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Jacques Halbronnn Le statut astrologique d’Uranus et de Neptune, d’Alan Leo à Jean Carteret

Posté par nofim le 14 juin 2021

 

 

Le statut astrologique d’Uranus et de Neptune, d’Alan Leo à Jean Carteret

Par Jacques Halbronn

 

(supplément à l’ouvrage de P. Curry, N. Campion, J. Halbronn La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet. ed Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonction 1992.)

par Jacques Halbronn

Une question cruciale pour l’ histoire de l’astrologie « contemporaine » est celle des « nouvelles » planètes. En 1781, Herschell pointe un astre au- delà de Saturne que l’on baptisera d’abord du nom de son « inventeur », d’où le H majuscule qui continuera à lui servir de glyphe alors que le nom d’Uranus finira par s’imposer en suivant une veine mythologique. et en 1846 ce sera le tour d’Urbain le Verrier avec Neptune. En ce qui concerne l’accueil de ces nouveaux venus dans la littérature astrologique de l’époque, c’est surtout outre Manche qu’il faut aller chercher (cf . Alfred John Pearce, The Text Book of Astrology. Londres, Cousins and Co, [1879]-89).

Il ressort que la découverte d’Uranus sera interprétée au prisme des événements révolutionnaires du mo-ment. Et de fait la représentation que la communauté astrologique va se forger de l’influence de la dite pla-nète semble bien avoir été marquée par l’esprit du temps (Zeitgeist).

On peut parler d’un duo Uranus- Neptune jusqu’à l’arrivée d’un troisiéme larron, Pluton en 1930 dont le nom était déjà présent dans le Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire de Fomalhaut (alias Nicou-leau). Le nom de ces deux astres n’a pas de lien évi-dent avec les descriptions qui sont actuellement généralement admises d’où la thèse que nous avancerons à savoir que les astrologues auront pour la circonstance puisé dans un certain Inconscient Collectif, d’où l’émergence d’une dialectique Uranus Neptune qui recoupe selon nous la dialectique Jupiter-Saturne, les valeurs « uraniennes » de l’astrologie contemporaine correspondant à Jupiter et les valeurs « neptuniennes » à Saturne. Entendons par là que nous ne considére-rons pas ces valeurs comme émanant des dites planétes mais comme des projections sur celles-ci, dans le cadre de ce que l’on peut appeler une anthropocosmologie. Autrement dit, il n’est pas question de prendre en considération leur « influence » au prisme de leur cyclicité astronomique, contrairement aux pratiques en vigueur (cf l’astrologie conditionnelle de Nicola et le RET)

On abordera successivement les textes d’Alan Léo et Alfred Barley d’une part et d’André Barbault et Jean Carteret de l’autre, à un demi -siècle environ de dis-tance.

 

I Alan Leo et Alfred Barley (editions françaises 1906-1908) – pages 104-107

On y note l’usage de l’octave que reprendra André Barbault (dans son traité pratique). Alan Léo est marqué par la théosophie d’Héléna Blavatsky). « la planète Uranus frappe l’octave la plus haute à laquelle nous « de la cinquième sous-race de la cinquième race-mère »sommes capables de répondre. Il y a un nombre considérable d’humains encore incapables de répondre aux vibrations d’Uranus » Leo présente Uranus comme l’octave de Mercure. «Tous ceux qui aujourd’hui pensent en avance de leur race, qui ne sont pas limités par les lois conventionnelles, mais qui savent au contraire conserver leurs propres idées, libérées des préjugés personnels ou des opinions publiques sentent l’étonnante influence de cette planète etc »

A propos de Neptune, Leo note : « On discute encore la question savoir si Neptune posséde réellement une influence appréciable sur la présente race (…) L’action de Neptune produit un état d’affaires embarrassé, chaotique, nébuleux , les projets, les complots , les embuscades et les hantises forment son royaume spécial, soit qu’il les crée ou les découvre »

Passons à l’autre volume (Analyse raisonnée de l’astrologie) où il est déclaré ‘ Nous nous abstiendrons de parler de ces deux derniers corps puisqu’ils gouvernent des fonctions de l’existence seulement soupçonnées par la science orthodoxe. On peut dire que la première est liée au « mental abstrait » et l’autre à la dévotion « abstraite » et qu’elles n’affectent que les sujets anormaux de notre présente humanité ou les personnes ordinaires d’une manière anormale, par des occurrences singulières » (p. 20)

En 1930, c’est la découverte de Pluton – dont le nom avait déjà été avancé en 1897 (cf La vie astrogique années trente-cinquante), ce qui mobilisera très vite tout particulièrement les astrologues allemands (cf Barbault. Uranus-Neptune-Pluton, Paris, 2002, Ed. Traditionnelles pp. 137 et seq). Ne voulant pas s’’arrêter en si bon chemin, on aborde la question des « transplutoniennes » que Carteret désigne sous les noms de Proserpine et de Vulcain, terminologie que reprendra André Barbault dans son Traité Pratique. On s’efforce ainsi de relier planétes et signes (. Dom Néroman, Planètes et dieux. Clé scientifique de la mythologie grecque, la Kabbale justifiée par la science Maurice d’Hartoy, Paris 1933, ) cf Nos Clefs pour l’astrologie, Ed Seghers 1976)

 

 

II André Barbault et Jean Carteret (1950)

 

Dans le collectif qu’il anima en 1951; Jupiter & Sa-turne,(reed. 1980) André Barbault propose de répartir les planètes entre « valeurs Uraniennes » et « valeurs Neptuniennes »(pp. 40 et seq) Dans le premier groupe, il place Soleil, Mars et Saturne et dans le second Terre, Lune, Vénus et Jupiter. Barbault « considère qu’Uranus et Neptune représentent des forces originelles auxquelles on peut rapporter les planètes du septénaire (..) nous sommes en présence de deux familles planétaires/ D’une part, les planètes séches, rétractées, intensives, de nature rationnelle et volontaire, donnant un développement vertical -///= désir de grandir »l (…) D’autre part, les planètes humides, extensives, de nature instinctive, donnant un développement horizontal …) besoin de s’étendre » A partir de là l’auteur décrit ainsi Uranus et Neptune:

« Saturne: L’abstraction, la théorie, la science, l’ana-lyse, la spéculation (intellectuelle), la recherche des causalités, la spécialisation, la limitation; la systématisation, le rationalisme »

« Jupiter: La puissance des instincts vitaux, l’ampleur, la conciliation, le sens collectif, la cohésion la sympathie, l’unité, l’ensemble, l’humanité et la bonté universelle » (…)Comme dieu du ciel, maniant la foudre, comme maître des dieux, père de Minerve, Jupiter présente un caractère uranien/Mais n’oublions pas qu’il est de nature double, étant à la fois raison et instinct; il participe donc de la nature uranienne et de la nature neptunienne  » (p.49)

En 1950, André Barbault avait publié- avant le Jupi-ter Saturne- avec Jean Carteret, Analogies de la dia-lectique Uranus-Neptune (rééd. Ed Traditionnelles, 1981)/ Jusqu’à la découverte de Pluton, l’astrologie allait ainsi disposer d’une « dialectique » et Barbault signale que l’on tend à rapprocher Uranus du Soleil et Neptune de la Lune. Dans une représentation gra-phique due à Maurice Munzinger ( dessins repris in Manuel pratique de Barbault, Ed Seuil), l’on trouve une ressemblance entre le type Uranien et le type sa-turnien, d’une part et le type Neptunien avec le type jupitérien (cf p. 11 de la réédition de 1981 et page de titre de Jupiter & Saturne, Réed Ed Traditionnelles 1980). Nous avons contesté un tel rapprochement (cf notre étude sur Jupiter – Saturne) qui semble validé par les maitrises planétaires, avec Saturne donnant un de ses domiciles à Uranus et Jupiter donnant un de ses domiciles à Neptune. (cf notre étude « L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) » CIIIe Congrès National des Sociétés Savantes, Nancy 1978

Quelque part, l’émergence de la planète Pluton vient perturber la dialectique Uranus Neptune et Jean Pierre Nicola (La Condition solaire), au milieu des années soixante, proposera un groupe constitué des trois planétes « transsaturniennes », à coté d’un groupe Soleil-Mercure Vénus et d’un groupe Mars-Jupiter Satune.

 

Or, nous pensons qu’il importe de préserver la dialectique Uranus-Neptune en la rapprochant non seulement des luminaires mais aussi de Jupiter-Saturne et pourquoi pas de Mars et de Vénus. En fait, pour nous, toutes ces polarités n’en feraient qu’une . Pour nous, l’astrologie traiterait des rapports entre les chefs et les peuples. Ni plus, ni moins . Dans notre étude jumelle sur le couple Jupiter Saturne, nous rappelions la théorie des Grandes Conjonctions d’Albumasar (cf Labouré Astrologie et Religion, 2019) articulée sur le couple Jupiter- Saturne. C’est pourquoi nous pensons que la découverte de Pluton aura fait régresser la pensée astrologique laquelle aurait du s’en tenir à la dia-lectique Uranus-Saturne ce qui n’est pas la position de Barbault lequel va publier un ouvrage englobant en 2002 les trois transsaturniennes. Or, depuis 2006 Pluton a été déclassé par le monde de l’Astronomie. Signalons que les adversaires de l’astrologie sommeront dès le début du XIX siècle, les astrologues d’intégrer ces nouvelles planètes s’ils ne veulent pas être déconsidérés. (cf en 1838, T. H. Moody A Complete Refutation of Astrology: Consisting Principally of a Series of Letters, which Appeared in the Cheltenham Chronicle, in Reply to the Arguments of Lieut. Morrison and Others, in which Its Principles are Proved to be Unphilosophical … : with Additional Re-marks, Notices of the Royal Nativities, and an Intro-duction … : Also Observations on the Weather Prophets, and Anecdotes of Several Astrologers. Editeur: W. Wight;

Mais restons justement sur le terrain du “couple” Uranus Neptune” et demandons-nous si nous pouvons suivre Bar-bault et Carteret dans leurs connexions avec Jupiter et Sa-turne. En tout état de cause, ces planétes ne sauraient être appréhendées autrement que comme l’expression, la projec-tion des archétypes de Jupiter et de Saturne et n’ont donc pas à être étudiées au prisme de leurs cycles astronomiques, ce qui ferait désordre. Ensuite, il semble que régne une certaine confusion : Barbault semble vouloir relier Uranus à Saturne et Neptune à Jupiter, ce qui tiendrait au fait qu’Uranus a été découvert en premier, ce qui explique d’ailleurs son nom puisque Ouranos est dans la mythologie le père de Kronos. On comprend mal en revanche pourquoi on a pu choisir le nom de Neptune, un des frères de Jupiter comme ce sera le cas d’ailleurs dans le cas de Pluton. Généalogiquement, cela ne tient pas. On aurait aussi bien utiliser d’abord Pluton.

Pour notre part, nous proposons que les « valeurs » asso-ciées à la planète Uranus soient jupitériennes et celles asso-ciées à la planète Neptune soient saturniennes. Et non l’inverse. Pour nous, le jupitérien se doit d’être doté d’une énergie « mercurienne » lui permettant de « miner » le groupe qu’il entend controler en mettant en évidence les failles du socle sur lequel le dit groupe s’est ancré. Diviser pour régner.. Ce faisant, Jupiter vient ôter les chaines qui emprisonnent toute entité sociale. Jupiter est capable de te-nir tête au plus grande nombre puisque toute élite est par définition minoritaire. En ce sens, le personnage de Jésus est jupitérien puisqu’il propose de renoncer à divers pré-ceptes de la loi des Juifs.

D’ailleurs, il est assez étrange que Barbault place Saturne et Neptune dans des groupes planétaires opposés (cf son Jupi-ter & Saturne) alors qu’il est très attaché, en astrologie mon-diale, au cycle Saturne-Neptune qu’il associe au comm-nisme ! Il est clair que les valeurs de Saturne et de Neptune convergent tout comme celles de Jupiter et d’Uranus. Il importe de comprendre que la vie sociale est faite de toutes sortes de contraintes et de « liens » alors que l’axe Jupiter-Uranus est marqué par un esprit de liberté et d’indépendance. Autrement dit, le jupitérien n’est pas l’être enjoué et sociable. Saturne et Neptune, c’est le peuple, les moutons de Panurge, qui agissent « comme un seul homme » et suivent les mêmes normes, ont la même idée de la « normalité ». Opposition entre Liberté et Egalité. Il semble que Barbault ait été marqué par une certaine idéolo-gie communiste – ce qui explique notamment le  sens de ses  prévisions dans la Crise mondiale, à propos de l’opposition Saturne-Neptune-   qui voulait faire passer Saturne pour Jupiter en présentant la vie dans le monde communiste comme idéale et épanouissante. Ce faisant, il est à craindre qu’il ait pour des décennies contribué à fausser la pensée astrologique. Mais paradoxalement, répétons-le, dans les années cinquante, Barbault n’opposait-il pas Jupiter Uranus d’une part et Saturne-Neptune (cf son article de la revue Destins de janvier 1954) ? D’ailleurs, Barbault  a associé dès 1952  Saturne et les mouvements sociaux (cf son article de l’Yonne Républicaine, Janvier 1953), ce qui fait bien de Saturne une valeur neptunienne. On ne se fiera donc pas trop au dispositif des domiciles planétaires (cf notre étude L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) CIIIe Congrès National des Sociétés Sa-vantes, Nancy 1978) qui engageraient à associer  Saturne et Uranus. Nous avons montré que le dispositif original  des maitrises

planétaires s’arrêtait à Jupiter et ignorait Saturne, pièce rapportée incarnant la

Nouvelle Alliance et le septiéme jour et donc l’entreprise consistant à placer

Saturne dans le dispositif des deux fois six, du soleil à Jupiter, était vouée à

l’échec et c’était encore plus vrai quand il s’est agi d’y placer Uranus  et

Neptune et plus tard encore Pluton sans parvenir pour autant à boucler la boucle

des 12 planètes, ce qui laisse un chantier  avec Mercure et Vénus avec deux

domiciles, plus  les exaltations.

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

Dom Néroman, Planètes et dieux. Clé scientifique de la mythologie grecque, la Kabbale justifiée par la science Maurice d’Har-toy, Paris 1933,

André Barbault Uranus-Neptune-Pluton Réédition  Ed Traditionnelles, 2002

André Barbault  Jupiter Saturne, Réédition  Ed Traditionnelles, 1980

Jean Pierre Nicola Nombres et formes du cosmos, Ed Traditionnelles. 1977

Fomalhaut (Charles Nicoullaud) ; Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire Ed Vigot 1897 et 1933

1987 Alan Léo L’astrologie de tout le monde, Guy Trédaniel éditeur (reprint de l’édition française Ed Publications astrologiques de 1906)

Alfred H. Barlet L’analyse raisonnée de l’astrologie Ed Publications astrologiques, 1908 Ibidem

P. Curry, N. Campion, J. Halbronn La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet. ed Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonc-tion 1992.

JHB

14 06 21

 

 

 

Jacques Halbronn:

L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) CIIIe Congrès National des Sociétés Sa-vantes, Nancy 1978

La vie astrologique, années trente-cinquante, de Maurice Privat à Dom Néroman. Ed Guy Trédaniel – La Grande Conjonction, 1995

Recherches sur l’histoire de l’Astrologie et du Ta-rot, avec Etteilla L’astrologie du Livre de Toth (11785), Ed Trédaniel Ed la Grande Conjonction 1993

 

 

 

 

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