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jacques Halbronn Le Juste et le Témoin dans le Christianisme

Posté par nofim le 20 avril 2021

 

Le « Juste » et le « Témoin » dans la Bible. Quid de Sodome?

par Jacques Halbronn

 

Première Epitre de Jean

 

Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier «

King James Bible

»My little children, these things write I unto you, that ye sin not. And if any man sin, we have an advocate with the Father, Jesus Christ the righteous »

 

Il n’est pas indifférent que le terme de « Juste » soit apposé à la personne de ce Jésus Christ car si l’on rend « Juste » par l’hébreu

« Tsadiq », cela noue renvoie notamment à l’épisode au cours duquel Abraham « négocie » avec « Dieu », le sort de Sodome.

 

 

 

כח אוּלַי יַחְסְרוּן חֲמִשִּׁים הַצַּדִּיקִם, חֲמִשָּׁה–הֲתַשְׁחִית בַּחֲמִשָּׁה, אֶת-כָּל-הָעִיר; וַיֹּאמֶר, לֹא אַשְׁחִית, אִם-אֶמְצָא שָׁם, אַרְבָּעִים וַחֲמִשָּׁה.

28 Peut-être à ces cinquante justes, en manquera-t-il cinq: détruirais-tu, pour cinq, une ville entière? » Il répondit: « Je ne sévirai point, si j’en trouve quarante-cinq »

 

 

לב וַיֹּאמֶר אַל-נָא יִחַר לַאדֹנָי, וַאֲדַבְּרָה אַךְ-הַפַּעַם–אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, עֲשָׂרָה; וַיֹּאמֶר לֹא אַשְׁחִית, בַּעֲבוּר הָעֲשָׂרָה.

32 « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite pas, je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’en trouvera-t-il dix? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces dix. »

לג וַיֵּלֶךְ יְהוָה–כַּאֲשֶׁר כִּלָּה, לְדַבֵּר אֶל-אַבְרָהָם; וְאַבְרָהָם, שָׁב לִמְקֹמוֹ.

33 Le Seigneur disparut, lorsqu’il eut achevé de parler à Abraham; et Abraham retourna à sa demeure.

 

 

La figure du Tsadiq apparaît ici comme plurielle, en quelque sorte quantitative, comme exigeant une certaine

proportion de ce type d’hommes au sein d’une société viable. On a ainsi du mal à comprendre ce que ce qualificatif peut signifier apposé au nom de Jésus Christ. Il nous plait, au demeurant, de voir Jésus identifié à un Tsadiq dont il est notamment question dans le hassidisme. Dans une précédente étude, nous avons associé le Tsadiq avec Tsedeq, le nom hébraique de la planète Jupiter dans le Livre de la Création (Sefer Yetsira)

Pour nous, le Tsadiq est l »interface entre les dieux et les hommes mais en aucune façon, il ne saurait etre un cas unique mais une constante nécessaire, comme on l’ a vu à propos du jugement porté sur Sodome. (Genése XVIII)

On observe également que le Tsadiq, chez les Hassidim, est certes un personnage important mais en aucune façon unique en son genre.

Que peut donc signifier l’expression sous la plume de Jean :

 

« Nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. » ?

 

Une autre expression nous interpelle, celle de « témoin » , repris par les « Témoins de Jéhovah »

«Vous serez mes témoins à Jérusalem …» (Actes 1,8)

Ce personnage du témoin occupe une position quelque peu ambiguë en ce qu’il est un observateur. – on parle de « témoin

oculaire » – et non pleinement partie prenante.

Or, nous observons un glissement du statut de témoin à celui d’acteur dans la scène qu’il relate.

Pour nous, il est bon que les témoins se contentent de n’être que cela plutôt que de s’identifier à ceux qu’ils ont l’occasion d’observer, d’attester, de témoigner.

Autrement dit, dans le cas de l’usage de ces deux termes, le Juste et le Témoin, nous percevons une forme de dérive. Pour le christianisme, le Juste ne serait pas un simple Juste et le Témoin, ne saurait être juste un simple témoin  mais quelqu’un qui s’implique, qui devient celui qui est en face de lui. Pourquoi le

Chrétien ne pourrait en effet être un « témoin » de la présence juive au monde et ce ni plus ni moins ?

 

Dans les deux cas, une telle évolution fait problème du point de vue judaique. Dans le premier cas, l’on peut tout à fait reconnaître

en Jésus un » Juste » mais non « le » Juste. Pour en revenir à Sodome, il est clair qu’il faut des Justes et en quantité suffisante. Peut être Jésus a-t-il su s’entourer de « Justes », de créer une compagnie de Tsadiqim avec ses apotres. En tout cas, le terme évoque bien dans le Livre de la Genése une certaine élite morale capable par sa présence de ‘sauver » une ville.. C’est ainsi que le dialogue de Genése XVIII se retrouve dans la rhétorique chrétienne de la Salvation et en tout cas du Pardon

Genése XVIII :

 

 

כו וַיֹּאמֶר יְהוָה, אִם-אֶמְצָא בִסְדֹם חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם בְּתוֹךְ הָעִיר–וְנָשָׂאתִי לְכָל-הַמָּקוֹם, בַּעֲבוּרָם.

26 Le Seigneur répondit: « Si je trouve à Sodome au sein de la ville, cinquante justes, je pardonnerai (veNassati) à toute la contrée à cause d’eux »

 

On se demandera donc si le Christianisme n’est pas en quête de ces Justes qui permettront à Dieu d’épargner une humanité pécheresse tout en sachant que l’on n’attend pas de tous les hommes qu’ils soient des Justes mais qu’ils ne les fassent pas, en tout cas, disparaître, fuir,qu’il ne les élimine pas au point qu’il ne s’en trouve plus. Là encore, nous sommes obligés de signaler comme une sorte de glissement. Jésus est-il le seul Juste  capable à lui seul de sauver toute l’Humanité ou bien a t il vocation à faire venir, se révéler d’autres Justes selon l’esprit de Genése XVIII ?

Les Chrétiens sont ils des témoins du peuple dont Jésus est issu ou bien sont ils invités à s’intégrer au sein de ce peuple ?

 

 

 

 

 

 

JHB

 

19 04 21

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