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jacques halbronn Le XVIIe siècle astrologique 1580-1705 de Jean Bodin à Pierre Bayle

Posté par nofim le 21 juin 2021

 

Bulletin  de la BURA (Bibliothèque  Universitaire de Recherche Astrologique)

 

 

 

Le  XVIIe siècle  astrologique, 1580-1705, de Jean Bodin à Pierre Bayle

Par Jacques  Halbronn

 

 

Nous poserons comme limites au XVIIe siècle, à l’aune de la production astrologique et anti-astrologique  les dernières décennies du XVIe siècle et la première décennies du XVIIIe siècle. Notre critère  sera fonction d’une dynamique autour de l’astrologie, ce qui signifie que l’astrologie fait débat au cours de cette période, ce qui ne sera plus guère le cas par la suite, c’est pourquoi nous avons souhaité mettre en avant deux auteurs n’appartenant pas au « milieu » astrologique, pour déterminer  les bornes de la dite période, l’un pris à partie par le médecin astrologue Auger Ferrier (1513-1588) et l’autre  s’en prenant  à  un homme de lettres, Eustache Lenoble (1643-1711), entiché d’astrologie. Au milieu de cette période, une autre controverse opposera, dans les années 1650 à l’astrologue Jean Baptiste Morin de Villefranche (1583-1656) le philosophe Pierre Gassendi

 

I  Les années 1580

Si Auger  Ferrier s’en prend à l’auteur des Six Livres de la République (Paris, 1576) dans des  Advertissemens à M. Jean Bodin sur le quatriesme livre de sa République, par M. Augier Ferrier, Paris, P. Cavellat, 1580, cette fin du XVIe siècle  retient notre attention  en raison de la vogue d’un astrologue, Nostradamus (1503-1566) censé avoir produit des Prophéties, sous la forme de « centuries » de quatrains dont les premières éditions datent de 1588, coincidant avec la mort d’Henri III, ce qui ouvre la voie  à Henri de Navarre, lequel en 1594 sera sacré roi de France, ouvrant ainsi le régne des Bourbons.Quant à Ferrier, il est l’auteur en 1550 de Jugements astronomiques sur les Nativitez, qui reparaitront en 1583 et qui connaitront une dernière édition en 1625., chez Pierre Rigaud –(Bibliothèque  BIU Santé    cote 39729 (2), cette longévité est selon nous, le signe d’une certaine sclèrose, ce qui correspond aussi aux éditions des Centuries, attribuées à un médecin astrologue alors que l’ouvrage reléve surtout de la poésie. Bodin répondra à Ferrier en recourant au pseudonyme de René  Herpin. Sa République paraitra en 1583, chez J. Du Puys. avec en appendice une Apologie du dit Herpin concernant  Ferrier, Herpin étant le surnom  que s’est choisi Bodin

 C’est dire que la fin du xVIe siècle est le théatre d’un déclin en France alors qu’un siècle plus tard, l’astrologie, avec Lenoble, semble arriver à une certaine reconnaissance, dans la foulée de l’œuvre de Jean-Baptiste Morin (qui sera admis  au Collége Royal de France) dont la monumentale Astrologia Gallica parait après sa mort, en 1661, à La Haye. On notera que dans les premières années de la fondation de l’Académie Royale des Sciences, en 1666, par Colbert, l’astrologie fait l’objet de communication (cf notre article Astrologie (in Encyclopaedia Universalis) et notre  postface à l’édition du Commentaire du Centiloque par Nicolas Bourdin, Marquis de Villennes, traducteur de Ptolémée,  dont Morin fera la critique en 1654, ce qui est un signe de vitalité quand les astrologues se mesurent entre eux.)
Quant à Eustache Lenoble
 (cf Philippe   Hourcade « Eustache Le Noble (1643-1711). Au(x) hasard(s) de la polygraphie » Littératures classiques,  2003  ), il  ne publie pas un simple traité d’astrologie mais intègre celle-ci au sein d’un ensemble plus vaste.(« Uranie ou  les Tableaux des Philosophes »)

 Et en ce sens,  contrairement à une opinion assez répandue chez les historiens de l’astrologie de cette période, nous pensons  que l’astrologie n’était pas alors « à son déclin ». Cette Uranie reparaitra  jusqu’en 1726 au sein des œuvres complétes de l’auteur. C’est Pierre Bayle qui nous aura d’ailleurs mis sur la piste de Lenoble dont il mentionne la production astrologique, dans ses pensées sur la Cométe et notamment  dans sa  Continuation des Pensées diverses, écrites à un docteur de Sorbonne, à l’occasion de la comete qui parut au mois de decembre 1680 Ou Reponse à plusieurs dificultez  difficultés que Monsieur *** a proposées à l’auteur. Tome premier [-second] : A Rotterdam, chez Reinier Leers, MDCCV. Dès lors, comment  apprécier  le refus de la part des Académiciens, de la présence de l’astrologie, vers la toute fin du siècle alors que celle-ci semblait avoir acquis une certaine honorabilité/ Le choc  d’un tel refus  est le corollaire d’une telle honorabilité car si l’astrologie avait été alors  mise hors jeu, le probléme ne se serait même pas posé.

Notons que certaines attaques virulentes viendront de chez les Jésuites.  On pense à Jacques de Billy et son « Tombeau de l’Astrologie Judiciaire » (1657) ainsi qu’à Jean François. (1660) dont l’ouvrage reparaitra sous le nom de Decartes (cf l’étude de Gaston Bachelard) Notons aussi tout le bruit qui se fera en 1654 autour d’une certaine éclipse (cf l’étude d’Elisabeth Labrousse) Signalons que ce rejet de l’astrologie du cénacle académique pourrait être dans l’air du temps,  à savoir, en 1685,  la Révocation de l’édit de Nantes pris par Henri IV.

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