’était plus incontournable. On allait vers une formulation sinusoidale et non plus statique. André Barbault proposait d’ailleurs un graphique couvrant plusieurs décennies, certes constitué de cinq planètes mais  débouchant sur une courbe au profil simple, binaire, montante ou descendante. (indice cyclique) Rappelons aussi qu’au Xe siècle, Albumasar avait proposé un modèle axé sur la seule conjonction de Jupiter et de Saturne et qui fera référence  longtemps  

Force est de constater d’ailleurs que le découpage en 12  types se sera perpétué depuis les années trente en dépit d’une rhétorique moderniste axée sur le culte de ces nouveaux prophètes que seraient les astronomes des temps modernes, oracles capables de baptiser les astres comme l’avaient fait leurs ancétres,leurs prédécesseurs  des millénaires auparavant! Astrologie, astronomie, mythologie convergeaient avec la psychologie, la poésie et la Science. Merveilleux cocktail. On peut donc parler d’une guerre « civile » des astrologues, dont profitaient les astrosceptiques, les astrologues « scientifiques » n’ayant pas de mots trop durs à l’encontre d’une astrologie bien trop simpliste, à leur gout! Quelque part il y avait une astrologie des planètes face à une astrologie des signes zodiacaux, discréditée notamment par la précession des équinoxes et l’attente de la religion du nouvel  âge du Verseau (Aquarius Age), avec le passage du point vernal dans une nouvelle constellation. Deux mystiques face à face. Les astrologues « scientifiques » s’en tenaient aux seules planètes du système solaire  -cf Nicola et  ses Nombres et formes du cosmos 1977) et excluaient tout recours aux étoiles fixes bien plus lointaines. Nicola  en utilisant l’expression « Astrologie moderne »  reprenait le titre  de l’organe mensuel  du Centre International d’astrologie des années cinquante.  https://www.astrolearn.com/astrology-bibliography/lastrologie-moderneParadoxalement,  l’astrologie des 12 types  évitait le biais personnel, les gens sav/aient qu’ils n’étaient pas formatés sur un modèle, un moule, unique comme les partisans du thème individuel. L’astrologie minimale évitait un tel écueil du fait même de ses moyens limités alors que l’autre astrologie était la proie de la pléthore et de l’inflation, en une sorte de fuite en avant, sous tendue par les performances des ordinateurs! 

Certes, l’on pouvait objecter que l’Humanité avait vécu des millénaires durant sans pouvoir même voir ces planètes invisibles à l’oeil nu mais précisément, la technologie  le permettait désormais, ce qui ferait progresser considérablement l’outil astrologique! Toutefois, il ne semble pas que cet ajustement, ce rattrapage historique, cet aggiornamento, cette mise à jour, ait vraiment favorisé l’intégration de l’Astrologie en ce début du XXIe siècle et le passage dans le Troisième Millénaire pas plus que les psychanalystes et les historiens n »aient adopté les outils astrologiques   comme si l’étrangeté de cette « science » atteinte de surpoids,surdimensionnée, la condamnait à rester en marge, en dépit de tous les gages de bonne volonté!Comme si quelque chose « clochait ». Il est vrai comme nous le disions d’entrée de jeu que les gens aiment ce qui est simple, accessible , compréhensible et finalement binaire, faute de quoi, ils se sentent démunis face au discours astrologique.  Une sorte de bon sens protégeait contre un certain délire mathématique. Cette astrologie moderne n’était guère compatible avec une approche statistique puisqu’elle générait  une diversité insondable, une véritable usine à gaz, outre le fait qu’une telle astrologie empiétait sur le terrain des thérapeutes, d’une part et des historiens de l’autre,  sans disposer des outils appropriés de connaissance du terrain ici bas..

Autrement dit, l’on semble se rapprocher d’un renversement de tendance : l’astrologie qui se trouve stigmatisée serait désormais l’astrologie hyper-sophistiquée  de la personnalité (selon la formule d’un Dane Rudhyar) alors que l’astrologie « minimale » aurait le vent en poupe.  On met en avant en faveur de cette dernière la parabole de la banane, du bon grain et de l’ivraie ainsi que la devise communiste. D’une part, dans la banane, tout ne se mange pas et pas plus au niveau des astres et de l’autre, de chacun selon ses besoins et ses capacités: l’argument de l’anachronisme mis en avant par un Yves Lenoble (L’astronomie base de l’astrologie. 1978) selon lequel  l’astrologie devait impérativement évoluer  ne résiste pas face à la parabole de la maison que l’on ne va pas reconstruire sous prétexte que l’on aura trouvé entre temps d’autres matériaux et d’autres techniques!  En optant pour les planètes nouvellement découvertes, l’astrologie ne se trouvait-elle pas déracinée, quittant la proie pour l’ombre? Ne valait-il pas mieux s’en tenir à un schéma simple astronomiquement, avec une interprétation  également dépouillée sur le plan cyclique, laissant à d’autres disciplines la tâche en aval  de rentrer dans le détail? L’astrologie devait reprendre de la hauteur et retrouver une certaine légèreté, quitte à se mettre au régime. Selon nous, l’astrologie du signe solaire est l’avenir, quitte à la perfectionner  en rationalisant la pratique des « transits » sur le soleil natal selon un modèle duel :  phases de conjonction/opposition alternant avec des phases de quadrature mais uniquement pour les leaders, car ceux ci seraient les relais entre le ciel et la terre.; autrement dit, un nombre très limité d’acteurs, d’agents,ce qui correspond à l’organisation de nos sociétés et à notre système d’élections de députés, de représentants, de sénateurs. C’est ainsi que l’astrologie minimale fournirait des clefs précieuses pour comprendre et suivre  le fonctionnement d’une certaine élite.. Ce serait la fin d’une astrologie démesurée « pour tout le monde ». L’astrologie minimale n’a pas besoin de l’astronomie pour exister et surtout pas des télescopes et des ordinateurs. On en reste à des choses simples: sous quel signe est ne le leader, au début, au milieu ou à la fin du signe  et  quels angles les planètes forment avec  le soleil natal. Parmi ces planètes de « transit », on ne retiendra pas les astres trop rapides comme la Lune, Mercure, Vénus ou le Soleil et selon nous, l’astre astrologiquement le plus  en vue serait Jupiter avec son cycle de 12 ans, divisible en deux hémicycles de 6 ans, ce qui donne des sous périodes de trois ans, dont on nous dit, en dehors du milieu astrologique, que c’est un temps structurant.  Cela dit, il nous faut rejeter la division spatiale en 12  caractères; ce qui distingue les leaders c’est avant tout le calendrier  déterminé par la position du soleil, lequel calendrier  fera passer les leaders par la même succession d’états mais pas au même moment. Il n’y a pas de synchronisation des leaders mais leur parcours est structurellement identique et se repète à plusieurs reprises, en moyenne une douzaine de fois, mais chaque fois à frais nouveaux, ce qui permet néanmoins l’approche statistique laquelle fait apparaitre du semblable derrière l’apparence de la diversité.  

Le  coup de pied de l’âne  avec Patrice Guinard, dans son Manifeste, dénonçant  « l’activisme mercantile des charlatans et la pseudo-astrologie des rubriques horoscopiques des journaux et des services télématiques » ou encore en  citant l’auteur  de Clefs pour l’Astrologie    » On trouve aussi parmi les plus acharnés certains ex-astrologues désillusionnés sur leur capacité à apporter une contribution originale à l’édifice astrologique: « ceux qui ont essayé d’être astrologues mais qui ont échoué » Guinard pose, dans le même Manifeste,  comme postulat  à accepter par l »astrologue « l’adéquation des facteurs à la réalité physique et astronomique »ce qui signifie, entre autres, pour lui l’acceptation de la totalité du système solaire faute de quoi l’on serait victime d’un « réductionnisme ».

 

 

 

 

JHB

19 01 21

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