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Jacques Halbronn Scriptologie. Du rôle de la lettre « i » dans la conjugaison et dans la prononciation du français

Posté par nofim le 14 juin 2021

 

SCRIPTOLOGIE

Du  rôle de la lettre « i » dans la conjugaison et dans la prononciation du français

 

Poursuivant notre approche structurelle de la grammaire française,, nous revenons ici sur le passage d’un temps ou d’un mode à un autre, par le recours à l’emploi de la lettre « i ». Nous renvoyons à nos précédentes études autour des lettres « e » et « n ». Il apparaît que si l’on interroge des francophones sur ces modes de passage, ils n’ont pas- sauf erreur- de réponse spontanée, immédiate qui résulterait de l’enseignement du français qu’ils auraient suivi durant leur scolarité. (cf notre récent travail Sur la dialectique de l’écrit et de l’oral, en ligne sur la plateforme SCRIBD. Nous aborderons successivement la fonction morphologique et la fonction phonologique de la lettre « i » en français.

 

I La fonction morphologique du i

Nous aborderons successivement le passage du présent de l’indicatif à l’imparfait de l’indicatif et au subjonctif présent et le passage du futur au conditionnel, au prisme, chaque fois, de l’utilisation de la lettre « i ».

I Le socle du présent de l’indicat

 

Notre analyse concerne le pluriel des conjugaisons et non le singulier.

Nous mangeons, vous mangez devient à l’imparfait nous mangions et vous mangiez et au subjonctif présent que nous mangions, que vous mangiez

 

 

II La fonction phonologique du i

 

Si le français moderne a su préserver la prononciation spécifique liée à la lettre n – on, an, in, un, il semble bien qu’il ait « décroché » en ce qui concerne l’usage « phonique » de la lettre i quand celle-se combine avec une autre voyelle : ai, ei, ui, oi, ce qui ne va pas sans produire des dysfonctionnements au prisme de la doctrine phonologique qui suppose que le locuteur agisse de façon rationelle et pratique…

 

C’est ainsi que la troisième personne du pluriel pose un probléme récurrent quant au passage de l’écrit à l’oral en français ; Ils mangent, ils mangeaient, qu’ils mangent qui se confondent à l’oral avec la troisiéme personne du singulier : il mange, il mangeait, qu’il mange ! A l’évidence, comme on dit : ‘lost in translation », perte dans la transmission orale de l’oralisation de l’écrit. On peut penser que la lettre « o » a disparu ici au pluriel et qu’il faudrait aligner ce dispositif sur le futur en « »ont », ils mangeront, ce qui donnerait ils mangeont. Et d’ailleurs, on a des exemples dans ce sens : ils font, ils ont, ils sont. En ce qui concerne l’imparfait, la forme pluriel en « aient » devrait se prononcer « aillent » (aye), ce qui la distinguerait du singulier, sur le modèle : qu’ils s’en aillent, qu’ils travaillent, qu’ils vaillent comme on dit paille.

On forme en français le conditionnel à partir du futur par l’utilisation de la lettre « i »mais toujours pour les seules deuxième et troisiéme personne du pluriel ; nous mangerons, nous mangerions, vous mangerez, vous mangeriez.

Quid de la troisième personne du pluriel ?

Ils mangeront devient au conditionnel : ils mangeraient et non ils mangeriont. Cette forme mangeraient rejoint la finale de l’imparfait ils mangeaient et nous avons dit plus haut qu’ils faudrait prononcer ils mangeaillent et ils mangeraillent »

 

 

 

Le français a largement perdu le son « aye » et encore plus le son « oye » : doit-on dire « royal » à l’anglaise ou « roi -yal » selon la pratique française actuellement en vigueur ? En revanche, en français on prononce le mot écrit rail, raye en français mais en anglais « railway », devenant « rélwé ». Les germanophones en revanche prononce le mois de ‘Mai » « maye » alors qu’en anglais comme en français oral, on prononce « mé. En français on prononce « jamais » comme « jamé » alors que l’italien prononce « mai » qui a le même sens, « maye » ! Tout cela atteste bien selon nous que les formes « ai » et « oi » doivent prononcer le i comme un « y », les germanophones prononcent d’ailleurs « Jawohl », comme un « ya » comme Karl Jung.D’ailleurs, les anglophones prononcent le « y » dans why, ouaille ! (voir aussi, right, might, try, cry, by, good bye, etc)

Alors que le français a su largement préserver le « on », le ‘ain », il a dilapidé le « aye » et le « oye » (que l’on retrouve dans le Oyez, utiliser outre Manche, en justice) et cela conduit à une grave confusion à l’oral entre le singulier et le pluriel. Selon nos travaux, le singulier est toujours réducteur par rapport au pluriel, ne serait-ce que par l’absence du marqueur du pluriel (s ou x) tout comme le masculin par rapport au féminin. (grand par rapport à grande etc) D’ailleurs, le fait de ne pas prononcer le « s » des mots français au pluriel est cause d’ambiguité, d’où la nécessite de passer par l’article défini plus souvent qu’en espagnol. : on ne distingue par voiture et voitures (sauf en cas de liaison).On peut d’ailleurs se demander si initialement le « s » final n’était un marqueur qu’à l’oral mais figurait néanmoins à l’écrit même au singulier. D’ailleurs, en français, précieux, preux, valeureux, généreux, couteux etc vaut aussi bien pour le singulier que pour le pluriel.

Les formes en « oi », « ai », « ui » sont à repenser au niveau du passage de l’écrit à l’oral, en français. Il faudrait traiter notre « i » comme un « y ». L’anglais semble avoir conservé une forme de prononciation largement disparue en français : quiet (inquiet) se prononce en anglais avec le son « a » : kwayet.. Le « droit » devrait se prononcer droyt, ce qui le rapproche sensiblement de la prononciation anglaise « right » tout comme « nuit » prononcé « nouyt » se rapproche d’autant de l’anglaise « night » que l’on pourrait croire typique alors que ce son viendrait, selon nous, du français (cf aussi le cas du flamand pour la forme « uit » qui s’entend oyt). L’allemand avec son « heil » rend le son « a » -comme Heilbronn (ville thermale) devenu en France Halbronn qui perd le son « y » – comme weiss, pour blanc, dont le son se rapproche de l’anglais « white « où le a ou le e sont comme sous entendus. L’espagnol témoigne avec son « hoy » que notre « hui » dans aujourd’hui devrait se prononcer « ouy » Quid dans ce cas de notre « oui » qu’il faudrait à l’oral rendre comme un « ouy » ou notre « suis » deviendrait « souys », ce qui est proche de l’espagnol « soy » . Quant à l’italien, il a su lui aussi garder le son « mouillé : » en disant « mai » (maye) pour notre jamais. Ce problème de prononciation empêche fâcheusement d’établir des passerelles avec d’autres langues des pays environnants de l’Union Européenne.

Quel bilan dresser de cette carence, cette faille dans l’usage actuel , lors du passage de l’écrit à l’oral, de la lettre I quand elle est combinée avec une autre voyelle ? Les sons « aye », « eye »,’oye’ sont réduits à la portion congrue, à un état résiduel. Il est clair que le pluriel de l’imparfait à la troisiéme personne devrait s’entendre « éye » ou « aye » et certainement pas « ai » comme dans ‘é ». Il y a là un sous emploi du son « ye » qui génére les problémes que nous avons signalés : ils chantaient devrait s’entendre « ils chantayent » Nous trouvons d’ailleurs des réminiscences de cette fonction phonologique du « y » : le verbe dérivé de balai n’est-il pas « balayer » ? Signalons aussi craie et crayon ; je vois et voyons, j’ai et ayons. Il arrive d’ailleurs que le ye déteigne : vous croyez conduit certains locuteurs à dire « ils croyent » pour rendre « ils croient », mais c’est justement la forme « croyent » qui est plus correcte.

Ne passe-t-on pas de tu vois à vous voyez ? Tout se passe comme si la forme « réduite » avait pris le dessus sur la forme longue. Autrement dit, l’on peut supposer que la forme réduite ne rend pas le son « ye » face au « i » de l’écrit tout comme grand ne se sert pas du « d » final au masculin alors que le féminin y recourt : grande. Grand est la forme réduite de grande mais ici la dualité aura été maintenue alors qu’elle ne l’a pas été pour était et étaient. Il est absurde de prononcer ces deux formes pareillement. La lettre « y » (« i grec »)- on l’ a vu- renforce l’importance du son « ye » mais la présence du y n’est pas indispensable pour ce faire. L’enseignement du français ne met pas l’accent sur le rôle en quelque sorte consonantique de la lettre « i »,(sans parler de la lettre « j » en allemand comme dans « ja wohl » alors que la lettre « yod » en hébreu a bel et bien ce double statut.

Il s’agirait de réactiver les formes « mouillées » du français, ce qui aurait notamment pour effet de renforcer la présence du son « a » en français y compris en l’absence de la lettre « a » comme en allemand « heil » qui s’entend « hayl »/

La comparaison entre français et anglais (cf notre mémoire de 1989 sur l’approche interlinguistique sur la plateforme SCRIBD) nous conduit d’ailleurs à nous interroger sur l’empreinte française sur l’anglais qui se révéle encore plus forte que nous le pensions auparavant comme dans le cas de night qui vient du français nuit, avec la prononciation « uyt » et non de l’allemand « Nacht » On peut même se demander si la prononciation de la première personne du singulier, en anglais, le « I » qui se prononce « Aya », nom de la lettre « i » dans l’alphabet phonique de l’anglais, ne viendrait pas de la première personne du verbe français « avoir » – si l’on admet que « j’ai » devait antérieurement, se rendre par ; » « j’Aye », ce qui marque la première personne du futur avec son suffixe en « ai ».Je chanterai (infinitif chanter plus verbe avoir ai) Tels sont les charmes de l’ »épistémologie populaire » (selon la formule du titre de notre mémoire de 1987, également sur SCRIBD, cf notre Créativité de l’erreur,in Éloge de la souffrance, de l’erreur et du péché. Auteurs : Rose, Ann, Kieser, Alain , Halbronn, Jacques Ed Lierre et Coudrier, 1990

 

 

 

 

 

 

 

15 06 21

 

 

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