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jacques Halbronn Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d’Henri de Navarre

Posté par nofim le 25 juin 2021

 

 

Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d’Henri de Navarre.

Par  Jacques  Halbronn

 

En 1997,  nous avions montré  (les prophétie et la Ligue, Colloque Prophétes et Prophéties, Ed de l’ENS) que le premier volet  des Centuries nostradamiques, était marqué par une hostilité  à l’encontre du camp d’Henri de Navarre, autour du quatrain IV, 46 , qui avait été rajouté en 1589,

« Garde-toi  Tours de ta proche ruine », Tours étant la capitale du camp en question qu’avait rejointe Henri III, peu avant son assassinat à Saint Cloud.

Le présent texte entend apporter cette fois un éclairage en ce qui concerne le second volet. On s’intéressera notamment  à la récupération de certaines formules d’Antoine Crespin, qui paraissent dans ses textes des années 1570 puis  aux emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne qui sous tendront des quatrains du même second volet (introduit par l’Epitre à Henry Second)

Dés 1992, nous avions signalé l’intérêt que nous portions à l’œuvre d’Antoine Crespin , avant donc la parution l’année suivante de l’édition critique par Pierre Brind’amour des 453 premiers quatrains centuriques (Lyon, Macé Bonhomme, 1555) qui en fera un usage important notamment à partir de l’ouvrage du dit Crespin , » Prophéties dédiées à la puissance divine (1572) » que nous citons-«  que nous reproduirons en 2002  dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus ed Ramkat) Dans notre thèse d’Etat de 1999, nous lui avions déjà consacré une certaine place (Le texte prophétique en France,  Presses Universitaires du Septentrion). L’étude dont il s’agit  s’intitule « Pierre d’Ailly ; des conjonctions planétaires à l’Antéchrist » Colloque européen 16-17 mai 1992 De Pierre d’Ailly  à Christophe Colomb, Bulletin de la Société Historique de Compiégne (1992, pp. 68-70)

On y  trouve quelques pages relatives  à ce Crespin : « sous le titre  « Crespin, un « Nostradamus » hostile aux Juifs.

Nous débutons ainsi : » Sans vouloir ici donner la totalité du dossier,nous nous intéresserons à un certain Antoine Crespin Marseillais qui fait partie de ceux qui se servirent  du nom de Nostradamus pour faire carrière » Et nous nous référions à la Centurie VIII (dans le second volet des éditions à 10  centuries)  avec la mention « Roy de Bloys dans Avignon régner » que l’on trouve au quatrain 38 et au quatrain 52. Nous concluions  « Il ne semble pas que Crespin soit ici un imitateur de Michel de Nostredame : le contexte  nous semble au contraire indiquer que c’est une idée qui lui est chère et pour laquelle il milite » On trouve  un échantillon remarquable de la judéophobie de Crespin dans son Epitre à la Reyne mère du Roy. Nous signalions aussi – il y aura près de 30 ans – le quatrain  66 de la Centurie IX ; avec son verset « La Synagogue stérile sans nul fruit ». En 2005, nous ferons une communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem, sur l’antijudaisme de Crespin : » Crespin and the French Avignon problem An important source of antisemitism . French Antijudaism and the Avignon problem on the Eve of Saint Barthelemy » … (cf aussi  sur  le site Hommes et faits,  Pour  une approche ésotérique de la question  juive,  1997 et Le Monde juif  et l’astrologie, Milan, 1985, pp. 131-134 et  « Vers une nouvelle approche de la bibliographie nostradamique » in Revue Française d’Histoire du Livre, n°132, 2011, pp. 161-164  et  Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle,  post doctorat EPHE, 2007

Le second volet des Centuries semble avoir largement emprunté comme l’a montré Chantal Liaroutzos (1987, Suivez la guide, in RHR)/ Cela vaut notamment pour la Centurie IX.  Or, selon nous, le second volet  était une construction des partisans du futur Henri IV alors que le premier volet servait les intérêts du camp ligueur.(cf  aussi  Pseudo-Nostradamus: Quatrain IX,87 sur le Duc d’Etampes http://www.corpusetampois.com/

 

… A l’évidence,  le quatrain  « Chartres »  n’aura pu être rédigé qu’à l’approche du couronnement d’Henri de Navarre  en la cathédrale de Chartres, en janvier 1594, à la veille de la parution de l’éditions Benoist Rigaud qui paraitra alors (et qui donnera lieu à une édition antidatée pour 1568 chez les même  libraire, un quart de siècle plus tôt..

Signalons  que Benoist Rigaud  faisait imprimer certains textes à Chartres (cf  propheties.it), ce qui montre qu’il oeuvrait dans le camp d’Henri  de Navarre  comme c’est le cas pour cet ouvrage  politique ;

 Proposition des Princes, Prelats Officiers de la Couronne et principaux Seigneurs Catholiques, tant du Conseil du Roy, qu’autres estants pres sa Majesté, tendant afin de paruenir au repos tant necessaire à ce Royaume, pour la conseruation de la Religion Catholique et de l’Estat, faicte à Monsieur le Duc de Mayenne et autres Princes de sa maison, Prelats, Seigneurs et autres personnes enuoyees par aucunes villes et communautez, se trouuans à present assemblez dans la ville de Paris. (27 janvier.) [Texte imprimé],  Lyon : B. Rigaud, iouxte la copie imprimee à Chartres, 1594 (cote  BNF 8-LB35-444 (A)

 

 

C’est à cette même époque que parait le Janus François de Jean Aimé de Chavigny lequel comporte des extraits commentés  des centuries VIII –X. Or, le libraire qui publie le Janus  est dans la descendance (« héritiers ») de Pierre Roussin, un proche de Benoist Rigaud.

 

On aura compris qu’il s’agit là d’une série de « terminus » situant la confection des deux volets dans une fourchette embrassant  les années 1588 et 1594. D’aucuns ont soutenu que Nostradamus avait « prévu » de tels événements mais la mention de Tours (premier volet) et de Chartres (second  volet) est nettement liée au contexte politique de l’époque. Par ailleurs,  les textes de Crespin  repris dans certains quatrains du second volet sont révélateurs des méthodes des faussaires, n’hésitant pas à recycler des textes d’imitateurs de Nostradamus.  Faut-il conclure, pour autant, à l’antijudaisme  du camp d’Henri de Navarre, sur la base de textes  allant dans ce sens ? Il semble bien que le doute ne soit guère permis encore que l’on puisse penser que les faussaires aient récuperé en vrac toutes sortes de sources, sans y accorder trop d’importance comme c’est souvent le cas dans le domaine des contrefaçons.

 

JHB

26 06 21

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