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Jacques Halbronn La mémoire de la langue orale en hébreu et en français

Posté par nofim le 30 juin 2021

 

 

La mémoire de la langue orale  en hébreu et en français

Par  Jacques  Halbronn

 

 

Le drame de l’hébreu, c’est la perte de sa tradition orale en raison des vicissitudes de l’Histoire. Le français semble avoir été en partie épargné par une telle mésaventure du fait d’une certaine stabilité territoriale. C’est un point qui d’ailleurs aura souvent été négligé probablement parce qu’il aura semblé que la recherche d’une oralité à rétablir a longtemps du paraitre comme une gageure au même titre que la détermination d’une langue première.

Ot, nos travaux auront visé à montrer  toute l’importance de la dialectique de l’écrit et de l’oral et notamment de la conservation des codes de prononciation de telle ou telle langue. Certes, on nous enseigne la « lecture », la « prononciation » des mots mais que peut valoir une telle transmission, peut-on s’y fier ? Bien des éléments tendent à nous en  faire douter.

Dans le cas du français, il semble que l’on puisse espérer parvenir à restituer la langue « parlée » et à préciser le passage de l’écrit à l’oral, notamment à partir des emprunts de l’anglais au  français qui restituent une prononciation française  perdue en route (lost in translation). Mais l’essentiel consiste à montrer la vitalité de la tradition orale du français telle qu’elle peut s’observer et qui diffère singulièrement de l’enseignement du français  « lu » à haute voix.  Autrement dit, le français fonctionnerait « à deux vitesses », le français « lu » et le français « parlé » étant entendu que nombre de locuteurs s’expriment dans un français de « lecture », sous l’influence d’autres langues.

Quant à l’hébreu, il y a certes eu des tentatives d’apporter des « voyelles »à une transmission purement consonantique. (Massoret) puisque cette langue s’écrivait sans ces voyelles censées aider à la prononciation. Un cas remarquable est le marqueur de genre du pronom personne hébraique au masculin  et au féminin qui est inversé : Ata masculin, At féminin !  D’où d’étranges formules dont personne ne semble se soucier telle que  « Baroukh Ata », avec deux modes contradictoires !

Le charme du français tient à son rapport subtil entre l’écrit et l’oral avec un oral qui prend ses distances par rapport à l’écrit, ce que ne fait pas l’hébreu. En français, tout ce qui s’écrit ne se prononce pas pour autant, les mots ne sont pas séparés nettement les uns des autres mais au contraire fortement connectés entre eux , la phrase l’emportant sur le mot, les mots constituant une chaine, ce qui ne peut que dérouter le non initié.  Certes, l’hébreu semble avoir conservé l’idée d’un passage ésotérique entre l’écrit et l’oral, puisqu’il n’écrit pas les voyelles comme il a été dit plus haut et l’on connait la question de la (non) prononciation du tétragramme mais on n’y trouve pas de ‘liaison » au sens du français même s’il y  a le « sheva », correspondant au « e muet » du français, ce qui d’ailleurs rapproche les deux langues, puisque ce « e muet » est inconnu des autres langues latines. La sonorité du français est bien plus complexe à maitriser que celle de l’hébreu telle qu’on entend l’enseigner de nos jours.

 

JHB

30 06 21

 

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