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jacques Halbronn Les limites de l’oeuvre astrologique de Jean-Pierre Nicola

Posté par nofim le 22 janvier 2021

Les limites de l’oeuvre  astrologique de Jean-Pierre Nicola 

 

par  Jacques  Halbronn

Quand on compare  l’oeuvre de Nicola (né en 1928)  à celle de feu André Barbault, l’on remarque qu’il y  a chez Barbault  une plus grande créativité; plus d’audace dans son rapport au savoir astrologique. Prenons le cas de l’indice cyclique:Barbault ne tient compte ni du nom des planétes, ni de celui des signes où se forment les configurations. Sait-on dans quel signe se forme la conjonction Saturne-Neptune de 1953 ou de 1989 ou du moins est ce qu’une telle information joue un role quelconque et cela vaut même au regard des Quatre Eléments, à la différence d’un Albumasar au Xe siècle avec ses « grandes conjonctions »  Jupiter Saturne dont on parle en ce moment chez les astronomes. En fait, pour comprendre la démarche de Barbault, il faut remonter un texte oublié, paru  durant l »Eté 1946  dans les Cahiers Astrologiques (n° 4)  de Volguine – et dont nous avons récemment traité(cf  notre Enquéte sur la prévision de Barbault,  site Nofim,  janvier 2021, année de son centenaire ) mais dont Barbault ne parlera guère par la suite, à notre connaissance. « Les cycles planétaires et leurs interférences ».

Dans cet article, le  jeune  Barbault -il  va  sur ses 25 ans – met en scène 4 planètes, Jupiter et Saturne, d’un côté, Uranus et Neptune de l’autre. Les premières étant mineures et les secondes majeures et en fait  le cycle central  est ici celui d’Uranus et de Neptune, formant une sorte de binome. Il serait donc erroné de dire que Barbault  était centré à l »époque sur le cycle Saturne Neptune, qui n’était qu’une composante de son dispositif, cela ne deviendra déterminant que dans « 1965, la Crise Mondiale » (1964 Albin Michel) avec la mise en avant de l’opposition Saturne -Neptune comme marqueur de l’avenir de l’URSS (cf Le Pronostic Expérimental  en Astrologie, Paris, Payot 1973) 

Mais revenons à Nicola que nous avons rencontré régulièrement, lors des réunions du Centre International d’Astrologie   dans les années 1969-1974.Certes, Nicola se sera illustré par un travail de reformulation des diverses notions propres à l’astrologie.: planétes, signes, maisons, aspects. Certes Nicola aura-t il proposé de nouveaux fondements à la doctrine astrologique, se présentant comme un commentateur attentif du corpus astronomico-astrologique. Nicola  fera paraitre un an après nos Clefs pour l’Astrologie un manifeste « Pour une  astrologie moderne » (Seuil, 1977), le terme « Astrologie moderne » étant repris du titre du bulletin du CIA des années Cinquante. Qu’entendait-il par « moderne »? Il semble qie l’alignement sur les données astronomiques les plus récente ait été le principal gage de cette « modernité ». Dès  mars 1978, un disciple de Nicola, Yves Lenoble, publiait un fascicule « maison » d’une trentaine de pages, depuis quelque peu tombé dans l’oubli  et que son auteur  ne signale nulle part  » malgré le nombre fort réduit de ses publications. » L’astronomie, base de l’astrologie ».-(document n°2 de l’ARRC, Charenton) où il dénonce l’anachronisme d’une astrologie qui serait décalée par rapport aux conquétes de l’astronomie contemporaine. Or, si l’on compare les publications des années 1973-1977  de Barbault, Halbronn  et Nicola, force est de constater  que Nicola est celui qui bouscule le moins l’outil astrologique. Tout se passe comme si – et l’on retrouve ce pli chez un Patrice Guinard, un autre de ses disciples, (cf le Manifeste,  paru dans des numéros successifs de la revue L’Astrologue de Barbault)  Autrement dit,  l’astrologue peut continuer à travailler comme par le passé si ce n’est au prix d’un certain ravalement de façade. Comprenons que l’astrologie ne saurait changer structurellement mais seulement dans son métalangage. D’ailleurs Nicola participera à l »opération Astroflash tout comme, au début des années 80 à la série des Grands Livres du Zodiaue (Tchou Sand) En vérité, les adversaires de l’astrologie ne s’y trompent pas: la réforme est en surface. On veut bien ajouter mais on n’enlève rien! On est dans une position apologétique qui entend donner le change, en collant à l’astronomie. Nicola  en 1971 , avait publié Nombres et formes du cosmos..(Editions Traditionnelles) où il démontre la nécessité pour l’astrologie d’intégrer les planètes au delà de Saturne. Quant à l’intitulé ‘Astrologie Conditionnelle » et plus tard « Conditionaliste », il ne fait guère problème et vient renforcer le rôle de l’astrologue qui doit avoir le dernier mot au prisme de son interprétation du thème au vu de tout un ensemble de facteurs extra-astrologiques, position tout à fait pragmatique..On retiendra probablement le travail sur les Ages, où Nicola  montre que le caractère des planètes et fonction de leur vitesse de révolution, les plus rapides correspondant aux premières ages de la vie et ainsi de suite. En ce qui concerne les passerelles entre astrologie et philosophie, Nicola propose (La Condition Solaire) de recourir à des concepts; Représentation, Existence,  Transcendance (RET), pour qualifier les trois groupes de planètes des plus rapides aux plus lentes.  On voit donc que Nicola a pris le parti d’adopter toutes les planètes du système solaire et de les différencier par leur cyclicité et non pas seulement par leur nom mythologique, ce qui aura bien plus  pédagogiquement à l’entre soi des  enseignants en astrologie. C’est donc un hommage rendu aux astronomes qui en quelque sorte auront apporté à l’astrologie de précieuses données dont l’ignorance ne pouvait  forcément qu’hypothéquer le discours astrologique et pourtant les attaques contre l’astrologie n’auront point cessé avec à partir de 1989 un Que Sais je sur l’astrologie confié à ses adversaires-(Zarka) nullement désarmés et point dupes  de certaines manoeuvres de type Potemkine.

Où  est l’erreur? Nicola ne semble pas avoir compris  quels dangers représentait pour l’astrologie l’inflation des facteurs planétaires. Il parle d’une « solidarité  » du système solaire. On est dans le tout ou rien.Tout est bon dans le cochon! Rien à jeter. Rappelons que Gauquelin n’a jamais rien trouvé pour les astres au delà de Saturne au niveau socio-professsionnel. Fallait-il voir  le monde au prisme de l’astronomie ou l’astrologie au prisme du monde?Il semble en comparaison que Barbault  ait compris qu’il fallait partir de notre observation du monde et en tirer un enseignement pour l’astrologie, quitte à structurer la dimension astronomique en conséquence, par le biais des cycles, lesquels dépassaient  le plan purement astronomique.. Déjà, Albumasar, avant l’An Mille  avait isolé le cycle Jupiter Saturne. En effet, le cycle  ne respectait plus  les données de l’astronomie en introduisant un nouveau degré de cyclicité. C’est ainsi que Barbault avec le cycle de 36 ans  constitué par Saturne et Neptune se décalait à la fois de la révolution de Saturne (29 ans) et de celle de Neptune.(165 ans) alors que Nicola restait scotché à la Loi de Bode. On aura compris qu’aussi bien Gauquelin que Barbault s’ancraient dans l’observation de la société, de l’Histoire, c’est à dire du connu pour aller vers l’inconnu(e), à savoir l’interprétation des astres alors que Nicola partait  du cosmos dont il proposait une lecture endogéne -RET- pour revenir vers  le monde sublunaire comme si le monde d’en bas lui était plus étrange, plus étranger que le monde d’en haut! C’est d’ailleurs un syndrome propre à bien des personnes qui viennent à l’astrologie et qui sont en révolte contre ce qui les entoure immédiatement., utilisant l’astrologie pour  nier ou relativiser certaine réalités alors que Barbault  était en prise directe avec le monde, notamment dans son analyse des relations  entre USA  et URSS. Dans un cas, avec Nicola on préfèrera changer le regard sur le monde à l’aune de l’astronomie et dans l’autre, avec Barbault, on préfèrera voir dans l’ordre céleste le reflet de l’ordre ou du désordre terrestre et donc mettre le cosmos en conformité  avec nos préoccupations ici bas et non l’inverse. Dans un cas, l’on a affaire à des astrologues qui sont plus proches des sciences dures et quelque peu décalés par rapport aux faits socio-historiques  et dans l’autre des astrologues plus en prise avec les sciences humaines et disposés à organiser le ciel  en accord avec les données politiques. Nicola  avait cru trouver un compromis  avec son conditionalisme  servant de soupape de sécurité à un modèle astronomique dont il percevait qu’il  n’était pas vraiment opérationnel.

 

 

 

JHB

22 01 21

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