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jacques Halbronn Nostradamus. Le tournant prophétique des années 1560

Posté par nofim le 26 février 2021

Nostradamus . Le tournant prophétique  des années 1560

par  Jacques  Halbronn

A partir des années 1560,  le contexte nostradamique va changer sensiblement.  On voit apparaitre des fausses éditions des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame, notamment du fait de libraires parisiens comme Barbe Regnault, ce qui a été signalé dans les bibliographies  de Chomarat et de Benazra  dans le Répertoiure Chronologique Nostradamisque que nous avons édité;  qui parlent d’éditions « pirates »..(cf RCN pp. 42  et seq) Nous avons signalé que le frontispice de ces contrefaçons n’était pas le même que celui des Pronostications authentiques. On notera  que  chez Nostradamus, seules   les pronostications comportent une  vignette représentant l’auteur alors que dans les éditions pirates, les vignettes figurent tant pour  les almanachs que pour les pronostications. et ces vignettes ne sont pas identiques chez le vrai et chez le faux Nostradamus, erreur qui aura été fatale pour les tenants des éditions antidatées des années 1555 -1557. C’est le détail qui tue. On ne saurait négliger la preuve iconographique! 

Mais, par ailleurs, Nostradamus va se hasarder dans une veine prophétique. En 1991, nous publiame dans la revue  Réforme, humanisme, Renaissance -n°53  une étude intitulée  Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus dont nous reproduisons ci dessous le résumé paru :

« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre. La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561  Cet article a été reris  sur internet  sur différents supports.(https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modern, et Persée) et signait notre entrée dans le domaine nostradamologique. Pie IV est le grand absent des éditions centuriques qui ne reproduisent pas  les textes de Nostradamus adressés au pape. Ce qui est un signe de leur caractère décalé de deux décennies. L’imporrance de ces textes  avait été notamment signalée  en 1906 avec la « Reproduction  très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à SS le Pape Pie IV » Mariebourg (cf RCN, p. 449)  où l’on précise qu’il s’agit de l’almanach pour 1563. En  1905 était paru chez le même éditeur une « réimpression de l’almanach de Michel de Nostredame pour l’année 1563 (Avignon, donc dans les territoires pontificaux français, Pierre Roux)dédié à Pie IV

Etrangement, Benazra ne fait pas le rapprochement -p. 52) avec les Praedictions  de l’almanach  de 1562, 1563 1564″ D’une certaine façon, ce volume manuscrit ferait pendant au Recueil  des Présages Prosaiques (dont une partie a été éditée par B. Chevignard en 1999; Ed. Seuil). Dans les deux cas, il s’agit de  volumes rassemblant des textes envoyés aux libraires. Mais l’on notera qu’il s’agit là de deux séries distinctes. Le Recueil des Présages Prosaiques concernant les almanachs et pronostications,  les « Praedictions » concernant un autre genre dont il va être question et la différence des intitulés n’est pas indifférente. On ne connait d’ailleurs une impression de ces Prédictions que dans leur version italienne mieux conservée , curieusement,  à la BNF  que la  série des  almanachs et -pronostications de Nostradamus, la BNF n’en possédant aucun en propre (cf RCN pp.  62-77) Signalons aussi l’article de Robert Amadou -(RCN, p. 618) paru dans la revue L’Autre Monde (février 1986)  « De Nostradamus au pape Pie IV.. Lettre ouverte ».

Abordons  la présentation de 1906 qui  met  exergue  des extraits  qui selon nous, sont d’un autre style que la production annuelle habituelle de Nostradamus. On sort de la triplicité aquatique pour entrer dans la triplicité de feu, ce qui réfère à la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, notamment exposée par Leovitius comme on peut le voir dans ce «  Discours contre Cyprien Leovitius & autres modernes astrophiles, touchant la grande conjonction du monde, & des quatre Eclipses de Soleil »  de Francesco Liberatil, imprimé à Paris & au Mans par Hierosme Olivier l’an 1576. Nostradamus pointe le milieu des années 1560. Rappelons que lui même décédera en 1566 alors mêmes que se précisent certaines échéances. D’ailleurs, les Significations de l’écliose de 1559 seraient déjà marquées par cette influence ( CORPUS NOSTRADAMUS 133 — par Patrice Guinard
Prédictions des Choses mémorables et Pronostication du Cercle solaire), RCN p. 30. Réimpression 1904)

Se pose la question de l’édition datée de 1556  des Prophéties d’Antoine Couillard Du Pavllon Les Lorriz, lequel publia en 1561  des Contreditz aux faulses & abusifves  prophéties de Nostradamus & autres  astrologues, Paris,  Charles L’angelier. (RCN, p. 45) ouvrage où il est fait référence aux dires conjonctions. Selon nous,  le texte daté de 1556 pourrait avoir été antidaté en s’inspirant de du pamphlet de 1561, d’où certains anachronismes à commencer par l’usage du mot Prophéties dès 1556. On notera que le nom de Nostradamus ne figure pas dans ce texte, ce qui montre que l’on s’attaque à un auteur bien reconnaissable, ce qui selon nous n’était pas encore le cas alors.. Parmi les étrangetés, cette parodie de la Préface à César figurant dans l »édition antidatée de 1555 des « Prophéties » du dit Nostradamus. on retrouve le même procédé chez un Antoine Crespin (cf notre éditions Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) dans ses Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572) que P. Brind’amour exploitera  dans son édition de 1996 du volet daté de 1555 (Droz), lesquelles reproduisent sans citer leur source un grand nombre de versets figurant dans les éditions contrefaites (cf notre post doctorat 2007 sur ce point, Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle); On  note l’instrumentalisation d’imitateurs de Nostradamus mais  aussi d’adversaires (cf infra avec Videl)  en vue d’authentifier les fausses éditions et les Prophéties de Couillard datées de 1556  appartiennent au genre du pastiche. Ce qui vaut pour les Prophéties de Couillard de 1556 vaut  a fortiori pour Laurens Videl et là encore, c’est la référence à des passages de la Préface à César qui séduit un Patrice Guinard:   » Certains passages de sa Declaration des abus ignorances et seditions de Michel Nostradamus, parue en Avignon en 1558, semblent se référer explicitement à l’exemplaire de Budapest, répétant notamment l’une des fautes typographiques d’une sentence de la préface à César : « nous inspirant par baccante fureur, ne par l’imphatique [sic] monument, mais par astronomiques assertions » (1557, exemplaire de Budapest), mais dans l’édition Bonhomme de 1555, dans l’édition Du Rosne de 1557 (exemplaire d’Utrecht), et dans toutes les éditions ultérieures : « nous inspirant non par bacchante fureur, ne par lymphatique [ou limphatique] mouvement, mais par astronomiques assertions« . En effet Videl s’empare de l’occasion pour se gausser de l’alcoolisme « avoué » du salonais : il « nous veut inventer une nouvelle astrologie forgée en sa furye bacchanale, & non limphatique, (comme il dit) sur umbre de prophetie. » (f. D4r). Videl ne reprend que l’inversion de la négation (ce qui n’est ni suffisant ni significatif, surtout s’il a estimé que la « furye bacchanale » conviendrait assez bien à l’auteur des Prophéties, mais non la faute typographique « monument » pour « mouvement » qu’il aurait signalée dans ses persiflages s’il avait suivi l’édition datée de novembre 1557 !Ce dernier argument ne tient pas car la préface de l’ouvrage de Videl — prétendument traduit du latin! — est datée du 20 novembre 1557 et la conclusion du 21 novembre 1557 : rien n’aurait empêché Videl d’avoir rédigé son texte à l’emporte-pièce en quelques jours après la sortie de la seconde édition Du Rosne le 3 novembre 1557. » Guinard ne cite d’ailleurs pas les Prophéties de Couillard à l’appui de sa « démonstration » Il est vrai que le rapprochement des deux textes est assez édifiant  quant à l’usage d’un même procédé  et d’ailleurs  Du Pavillon cite carrément »nostre Maistre Nostradamus »et le nom de son fils César (p. 5)

Tout le monde se trouve piégé : aussi bien ceux qui veulent situer les premières éditions en 1555 que ceux qui parlent d’éditions posthumes comme celle, prétendue, de 1568. Dans le même genre, on citera  le texte de l’Androgyn  Lyon, Michel Jove, 1570 ‘cf RCN pp; 95-97)  attribué à Jean de Chevigny et qui renvoie à Dorat. Toute une production destinée à valider la thèse d’éditions du vivant de NOstradamus ou suivant de peu sa mort et qui égareront les chercheurs naifs.

On aura compris que pour nous,  au cours des années 1560 -et en fait un peu avant- Nostradamus fut happé par la théorie apocalyptique des grandes conjonctions (d’Albumasar), ce qui le conduisit à une forme de prophétisme qui ne s’était pas révélée auparavant, et c’est ce qui le conduira à s’adresser au pape Pie IV. Autrement dit, dans les années qui précédèrent cette décennie, Nostradamus ne se voulait point prophète. Le fait que Couillard Du Pavillon s’en prenne à Nostradamus en 1560 signale un tournant en raison d’une approche à plus long terme pour laquelle il va opter. C’est d’ailleurs en raison de ces Contredits que l’idée viendra aux faussaires de se servir de son nom pour un « pastiche » daté de 1556.

  Rappelons que la Préface à César fait partie de ce corpus de contrefaçons puisqu’elle ouvre l’édition des « Prophéties » Lyon, Macé Bonhomme 1555 et est reprise en 1557 chez Antoine du Rosne. Double bévue donc des faussaires, quant aux pages de titre tant en ce qui concerne les vignettes que les intitulés des oeuvres, laquelle bévue n’aura pas été décelée, malgré nos avertissements, depuis plus de 20 ans par les prétendus « spécialistes -cf « .CORPUS NOSTRADAMUS 49 — par Patrice Guinard  Les Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)

Revenons donc  sur le « pastiche » de 1556  (cf sa reproduction  http://www.propheties.it/1556-005%20Pavillon,%20Les%20Propheties/slides/1556-005-011.htm) avec au folio  B II  « un millier de ses autres folies » On retrouve la même formule au fol G II  «   un millier des resveries escriptes par nos nouveaux prophétes » (fin de la quarte partie du Livre des Prophéties  du Seigneur du Pavillon »

. C’est évidemment une référence aux dix centuries de cent quatrains qui constitueront in fine le canon centurique. Or, il est clair qu’en 1556 on en était encore très loin puisque la formule des 10 centuries ne saurait être antérieure à 1568 pour les tenants de cette édition et au début des années 1590 pour les plus sceptiques dont nous sommes. A vouloir trop prouver…. Abordons à présent la question de la fortune de l’interpellation du pape par Nostradamus, telle que nous la restitue l’édition de 1906 du manuscrit. Sur la forme, il est clair qu’on assiste à un changement de statut de Nostradamus lequel met en avant des échéances dépassant largement le cadre annuel auquel il s ‘était tenu jusque là. L’erreur des faussaires est de ne pas avoir pris la mesure du tournant des années 1560 en le plaquant dès les années 1550, logeant tout ce qui leur tombait de nostradamique sous la main à la même enseigne, sans considération d’espace ni de temps..

Le quatrain 76 de  la  centurie VIII  du second volet, ne se comprend ainsi que sur la base du manuscrit  en question: « Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’avril naistra un de quelque grand Roy et monarque qui fera sa fin cruelle et sanguinolente (…)On le nommera MARCELLINUS (en majuscules ndlr)mais on ostera de son nom l »R’ » Ce  qui donne  ‘Plus Macelin  que Roy en Angleterre (…) son temps s’approche  » Marcelin sans R  donne Macelin.rapproché de l’italien pour boucher. » Nostradamus  est au moment de sa mort puissamment marqué par la théorie des conjonctions (cf édition 1906 p. 10) qui impressionnera dans les années 1580 jusqu’à un Jean Bodin dans un chapitre de sa République. Ce quatrain de la huitième centurie montre que le corpus prophétique de Nostradamus avait été exploité par ceux qui se chargèrent de la confection du second volet des Centuries – le camp favorable à l’avénement d’Henri de Navarre à la Couronne de France, selon la formule du Janus Gallicus (1594) En ce sens, l’on ne saurait  affirmer  que les Centuries ne relévent pas formellement  d’une certaine façon de l’oeuvre de Nostradamus mais certainement pas de la période des années 1550. Tout comme les quatrains des almanachs,  la prose de Nostradamus aura servi à nourrir un certain nombre de quatrains  des Centuries. Ajoutons que dans le cas de Crespin, il ressort que certains de ses textes ne sont  pas repris des Centuries mais  y auront été intégrés, notamment ceux concernant la Synagogue (VIII, 38).ostradamus . Le tournant prophétique  des années 1560

par  Jacques  Halbronn

 

A partir des années 1560,  le contexte nostradamique va changer sensiblement.  On voit apparaitre des fausses éditions des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame, notamment du fait de libraires parisiens comme Barbe Regnault, ce qui a été signalé dans les bibliographies  de Chomarat et de Benazra  dans le Répertoiure Chronologique Nostradamisque que nous avons édité;  qui parlent d’éditions « pirates »..(cf RCN pp. 42  et seq) Nous avons signalé que le frontispice de ces contrefaçons n’était pas le même que celui des Pronostications authentiques. On notera  que  chez Nostradamus, seules   les pronostications comportent une  vignette représentant l’auteur alors que dans les éditions pirates, les vignettes figurent tant pour  les almanachs que pour les pronostications. et ces vignettes ne sont pas identiques chez le vrai et chez le faux Nostradamus, erreur qui aura été fatale pour les tenants des éditions antidatées des années 1555 -1557. C’est le détail qui tue. On ne saurait négliger la preuve iconographique!

 

Mais, par ailleurs, Nostradamus va se hasarder dans une veine prophétique. En 1991, nous publiame dans la revue  Réforme, humanisme, Renaissance -n°53  une étude intitulée  Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus dont nous reproduisons ci dessous le résumé paru :

 

« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre. La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561  Cet article a été reris  sur internet  sur différents supports.(https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modern, et Persée) et signait notre entrée dans le domaine nostradamologique. Pie IV est le grand absent des éditions centuriques qui ne reproduisent pas  les textes de Nostrdamus adressés au pape. Ce qui est un signe de leur caractère décalé de deux décennies. L’imporrance de ces textes  avait été notamment signalée  en 1906 avec la « Reproduction  très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à SS le Pape Pie IV » Mariebourg (cf RCN, p. 449)  où l’on précise qu’il s’agit de l’almanach pour 1563. En  1905 était paru chez le même éditeur une « réimpression de l’almanavh de Michel de Nostredame pour l’année 1563 (Avignon, donc dans les territoires pontificaux français, Pierre Roux)dédié à Pie IV

 

Etrangement, Benazra ne fait pas le rapprochement -p. 52) avec les Praedictions  de l’almanach  de 1562, 1563 1564″ D’une certaine façon, ce volume manuscrit ferait pendant au Recueil  des Présages Prosaiques (dont une partie a été éditée par B. Chevignard en 1999; Ed. Seuil). Dans les deux cas, il s’agit de  volumes rassemblant des textes envoyés aux libraires. Mais l’on notera qu’il s’agit là de deux séries distinctes. Le Recueil des Présages Prosaiques concernant les almanachs et pronostications,  les « Praedictions » concernant un autre genre dont il va être question et la différence des intitulés n’est pas indifférente. On ne connait d’ailleurs une impression de ces Prédictions que dans leur version italienne mieux conservée , curieusement,  à la BNF  que la  série des  almanachs et -pronostications de Nostradamus, la BNF n’en possédant aucun en propre (cf RCN pp.  62-77) Signalons aussi l’article de Robert Amadou -(RCN, p. 618) paru dans la revue L’Autre Monde (février 1986)  « De Nostradamus au pape Pie IV.. Lettre ouverte ».

 

Abordons  la présentation de 1906 qui  met  exergue  des extraits  qui selon nous, sont d’un autre style que la production annuelle habituelle de Nostradamus. On sort de la triplicité aquatique pour entrer dans la triplicité de feu, ce qui réfère à la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, notamment exposée par Leovitius comme on peut le voir dans ce «  Discours contre Cyprien Leovitius & autres modernes astrophiles, touchant la grande conjonction du monde, & des quatre Eclipses de Soleil »  de Francesco Liberatil, imprimé à Paris & au Mans par Hierosme Olivier l’an 1576. Nostradamus pointe le milieu des années 1560. Rappelons que lui même décédera en 1566 alors mêmes que se précisent certaines échéances. D’ailleurs, les Significations de l’écliose de 1559 seraient déjà marquées par cette influence ( CORPUS NOSTRADAMUS 133 — par Patrice Guinard
Prédictions des Choses mémorables et Pronostication du Cercle solaire), RCN p. 30. Réimpression 1904)

 

Se pose la question de l’édition datée de 1556  des Prophéties d’Antoine Couillard Du Pavllon Les Lorriz, lequel publia en 1561  des Contreditz aux faulses & abusifves  prophéties de Nostradamus & autres  astrologues, Paris,  Charles L’angelier. (RCN, p. 45) ouvrage où il est fait référence aux dires conjonctions. Selon nous,  le texte daté de 1556 pourrait avoir été antidaté en s’inspirant de du pamphlet de 1561, d’où certains anachronismes à commencer par l’usage du mot Prophéties dès 1556. On notera que le nom de Nostradamus ne figure pas dans ce texte, ce qui montre que l’on s’attaque à un auteur bien reconnaissable, ce qui selon nous n’était pas encore le cas alors.. Parmi les étrangetés, cette parodie de la Préface à César figurant dans l »édition antidatée de 1555 des « Prophéties » du dit Nostradamus. on retrouve le même procédé chez un Antoine Crespin (cf notre éditions Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) dans ses Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572) que P. Brind’amour exploitera  dans son édition de 1996 du volet daté de 1555 (Droz), lesquelles reproduisent sans citer leur source un grand nombre de versets figurant dans les éditions contrefaites (cf notre post doctorat 2007 sur ce point, Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle); On  note l’instrumentalisatin d’imitateurs de Nostradamis mais  aussi d’adversaires (cf infra avec Videl)  en vue d’authentifier les fausses éditions et les Prophéties de Couillard datées de 1556  appartiennent au genre du pastiche. Ce qui vaut pour les Prophéties de Couillard de 1556 vaut  a fortiori pour Laurens Videl et là encore, c’est la référence à des passages de la Préface à César qui séduit un Patrice Guinard:   » Certains passages de sa Declaration des abus ignorances et seditions de Michel Nostradamus, parue en Avignon en 1558, semblent se référer explicitement à l’exemplaire de Budapest, répétant notamment l’une des fautes typographiques d’une sentence de la préface à César : « nous inspirant par baccante fureur, ne par l’imphatique [sic] monument, mais par astronomiques assertions » (1557, exemplaire de Budapest), mais dans l’édition Bonhomme de 1555, dans l’édition Du Rosne de 1557 (exemplaire d’Utrecht), et dans toutes les éditions ultérieures : « nous inspirant non par bacchante fureur, ne par lymphatique [ou limphatique] mouvement, mais par astronomiques assertions« . En effet Videl s’empare de l’occasion pour se gausser de l’alcoolisme « avoué » du salonais : il « nous veut inventer une nouvelle astrologie forgée en sa furye bacchanale, & non limphatique, (comme il dit) sur umbre de prophetie. » (f. D4r). Videl ne reprend que l’inversion de la négation (ce qui n’est ni suffisant ni significatif, surtout s’il a estimé que la « furye bacchanale » conviendrait assez bien à l’auteur des Prophéties, mais non la faute typographique « monument » pour « mouvement » qu’il aurait signalée dans ses persiflages s’il avait suivi l’édition datée de novembre 1557 !Ce dernier argument ne tient pas car la préface de l’ouvrage de Videl — prétendument traduit du latin! — est datée du 20 novembre 1557 et la conclusion du 21 novembre 1557 : rien n’aurait empêché Videl d’avoir rédigé son texte à l’emporte-pièce en quelques jours après la sortie de la seconde édition Du Rosne le 3 novembre 1557. » Guinard ne cite d’ailleurs pas les Prophéties de Couillard à l’appui de sa « démonstration » Il est vrai que le rapprochement des deux textes est assez édifiant  quant à l’usage d’un même procédé  et d’ailleurs  Du Pavillon cite carrément »nostre Maistre Nostradamus »et le nom de son fils César (p. 5)

 

Tout le monde se trouve piégé : aussi bien ceux qui veulent situer les premières éditions en 1555 que ceux qui parlent d’éditions posthumes comme celle, prétendue, de 1568. Dans le même genre, on citera  le texte de l’Androgyn  Lyon, Michel Jove, 1570 ‘cf RCN pp; 95-97)  attribué à Jean de Chevigny et qui renvoie à Dorat. Toute une production destinée à valider la thèse d’éditions du vivant de NOstradamus ou suivant de peu sa mort et qui égareront les chercheurs naifs.

 

On aura compris que pour nous,  au cours des années 1560 -et en fait un peu avant- Nostradamus fut happé par la théorie apocalyptique des grandes conjonctions (d’Albumasar), ce qui le conduisit à une forme de prophétisme qui ne s’était pas révélée auparavant, et c’est ce qui le conduira à s’adresser au pape Pie IV. Autrement dit, dans les années qui précédèrent cette décennie, nostradamus ne se voulait point prophète. Rappelons que la Préface à César fait partie de ce corpus de contrefaçons puisqu’elle ouvre l’édition des « Prophéties » Lyon, Macé Bonhomme 1555 et est reprise en 1557 chez Antoine du Rosne. Double bévue donc des faussaires, quant aux pages de titre tant en ce qui concerne les vignettes que les intitulés des oeuvres, laquelle bévue n’aura pas été décelée, malgré nos avertissements, depuis plus de 20 ans par les prétendus « spécialistes -cf « .CORPUS NOSTRADAMUS 49 — par Patrice Guinard  Les Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)

 

Revenons donc  sur le « pastiche » de 1556  (cf sa reproduction  http://www.propheties.it/1556-005%20Pavillon,%20Les%20Propheties/slides/1556-005-011.htm) avec au folio  B II  « un millier de ses autres folies » On retrouve la même formule au fol G II  «   un milier des resveries escriptes par nos nouveaux prophétes » (fin de la quarte partie du Livre des Prophéties  du Seigneur du Pavillon »

 

. C’est évidemment une référence aux dix centuries de cent quatrains qui constitueront in fine le canon centurique. Or, il est clair qu’en 1556 on en était encore très loin puisque la formule des 10 centuries ne saurait être antérieure à 1568 pour les tenants de cette édition et au début des années 1590 pour les plus sceptiques dont nous sommes. A vouloir trop prouver…. Abordons à présent la question de la fortune de l’interpellation du pape par Nostradamus, telle que nous la restitue l’édition de 1906 du manuscrit. Sur la forme, il est clair qu’on assiste à un changement de statut de Nostradamus lequel met en avant des échéances dépassant largement le cadre annuel auquel il s ‘était tenu jusque là. L’erreur des faussaires est de ne pas avoir pris la mesure du tournant des années 1560 en le plaquant dès les années 1550, logeant tout ce qui leur tombait de nostradamique sous la main à la même enseigne, sans considération d’espace ni de temps..

 

Le quatrain 76 de  la  centurie VIII  du second volet, ne se comprend ainsi que sur la base du manuscrit  en question: « Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’avril naistra un de quelque grand Roy et monarque qui fera sa fin cruelle et sanguinolente (…)On le nommera MARCELLINUS (en majuscules ndlr)mais on ostera de son nom l »R’ » Ce  qui donne  ‘Plus Macelin  que Roy en Angleterre (…) son temps s’approche  » Marcelin sans R  donne Macelin.rapproché de l’italien pour boucher. » Nostradamus  est au moment de sa mort puissamment marqué par la théorie des conjonctions (cf édition 1906 p. 10) qui impressionnera dans les années 1580 jusqu’à un Jean Bodin dans un chapitre de sa République. Ce quatrain de la huitième centurie montre que le corpus prophétique de Nostradamus avait été exploité par ceux qui se chargèrent de la confection du second volet des Centuries – le camp favorable à l’avénement d’Henri de Navarre à la Couronne de France, selon la formule du Janus Gallicus (1594) En ce sens, l’on ne saurait  affirmer  que les Centuries ne relévent pas formellement  d’une certaine façon de l’oeuvre de Nostradamus mais certainement pas de la période des années 1550. Tout comme les quatrains des almanachs,  la prose de Nostradamus aura servi à nourrir un certain nombre de quatrains  des Centuries. Inversement, le quatrain VIII 38« Roy de Bloys en Avignon régner-  est emprunté à  son imitateur Antoine Crespin (cf notre étude sur propheties. it  et  notre communication de 2009 au 14e Congrès Mondial des Etudes Juives,à Jérusalem  et Fortune du prophétisme d’Antoine Crespin Archidamus (site Espace Nostradamus) et cela nous amène au début des années 1570!

 

 

 

 

 

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