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Jacques Halbronn La technique de l’Ascendant implique une astrologie stellaire

Posté par nofim le 2 mars 2021

Méthodologie  en Histoire des textes . La technique de l’Ascendant implique une astrologie  stellaire

par  Jacques  Halbronn

 

Notre conception de l’Histoire de l’astrologie peut être qualifiée d’archéologique en ce qu’un document doit être scrutée en vue d’en dégager des couches, des strates successives comme on le ferait pour le site d’une ville. Nous avons déjà illustré récemment notre méthodologie à propos de la Tétrabible de Ptolémée en mettant en oeuvre une démarche systémique, c’est à dire en recherchant une cohérence initiale susceptible de s’être dégradée, altérée au fil des âges. Cette fois, nous revenons sur la technique de l’Ascendant que les astrologues actuels ne sont guère en mesure de justifier dès lors qu’ils ont renoncé, pour la plupart, au référentiel stellaire. Nous aborderons enfin le cas des résultats statistiques de Gauquelin concernant le « lever » des planètes.

La première chose à ne pas oublier, c’est que sur le trajet de l’écliptique, l’on trouve bien plus d’étoiles que de planètes, lesquelles sont l’exception. La preuve en est que l’on aura été en mesure de constituer des constellations tout au long de l’écliptique, ce qui ne pouvait avoir été envisagé que sur la base  d’un « matériau » stellaire abondant car il n’y a pas de fumée sans feu. Rien n’était plus facile que de repérer  quelle étoile était présente dans le ciel lors d’une naissance. On dit d’ailleurs « etre né sous une bonne étoile » A propos de constellation, il n’existe pas que la division en 12 mais aussi la division en 28.  Le problème de la division en 12 secteurs, c’est qu’elle aura fait croire que l’astrologie aurait un fondement « tropicaliste », tentation que l’on n’aura point avec la division en 28 secteurs (appelés nakshatras en astrologie/astronomie indienne. En effet, parler de division en 12 renvoie à la symbolique des 12 mois de l’année terrestre bien que cette division n’a rien à voir avec le cycle des saisons : on ne change pas de signe  à la nouvelle Lune! Il est vrai que la date de la Fête de Paques combine ces deux paramètres. « C’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps ». En fait, quel que  fut le mode de découpage, à base 12  ou 28, l’étoile se levant serait la même. Certes, ce que l’on appelle Zodiaque renvoie peu ou prou à l’iconographie des 12 mois de l’année, chaque saison se voyant représentée par trois « signes ». On attribua ainsi à chaque groupe de trois signes des représentations propres  à la saison correspondante

Ce que beaucoup de chercheurs ne parviennent apparemment pas à comprendre, c’est que ces différents modes de découpage sont totalement arbitraires et interchangeables. Même le fait de débuter un cycle à l’équinoxe de printemps  n’est jamais qu’un critère commode, ni plus, ni moins, ce qui relativise d’autant l’importance à accorder en astrologie aux axes équinoxiaux et solsticiaux. Il est clair que le passage d’une planète d’une division (signe, constellation, nakshatra etc) à une autre ne saurait valoir en soi pour l’astrologie. C’est un épiphénomène. A contrario, les aspects apparaissent comme  un facteur  bien plus fiable pour l’astrologie, ne dépendant pas de la précession des équinoxes, comme l’avait compris Kepler (cf notre étude « Les historiens des sciences face à l’activité astrologique de Kepler », Congrès National des Sociétés Savantes, Bordeaux, 1979, Gérard Simon, Kepler, astrologue astronome, Gallimard 1977),

Ainsi, dans le cas de l’Ascendant, l’on repérait l’étoile fixe natale ascendante (birthstar comme dirait William J. Tucker). Or, qu’en est-il de nos jours? On nous annonce que telle personne est née avec, sous tel signe ascendant mais sans aucune référence stellaire, ce qui est totalement abstrait, qu’il  y ait ou non une planète à l’ascendant.  Sommes nous ici dans de  l’astrologie « rotationnelle » ou dans  de l’astrologie cyclique, liée aux révolutions des planètes? Il y a  là quelque ambiguité car les deux astrologies se servent du zodiaque mais pas de la même façon. L’astrologie rotationnelle  se contentera de noter que telle étoile se lève, est en ascension, à telle  heure, en tel lieu, à la naissance en la situant dans un système de coordonnées à base 12 ou à base 28. Quant à l’astrologie des divers cycles planétaires, le Zodiaque permet de situer telle planète à tel moment de son cycle. En définitive, force est de constater que l’astrologie des cycles n’a que faire de l’étoile ascendante à la naissance, laquelle reléve de la rotation terrestre. On est donc ici face à un phénomène de syncrétisme, c’est à dire de mélange de plusieurs  systèmes astrologiques censés, au départ, s’exclure mutuellement.  Bien plus, l’astrologie rotationnelle aura été bien antérieure dans son émergence à l’astrologie des cycles car pour situer une planète dans le ciel, en mouvement diurne, la durée de révolution ne joue pas et la Lune progresse aussi vite que toute autre « planète » et c’est d’ailleurs pour cela que cette astrologie  rotationnelle traite toutes les planètes  à la même enseigne, comme on le voit pour le dispositif  des maitrises planétaires, figurant dans la Tétrabible.  Cette astrologie rotationnelle ne disposait donc pas au départ d’une technique prévisionnelle  sinon à l’échelle d’une journée, d’où le recours à  une cyclicité fictive, fondement de la technique des « directions ».  Quant au thème astral, natal, il est utilisé par les deux formes d’astrologie, l’une apportant le découpage en maisons – et là encore peu importe en combien de sections, 12 ou 8 (selon Patrice Guinard) et encore autrement chez Gauquelin – et l’autre la technique des aspects, inhérente à l’astrologie cyclique.
Cela dit, cette astrologie rotationnelle était certainement à l’origine stellaire comme on s’en est expliqué plus haut, les étoiles défilant tour à tour et sans le stellaire, l’ascendant est une coquille vide. Quant à l’astrologie cyclique, il est tout aussi évident que les étoiles fixes permettaient de suivre la courses des planétes et même de déterminer leur temps de révolution, de retour « sidéral ». Le tort des sidéralistes (Dorsan etc) aura été de ne pas être stellariste, si ce n’est quant à la fixation du point de départ, relevant de l’Ayanamsa (décalé de plus de 20° par rapport à l’équinoxe de printemps (0° bélier tropique). Ils seront notamment passés à coté des Nakshatras et du découpage en  28 demeures, en dépit de leur intérêt pour l’astrologie indienne, ce qui leur aurait évité le piège saisonnier lié au 12.

Passons à présent aux travaux de Gauquelin qui ne sont pas sans poser quelque problème.(cf  notre ouvrage avec Serge Hutin,  L’étrange histoire de l’astrologie, 1986, notamment  la Préface à Marie Delclos (non nommée) Selon nous, le dispositif qu’aura mis en lumière Michel Gauquelin, malheureusement décédé en 1991, à la veille de la publication des Personnalités Planétaires, 1992), implique que l’enfant déclenche  sa sortie du ventre de sa mère, ce qui suppose qu’il attende que « sa » planète se profile à l’horizon pour que cela ait lieu et Gauquelin s’est plaint des accouchements médicalement provoqués, pour cette raison.  En revanche, dans le système décrit plus haut, l’enfant serait marqué par les étoiles sous lesquelles il est né,  ce qui peut se produire à tout moment puisque -avec les étoiles – l’on n’est pas limité par le petit nombre de planètes. On voit que là encore deux visions cohabitent voire trois: celle de la planète déclenchant l’accouchement selon l’astrologie rotationnelle, celle des étoiles marquant le né à  sa naissance selon la même astrologie rotationnelle – mais les deux approches s’excluent mutuellement -  et enfin celle, le plus souvent en vigueur de nos jours – d’une astrologie cyclique -à commencer par le soleil passant d’un signe à l’autre – et qui se réfère à l’ascendant comme  faisant sens en dépit, éventuellement, de la présence d’une planète dans ce secteur  ou d’une étoile, ce qui -on l’ a dit, est quand même le comble de l’abstraction voire d’une certaine forme de fiction! Mais toutes ces contradictions s’expliquent par le syncrétisme qui conduit à mélanger, à mixer  indistinctement tout ce qui ressemble à de l’astrologie. C’est dans ce piège que sont tombés Jean-Pierre Nicola et ses disciples, de Richard Pellard, Bernard Blanchet à Patrice Guinard, cherchant à tout prix  à préserver  de façon  factice, son « unité » ,  quitte à passer par de savantes reformulations voire à une nouvelle terminologie ( à l’instar d’un Dom Néroman, dans les années 30-40 avec son Fatum, ses plexus  et ses antennes)..en  conservant pêle-melle signes, maisons, aspects, planètes – mais surtout pas les étoiles fixes – se privant ainsi d’une pièce essentielle du puzzle.

En fait, selon nous, l’astrologie rotationnelle aura été paradoxalement à l’origine du dispositif des maitrises planétaires car on voit bien que le curseur, ici, est l’ascendant et que les étoiles qui lui correspondent successivement, selon un découpage zodiacal, sont associées à des planètes dont la présence est parfaitement fictive.  Ce n’est que par la suite que l’astrologie cyclique se servira d’un tel dispositif pour évaluer la force des planètes passant dans tel ou tel signe. On a déjà signalé le phénoméne pour le corpus Nostradamus, l’imitateur  se voyant  finalement récupéré par son modéle.

 

 

 

 

 

 

 

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