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jacques halbronn Sur les derniers avis de Patrice Guinard quant au corpus Nostradamus

Posté par nofim le 24 février 2021

Sur les derniers avis  de Patrice Guinard quant au corpus Nostradamus

Jacques Halbronn

 

Patrice  Guinard  « Aparté en guise d’épilogue »

« Il est devenu de bon ton depuis quelques années de fabriquer ce que j’appellerai de la contre-interprétation passéiste et rétrograde ou au contraire de l’analyse activiste et projective des quatrains de Nostradamus, soit pour tenter de montrer que les quatrains versifient des chroniques historiques que personne n’a pu retrouver, soit pour tenter de montrer que le texte des quatrains reflète des événements postérieurs et identifiables qui n’ont pu être prédits en raison des limites de l’esprit humain, et donc que les Prophéties seraient antidatées. Ainsi semblent s’affronter deux clans de sceptiques, qui à partir de leur assentiment commun aux idoles de la mentalité moderne, parviennent à des conclusions diamètralement opposées, tout en mettant en branle des méthodes de travail et des techniques d’interprétation tout aussi aléatoires que celles de leurs prédécesseurs « illuminés » qu’ils fustigent. Il n’est pas plus de connaissance historique, pas plus de rigueur méthodologique, chez ces anti- que chez les pro- d’autrefois et d’aujourd’hui. On observe même chez ces nouveaux sceptiques, comme on parle de « nouveaux philosophes », une plus fâcheuse tendance à biseauter le texte à l’aune de leurs traficotages (sur cette question, cf. « Le quatrain 23 de la centurie VI et la critique des méthodes dites rationalistes « , CN 64). Le plus souvent, ils se contentent de se polariser sur un vocable ou sur une expression, et interprètent un petit bout de vers, quitte à laisser le reste du quatrain dans l’ombre, ou au besoin à invoquer des fautes typographiques pour les morceaux non étudiés. En outre l’histoire du typographe qui fabrique le texte sous la dictée d’un lecteur, rapportée par Brind’Amour en 1993 (p.14), reste sujette à caution, et l’on peut penser que les divers imprimeurs des Prophéties restèrent très vigilants pour la fabrication d’un texte de cette nature.

Dans le camp des iconoclastes — et Shakespeare comme Rabelais auront aussi mérité les leurs –, le refus d’accorder à Nostradamus la paternité des quatrains des Prophéties en imaginant l’existence de clans organisés de faussaires, au besoin aux intérêts divergents, s’accompagne d’une systématique falsification des dates et des textes, et d’une surdité maladive aux témoignages les plus évidents. Le procédé le plus utilisé, en dépit des preuves matérielles, consiste à marteler le dogme futile selon lequel les premières éditions auraient été imprimées sur le modèle d’éditions beaucoup plus tardives. Un autre truc consiste à faire croire que des plagiaires des années 1570-80 dont on connaît par ailleurs les textes médiocres, auraient pu changer de style et d’envergure littéraire pour parvenir à rédiger des quatrains à l’aune de ceux de l’astrophile provençal. Ces procédés s’apparentent aux modèles révisionistes et mouvements de mystification, de falsification et de réécriture de l’histoire, très en vogue aujourd’hui, et notamment pour des sujets où la séduction iconoclaste s’accorde aisément avec une aversion atavique mêlée à une grande part d’ignorance. C’est le cas pour les études nostradamiennes, comme pour celles relatives à l’astrologie et à l’histoire de l’astrologie, matières trop longtemps délaissées par les recherches académiques (cf. Guinard, TH. D., 1993, et Astrologie : Le Manifeste 2/2, CURA, 1999).

Les témoignages et attestations externes de l’existence des Prophéties sont beaucoup plus nombreux que ne l’imaginent les apprentis exterminateurs. Le corpus des textes littéraires, latins, français, allemands, italiens, anglais, etc, restés manuscrits, ou publiés entre 1555 et 1575, ou même quelques années après, pourrait réserver encore de belles surprises. Les almanachs de Nostradamus, mais aussi ses Prophéties, malgré leur diffusion moins importante, ont été beaucoup plus diffusés et médiatisés qu’on ne l’a cru et dit, et je fournirai prochainement quelques témoignages que n’a pu retrouver Brind’Amour, lequel travaillait essentiellement au dépouillement d’éditions modernes accessibles dans les rayons de bibliothèques ou centres de recherche de type universitaire.

En outre, ces sceptiques et zététiques n’ont pas encore compris que Nostradamus a volontairement « tronqué » son texte (septième centurie incomplète, quelques vers inachevés, bribes des centuries dites 11 et 12 rapportées par Chavigny, etc), afin précisément de piéger les analyses des gobe-mouches, aussi nombreux dans ces milieux que chez leurs adversaires. [Il y a quelques années, sur un forum canadien de gogo-sceptiques, les adversaires de mon argumentation en faveur de nouvelles perspectives pour l'astrologie, faute de répondant, avaient fini par se persuader que ma thèse, soutenue en 1993 à la Sorbonne, n'aurait jamais existé !]

C’est une architectonique partielle, ouverte à toutes les dénégations hasardeuses, que le prophète salonais a décidé de construire, précisément en rempart contre ses détracteurs, et en prévention contre toute tentative de contrefaçon ultérieure. Car si l’on se met à fabriquer des quatrains, il n’y a aucune raison d’imaginer des centuries incomplètes, dont l’organisation serait précisément en contradiction avec les mentions apposées au texte : « dont il en y à trois cents qui n’ont encores jamais esté imprimées » (en 1557) alors qu’on ne compte que 286 ou 289 quatrains, et : « trois Centuries du restant de mes Propheties, parachevant la miliade » (préface à Henry II du 27 juin 1558) alors qu’il manque encore une vingtaine de quatrains, même en incluant ceux parus à cette date dans les almanachs.

Ce scénario me semble être l’éclaircissement majeur à l’aporie sur laquelle se sont échinés nombre de commentateurs : Nostradamus a initialement conçu sa fameuse septième centurie « inachevée » et « incomplète » en dépit des mentions qui semblent l’infirmer, afin de contrecarrer et démasquer toute velléité frauduleuse, et il a probablement imaginé que des zélateurs piégés s’autoriseront à la compléter ultérieurement par un appendice (les 58 sizains du supplément dit de Sève). Mais précisément, ce supplément apocryphe est la meilleure preuve de l’organisation initiale ! Et la probabilité est quasi nulle pour que de supposés faussaires imaginent une telle organisation (dont j’ai analysé les premières données dans de précédents articles : cf. « Les pièces de l’héritage », CN 177, puis Atlantis, 414, 2003), et surtout pour qu’ils puissent en reproduire les articulations d’une édition à l’autre. »

 

 

Nous énumérons brièvement le réquisitoire concernant les fausses éditions antidatées. Les personnes intéressées à approfondir le sujet trouveront aisément toutes les références que nous évoquons, en cherchant sur Internet ou en se reportant au Répertoire Chronologiuque Nostradamique de R. Benazra dans la plupart des cas.

 

Argument de la mauvaise iconographie

Les faussaires en puisant dans la bibliothèque nostradamique à leur disposition ont confondu vraies et fausses éditions des pronostications. La vignette de couverture du Répertoire Chronologique Nostradamique -que nous avions fournie – est issue d’une édition pirate par Barbe Regnault – Pronostication nouvelle pour l’an 1562-et elle ressemble comme une goutte d’eau à l’édition antidatée de 1555 (cf le fac simile des Amis de Michel Nostradamus 1984) Dans notre quatrième de couverture du RCN nous écrivions : »La littérature nostradamique comporte (..)aussi bien l’oeuvre proprement dite de Nostradamus que celle de ses adversaires , incluant les imitateurs et les commentateurs de telle ou telle partie du corpus recensé »

Argument du chantier centurique

Il est connu que certaines éditions de la Ligue ont comporté plus de quatrains que d’autres, ce qui montre que nous avons affaire à un chantier en progrès (cf communication Verdun Saulnier 1997) C’est ainsi que Benazra dans le RCN (p 123) note «  Il manque les quatrains 44, 45,46, 47 de la Centurie IV. Mais les éditions suivantes comporteront les dits textes y compris les éditions datées de 1555 et autres !!!!   Comme par hasard, un des quatrains additionnels (IV, 46) comportait une mise en garde contre ce qui se passait à Tours à cette époque.

Argument de la fabrication des quatrains

Il ne semble pas que Guinard ait daigné tenir compte du travail de Chantal Liaroutzos concernant l’emprunt à la Guide des Chemins de France ( cf Réforme et Humanisme). Nostradamus se serait il amusé à recopier des pages de cet ouvrage ? C’est bien plutôt l’oeuvre de faussaires besogneux plagiant un ouvrage extérieur au domaine pour étoffer leur contrefaçon . On connait le procédé pour les Protocoles des Sages de Sion avec la récupération de Maurice Joly

La source des « présages »

Nous avons montré que ces quatrains des almanachs étaient une versification de textes en prose y figurant.

La source du quatrain « macelin »

Elle est à chercher dans un ouvrage prophétique de Nostradamus que Guinard ne mentionne pas et qui ne nous est connu que par un manuscrit réédité au début du Xxe siècle. Il s’agit là d’une versification du texte. Là encore, on voit mal Nostradamus s’amuser à une telle besogne.

Prédictions de l’almanach pour 1562

« Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’Avril naistra un (sic) de quelque grand Roy et monarque, qui fera sa fin cruelle et sanguinolente mais la ruine de son régne oncques ne fut pire ne plus sanguinaire. On le nommera MARCELLINUS mais on lui ostera de son nom l’R.’ »

Si on enlève, le R de Marcellinus, on arrive à macellinus, ce qui nous renvoie à « macelin », boucher, Ce qui est à rapprocher du quatrain VIII 76 : En latin, le macellum est le « marché aux viandes » Le quatrain ne restitue pas le jeu de mots et ne fait sens que par référence au texte en prose.

 

« Plus macelin que roi en Angleterre

Lieu obscur nay par force aura l’empire

Lasche sans foy, sans loy saignera terre

Son temps s’approche si pres que je souspire » -cf nos études sur propheties.it.

 

Nostradamus aurait il apprécié de telles fabrications ?

Guinard part du principe que la « critique nostradamique », selon la formule de notre post doctorat) s’en prend à la mémoire et à l’image de Nostradamus. Bien au contraire, il s’agit de nettoyer cette image ! Il y a là un énorme contre sens !

La référence à la bibliothèque de Nostradamus

Certaines éditions attestent du caractère posthumes des contrefaçons. Même les faussaires au départ ne soutenaient pas que les premières éditions des Centuries seraient parues du vivant de Nostradamus. Ce n’est que dans un deuxième temps que l’on aura basculé, en une sorte de surenchère vers cette position. Les premières fausses éditions posthumes n’ont pas été conservées.

 

Le second volet des Centuries

A l’évidence, il n’était pas connu sous la Ligue et il n’y est pas fait référence avant 1590. Le seul exemple d’une édition à 10 centuries est l’édition posthume de 1568 qui aurait donc été inutilisée par les éditions suivantes des 1588-89. Ce second volet ouvert par l’Epitre à Henri II (calquée sur celle parue en tête des Présages pour 1557 mais ne s’y référant pas!) nous semble appartenir au camp adverse de celui de la Ligue, celui dont la capitale était autour de Tours (visée à la Centurie IV) Par la suite, l’on aura réuni ces deux volets sous un seul et même volume, lesquels seront commentés dans le Janus Gallicus comme s’il s’agissait d’un ensemble d’un seul tenant (1594)

 

Le quatrain du couronnement d’Henri IV 1594

Ce quatrain IX, 86 comporte le mot Chartres car c’est là que ce couronnement eu lieu mais il se sert d’un des passages de la Guide des Chemins de France qui comportait le nom de « Castres », opportunément rendu par Chartres dans les Centuries. Rappelons que les rois de France sont généralement couronnés à Reims,inaccessible à l’époque sous le contrôle de la Ligue. Ce quatrain IX, 86 figure dans le second volet qui est le support du camp d’Henri de Navarre. On dispose donc d’un terminus pour ce quatrain qui ne saurait être antérieur à 1593 alors qu’il figure dans la fausse édition de 1568.

 

LA récupération d’imitateurs

Pour mener à bien leur entreprise, les éditeurs des contrefaçons auront puisé dans le corpus de ses imitateurs des quatrains de ses almanachs des années 1570 sans parler du cas de Morgard et de ses sixains ! On pense au cas Crespin dont s’est servi Brind’amour.

 

 

Conclusion : on ne se laissera pas impressionner par l’accumulation de références qui masquent mal les lacunes de ses positions. Quant à réfuter certaines de nos analyses liées à des événements des années 1588-1594 par la thèse selon laquelle certains quatrains auraient bien été prophétiques, c’est là un argument spécieux qui interdit toute approche critique sérieuse. On en arrive ainsi d’ailleurs à un proces d’intention selon lequel ceux qui usent de tels arguments viseraient à refuser la dimension prophétique de Nostradamus ! Or, si Nostradamus a été tenté à la fin de sa vie par le prophétisme, comme on peut le voir dans son Almanach ???, il ne semble pas qu’il ait le moins du monde souhaité s’exprimer par le biais de quatrains ! Même les quatrains de ses almanachs n’ont même pas été son œuvre mais celle de quelque versificateur. Nostradamus, en effet, voulait en bon médecin astrologue, asseoir son discours sur des données astronomiques avérées et sur une certaine chronologies clairement exposée. En en faisant un vaticinateur inspiré (cf les premiers quatrains de la Centurie I) c’est bien là que l’on trahit sa mémoire !

 

 

 

Bibliographie

Jacques Halbronn, éditeur du Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra, 1990

Jacques Halbronn

1984  Compte-rendu de la Bibliographie Lyonnaise de Nostradamus de M. Chomarat in Revue Aurores, Avril n°22,

1985  Communication aux Premières Journées  Nostradamus de Salon de Provence sur  l’apport des critiques de Nostradamus

1991 Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561 … in revue Réforme et Humanisme

1991   Les bibliographies  autour de Nostradamus,  in revue Age d’Homme  n°5  Secret, Initiations  et Sociétés.

Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images L’appareil iconographque dans la littérature divinatoire française au XVIe siècle. Ed. Bibliothèque Nationale 1993

Les Prophéties et la Ligue in Prophétes et prophéties, Journées Verdun Saulnier Presses de l’Ecole Normale Supérieure 1998

Le texte prophétique en France.Formation et fortune, 1999 (thèse d’Etat)

 2000 le texte prophétique. Discours  de la méthode  in Babel. Revue de littérature française, générale et comparée n°4

Le dominicain Giffré de Rechac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle 2007 « post doctorat)

Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus. 2002

2003 Série  d »études sur le site Espace Nostradamus de R. Benazra

2005  Papes et prophéties,  Décodages et influence.  Ed Axiome .

2005 « French Antijudaism  and the Avignon problem  on the Eve  of Saint Barthelemy »  The fourteenth World Congress of Jewish Studies. Jerusalem (sur Antoine Crespin)

Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique Revue Française d’Histoire du livre 2011

2012 série d’études  sur le site propheties. it. de Mario Gregorio.

2017 Dernières avancées de la critique nostradamique sur le site editions grande conjonction blogspot. com

 

JHB

24. 02. 21

 

 

 

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