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jacques Halbronn Sur l’obscurantisme face à la critique nostradamique

Posté par nofim le 7 juin 2021

L’obscurantisme  face à la critique nostradamique

L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne

par Jacques Halbronn

 

Nous assistons à un renversement des situations : celui qui crée la controverse deviendrait celui qui est controversé. On pense à un commentaire d’Hervé Drévillon, co auteur avec Pierre Lagrange en 2003 chez Gallimard— d’un Nostradamus, L’éternel retour. à propos de notre ouvrage paru l’année précédente sur Nostradamus (ed. Ramkat), Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamu. Il signale que notre travail est « controversé ». Or, comment une controverse pourrait-elle ne pas l’être du point de vue de ceux dont les positions font l’objet d’une critique ?

On assiste donc à une stratégie consistant à présenter les thèses critiques comme celles qui feraient l’objet de ….critiques ! Or, selon nous, c’est la défense du statu quo qui serait en principe vouée à la critique, en ce qu’elle est le fait du plus grand nombre qui se trouve ainsi déstabilisé et dont le consensus serait menacé. Comment en est-on arrivé à inverser ainsi les rôles ? Celui qui attaque ne défend pas un certain ordre social, il est forcément isolé, en tout cas minoritaire, marginal, du moins dans un premier temps ; Comment ne serait-il pas ipso facto « controversé » par les tenants d’une certaine doxa ? C’est donc bien le qualificatif de «controversé » qui nous apparaît comme impropre dans le propos de Drévillon et Lagrange.. Mais quelle jubilation dans une telle posture de leur part !

On rencontre ce même exercice rhétorique chez un Patrice Guinard 1 qui n’hésite pas à traiter notre approche de « canular » ou de « travaux iconoclastes et facétieux ». et de parler de « misère » et de « chagrin » à propos de la démarche critique d ’un certain nombre d’auteurs qu’il entend clouer au pilori. C’est la paille et la poutre quand on sait les gesticulations obligées pour déclarer qu’il n’y a rien à signaler (RAS), pas de quoi s’inquiéter, que tout est sous contrôle que tout va très bien, Madame La Marquise. Politique de l’autruche qui se satisfait du qualificatif de « controversé » face à un certain questionnement. En fait, on assiste à une forme d’inertie, de résistance jusqu’à « nouvel ordre  «  comme s’il fallait tenir la position « intenable » le plus longtemps possible.

Ecoutons Patrice Guinard :

« Chagrin de la Recherche Académique et Universitaire sur Nostradamus de Salon de CRAU : hormis les études du CURA, il faut chercher péniblement dans les revues, comptes-rendus et actes de colloques spécialisés, ou douteusement prétendus tels pour les études nostradamiennes, de rarissimes articles susceptibles de contenir quelque information substantielle concernant Nostradamus. Quatre siècles après les ouvrages de Chavigny, secrétaire de Nostradamus entre 1561 et 1566 sous le nom de Jean de Chevigny, la situation n’a guère évolué. Mis à part les essais de Pierre Brind’Amour, décédé en janvier 1995, et qui a obtenu une aide au Canada pour entreprendre son ouvrage de 1993, la recherche vivante se développe principalement chez des passionnés, à l’écart des institutions culturelles. Force est de constater qu’elle continue de proliférer en dehors des cercles académiques, dans l’édition dite populaire et maintenant sur internet. De pseudo-spécialistes et des fonctionnaires patentés et rétribués par les institutions culturelles étatiques, que ce soit en France ou à l’étranger, sont parfois commandités par des éditeurs et responsables de collection pour couvrir un sujet pour lequel ils n’ont pas la connaissance requise. C’est ainsi qu’on découvre avec une certaine stupéfaction des erreurs, des contre-vérités, des problématiques et des propos désuets dans les articles les plus récents. J’en étudierai quelques uns pour la période 2001-2006 (plus un article de 2012 rajouté et analysé le 29 Septembre 2013). 2

Comment y voir clair dans une telle polémique ? Nous dirons que certains milieux sont particulièrement frappés par un tel « renversement » alors que ce n’est guère le cas dans d’autres. Dans notre jargon, nous dirons que dans un cas, c’est la domination des Saturniens et dans l’autre, celle des Jupitériens. Quand les Saturniens l’emportent, le critique est celui qui est « controversé » alors que quand les Jupitériens l’emportent, ce sont les tenants du statu quo qui sont mis collectivement sur la sellette. On se rend bien compte que dans le domaine du religieux, des traditions (dont l’astrologie), de la pratique de la langue, Saturne aura l’avantage mais que dans le champ proprement « scientifique », un chercheur pourra l’emporter « contre tous » et imposer à terme sa « solution ».

Le Saturnien se reconnaitra au fait que ses « critiques » visent… les critiques.Il est sur la défensive.(cf André Barbault et sa Défense et Illustration de l’Astrologie, Grasset, 1955) et ce n’est que par des nuances, des ravalements de façade, qu’il se distinguera des autres membres de la corporation, alors que dans l’ensemble, rien n’aura été ébranlé de fondamental, on reste dans le même moule et dans l’interchangeable. Dans le champ nostradamique qui nous sert ici d’exemple, l’on observera que le Saturnien aboutira, au bout du compte, à conserver et à préserver le corpus tel qu’il se présente, à savoir notamment les dates de publication qu’il prend pour argent comptant. Comme on dit, on ne va quand même pas réinventer la brouette. Les choses resteront, en gros, en l ’état quitte à greffer par dessus quelque commentaire pour donner le change et l’illusion du progrès…En vérité, le Saturnien n’a pas assez confiance en ses propres forces intellectuelles pour aller au delà d’un certain seuil, qui le mettrait en décalage avec les données généralement établies et véhiculées. Courageux mais pas téméraire. En ce sens, en effet, le Saturnien ne risquera pas d’être qualifié de « controversé », c’est à dire de non-consensuel. Evidemment, il en sera tout autrement avec le Jupitérien qui sera dans la déconstruction et conduira à un changement de paradigme.

Or, il nous apparaît que les domaines où Saturne occupe le haut du pavé ont tendance à se scléroser et finalement ne parviennent pas à attirer les éléments les plus doués. Tout se paie. Si l’on reprend le dialogue de Dieu avec Abraham au sujet de Sodome qui ne pourrait être sauvée de la rage divine que si l’on trouve en cette ville un minimum de « Justes », nous dirons qu’une société qui n’accepte pas en son soin la vraie « controverse » propre à une poignée de Jupitériens est vouée à dépérir et à se corrompre. En effet, les deux protagonistes ont besoin l’un de l’autre car le jupitérien n’est pas censé vivre avec des Jupitériens mais dans une « diaspora » en milieu saturnien.

Il y a là un dilemme : soit l’on va tenter de rendre compte de certaines bizarreries du corpus considéré, au prix d’une lecture qui n’a que le mérite de la préservation en l’état du dit corpus- on pense aux propos embarassés d’un Robert Benazra quant à la chronologie des éditions centuriques entre 1555 et 1594 (Répertoire Chronologique Nostradamque, Paris, Trédaniel La Grande Conjonction, préface de Jean Céard, 1990), soit l’on est contraint de faire le tri entre les vraies et les fausses éditions, en ne démarrant cette chronologie qu’au milieu des années 1580, ce qui précédé n’étant que des contrefaçons antidatées.. Et l’on en revient au débat sur qui fait l’objet de « controverses », celui qui défend une chronologie « factuelle », produite par les libraires de l’époque, ou celui qui dénonce et défait une production contrefaite. Contrefaçon ou Controverse, that is the question..

 

 

JHB

08 05 21

 

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