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Jacques Halbronn La recension des textes astrologiques français et l’obstacle du latin J. B.Morin de Villefranche, Gassendi, Pierre Petit, Réchac

Posté par nofim le 25 avril 2021

Petri Petiti Philosophi & Doctoris Medici Parisiensis De Sibylla: Libri tres  - Pierre Petit - Google Books

 

La recension des textes astrologiques français et l’obstacle du latin. J. B. Morin,  Gassendi, Pierre Petit

par Jacques E.  Halbronn

 

Certaines lacunes bibliographiques semblent liés à la question d’un bilinguisme français-latin se perpétuant tout au long du XVIIe siècle. Au cours de nos recherches s’étalant sur un demi-siècle, quelques cas nous apparaissent comme emblématiques. On s’intéressera successivement à Jean-Baptiste Morin (de Villefranche), à Pierre Gassendi et à Pierre Petit dans le cadre de la littérature astrologique au sens large, à savoir englobant autant les défenses que les critiques de l’Astrologie et des astrologues..

Le cas de Morin de Villefranche

Jusqu’au début des années 70 du siècle dernier, Morin était considéré comme un auteur ayant produit son œuvre en latin. Plusieurs traductions vers le français avaient d’ailleurs été publiées, sur plusieurs décennies, par les soins de H. Selva et de Jean Hiéroz, à partir de chapitres de son énorme « Astrologia Gallica » posthume (La Haye 1661)

Et puis, un beau jour de 1971, nous fimes la découverte à la Bibliothèque de l’Arsenal des Remarques Astrologiques sur le Centiloque, dans une réédition posthume de 1657 (Paris, Pierre Ménard), la première édition étant parue chez l’auteur-éditeur en 1654..Ce fut un choc pour le milieu astrologique de s’apercevoir que l’on était passé à côté de deux éditions d’un travail de Morin censé servir de préambule à la dite Astrologia Gallica. En 1975, nous publiames cet ouvrage, en en ayant modernisé la langue (Ed Retz. Collection Bibliotheca Hermetica, dir. René Alleau)

Le cas Gassendi

Gassendi fut un adversaire déclaré de Morin, professeur au Collége Royal et cela fut l’occasion de recueil de lettres des amis de Gassendi contre l’astrologie et plus spécialement contre Morin, dans les années cinquante. Mais l’essentiel de l’oeuvre de Gassendi était parue en latin et ce dès les années 1630. Or, en 1992, au Colloque Gassendi de Digne, nous avons montré que Mersenne, à l’intérieur de ses Préludes à l’Harmonie Universelle (1636) avait traduit en français un assez long texte sur l’astrologie.

Mais ces deux cas sont déjà de l’histoire ancienne et nous nous arrêterons plus spécialement sur le personnage de Pierre Petit, dont l’oeuvre relative à Nostradamus sera passée totalement inaperçue des nombreuses bibliographies consacrées au corpus Nostradamus, depuis une quarantaine d’années, si l’on débute avec Daniel Ruzo et son Testament de Nostradamus (Ed Rocher, 1982) et continue avec Michel Chomarat, Robert Benazra, Patrice Guinard, Mario Gregorio.Et la raison de cette lacune, on la devine, c’est qu’il s’agit d’un texte d’un auteur français paru en latin, à Leipzig, en 1686, à savoir le De Sibylla libri tres, ouvrage qui ne comporte en son titre aucune mention de Nostradamus lequel n’occupe d’ailleurs qu’un chapitre, soit tout de même une bonne douzaine de pages. Hervé Drévillon, dans sa thèse de 1994(EHESS) Lire et écrire l’avenir. Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du XVIIe siècle (1610-1715) signale deux textes de Pierre Petit, en français, dont notamment un texte relatif à l’Eclipse de 1654,L’éclipse du Soleil, du 12 d’août 1654, ou Raisonnements contre ses pronostiques, Ed Pierre Gomboust , Paris ,Paris, A. Lesselin,1654. affaire à laquelle Elisabeth Labrousse consacra un ouvrage (La Haye, Nijhoff, 1974, dont nous fimes la critique), « L’Entrée de Saturne au Lion ». Or Blaise Pascal qui s’était intéressé à ce phénoméne était en relation avec ce Pierre Petit. Mais ce n’est que 30 ans plus tard que le même Petit, en 1586, à l afin de sa vie (il décédera l’année suivante) produisit son étude sur la Sibylle, incluant le développement mentionné consacré à Nostradamus et à ses Centuries, sous le titre : De Michaele Nostradamo & fatidicis ejus Centuriis iudicium » (chapitre IX du Livre III, voir aussi fin de son chapitre VIII) L’ouvrage de Pierre Petit n’est d’alleurs nullement absent parmi les numérisations : https://books.google.fr/books?id=HpJTAAAAQAAJ&pg=PA333&lpg=PA333&dq=de+sibylla+libri+tres+pierre+petit

Nous avions signalé en 1988 l’ouvrage de Pierre Petit de 1686, dans un mémoire resté inédit, «  Introduction Bibliographique à l’étude de l’astrologie françaises de la fin du Xve siècle à la fin du XX siècle » mais signalé dans sa bibliographie par H. Drévillon lequel mentionne dans sa bibliographie (p. 469) le texte de Petit sur l’éclipse de 1654 mais aussi un autre sa Dissertation sur la nature des cométes,

CI dessous, notre texte de 1988:

 »En 1686, Pierre Petit se référant à Etienne Jaubert,(Eclaircissement des véritables quatrains, 1656 en fait du au dominicain Jean de Réchac, cf notre post doctorat, EPHE Ve section, 2007 qui d’ailleurs ne mentionne pas ce médecin parmi les artisans de la critique nostradamique ) lui consacre un chapitre de son « de Sibylla libri tres »

 

Avec un discours sur les pronostiques des éclipses et autres matières curieuses Paris, Thomas Jolly/ 1665 mais ne signale pas l’ouvrage du même Petit de 1686. Mais en 1991 nous avions fait une communication lors d’un Colloque d’Histoire de l’Astrologie dont étaient sortis des Actes « L’Astrologie en terre de France » (SCRIBD) ; « Bibliographie de la littérature anti-astrologique française » où nous signalions, entre autres, les deux textes de Pierre Petit.

Du texte de Pierre Petit, en vérité, il semble qu’il ait largement repris, comme il le reconnaît lui même, l’Apologie figurant dans l’Eclaircissement des véritables quatrains, paru anonymement en 1656 – et Petit se référe, à plusieurs reprises, à cet ouvrage comme étant celui de l’Anonyme. Nous savons qu’il s’agissait en fait du dominicain Jean de Réchac (et non d’un certain Etienne Jaubert cf notre post doctorat sur la naissance de la critique nostradamique, 2007), dont le texte français aurait été ainsi rendu en latin en 1686.

Jusqu’à notre travail, les nostradamologues n’avaient pas effectué les investigations nécessaires. Mais Benazra (RCN, note de bas de page, p. 231)signale le nom de Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. Nous avons retrouvé grâce à certains  recoupements le manuscrit aux Archives Nationales, à Paris sous le titre de « Nostradamus glosé ». dont seule une partie avait fait l’objet de l’impression de 1656.

 

JHB

24 04 21

Bibliographie:

Halbronn J. Pierre Gassendi et l’astrologie judiciaire : approche bibliographique.

Quadricentenaire de la naissance de Pierre Gassendi (1592-1992) / Actes du colloque international Pierre Gassendi, Digne-les-Bains, 18-21 mai 1992 ; Société scientifique littéraire des Alpes de Haute-Provence.

Halbronn J.  Remarques Astrologiques sur le Commentaire du Centiloque de

Ptolémée  par Nicolas de Bourdin,  Paris, Retz 1975

Habronn J.  Questions autour du texte sur l »éclipse de 1654 attribué à Gassendi.

in Gassendi et la modernité, Dir Sylvie Taussig,   Brepols 2008

Halbronn J.  « Les variations d’impact des cométes en France.Etude bibliographique

fin XVe-fin XVIIIe siècles »  in  La Cométe de Halley et l’influence sociale et politique des astres, Actes du

Colloque de Bayeux  1986, Dir R Pillorget,  Bayeux, 1991

  Halbronn J. compte rendu de l’Entrée

de Saturne au Lion  (Eclipse de 1654) d’Elisabeth Labrousse,  La Haye Nijhoff, 1974. in

Revue d’histoire des sciences 1980

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