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Jacques Halbronn De Nostradamus premier à Nostradamis Bis. Autour de l’édition Benoist Rigaud 1568

Posté par nofim le 3 mai 2021

 

De Nostradamus premier à Nostradamus bis . IIIe Partie Autour de ‘édition Benoist

Rigaud 1568

 

 

Dans la deuxième partie de notre enquête - »La fabrication des fausses rééditions nostradamiques. Du premier Nostrdamus au Nostradamus bis ; Iie Partie », nous avons approfondi la thèse selon laquelle les faussaires auraient tenu à être au plus près d’une certaine vraisemblance chronologique.C’est ainsi que nous avons relevé que l’année 1555 figurait dans la présentation des Présages, cette même année qui marquera l’édition Mace Bonhomme.Il ne semble pas que Robert Benazra ait remarqué la coincidence dans son édition de 1984 pas plus que Pierre Brind’amour dans la sienne en 1996.Ce point aura également échapppé à Patrice Guinard (CURA.free.fr) et à Bernard Chevignard (Présages de Nostradamus, Seuil, 1999) Ces quatrains présages seront joints en annexe au XVIIe siècle de la façon suivante et d’ailleurs on notera que les éditions centuriques ne mentionneront jamais les dates d’édition des « Centuries » de 1555 et 1557, la seule date d’édition indiquée étant celle de 1561 (cf RCN de Benazra pp. 51 et seq, pour la dite année 1561 et pp . 118 et seq pour les parutions de 1588-89).

« Présages tirez de ceux faits par Mr Nostradamus és années mil cinq cens cinquante cinq & suyvantes avec le nombre 1555 en tout début de la première série de quatrains !.

Au titre de ces édiions « 1561 » -aucune ne comportant les centuries VIII à X- on nous précise une addition de « 39 articles à la dernière centurie ».

Or, selon nous, comme nous nous en expliquions dans notre deuxième partie du « Nostradamus bis », l’enjeu aura d’abord été d’augmenter la première livraison à 4 centuries et ce fut en fait déjà la mise en place d’un second volet introduit par une épitre à Henri II, l’épitre de départ étant parue en tête des Présages Merveilleux pour 1557 (cf nos Documents iuexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat, 2002) et ce n’est donc pas par hasard que l’édition augmentée comportera la mention en sa page de titre de la même année 1557 tout comme la date de 1555 avec la Préface à César a du se servir d’une telle Préface en tête d’un almanach pour 1555 dont Antoine Couillard fera le pastiche dans ses Prophéties, 1556 (cf RCN, pp. 18-19)

Dans les deux cas, les textes en prose auront été remaniés sans bien entendu que l’on signale une mouture antérieure.

Le cas de l’épitre à Henri II est significatif puisqu’il y est question d’entrée de jeu du « restant »ces trois centuries du restant de mes Prophéties ». Nous avons en fait affaire à trois stades successifs dont le deuxième ne nous est point parvenu.

I celui que nous connaissons en tête des Présages Merveilleux, déjà reproduite par Daniel Ruzo dans le Testament de Nostrdamus, Le Rocher, 1982 avec la date du 13 janvier 1556 (1557) -ce qui correspond à 1557, puisque l’année changeait alors de millésime à Pâques-

II Celle introduisant les quatrains au delà du 53e de la Centurie IV et qui devait correspondre au texte de l’édition, Benoist Rigaud 1568 mais évidemment sans mention d’une « milliade », ce qui ne fera sens que dans le cas de figure de dix centuries mais très probablement avec mention au titre de l’Epitre à Henri II sur le modèle des Présages Merveilleux pour 1557.

III Celle qui figure non plus pour introduire le reste de la Centurie IV et la suite mais qui aura été déplacée pour apparaître en tête des Centuries VIII-X. en laissant entendre que le premier volet introduit par la Préface à César comportait 7 centuries , ce qui supposait la disparition de facto d’une première édition à 4 centuries, dont la Ive incomplère mais aussi la disparition des éditions augmentées à 7 centuries comportant l’epitre au Roi, puisque les éditions Antoine du Rosne ne la comportent pas. On dira donc qu’il nous manque une édition à 7 centuries avec la mouture II de l’Epitre à Henri II sans évidemment de référence à une quelconque miliade. Cependant, dans les éditions sans la dite Epitre et donc abec seulement la Préface à César de 1555, la page de titre est assez explicite : « dont il en y a (sic) trois cens qui n’ont encores iamais esté imprimées »- ce qui ne signifie pas qu’elles n’aient point déjà été composées car selon nous, dès le départ de l’entreprise, engagée dans les années 1580, tout avait déjà été prévu, du moins dans les grandes lignes, à savoir deux volets de 350 quatrains, l’un daté de 1555 et l’autre de 1557(l’épitre à Henri II de janvier 1556 valant pour 1557, cf supra)

Autrement dit, lorsqu’il s’agit d’ajouter encore 3 centuries, i fallut d’une part toiletter le « premier volet » désormais à 7 centuries, en supprimant carrément l’êpitre à Henri II, qui sera reprise dans une édition à la « miliade », à 10 centuries, correspondant à l’édition qui nous est parvenue Benoist Rigaud 1568. Or le sous titre de cette édition reprend celui des éditions à 7 centuries pour parachever l’opération d’enfumage ; « Dont il y en a trois cens qui n’ont encores iamais est imprimées » (RCN, p. 89) si ce n’est que la faute de français a été corrigée : pour l’édition 1557, dans les deux exemplaires conservés et d’ailleurs comportant des différences, on avait « dont il en y a ». On voit bien là qu’il y a eu tentative de substitution visant à faire oublier qu’il y aurait pu y avoir une première édition à 4 centuries.

En fait, l’histoire des Centuries est celle de contrefaçons de contrefaçons sans oublier celles qui seront produites du vivant même de Nostradamus par rapport à ses almanachs (cf Benazra, RCN, pp. 58-59, année 1562), point négligé par les faussaires des années 1590, ce qui les conduisit à emprunter pour les pages de titre des fausses rééditions 1555 et 1557 les vignettes des faux almanachs alors d’ailleurs que les vraies vignettes ne figuraient que sur les Pronostications. C’est l’arroseur arrosé, un faussaire victime de ses prédécesseurs  en la matière !

Venons en donc aux éditions Benoist Rigaud 1568, dont Patrice Guinard a fait son fer de lance. Outre le fait qu’il n’a aucunement reconstitué, comme nous l’avons fait, la « préhistoire » des dites éditions, puisqu’il est persuadé que l’epitre à Henri II telle qu’elle y figure n’avait pas été publiée auparavant, tout en sachant fort bien d’ailleurs qu’une première épitre à Henri II datait de Janvier 1556/1557,(cf Ruzo 1982, et Halbronn, 2002). Nous ignorons comment il explique les différences entre ces deux moutures de l’épitre au Roi, celle figurant dans l’édition 1569 étant elle datée du 27 juin 1558. Michel Chomarat dans son édition de l’an 2000 du reprint de la dite édition 1568 ne nous avance pas plus.

La date de 1558 se comprend puisque les éditions 1557 Antoine du Rosne ne comportent plus l’epitre au Roi, il fallait donc décaler tout en situant de préférence la date avant la mort du dit Roi en 1559. Nous ne pensons pas pour autant que l’on ait produit une édition à 10 centuries dès 1558 car l’on aurait pu la confronter avec les fausses éditions de 1557 comportant l’Epitre au Roi en date de janvier 1557, comme pour celle en tête des Présages Merveilleux pour 1557.

Le scénario qui aura été suivi, selon nous, est le suivant : production d’édition à 7 centuries sans l’epitre au Roi, ce sont les éditions qui nous sont parvenues et d’un second volet, probablement d’abord paru séparément ; introduit par l’Epitre à Henri II déplacée. En fait, on aurait pu parler d’un troisième volet mais l’on aura préféré de s’en tenir au schéma de la présentation initiale, d’où le maintien de la mention d’ajout de 300 quatrains. D’ailleurs, le titre figurant en tête de l’édition Benoist Rigaud ne concerne que le premier volet et non le second dont l’intitulé est autre »

« Centuries VIII. IX. X. qui n’ont encores iamais esté imprimées »On y retrouve certes la mention « encore iamais est imprimées » des éditions 1557 » et pour la première fois le terme « Centuries «  au titre, et qui plus est sans mention au titre d’une Epitre au Roi ! .

Les Prophé ties de M. Michel Nostradamus . Centuries VIII IX X etc A Lyon, par Benoist Rigaud, sans mention, cette fois, de date d’édition comme c’était le cas pour le « premier » volet..Cela a tout l’air d’une addition, d’une annexe assez mal constituée L’on peut même penser que Benoist Rigaud a pu se voir attribuer dans un premier temps par les faussaires une édition à peu près identique à celle des éditions Antoine du Rosne 1557 sans l’epitre à Henri II. Mais l’absence de la dite épitre suppose déjà que l’on ait programmé un second volet. Autrement dit, les éditions Antoine du Rosne 1557 sans l’Epitre à Henri II participent d’un projet à dix centuries et nous ne disposons pas- on l’a dit- des éditions 1557 avec les deux Epitres, à César et à Henri II. Un tel constat repousse d’autant la fabrication des exemplaires conservés dans les bibliothèques de Budapest (cf l’édition qu’en a faite Gérard Morisse) et d’Utrecht.On serait là face à une nouvelle génération de contrefaçons :

première génération : le faux Mace Bonhomme 1555 (avec Préface à César) et le faux Antoine du Rosne 1557 avec Epitre à Henri II) venant officielleement compléter l’édition 1555 pour former un diptyque. On a retrouvé le premier mais pas le second. Ces faux ont été conçus à partir des vraies parutions d’un almanch de Nostrdamus pour 1555 et des Présages Merveilleux pour 1557.

Seconde génération : on met en œuvre un nouveau diptyque, en soudant le premier diptyque en un seul, ce qui donne les éditions Antoine du Rosne que nous connaissons cf le reprint 1993, introduit par R. Benazra, Ed M. Chomarat) et cette fois un nouveau volet parachevant le diptyque avec le recyclage de l’Epitre à Henri II avec l’interpolation « parachevant la miliade » qui ne figurait évidemment pas dans la production de la première génération à 7 centuries.

 

 

Reste la question des éditions à 7 centuries avec la seule préface à César, se référant en leur titre à l’année1561 et dont on ne connaitrait que les rééditions des années de la Ligue. Que dire de ces 39 « articles » ajoutées à la « dernière centurie », c’est à dire à la VIe ? On peut penser qu’il y ait eu un projet à six centuries pleines et les 39 articles correspondraient à la Centurie VII, dont l’édition Antoine du Rosme -Budapest- est à 40 quatrains, ce qui laisserait entendre que le projet initial des faussaires aurait visé 600 quatrains d’ailleurs à aucun moment il n’est annoncé sept centuries.. Cette centurie VII n’est pas complétée même dans les éditions 1568 Benoist Rigaud. C’est la seule dans ce cas à la différence de la centurie IV qui atteindra finalement les 100 quatrains. On peut se demander si l’on n’aurait pas eu plutôt affaire à un premier projet de 3 centuries, avec une addition de 53 quatrains puis un second projet de 3 centuries, avec une centurie IV intégrée dans le second projet comportant également 3 centuries avec une addition cette fois de 39/40 quatrains. Et enfin, une troisiéme projet de 3 centuries, d’où la formule « Centuries VIII, IX X » La mention de 1561 ferait alors sens pour justifier l’addition à la dernière centurie, en l’occurrence la sixième, au delà de l’année 1557.On peut donc concevoir une fausse édition à 7 centuries en date de 1561 mais en réalité datant de la Ligue, intermédiaire en quelque sorte entre des éditions à 6 centuries et des éditions à 10 centuries, le statut de la VIIe centurie étant resté en porte à faux. Cela aurait été une ruse éditoriale des libraires parisiens pour ajouter quelques dizaines de quatrains.Il nous faut donc abandonner l’hypothèse d’un projet initial à 7 centuries, le passage à 6 ayant été purement de circonstance. On aura voulu refaire le coup avec la Centurie VII avec 39 quatrains(puis 40, puis 42) de ce qui avait été obtenu avec la Centurie Iv et ses 53 quatrains

Si l’on s’en tient à une certaine fourchette : on n’a pas de nouvelles des Centuries VIII-X avant 1990 (ed Cahors, 1590 cf RCN p. 126) et en 1594, le Janus François de Jean Aimé de Chavigny en donne le commentaire de quelques quatrains.-cf RCN, pp. 140 et seq) à moins qu’il n’ait disposé de quelque manuscrit encore inédit des dites Centuries dont il aurait pu être l’auteur, puisqu’il disposait d’un recueil de quatrains-présages des vrais almanachs de Nostradamus(cf supra) qu’il aurait établi en 1589  sous le titre de Recueil des Présages Prosaïques) dont il commentera dans son Janus quelques quatrains (cf P. Brind’amour, Nostramus astrophile, Ottawa 1993).

Selon Patrice Guinard, l’édition Benoist Rigaud serait bien parue en 1568 et aurait été réédité pendant une vingtaine d’années sans mention de date d’édition, ce qui expliquerait le « trou » de 20 ans entre 1568 et 1588, année qui n ’aura d’ailleurs vu la parution que des sept premières centuries, sans qu’il soit en mesure de s’en expliquer convenablement. Pour notre part, le second volet était lié au camp d’Henri de Navarre dont il annonce le couronnement, au travers d’un quatrain comportant la mention « Chartres », lieu du dit couronnement du début de 1594 (cf .http://www.corpusetampois.com/cle-16-nostradamus.html et http://ramkat.free.fr/thalb1.html)

 

 

 

Arretons nous sur la Centurie IX, donc du « second volet » et qui est produit, comme l’a montré en 1987 Chantal Liaroutzos (RHR). On y trouve la mention Chartres, ce qui ne serait pas significatif si l’original utilisé ne comportait pas Chartres mais Chastres !

IX 86 et 87  :

Du Bourg La Reyne parviendront droit à Chartres (sic)

Et seront pres du pont Anthoni pause

Sept pour la paix cauteleux comme Martres

Feront entrée d’armée à Paris clause

Par la forêt du Touphon essartée

Par hermitage sera posé le temple

Le Duc d’Estempes par sa ruse inventées

Du mont Lehori prélat donra exemples

 

Or toutes les éditions Benoist Rigaud comportent « Chartres », correction qui ne fait sens qu’en 1593-94, date à laquelle paraît le Janus Gallicus. De même nous avons montré lors d’une communication en 1997 aux Journées Verdun Saulnier (Actes parus aux Editions de l’Ecole Normale Supérieure, Prophétes et prophéties) que le quatrain IV 46 comportait la mention « Tours ». se référait à la situation politique de 1588 quand Henri III avait rejoint Henri de Navarre près de Tours. Or, une édition centurique parue juste avant ne comportait pas encore le dit quatrain

(cf RCN pp. 122-123). Les tentatives de certains pour expliquer le « trou «  entre 1568 et 1588 sont confondantes. On voit bien, au regard de la chronologie des éditions centurique que l’on est en face d’un chantier avec des additions successives, le second volet dont on ne connait pas d’états intermédiaires, venant couronner le tout, in fine, après l’assassinat d’Henri III en 1589 . C’est alors que le prophétisme centurique se met au service de la cause du futur Henri IV, fabriquant tout un lot de quatrains en recourant aux expédients signalés par Chantal Liaroutzos, tout en intégrant les Centuries déjà en place au sein d’un seul et même corpus….(cf entre autres notre thèse d’Etat 1999 et notre post doctorat 2007)

 

 

 

 

JHB

03 05 21

 

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