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Jacques Halbronn. A propos de son étude inédite de 1988 sur Nostradamus

Posté par nofim le 1 mai 2021

 

 

 

 

 

Jacques Halbronn. A propos  de son étude inédite de 1988 sur Nostradamus

 

 

Cette étude figure dans notre Introduction bibliographique à l’étude de l’Astrologie française, de la fin du Xve siècle à la fin du Xxe siècle

« L’oeuvre astrologique de Nostradamus.

« Nostradamus n’est pas l’homme d’une seule œuvre, les Centuries. Outre les textes non astrologiques, il publie une série d’almanachs ; de prognostications- largement étudiée par un Buget, un Chomarat, un Benazra etc qui firent sa réputation de son vivant plus encore que ses prophéties successives. Sa réputation, de son vivant, doit probablement plus à ses productions annuelles, à ses préface à César et à Henri Second (celle datée de janvier 1556) qu’aux fameuses et obscures Centuries qui ne trouveront de commentaire cohérent qu’en 1594 avec la Première Partie du Janus Gallicus de Chavigny qui d’ailleurs commençant en 1534

présente parfois Nostradamus comme décrivant des événements ayant de vingt ans précédé les premières Centuries.

Les adversaires de Nostradamus ne s’y trompent pas : ce sont les petits ‘paquets » annuels attendus impatiemment par le public que dénonce un La Daguenière, un Fulke ou, au contraire, que célébre un Ronsard (texte reproduit par Chavigny dans le Janus François) (…) D’ailleurs, les quatrains n’en sont pas absents et Chavigny (…) combinera, fixant ainsi une certaine méthode éxégétique relevant plus d’une tradition orale que d’indications écrites de Nostradamus les quatrains de toutes origines pour asseoir sa démonstration . Si Chavigny est , comme l’indique Jean Céard, le premier exégéte des quatrains nostradamiques, Antoine Couillard est certainement le premier commentateur, ironique certes, de la Préface à César. Oliviet Millet (cf Feux Croisés sur Nostradamus au XvIe siècle, in Divination et controverse religieuse en France, au xVIe siècle, Journées Verdun Saulnier, n°35, 1987) a justement rappelé que ces Prophéties n’en étaient pas »

 

 

« Le cas des Centuries – peu importe ici si elles constituent ou non un ensemble homogéne constitue un cas extreme et devrait permettre de mener une recherche statistique étant donné que la production nostradamique ne se répartit pas régulièrement sur quatre siècles.

On note d’abord entre 1568 et 1588 une période de vingt années durant laquelle les Prophéties ne sont pas rééditées (sic). Robert Benazra se demande à cet égard si Benoit Rigaud ne bénéficiait pas d’une sorte de monopole s’achevant en 1588. Mais pourquoi, dans ce cas, n’a-t-il pas réédité durant 20 ans à moins qu’il n’ait reproduit le nombre dde 1568 ce dont ne se sont pas privés les libraires du début du XVIIe siècle ? En revanche, l’on publie l’oeuvre du faux Nostradamus, Michel ou Mi.de Nostradamus (le Jeune) et Antoine Crespin dit Nostradamus qui imitent davantage les pronostications et Epîtres que les Centuries.

Puis, à partir de 1588 se produit comme un retour en arrière puisque l’on renonce peut être pour tourner un tel monopole, à publier la « milade » de quatrains de l’édition de 1568, ce qui permet aux historiens de tenter de reconstituer des éditions disparues parues du vivant de Nostradamus puisque l’on ne dispose , à proprement parler que de l’édition de Mai 1555 de Macé Bonhomme.(!)

Ces éditions de 1588-1589 offrent un certain caractère d’authenticité en ce qu’elles révélent clairement les raccords successifs intervenus depuis la première édition alors que l’édition Benoist Rigaud de 1568 -première édition posthume voulait présenter un ensemble bien poli de dix centuries.

Toutefois, dès la mort du libraire lyonnais , c’est bien l’édition de 1568 qui s’imposera et définitivement.

La vogue de Nostradamus ne se démentira guère entre 1568 et 1988 (date de notre rédaction). Toutefois, il semble que certaines périodes soient davantage marquées que d’autres . Nous voyons apparaître deux critères : la publication d ’une biographie de l’auteur et un processus de mise en concordance des quatrains avec les événements plutôt qu’une simple réédition.

Les charnières entre deux siècles nous semblent avoir constitué des temps favorables. A la fin du XVIe siècle, Chavigny publie une première Vie de Nostradamus ainsi que la Première Partie du Janus Gallicus mis en chantier dès 1589 »

« Sur les dates de rédaction et de publication de la Préface à César.

« Cette préface a souvent induit en erreur à propos de la date de naissance de César Nostradamus, qui serait né en 1558 du fait que la Préface est datée de 1555. Il apparaît que César est né à la fin de l’année 1553, style de Pâques (probablement en décembre), le 18 selon son propre témoignage . César aurait donc été âgé de quinze mois lors de la rédaction de la Préface « ad Caesarem Nostradamum filium ». Nostradamus aurait préféré lui transmettre oralement son savoir mais « le tard advénement l’a fait référer par escript…au commun profit des humains du fait du risque de « corporelle extinction de ton progéniteur ». Nostradamus a franchi le cap des cinquante ans lorsque nait son fils qui ne sera pas le légataire de sa science et il craint, il s’en excuse de ne pas vivre assez vieux pour le former. Cette Préface serait donc une sorte de testament. Nostradamus croyait-il alors sa mort prochaine?Du Pavillon , dans ses Prophéties, rédige en 1556 une parodie de préface, en s’adressant à son propre fils Martial dont il donne l’âge avec une précision qui se veut comique (encore qu’il puisse y avoir un jeu sur le mot « martial » ; « tes moys martiaulx » écrit Nostradamus à son fils. (..) Mais pourquoi Nostradamus aurait-il attendu quinze mois donc plus d’un an pour s’adresser à son fils , le bien nommé ? (…) La lettre n’aurait-elle pas été écrite plus tôt ? On n’a pas, à notre connaissance, relevé l’anachronisme de l’intitulé de la date du Ier Mars 1555. A cette époque, régne en France le style de Pâques.

(…) Ne serait-il pas possible que la Préface à César ait paru dans une prophétie annuelle pour 1554 ? Selon la Chronique de la Ville de Salon de Louis Gimon (1682) il existe une procuration chez Maistre Antoine de Royer, dit Lizerot, imprimeur à Lyon,de retirer des mains de Bertot les textes que Nostradamus lui avait confiés, vu que le travail effectué par le premier imprimeur ne l’a pas satisfait(cf Benazra qui précise qu’un texte pour 1554 aurait disparu)

Il convient de préciser que le terme « Prophéties » n’est pas nouveau dans le domaine de la production astrologique française. En 1533, l’Allemand Joseph Grünpeck avait publié une prophétie (cf Fonds Rostchild BN) pour la période allant jusqu’à 1540. Le même texte était publié chez un autre libraire, sous le nom de Pronostication. Ce sont donc des termes plus ou moins synonymes. D’où l’expression de Couillard « prophéties après un an ». C’est probablement dans l’une d’elles qu’a pu figurer la lettre à César, datée du Ier mars »

 

 

 

 

« Le Janus François et les Centuries

Certains « éditeurs » ne craignent pas de nos jours de présenter les Centuries comme étant d’un seul tenant. Le lecteur moyen ignore qu’elles ne constituent pas un ensemble monolithique. La première édition de mai 1555 ne comportait que 353 quatrains soit un peu plus de trois centuries et demie sur les dix de l’édition censée être complète de 1568 par Benoist Rigaud. Quand en mai 1555 Michel de Nostradamus signe ce premier recueil a-t-il déjà le projet d’autres « livres de prophéties », titre qu’il utilise dans sa Préface à César et non celui de Centuries ? Nous ne le pensons pas . D’ailleurs, le concept de « Centurie » est trompeur puisque la quatrième Centurie est alors incomplète. Ce premier recueil est précédé d’une préface (plutôt que d’une épitre) à César. Le choix du nom de son fils n’est certes pas le témoignage d’un ami de la Couronne de France. César, c’est le nom de l’empereur, de Charles Quint en l’occurrence. A vrai dire, Trithème dans son De septem causis-ouvrage dont Nostradamus a pu s’inspirer s’adresse aussi à César comme le note Daniel Ruzo/ Il conviendrait ici de faire la part du particularisme provençal séduit un moment par les entreprises impériales.

En revanche, à partir du début de 1559, Nostradamus prend le parti du Roy de France et de la Reyne Catherine de Médicis, comme il apparaît dans la dédicace des textes parus chez Jacques Kerver , datés de janvier 1556(1557)

Ce paralléle entre les deux souverains, même s’il est quelque peu biaisé par l’anedote filiale correspond à un enjeu prophétique et politique important. A vrai dire, Nostradamus n’est guère heureux dans ses choix puisque Charles Quint « César » abdiquera peu après en 1555 et 1556 et qu’Henri II , qui connaitra des échecs militaires, notamment avec la perte de Saint Quentin en 1557 se tuera en tournois en 1559. En1560, les deux dédicataires sont morts.

 

« L’édition de Macé Bonhomme n’est pas la première.Elle a dû être réalisée par Macé Bonhomme en tant qu’imprimeur.Mais pas en tant que libraire. Il suffit pour cela d’étudier la production de Macé Bonhomme. Probablement, Nostradamus en fut lui même le premier éditeur si l’on prend en considération la vignette de frontispice. On note que l »édition comporte en sa page de titre « avec Privilège’ alors qu’il n’y en a pas. Elle porte aussi « la permission est à l’intérieur. Il y a, en effet, un document à l’intérieur qui date de 4 jours avant la parution de mai 1555 et qui autorise Macé Bonhomme à publier un livre qu’il a « recouvert  « Les prophéties de Michel Nostradamus «  sans préciser de nom de l’auteur. On aurait dû lire « Les Prophéties dues à Michel Nostradamus ou toute autre formule comparable » (…) Nous voyons d’ailleurs un lien possible entre l’année 1553 et le fait que la première série de quatrains soit au nombre de 353 » (..) On trouvera étrange que Du Pavillon ne fasse aucune allusion aux quatrains de Nostradamus dans ses « Prophéties » Certes, la formele « moyennant la flamme exigue » (..) se retrouve-t-elle dans le premier quatrain (..)Mais l’on trouve déjà la substance des versets 1 et 3 (..)dans la Préface à César »

Sur Guillaume de la Peyrière

« Cet auteur publie des Centuries chez Macé Bonhomme à la même époque où paraissent les Prophéties de Nostradamus. Ce sont des ouvrages plus richement présentés que les dites Proph éties »

«  C’est dans la Portenteuse pronostication pour 1557, parue chez Kerver, (cf musée Arbaud Aix en Pr.) que Nostradamus s’en prend à un certain « Pater Liber » qui n’est autre qu ’un des noms du dieu Dyonisos. (..)Or, un des libraires qui publient le Monstre d’abus se nomme Estienne Denise (..) On n’avait jusqu’à présent rencensé que l’édition de Barbe Regnault. Mais en 1987, a été présenté par Bruce Mc Kittrick de Philadelphie (cf Catalog X) à la Foire Internationale du Livre Ancien (Paris, La Conciergerie) l’édition de 1558 d’un autre libraire , Estienne Denise pour lequel Barbe Regnault imprimait des ouvrages (..) Dionysos serait donc ce Denise qui, aux yeux de Nostradamus, serait l’âme du complot contre lui. -(..) Barbe Regnault publiera plusieurs prophéties et pronostications de Nostradamus, dans des conditions -souligne Benazra- assez douteuses »

« Robert Benazra note à propos de l’édition de 1588 des Prophéties de Nostradamus qui font référence à 1561 « Nous pourrions nous interroger sur ces publications reproduisant l’édition hypothétique de 1561. Sans doute, la situation politique en France est elle responsable de ces diverses éditions. En effet le 5 décembre 1588 c’est l’assassinat du duc de Guise puis dans la nuit du Ier au 2 aout c’est au tour du roi Henri III, ce qui aurait pu provoquer une situation politique identique à celle de 1561 » (cf Bibliographie de Nostradamus de R.Benazraà paraître)

 

 

A propos de Chavigny, concernant les positions de Jean Dupèbe  qui mentionne «  Les larmes et soupirs de Jean Aimé de Chavigny Beaunois sur le trespas de M. Antoine Fiance Bizontin (Paris, 1582, Bib. Mazarine) 21684) l’auteur déclare qu’il avait le même âge que Fiancé qui venait de mourir en 1581, à vingt neuf ans. Dans ce cas, Chavigny n’aurait pu être le disciple de Nostradamus, ayant eu une quinzaine d’années à sa mort.Il ne serait pas le même Chavigny Beaunois dont il est notamment question dans la correspondance de Nostradamus, né en 1533. Mais ne peut-on renverser l’argument et considérer que ce Chevigny, né vers 1550, qui s’adresse à Fiancé n’est pas le même que celui qui rédige la Première Face du Janus Gallicus ? Nous trouvons, au demeurant étrange que cet « imposteur » signale dans le même ouvrage que Nostradamus est mort en 1566 (Vie de Nostradamus) et qu’il l’a connu « privément » autrefois (Epitre à Alphonse d’Ornano De l’avénement à la couronne de France). En effet, sachant que Chevigny aurait eu quinze ans à la mort de Nostradamus, qui n’aurait pas souri à l’entendre se targuer d’une telle familiarité ? En fait, Chavigny pourrait fort bien être né en 1533 , date à laquelle commence le Janus Gallicus) soit une différence d’une trentaine d’années avec Nostradamus. Il aurait eu 33 ans à la mort du » prophéte ».

Qu’il y ait eu deuxChavigny pourquoi pas ?Mais selon nous, c’est le même Chavigny qui vécut auprès de Nostradamus et qui publia l’Androgyn (1570),la Première Face du Janus Gallicus et les Pleiades »

 

 

Quelques commentaires à propos de nos textes remontant avant 1990 et la publication du Répertoire Chronologique Nostradamique (Ed Trédaniel-La Grande Conjonction, 1990 Préface de Jean Céard)). En 1988 nous avions eu entre les mains le manuscrit du Répertoire de Benazra, que nous ferions paraître en 1990.

A cette époque, nous n’évoquions pas encore la thèse d’éditions antidatées et considérions comme fiable le témoignage d’Antoine Couillard pastichant la Préface à César dans ses « Prophéties » de 1556, ce qui ne nous empêchait pas de nous interroger sur la chronologie des éditions centurique. Toutefois, en 1990, lors de la présentation du Répertoire de Benazra, nous insisterions pour l’usage de l’adjectif « nostradamique » pour signifier qu’il existait toute une littérature « paranostradamique »

Nous rappelions que dans les almanachs on trouvait déjà des quatrains que le Janus Gallicus avait d’ailleurs intégré dans son Commentaire et cela pouvait indique que les quatrains des Centuries imitaient ceux des almanachs.. Nous notions l’existence d’une première Epitre à Henri II, datée non pas de 1558 mais de 1556 (en tête des Présages Merveilleux pou 1557 (que nous reproduirons en 2002 dans nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus), dont Daniel Ruzo avait reproduit des passages dans son Testament de Nostradamus (Ed du Rocher, 1982) L’existence d’une première Epitre au Roi pouvait entretenir un certain doute sur l’authenticité de celle, daté de 1558,, figurant en tête de l’édition de 1568 et ne se référant pas à une première Epitre. Par ailleurs, l’édition Rigaud de 1568 ne mentionnait pas en son titre l’ Epitre au Roi, alors que la première épitre était indiqué au titre des dits Présages.

Lors de l’édition du RCN de Benazra, nous avions omis de lui signaler l’ouvrage de Pierre Petit dont nous avions pourtant traité peu auparavant. Nous n’avons pu vérifier si Chomarat l’indique mais comme sa Bibliographie Nostradamus était déjà parue, il est probable que Benazra en aurait tenu compte. Une traduction française de ces pages latines serait la bien venue..Enfin, force était de constater qu’il avait fallu attendre 1594 pour voir paraître un Commentaire des quatrains lesquels étaient déjà parus en 1568 pour ce qui était des quatrains des Centuries sans parler des quatrains parus successivement dans les almanachs. Un tel retard pouvait indiquer que les quatrains centuriques ne paraitraient que peu avant le Janus Gallicus.

Répétons-le, notre rédaction de 1988 envisageait clairement que les deux textes introductifs en prose parurent d’abord en tête d’autres productions que celles où on les trouvera par la suite. C’était évident pour l’Epitre à Henri II, sur la base des documents reproduits par Ruzo dans son Testament de Nostradamus (cf aussi notre reproduction dans Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, 2002 grâce à un envoi du dit Ruzo). En 1988, nous envisagions déjà l’éventualité selon laquelle la Préface à César des éditions centuriques aurait été reprise d’une Préface à une pronostication pour 1554.

Par ailleurs, la question des calendriers est abordée au sujet du style de Pâques qui ne sera abandonné qu’à partir de 1564. Nous pensions à l’époque qu’une rédaction tardive n’aurait pas tenu compte de ce probléme, d’autant que la date du ier Mars 1555 en base de la Préface à César aurait probablement du être indiquée 1554, puisque le changement de millésisme ne se produisait dans les années 1550 qu’à Pâques. On notera que la bataille de Pavie fatale pour François Ier, se déroula en 1524 selon le calendrier de l’époque alors qu’elle nous est présentée de nos jours, anachroniquement, comme datant de 1525. On notera aussi nos observations sur la signification du mot « Prophéties », lequel pouvait tout à fait concerner une production à caractère astrologique. Il est possible que par la suite, le terme ait vu son sens évoluer puisque dans les années 1580, le terme semble ne plus référer à des prévisions datées.. D’ailleurs, les Prophéties perpétuelles de Moult comportent avant tout des mentions de dates, selon un mode de calcul bien précis.

La remarque concernant les 53 quatrains de la Ive Centurie à propos d’une publication pour l’an 1553 est assez judicieuse, avouons-le.. On précisera que ce n’est qu’à partir de l’almanach pour 1555 que l’on voit apparaître des quatrains, ce qui n’était pas le cas pour l’an 1554 (cf Chevignard Présages de Nostradamus, Paris, Seuil, 1999, pp. 113 et seq) L’on conçoit donc que Du Pavillon n’ait point faite référence à des quatrains dans son pastiche si la Préface à César figurait en tête de l’almanach pour 1554.

On appréciera le rapprochement entre le « Pater Liber » et le libraire Estienne Denise (cf P. Guinard CORPUS NOSTRADAMUS 25 — Les premières éditions des Prophéties 1555-1563 (État actuel des recherches, repères bibliographiques, et conjectures) qui mentionne ce libraire (qu’il relie à Sixte Denyse) mais ne fait pas la relation avec la formule en question désignant les adversaires de Nostradamus. On sait que de faux almanachs de Nostradamus ont été produits de son vivant et qu’il ne faudrait pas confondre avec les éditions authentiques de ses productions annuelles. Que le terme Prophéties ait pu éventuellement avoir été utilisé à l’époque ne prouve nullement qu’il s’agissait des Centuries mais bien plutôt que les faussaires sous la Ligue auront ou reprendre une telle formule croyant que telle édition était bien de Nostradamus, erreur par ailleurs commise en ce qui concerne le choix de la vignette des faux almanachs de Barbe Regnault pour le frontispice des Centuries.

A propos du débat autour de la personne de Chavigny, notons en 1589 l’édition du Recueil des Présages Prosaiques de Nostradamus

qu’il devait avoir en sa posssession et qui rassemble les texes des almanachs et des pronostications annuels, avec les quatrains à partir de 1555 qui est précisément la date de la « première » éditon des Centuries (Macé Bonhomme). Selon nous ; la date de 1555 aurait été choisie du fait que le premier almanach de Nostradamus comportant des quatrains concerne cette année. cf B . Chevignard, Présages de Nostradamus, Paris, Ed Seuil 1998, p. 193) Notons que l’almanach pour 1556 ne comporte pas de quatrain dans le dit Recueil de présages prosaiques mais il y en aura chaque année par la suite.

Si l’on compare le Recueil à la publicaion des Présages dans les éditions du XVIIe siècle, on note « Présages tirez de ceux faitz par Mr Nostradamus es années mil cinq cens cinquante cinq & suivantes ». L’année 1555 est donc bien mise en évidence. On y trouve deux quatrains qui manquent à cet endroit dans le dit Recueil édité par Chavigny : le premier « D’un présage pour la dite année «  figure en tête du Recueil ( d’Esprit divin etc)

et il est suivi d’un autre quatrain « de l’Epistre liminaire sus la dicte année » « La mer Tyrrhenne etc) (cf reprint Nice 1981 Annexes p. XI) Benazra trouve des points communs entre ce quatrain et le 59e de la Iie Centurie, ce qui viendrait confirmer que les quatrains des almanachs ont pu servir de modèle pour ceux des Centuries. Mais Benazra se contente de soupçonner Chavigny d’avoir fabriqué le quatrain de l’almanach et non l’inverse !

 

 

 

On note aussi que l’année 1556 n’a pas de quatrain, ce qui expliquerait que les éditions antidatées sont de 1555 et 1557.(cf Benazra, RCN p. 6 lequel n’avait pas alors accès au manuscrit du Recueil des Présages Prosaiques pour l’étude des quatrains. Force est de constater que Chavigny ne commente aucun quatrain de l’année 1556 et pour cause

On trouvera l’intégralité de notre texte sur Nostradamus de 1988 lors d’une prochaine numérisation de la dite «I ntroduction Bibliographique. »

 

 

Entre 1988 et 1999, date de notre soutenance du Texte prophétique en France (Presses Universitaires du Septentrion)

, signalons deux parutions  en 1991 et 1997 sur Nostradamus, outre en 1990 le publication du Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra.

1991Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561) », dans Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, année 1991, volume 33, numéro 33, pp. 43-72.

1997 Les prophéties et la Ligue . Journées Verdun Saulnier

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