Jacques Halbronnn Le statut astrologique d’Uranus et de Neptune, d’Alan Leo à Jean Carteret

Posté par nofim le 14 juin 2021

 

 

Le statut astrologique d’Uranus et de Neptune, d’Alan Leo à Jean Carteret

Par Jacques Halbronn

 

(supplément à l’ouvrage de P. Curry, N. Campion, J. Halbronn La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet. ed Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonction 1992.)

par Jacques Halbronn

Une question cruciale pour l’ histoire de l’astrologie « contemporaine » est celle des « nouvelles » planètes. En 1781, Herschell pointe un astre au- delà de Saturne que l’on baptisera d’abord du nom de son « inventeur », d’où le H majuscule qui continuera à lui servir de glyphe alors que le nom d’Uranus finira par s’imposer en suivant une veine mythologique. et en 1846 ce sera le tour d’Urbain le Verrier avec Neptune. En ce qui concerne l’accueil de ces nouveaux venus dans la littérature astrologique de l’époque, c’est surtout outre Manche qu’il faut aller chercher (cf . Alfred John Pearce, The Text Book of Astrology. Londres, Cousins and Co, [1879]-89).

Il ressort que la découverte d’Uranus sera interprétée au prisme des événements révolutionnaires du mo-ment. Et de fait la représentation que la communauté astrologique va se forger de l’influence de la dite pla-nète semble bien avoir été marquée par l’esprit du temps (Zeitgeist).

On peut parler d’un duo Uranus- Neptune jusqu’à l’arrivée d’un troisiéme larron, Pluton en 1930 dont le nom était déjà présent dans le Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire de Fomalhaut (alias Nicou-leau). Le nom de ces deux astres n’a pas de lien évi-dent avec les descriptions qui sont actuellement généralement admises d’où la thèse que nous avancerons à savoir que les astrologues auront pour la circonstance puisé dans un certain Inconscient Collectif, d’où l’émergence d’une dialectique Uranus Neptune qui recoupe selon nous la dialectique Jupiter-Saturne, les valeurs « uraniennes » de l’astrologie contemporaine correspondant à Jupiter et les valeurs « neptuniennes » à Saturne. Entendons par là que nous ne considére-rons pas ces valeurs comme émanant des dites planétes mais comme des projections sur celles-ci, dans le cadre de ce que l’on peut appeler une anthropocosmologie. Autrement dit, il n’est pas question de prendre en considération leur « influence » au prisme de leur cyclicité astronomique, contrairement aux pratiques en vigueur (cf l’astrologie conditionnelle de Nicola et le RET)

On abordera successivement les textes d’Alan Léo et Alfred Barley d’une part et d’André Barbault et Jean Carteret de l’autre, à un demi -siècle environ de dis-tance.

 

I Alan Leo et Alfred Barley (editions françaises 1906-1908) – pages 104-107

On y note l’usage de l’octave que reprendra André Barbault (dans son traité pratique). Alan Léo est marqué par la théosophie d’Héléna Blavatsky). « la planète Uranus frappe l’octave la plus haute à laquelle nous « de la cinquième sous-race de la cinquième race-mère »sommes capables de répondre. Il y a un nombre considérable d’humains encore incapables de répondre aux vibrations d’Uranus » Leo présente Uranus comme l’octave de Mercure. «Tous ceux qui aujourd’hui pensent en avance de leur race, qui ne sont pas limités par les lois conventionnelles, mais qui savent au contraire conserver leurs propres idées, libérées des préjugés personnels ou des opinions publiques sentent l’étonnante influence de cette planète etc »

A propos de Neptune, Leo note : « On discute encore la question savoir si Neptune posséde réellement une influence appréciable sur la présente race (…) L’action de Neptune produit un état d’affaires embarrassé, chaotique, nébuleux , les projets, les complots , les embuscades et les hantises forment son royaume spécial, soit qu’il les crée ou les découvre »

Passons à l’autre volume (Analyse raisonnée de l’astrologie) où il est déclaré ‘ Nous nous abstiendrons de parler de ces deux derniers corps puisqu’ils gouvernent des fonctions de l’existence seulement soupçonnées par la science orthodoxe. On peut dire que la première est liée au « mental abstrait » et l’autre à la dévotion « abstraite » et qu’elles n’affectent que les sujets anormaux de notre présente humanité ou les personnes ordinaires d’une manière anormale, par des occurrences singulières » (p. 20)

En 1930, c’est la découverte de Pluton – dont le nom avait déjà été avancé en 1897 (cf La vie astrogique années trente-cinquante), ce qui mobilisera très vite tout particulièrement les astrologues allemands (cf Barbault. Uranus-Neptune-Pluton, Paris, 2002, Ed. Traditionnelles pp. 137 et seq). Ne voulant pas s’’arrêter en si bon chemin, on aborde la question des « transplutoniennes » que Carteret désigne sous les noms de Proserpine et de Vulcain, terminologie que reprendra André Barbault dans son Traité Pratique. On s’efforce ainsi de relier planétes et signes (. Dom Néroman, Planètes et dieux. Clé scientifique de la mythologie grecque, la Kabbale justifiée par la science Maurice d’Hartoy, Paris 1933, ) cf Nos Clefs pour l’astrologie, Ed Seghers 1976)

 

 

II André Barbault et Jean Carteret (1950)

 

Dans le collectif qu’il anima en 1951; Jupiter & Sa-turne,(reed. 1980) André Barbault propose de répartir les planètes entre « valeurs Uraniennes » et « valeurs Neptuniennes »(pp. 40 et seq) Dans le premier groupe, il place Soleil, Mars et Saturne et dans le second Terre, Lune, Vénus et Jupiter. Barbault « considère qu’Uranus et Neptune représentent des forces originelles auxquelles on peut rapporter les planètes du septénaire (..) nous sommes en présence de deux familles planétaires/ D’une part, les planètes séches, rétractées, intensives, de nature rationnelle et volontaire, donnant un développement vertical -///= désir de grandir »l (…) D’autre part, les planètes humides, extensives, de nature instinctive, donnant un développement horizontal …) besoin de s’étendre » A partir de là l’auteur décrit ainsi Uranus et Neptune:

« Saturne: L’abstraction, la théorie, la science, l’ana-lyse, la spéculation (intellectuelle), la recherche des causalités, la spécialisation, la limitation; la systématisation, le rationalisme »

« Jupiter: La puissance des instincts vitaux, l’ampleur, la conciliation, le sens collectif, la cohésion la sympathie, l’unité, l’ensemble, l’humanité et la bonté universelle » (…)Comme dieu du ciel, maniant la foudre, comme maître des dieux, père de Minerve, Jupiter présente un caractère uranien/Mais n’oublions pas qu’il est de nature double, étant à la fois raison et instinct; il participe donc de la nature uranienne et de la nature neptunienne  » (p.49)

En 1950, André Barbault avait publié- avant le Jupi-ter Saturne- avec Jean Carteret, Analogies de la dia-lectique Uranus-Neptune (rééd. Ed Traditionnelles, 1981)/ Jusqu’à la découverte de Pluton, l’astrologie allait ainsi disposer d’une « dialectique » et Barbault signale que l’on tend à rapprocher Uranus du Soleil et Neptune de la Lune. Dans une représentation gra-phique due à Maurice Munzinger ( dessins repris in Manuel pratique de Barbault, Ed Seuil), l’on trouve une ressemblance entre le type Uranien et le type sa-turnien, d’une part et le type Neptunien avec le type jupitérien (cf p. 11 de la réédition de 1981 et page de titre de Jupiter & Saturne, Réed Ed Traditionnelles 1980). Nous avons contesté un tel rapprochement (cf notre étude sur Jupiter – Saturne) qui semble validé par les maitrises planétaires, avec Saturne donnant un de ses domiciles à Uranus et Jupiter donnant un de ses domiciles à Neptune. (cf notre étude « L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) » CIIIe Congrès National des Sociétés Savantes, Nancy 1978

Quelque part, l’émergence de la planète Pluton vient perturber la dialectique Uranus Neptune et Jean Pierre Nicola (La Condition solaire), au milieu des années soixante, proposera un groupe constitué des trois planétes « transsaturniennes », à coté d’un groupe Soleil-Mercure Vénus et d’un groupe Mars-Jupiter Satune.

 

Or, nous pensons qu’il importe de préserver la dialectique Uranus-Neptune en la rapprochant non seulement des luminaires mais aussi de Jupiter-Saturne et pourquoi pas de Mars et de Vénus. En fait, pour nous, toutes ces polarités n’en feraient qu’une . Pour nous, l’astrologie traiterait des rapports entre les chefs et les peuples. Ni plus, ni moins . Dans notre étude jumelle sur le couple Jupiter Saturne, nous rappelions la théorie des Grandes Conjonctions d’Albumasar (cf Labouré Astrologie et Religion, 2019) articulée sur le couple Jupiter- Saturne. C’est pourquoi nous pensons que la découverte de Pluton aura fait régresser la pensée astrologique laquelle aurait du s’en tenir à la dia-lectique Uranus-Saturne ce qui n’est pas la position de Barbault lequel va publier un ouvrage englobant en 2002 les trois transsaturniennes. Or, depuis 2006 Pluton a été déclassé par le monde de l’Astronomie. Signalons que les adversaires de l’astrologie sommeront dès le début du XIX siècle, les astrologues d’intégrer ces nouvelles planètes s’ils ne veulent pas être déconsidérés. (cf en 1838, T. H. Moody A Complete Refutation of Astrology: Consisting Principally of a Series of Letters, which Appeared in the Cheltenham Chronicle, in Reply to the Arguments of Lieut. Morrison and Others, in which Its Principles are Proved to be Unphilosophical … : with Additional Re-marks, Notices of the Royal Nativities, and an Intro-duction … : Also Observations on the Weather Prophets, and Anecdotes of Several Astrologers. Editeur: W. Wight;

Mais restons justement sur le terrain du “couple” Uranus Neptune” et demandons-nous si nous pouvons suivre Bar-bault et Carteret dans leurs connexions avec Jupiter et Sa-turne. En tout état de cause, ces planétes ne sauraient être appréhendées autrement que comme l’expression, la projec-tion des archétypes de Jupiter et de Saturne et n’ont donc pas à être étudiées au prisme de leurs cycles astronomiques, ce qui ferait désordre. Ensuite, il semble que régne une certaine confusion : Barbault semble vouloir relier Uranus à Saturne et Neptune à Jupiter, ce qui tiendrait au fait qu’Uranus a été découvert en premier, ce qui explique d’ailleurs son nom puisque Ouranos est dans la mythologie le père de Kronos. On comprend mal en revanche pourquoi on a pu choisir le nom de Neptune, un des frères de Jupiter comme ce sera le cas d’ailleurs dans le cas de Pluton. Généalogiquement, cela ne tient pas. On aurait aussi bien utiliser d’abord Pluton.

Pour notre part, nous proposons que les « valeurs » asso-ciées à la planète Uranus soient jupitériennes et celles asso-ciées à la planète Neptune soient saturniennes. Et non l’inverse. Pour nous, le jupitérien se doit d’être doté d’une énergie « mercurienne » lui permettant de « miner » le groupe qu’il entend controler en mettant en évidence les failles du socle sur lequel le dit groupe s’est ancré. Diviser pour régner.. Ce faisant, Jupiter vient ôter les chaines qui emprisonnent toute entité sociale. Jupiter est capable de te-nir tête au plus grande nombre puisque toute élite est par définition minoritaire. En ce sens, le personnage de Jésus est jupitérien puisqu’il propose de renoncer à divers pré-ceptes de la loi des Juifs.

D’ailleurs, il est assez étrange que Barbault place Saturne et Neptune dans des groupes planétaires opposés (cf son Jupi-ter & Saturne) alors qu’il est très attaché, en astrologie mon-diale, au cycle Saturne-Neptune qu’il associe au comm-nisme ! Il est clair que les valeurs de Saturne et de Neptune convergent tout comme celles de Jupiter et d’Uranus. Il importe de comprendre que la vie sociale est faite de toutes sortes de contraintes et de « liens » alors que l’axe Jupiter-Uranus est marqué par un esprit de liberté et d’indépendance. Autrement dit, le jupitérien n’est pas l’être enjoué et sociable. Saturne et Neptune, c’est le peuple, les moutons de Panurge, qui agissent « comme un seul homme » et suivent les mêmes normes, ont la même idée de la « normalité ». Opposition entre Liberté et Egalité. Il semble que Barbault ait été marqué par une certaine idéolo-gie communiste – ce qui explique notamment le  sens de ses  prévisions dans la Crise mondiale, à propos de l’opposition Saturne-Neptune-   qui voulait faire passer Saturne pour Jupiter en présentant la vie dans le monde communiste comme idéale et épanouissante. Ce faisant, il est à craindre qu’il ait pour des décennies contribué à fausser la pensée astrologique. Mais paradoxalement, répétons-le, dans les années cinquante, Barbault n’opposait-il pas Jupiter Uranus d’une part et Saturne-Neptune (cf son article de la revue Destins de janvier 1954) ? D’ailleurs, Barbault  a associé dès 1952  Saturne et les mouvements sociaux (cf son article de l’Yonne Républicaine, Janvier 1953), ce qui fait bien de Saturne une valeur neptunienne. On ne se fiera donc pas trop au dispositif des domiciles planétaires (cf notre étude L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) CIIIe Congrès National des Sociétés Sa-vantes, Nancy 1978) qui engageraient à associer  Saturne et Uranus. Nous avons montré que le dispositif original  des maitrises

planétaires s’arrêtait à Jupiter et ignorait Saturne, pièce rapportée incarnant la

Nouvelle Alliance et le septiéme jour et donc l’entreprise consistant à placer

Saturne dans le dispositif des deux fois six, du soleil à Jupiter, était vouée à

l’échec et c’était encore plus vrai quand il s’est agi d’y placer Uranus  et

Neptune et plus tard encore Pluton sans parvenir pour autant à boucler la boucle

des 12 planètes, ce qui laisse un chantier  avec Mercure et Vénus avec deux

domiciles, plus  les exaltations.

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

Dom Néroman, Planètes et dieux. Clé scientifique de la mythologie grecque, la Kabbale justifiée par la science Maurice d’Har-toy, Paris 1933,

André Barbault Uranus-Neptune-Pluton Réédition  Ed Traditionnelles, 2002

André Barbault  Jupiter Saturne, Réédition  Ed Traditionnelles, 1980

Jean Pierre Nicola Nombres et formes du cosmos, Ed Traditionnelles. 1977

Fomalhaut (Charles Nicoullaud) ; Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire Ed Vigot 1897 et 1933

1987 Alan Léo L’astrologie de tout le monde, Guy Trédaniel éditeur (reprint de l’édition française Ed Publications astrologiques de 1906)

Alfred H. Barlet L’analyse raisonnée de l’astrologie Ed Publications astrologiques, 1908 Ibidem

P. Curry, N. Campion, J. Halbronn La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet. ed Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonc-tion 1992.

JHB

14 06 21

 

 

 

Jacques Halbronn:

L’évolution de la pensée astrologique face aux découvertes des nouvelles planétes du système solaire (1781-1930) CIIIe Congrès National des Sociétés Sa-vantes, Nancy 1978

La vie astrologique, années trente-cinquante, de Maurice Privat à Dom Néroman. Ed Guy Trédaniel – La Grande Conjonction, 1995

Recherches sur l’histoire de l’Astrologie et du Ta-rot, avec Etteilla L’astrologie du Livre de Toth (11785), Ed Trédaniel Ed la Grande Conjonction 1993

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Scriptologie. Du rôle de la lettre « i » dans la conjugaison et dans la prononciation du français

Posté par nofim le 14 juin 2021

 

SCRIPTOLOGIE

Du  rôle de la lettre « i » dans la conjugaison et dans la prononciation du français

 

Poursuivant notre approche structurelle de la grammaire française,, nous revenons ici sur le passage d’un temps ou d’un mode à un autre, par le recours à l’emploi de la lettre « i ». Nous renvoyons à nos précédentes études autour des lettres « e » et « n ». Il apparaît que si l’on interroge des francophones sur ces modes de passage, ils n’ont pas- sauf erreur- de réponse spontanée, immédiate qui résulterait de l’enseignement du français qu’ils auraient suivi durant leur scolarité. (cf notre récent travail Sur la dialectique de l’écrit et de l’oral, en ligne sur la plateforme SCRIBD. Nous aborderons successivement la fonction morphologique et la fonction phonologique de la lettre « i » en français.

 

I La fonction morphologique du i

Nous aborderons successivement le passage du présent de l’indicatif à l’imparfait de l’indicatif et au subjonctif présent et le passage du futur au conditionnel, au prisme, chaque fois, de l’utilisation de la lettre « i ».

I Le socle du présent de l’indicat

 

Notre analyse concerne le pluriel des conjugaisons et non le singulier.

Nous mangeons, vous mangez devient à l’imparfait nous mangions et vous mangiez et au subjonctif présent que nous mangions, que vous mangiez

 

 

II La fonction phonologique du i

 

Si le français moderne a su préserver la prononciation spécifique liée à la lettre n – on, an, in, un, il semble bien qu’il ait « décroché » en ce qui concerne l’usage « phonique » de la lettre i quand celle-se combine avec une autre voyelle : ai, ei, ui, oi, ce qui ne va pas sans produire des dysfonctionnements au prisme de la doctrine phonologique qui suppose que le locuteur agisse de façon rationelle et pratique…

 

C’est ainsi que la troisième personne du pluriel pose un probléme récurrent quant au passage de l’écrit à l’oral en français ; Ils mangent, ils mangeaient, qu’ils mangent qui se confondent à l’oral avec la troisiéme personne du singulier : il mange, il mangeait, qu’il mange ! A l’évidence, comme on dit : ‘lost in translation », perte dans la transmission orale de l’oralisation de l’écrit. On peut penser que la lettre « o » a disparu ici au pluriel et qu’il faudrait aligner ce dispositif sur le futur en « »ont », ils mangeront, ce qui donnerait ils mangeont. Et d’ailleurs, on a des exemples dans ce sens : ils font, ils ont, ils sont. En ce qui concerne l’imparfait, la forme pluriel en « aient » devrait se prononcer « aillent » (aye), ce qui la distinguerait du singulier, sur le modèle : qu’ils s’en aillent, qu’ils travaillent, qu’ils vaillent comme on dit paille.

On forme en français le conditionnel à partir du futur par l’utilisation de la lettre « i »mais toujours pour les seules deuxième et troisiéme personne du pluriel ; nous mangerons, nous mangerions, vous mangerez, vous mangeriez.

Quid de la troisième personne du pluriel ?

Ils mangeront devient au conditionnel : ils mangeraient et non ils mangeriont. Cette forme mangeraient rejoint la finale de l’imparfait ils mangeaient et nous avons dit plus haut qu’ils faudrait prononcer ils mangeaillent et ils mangeraillent »

 

 

 

Le français a largement perdu le son « aye » et encore plus le son « oye » : doit-on dire « royal » à l’anglaise ou « roi -yal » selon la pratique française actuellement en vigueur ? En revanche, en français on prononce le mot écrit rail, raye en français mais en anglais « railway », devenant « rélwé ». Les germanophones en revanche prononce le mois de ‘Mai » « maye » alors qu’en anglais comme en français oral, on prononce « mé. En français on prononce « jamais » comme « jamé » alors que l’italien prononce « mai » qui a le même sens, « maye » ! Tout cela atteste bien selon nous que les formes « ai » et « oi » doivent prononcer le i comme un « y », les germanophones prononcent d’ailleurs « Jawohl », comme un « ya » comme Karl Jung.D’ailleurs, les anglophones prononcent le « y » dans why, ouaille ! (voir aussi, right, might, try, cry, by, good bye, etc)

Alors que le français a su largement préserver le « on », le ‘ain », il a dilapidé le « aye » et le « oye » (que l’on retrouve dans le Oyez, utiliser outre Manche, en justice) et cela conduit à une grave confusion à l’oral entre le singulier et le pluriel. Selon nos travaux, le singulier est toujours réducteur par rapport au pluriel, ne serait-ce que par l’absence du marqueur du pluriel (s ou x) tout comme le masculin par rapport au féminin. (grand par rapport à grande etc) D’ailleurs, le fait de ne pas prononcer le « s » des mots français au pluriel est cause d’ambiguité, d’où la nécessite de passer par l’article défini plus souvent qu’en espagnol. : on ne distingue par voiture et voitures (sauf en cas de liaison).On peut d’ailleurs se demander si initialement le « s » final n’était un marqueur qu’à l’oral mais figurait néanmoins à l’écrit même au singulier. D’ailleurs, en français, précieux, preux, valeureux, généreux, couteux etc vaut aussi bien pour le singulier que pour le pluriel.

Les formes en « oi », « ai », « ui » sont à repenser au niveau du passage de l’écrit à l’oral, en français. Il faudrait traiter notre « i » comme un « y ». L’anglais semble avoir conservé une forme de prononciation largement disparue en français : quiet (inquiet) se prononce en anglais avec le son « a » : kwayet.. Le « droit » devrait se prononcer droyt, ce qui le rapproche sensiblement de la prononciation anglaise « right » tout comme « nuit » prononcé « nouyt » se rapproche d’autant de l’anglaise « night » que l’on pourrait croire typique alors que ce son viendrait, selon nous, du français (cf aussi le cas du flamand pour la forme « uit » qui s’entend oyt). L’allemand avec son « heil » rend le son « a » -comme Heilbronn (ville thermale) devenu en France Halbronn qui perd le son « y » – comme weiss, pour blanc, dont le son se rapproche de l’anglais « white « où le a ou le e sont comme sous entendus. L’espagnol témoigne avec son « hoy » que notre « hui » dans aujourd’hui devrait se prononcer « ouy » Quid dans ce cas de notre « oui » qu’il faudrait à l’oral rendre comme un « ouy » ou notre « suis » deviendrait « souys », ce qui est proche de l’espagnol « soy » . Quant à l’italien, il a su lui aussi garder le son « mouillé : » en disant « mai » (maye) pour notre jamais. Ce problème de prononciation empêche fâcheusement d’établir des passerelles avec d’autres langues des pays environnants de l’Union Européenne.

Quel bilan dresser de cette carence, cette faille dans l’usage actuel , lors du passage de l’écrit à l’oral, de la lettre I quand elle est combinée avec une autre voyelle ? Les sons « aye », « eye »,’oye’ sont réduits à la portion congrue, à un état résiduel. Il est clair que le pluriel de l’imparfait à la troisiéme personne devrait s’entendre « éye » ou « aye » et certainement pas « ai » comme dans ‘é ». Il y a là un sous emploi du son « ye » qui génére les problémes que nous avons signalés : ils chantaient devrait s’entendre « ils chantayent » Nous trouvons d’ailleurs des réminiscences de cette fonction phonologique du « y » : le verbe dérivé de balai n’est-il pas « balayer » ? Signalons aussi craie et crayon ; je vois et voyons, j’ai et ayons. Il arrive d’ailleurs que le ye déteigne : vous croyez conduit certains locuteurs à dire « ils croyent » pour rendre « ils croient », mais c’est justement la forme « croyent » qui est plus correcte.

Ne passe-t-on pas de tu vois à vous voyez ? Tout se passe comme si la forme « réduite » avait pris le dessus sur la forme longue. Autrement dit, l’on peut supposer que la forme réduite ne rend pas le son « ye » face au « i » de l’écrit tout comme grand ne se sert pas du « d » final au masculin alors que le féminin y recourt : grande. Grand est la forme réduite de grande mais ici la dualité aura été maintenue alors qu’elle ne l’a pas été pour était et étaient. Il est absurde de prononcer ces deux formes pareillement. La lettre « y » (« i grec »)- on l’ a vu- renforce l’importance du son « ye » mais la présence du y n’est pas indispensable pour ce faire. L’enseignement du français ne met pas l’accent sur le rôle en quelque sorte consonantique de la lettre « i »,(sans parler de la lettre « j » en allemand comme dans « ja wohl » alors que la lettre « yod » en hébreu a bel et bien ce double statut.

Il s’agirait de réactiver les formes « mouillées » du français, ce qui aurait notamment pour effet de renforcer la présence du son « a » en français y compris en l’absence de la lettre « a » comme en allemand « heil » qui s’entend « hayl »/

La comparaison entre français et anglais (cf notre mémoire de 1989 sur l’approche interlinguistique sur la plateforme SCRIBD) nous conduit d’ailleurs à nous interroger sur l’empreinte française sur l’anglais qui se révéle encore plus forte que nous le pensions auparavant comme dans le cas de night qui vient du français nuit, avec la prononciation « uyt » et non de l’allemand « Nacht » On peut même se demander si la prononciation de la première personne du singulier, en anglais, le « I » qui se prononce « Aya », nom de la lettre « i » dans l’alphabet phonique de l’anglais, ne viendrait pas de la première personne du verbe français « avoir » – si l’on admet que « j’ai » devait antérieurement, se rendre par ; » « j’Aye », ce qui marque la première personne du futur avec son suffixe en « ai ».Je chanterai (infinitif chanter plus verbe avoir ai) Tels sont les charmes de l’ »épistémologie populaire » (selon la formule du titre de notre mémoire de 1987, également sur SCRIBD, cf notre Créativité de l’erreur,in Éloge de la souffrance, de l’erreur et du péché. Auteurs : Rose, Ann, Kieser, Alain , Halbronn, Jacques Ed Lierre et Coudrier, 1990

 

 

 

 

 

 

 

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Les bons et les mauvais choix dans le monde de l’édition, des thèses et des associations astrologiques/

Posté par nofim le 12 juin 2021

Les bons et les mauvais choix dans le monde de l’édition, des thèses et des associations  astrologiques/

par  Jacques  Halbronn

 

Il nous a semblé intéressant de faire le bilan des choix que nous avons effectués ou que nous avons eu à subir  dans le champ d’une carrière liée au monde de l’édition, de l’Université et des associations astrologiques. depuis les années  1970  jusqu’à ce jour, la liste n’étant pas  close

Parmi les  choix qui  nous ont semblé heureux rétrospectivement, voici les éléments qui nous ont marqué.

 

Les  années  70

Au début des années 70, la rencontre avec  le Professeur Georges Vajda nous aura permis de concilier notre intérêt pour l’astrologie et pour l’hébreu en préparant une thèse (Paris III) , La problématique astrologique chez les principaux penseur juifs du moyen Age espagnol qui sera soutenue en 1979 et paraitra, grâce à L. Toth, en 1985 aux éditions Arché  à Milan, sous le titre « Le monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux couple ». Mais entre temps, en 1977, Vajda avait rédigé la préface de notre édition du diptyque  astrologique d’Abraham Ibn Ezra (Ed Retz)  grâce à René Alleau, directeur de la Collection « Bibliotheca Hermetica » qui avait publié un

an plus tôt notre édition des Remarques Astrologique de Jean-Baptiste Morin (de Villefranche). Vajda décédera en 1980. A la même époque, nous  fréquentons le milieu associatif astrologique parisien (Centre International d’Astrologie) et en 1973, nous devenons Vice Président du CIA, choix heureux de la part de cette association puisque grâce à nous un congrès internatiaonal se tiendra l’année suivante à Paris, dans le cadre des rencontres de l’International Society for Astrological Research, fondée par Julienne Sturm (Mullette) dont nous deviendrons le secrétaire genéral. Dès 1972, nous avions crée la Bibliotheca Astrologica au sein du CIA. Mais en juin 1974, André Barbault entend reprendre en main le CIA  en obtenant que nous ne restions  pas en poste en tant que vice-président dont il avait démissionné en 1968 en raison de sa participation à Astroflash, interprétation astrologique par ordinateur (Ordinastral), avant même la tenue du congrès prévu à Paris. Or, Barbault, dans sa réédition du volume  Jupiter Saturne, en 1980, reconnaitra amèrement que la date de 1974  met fin à la prédominance du CIA né en 1946.(cf sa Présentation, p. 7). On peut parler de sa part et de celle de ceux qui le suivirent d’un « mauvais choix » puisque, en 1975, nous allions fonder le Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) qui allait éclipser le CIA. Bien pire, en 1976, nous publierons L’astrologie dans la prestigieuse collection Clefs, dirigée par Luc Decaunes, aux Ed. Seghers, ce dernier ayant préféré notre manuscrit à celui présenté auparavant par  André Barbault.  En 1976, nous attaquerons  Barbault en diffamation pour sa « critique » dans la revue L’Astrologue, de ces Clefs. Il perdra en appel.  Le milieu astrologique fera le bon choix  en suivant  fidélement nos activités pendant des années et nous ferons paraitre en 1981 un Bottin Astrologique des personnalités les plus remarquables, ce qui deviendra en 1978 le guide de la Vie Astrologique, grâce aux Ed. de la Maisni dirigées par Guy Trédaniel.  Cette relation de co-édition avait débuté grâce à Joel Dronsart(décédé) alias Gabriel dont nous publierons dès 1979 le Traité de l’Heure dans le monde. Avec Trédaniel, nous publierons toute une série d’ouvrages  jusqu’en 1995. Une autre relation fructueuse  à signaler avec Roger Faloci, directeur de la revue L’Autre Monde avec laquelle nous organisames notamment un Colloque sur l’Ere du Verseau, en 1977 qui fera l’objet d’un ouvrage édité par Bertrand Sorlot aux Ed. de l’Albatros, en 1979. Une autre synergie heureuse est à signaler avec Fernand Schwarz et son association La Nouvelle Acropole à la  même époque qui éditera une série de trois

cahiers « Sur la piste du Zodiaque » en 1977-78 (en ligne dans le cadre de la BINA, Bibliothèque Internationale de Numérisation de l’Astrologie

 

1976  Merleau Ponty thèse d’Etat.

 

LEs  années  80

Denise Daprey  et la FEA  1984

le GERASH  1986

1985  Céard

1984 Patrick Curry   (1987)

 

Les années 90

1993   Antoine Coron BNF      Encyclopaedia Univ.  René Alleau remplacé

1986  Serge Hutinn  Hisoire de l’astrologie

1981 DEA  Anglais   Ferrier    1990 Labouré  Dariot

1995  Lecerf  DESS  Le milieu astrologique

Fanchon Pradalier Roy Ed du Rocher.     O.Laurens    Rondeau 1997

 

Les années 2000

2011  Gérard Morisse   Guinard Nostradamus RFHL

2000  Louis Chatelier  EPHE (2007)

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Le statut astrologique d’Uranus et de Neptune au XIXe siècle

Posté par nofim le 12 juin 2021

Le statut astrologique  d’Uranus et de Neptune au XIXe  siècle

(supplément  à l’ouvrage  de  P. Curry, N. Campion, J. Halbronn  La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet.  ed  Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonction  1992.)

par  Jacques  Halbronn

Une question cruciale pour l’ histoire de l’astrologie « contemporaine » est celle des « nouvelles » planètes. En 1781, Herschell pointe un astre au delà de Saturne que l’on baptisera d’abord du nom de son « inventeur », d’où le H majuscule qui continuera à lui servir de glyphe  alors que le nom d’Uranus finira par s’imposer en suivant une veine mythologique. et en 1846 ce sera le tour d’Urbain le Verrier avec Neptune. En ce qui concerne l’accueil de ces nouveaux venus dans la littérature astrologique de l’époque, c’est surtout outre Manche qu’il faut aller chercher. Il ressort que la découverte d’Uranus sera interprétée au prisme des événements révolutionnaires du moment. Et de fait la représentation que la communauté astrologique va se forger de l’influence de la dite planète semble bien avoir été marquée par l’esprit du temps (Zeitgeist). 

On peut parler d’un duo Uranus- Neptune jusqu’à l’arrivée d’un troisiéme larron, Pluton en 1930 dont le nom était déjà présent dans le Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire de Fomalhaut (alias Nicouleau).  Le nom de ces deux astres  n’a pas de lien évident avec les  descriptions qui sont actuellement généralement admises d’où la thèse que nous avancerons  à savoir que les astrologues auront pour la circonstance puisé dans un certain Inconscient Collectif, d’où l’émergence d’une dialectique  Uranus Neptune qui recoupe selon nous la dialectique  Jupiter-Saturne, les valeurs « uraniennes » de l’astrologie contemporaine correspondant à Jupiter  et les valeurs « neptuniennes » à Saturne.  Entendons par là que nous ne considérerons pas ces valeurs comme émanant des dites planétes mais comme des projections sur celles-ci, dans le cadre de ce que l’on peut appeler une anthropocosmologie. Autrement dit,  il n’est pas question de prendre en considération  leur « influence » au prisme de leur cyclicité astronomique, contrairement aux pratiques en vigueur (cf  l’astrologie conditionnelle de Nicola et le RET)

 

Dans le collectif qu’il anima  en 1951; Jupiter  & Saturne,(reed. 1980)  André Barbault  propose de répartir les planètes entre « valeurs Uraniennes »  et  « valeurs Neptuniennes »(pp. 40  et seq) Dans le premier groupe, il place Soleil, Mars et Saturne et dans le second   Terre, Lune, Vénus  et Jupiter. Barbault  « considère qu’Uranus et Neptune représentent des forces originelles auxquelles on peur rapporter les planètes du septénaire (..) nous sommes en présence de deux familles planétaires/ D’une

part, les planètes séches, rétractées, intensives, de natyre rationnelle  et volontaire, donnant un développement  vertica -///= désir de trandir »l (…) D’autre part, les planètes humides, extensives, de nature instinctive, donnant un développement horizontal …) besoin de s’étendre » A partir de là l’auteur décrit ainsi  Uranus

 

 et Neptune:

« Saturne: L’abstraction, la théorie, la science, l’analyse, la spéculation  (intellectuelle), la recherche des causalités, la spécualisation, la limitation; la systématisation, le rationalisme »

« Jupiter:  La puissance des instincts viteaux, l’ampleur, la conciliation, le sens collectif, la cohésion la sympathie, l’unité, l’ensemble, l’humanité et la bonté universellle » -(///)Comme dieu du ciel, maniant la foudre, comme maître des dieux, père

de Minerve, Jupiter présente un  caractère uranien/Mais n’oublions pas qu’il est de nature double, étant à la fois raison et instinct; il participe donc de la nature uranienne et de la nature neptunienne  » (p.49)

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

1978  Nancy Metz

Fomalhaut;  1897

1987 Alan Léo L’astrologie de tout le monde, Guy Trédaniel éditeur (reprint  1906)

Alfred   H. Barlet   L »analyse raisonnée  de l’astrologie  Ibidem

: P. Curry, N. Campion, J. Halbronn  La vie astrologique il y a cent ans d’Alan Leo à F. Ch. Barlet.  ed  Guy Trédaniel – Ed. La Grande Conjonction  1992.

Recherches sur lhistoure de l’Astrologie et du Tarot,  avec Etteilla L’astrologie du Livre de Toth (11785), Ed Trédaniel  Ed la Grande Conjonction 1993

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jacques Halbronn Le couple Jupiter-Saturne d’André Barbault à Denis Labouré

Posté par nofim le 12 juin 2021

Le couple Jupiter Saturne, d’André Barbault à Denis Labouré

Par Jacques Halbronn

 

L’histoire de la dialectique Jupiter-Saturne est au cœur de notre approche de la pensée astrologique. Nous avons voulu ici aborder cette question par le biais d’ observations autour de deux ouvrages, Jupiter & Saturne, un collectif sous la direction d’André Barbault ( Ed du CIA, 1951, réédition 1980 avec une nouvelle présentation par André Barbault, Editions Traditionnelles) et Astrologie & Religion au Moyen Age de Denis Labouré Suivi de la traduction en langue française par le Dr Giuseppe Nastri de la Concordantia astronomie cum hystorica narratione du cardinal Pierre d’Ailly, Domuni Press 2019)

 

I Jupiter & Saturne

La page de couverture présente deux visages, l’un dilaté (de Jupiter), l’autre contracté (de Saturne), ce qui résume bien l’orientation général de ce collectif

Guy Fradin avertit « La découverte d’Uranus et Neptune, celle de Pluton, ont fait perdre aux conjonctions de Jupiter et de Saturne leur ancienne prépondérance (p. 39)

Maurice Munzinger, à qui l’on doit les dessins,note » C’est l’étude sur l’opposition des deux types Jupiter et Saturne qui a amené le Dr Louis Corman à édifier tout son système de morpho-psychologie. C’est ainsi qu’il déclare dans son Manuel de Morpho-psychologie (1948) » L’opposition de Jupiter et de Saturne

(..) Par exemple, la bonne humeur habituelle, la bienveillance, l’esprit de société, le sens pratique, l’attachement aux choses du monde s’expliquent aisément chez le Dilaté Jupiter par son excellente adaptation au milieu. Inversement, l’humeur inquiète , la misanthropie, l’indépendance, le goût des spéculations théoriques se rattachaient chez le Rétracté Saturne aux difficultés d’adaptation »

Jean Carteret Mythologie : « L’histoire de ce dieu est qu’il n’a pas été avalé par son père (…) Le Jupiter mythologique déborde singulièrement le Jupiter astrologique » (p. 54)

Brahy : Les tendances sociales « Dans le jeu des influences planétaires, Jupiter et Saturne forment ce que l’on peut appeler « un couple » de forces inversement polarisées ou encore les deux pôles d’expression d’une même force. Il n’y qu’à considérer les hiéroglyphes (sic) de ces deux planètes pour s’en rendre compte » (pp. 181 et seq)

 

Notre commentaire : il nous semble que les propos ici tenus en 1950 se fondent sur une représentation faussée du processus social. On voudrait croire que la vie en société est épanouissante alors que l’individu isolé serait en souffrance. Or, nous pensons que rien n’est plus contraignant que l’intégration sociale que l’on nous présente comme une « adaptation » mais à quel prix ? L’on sait d’ailleurs à quel point les exigences d’intégration, d’assimilation font désormais probléme. La « socialisation » passe par l’apprentissage d’une langue, d’une, d’une discipline ; d’une culture commune, le terme assimilation renvoyant à la similitude, au conformisme. Cela ne signifie pas que les gens ne soient « heureux » de leur sort…

C’est pourquoi, nous pensons que Saturne est lié au processus de socialisation en ce qu’il a de plus pesant. A l’inverse, nous pensons que le chercheur, le créateur, dans leur « tour d’ivoire » sont bien plus libres que l’homme moyen, prisonnier de toutes sortes de conventions, de préjugés dont, éventuellement, l’homme « libre » saura le libérer en lui ouvrant sa cage. Autrement dit, la survalorisation de l’adaptation conduit à une inversion : l’assimilation est saturnienne avec ce qu’elle peut avoir de tatillon, de mesquin mais c’est bien le Saturnien qui est « sociable » si l’on ne prend pas cette expression comme une valeur d’épanouissement du moi. Celui qui a un Moi puissant n’est pas « sociable », il faut une certaine faiblesse de caractère pour l’être ! L’on assiste donc ici à une certaine projection idéologique sur l’astrologie dont il faut absolument s’émanciper et purger l’astrologie/ Les ouvrages comme Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley ou 1984 de Horwell nous dressent le portrait d’une société lobotomisée.

On notera qu’en 1945, Barbault dans son Astrologie agricole (.) classe Saturne avec Uranus et Jupiter avec Neptune. Il est vrai que l’un des domiciles de Saturne, le Verseau a été attribué à Uranus et que l’un des domiciles de Jupiter , les Poissons, a été attribué à Neptune mais il reste que le couple Saturne-Neptune et le couple Jupiter Uranus sont plus pertinents !

Cela dit, il nous semble bien que le binome Uranus Neptune élaboré par les astrologues au milieu du XIXe siècle, à la suite des découvertes de 1781 et 1846 doive avant tout être considéré comme une projection des valeurs Jupiter-Saturne, à partir de l’Inconscient Collectif. Il ne faudrait donc pas considérer les significations comme visant les « nouvelles planétes » mais au contraire comme l’émergence d’archétypes genérée par ces découvertes. D’ailleurs, on ne saisit pas le lien qui peut exister entre le dieu Ouranos et ce qui est dit par les astrologues sur cette planéte. En fait, Uranus est associé à l’époque avec l’idée de révolution à commencer celle de 1789 alors que Neptune correspondrait au phénoméne communiste qui prend forme au moment de la découverte de cette planéte. Or, il y a bien là une polarité : Jupiter, pour nous, est une énergie de transformation dans le temps alors que Saturnne s’inscrit dans une spatialité, dans une uniformité sociale. Et selon nous, cette dualité résume bien la combinatoire des enjeux dont traite l’Astrologie.

 

 

II La conjonction Jupiter-Saturne en astrologie mondiale

 

Il est question du De magnis coniunctionibus d’Albumasar (pp. 117 et seq) – les « grandes conjonctions »

Labouré en rappelle les régles bien connues ; « Les conjonctions de Jupiter avec Saturne se produisent tous les 20 ans mais elles se produisent pendant deux siècles dans les signes de même élément « ‘(p. 136) Ce qui donne un cycle global de 960 ans (4×240 ans) Le changement de « triplicité » (cf les 4 Eléments) désigne une conjonction majeure, tous les 240 ans.

A propos de la « fortune » des spéculations de Pierre d’Ailly en rapport avec la venue de l’Antéchrist – Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993 (Colloque européen 16-17 mai 1992 de Pierre d’Ailly à Christophe Colomb) « Pierre d’Ailly et l’Antéchrist » (pp. 49-78)/ En 1994, Laura Ackerman Smoller fit paraitre à l’Université de Princeton « History, prophecy and the stars. The Christian Astrology of Pierre d’Ailly 1350-1420 » Notre étude ignorée de Labouré, et d’ailleurs plus fouillée que son propre travail , précéde donc celle de Smoller. Dans le même domaine de l’Antéchrist, signalons en 1998, pour le XVIIe siècle, notre communication « Accomplissement des prophéties / Pierre DuMoulin » in Colloque Formes du millénarisme en Europe à l’aube des temps modernes. Année: 2001, Pages: 233-245, on ne peut s’empêcher de décéler une influence « alliacienne » dans la refonte centurique de l’Epître contrefaite de Nostradamus à Henri II, datée de 1558 (et qui se calque sur celle de 1556), vraisemblablement parue, en fait, dans le cours de la décennie 1590. On y trouve la « persécution de l’Eglise » et l’année 1789 rendue comme 1792. Antoine Couillard en 1556 ironisera sur cette date avancée de 1789 reprise en 1550 par Richard Roussat dans son Livre de l’Estat et Mutation des temps. Signalons aussi que Nostradamus s’était bel et bien intéressé à l’arrivée de l’Antéchrist dans son Epitre au Pape Pie IV dans ses publications pour 1562 (cf la réédition au début du XXe siècle bet notre article en 1991 dans la revue Réforme Humanisme Renaissance) ce qui ressort de l’un de ses quatrains autour de « Macelin » (déformation de Marcellin), naissance qu’il situait autour de 1566-67, ce qui correspondra surtout à la date de sa propre mort. Autrement dit, les contre façons de la production de Nostradamus reprennent toujours peu ou prou des textes authentiques. On regrettera que cette Epitre au pape ait été éclipsée au moins nominalement par celles à César et à Henri II .

 

A la même époque où paraissait la mouture contrefaite de la première épitre à Henri II (cf Prophética aleph Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) le juriste angevin Jean Bodin reprendra le terme « mutation » dans les Livres de sa République en rapport avec les conjonctions Jupiter-Saturne. Bodin polémiquera avec Auger Ferrier sur ce sujet (cf notre DEA 1981 Lille III, en ligne sur la plateforme SCRIBD)

Il est clair que Pierre d’Ailly entendait au moyen de l’astrologie refondre la science historique. On sait que ces deux domaines seront in fine recalés, à la fin du XVIIe siècle, par l’Académie Royale des Science, ce qui ne se serait pas produit si la connexion avait vraiment pu être établie. ¨Parmi les précureurs de Pierre d’Ailly, signalons le Meguilat Hamegalé d’Abraham Bar Hiyya au XIIe siècle ( cf Le monde juif et l’astrologie, Milan, Arché 1985)

Pour notre part nous avions émise l’hypothèse selon laquelle Pierre d’Ailly, en 1414, avait surtout voulu repousser les échéances prophétiques de son temps.

 

Pour conclure sur la dualité Jupiter Saturne, il semble bien qu’elle doive occuper une place centrale pour l’astrologie du XXIe siècle (cf notre brochure l’Astrologie selon Saturne, 1994-1995) On notera que la théorie des grandes conjonctions n’aborde pas la signification spécifique de Jupiter d’une part et de Saturne de l’autre mais se fixe sur la combinatoire des deux.

 

 

 

JHB

12  05  21

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jacques Halbronn L’apport de Mireille Huchon à la recherche nostradamologique.

Posté par nofim le 11 juin 2021

 

L’apport de Mireille Huchon à la recherche nostradamologique

Par Jacques Halbronn

 

Début 2021 parut chez Gallimard , dans la collection Biographies, un ouvrage ambitieux, à savoir le « Nostradamus » de Mireille Huchon, spécialiste de Rabelais. Embrassant un grand nombre de publications, on se demandera si la montagne n’a pas accouché d’une souris. A la différence d’Hervé Drévillon et Jean-Paul Lagrange, auteurs en 2003 d’un précédent opus chez le même éditeur, Mireille Huchon nous offre une quantité de notes de bas de pages mais sans index des travaux de recherche sur le sujet et sans bibliographie si ce n’est une dizaine de titres dans une rubrique intitulé « Nostradamiens » (p. 349). On est donc condamné à dépouiller l’entrelacs des notes non pas placées en bas de page mais en vrac pp. 311- 349)

Dans la quatriéme de couverture, on insiste sur le caractère ‘biographique » plutôt que « bibliographique » du travail entrepris.

« à la faveur de documents récemment exhumés » (cf pp. 292 et seq). De quels documents s’agit-il du Recueil des Présages Prosaïques, édité en partie dès 1999 aux éditions du Seuil par Bernard Chevignard et de la correspondance, éditée par Jean Dupèbe (Lettres inédites, (Travaux d’Humanisme et de Renaissance, n° CXCVI). Genève, Librairie Droz, 1983), donc des éléments connus déjà depuis un certain temps, vingt ans et quarante ans environ respectivement.

Mais peut-on séparer biographie et bibliographie dans le cas de Nostradamus ? Un tel exercice apparait vite comme acrobatique. Cela contraint l’auteur à admettre d’office que le domaine bibliographique ne fait plus problème, surtout depuis les publications de Chomarat, Benazra et Brind’amour – entre 1989 et 1993- âge d’or en quelque sorte de la recherche en ce domaine -et qu’il est enfin temps de passer au stade biographique.

Exemple :’ De son vivant, ses livres de prophéties n’avaient pas remporté un succès comparable à celui de ses productions annuelles » (p. 263) Dont acte. L’affaire est entendue. Le lecteur est fixé : Nostradamus a bien publié « de son vivant » ses « prophéties ». On nous explique qu’en « 1588, 1589 et 1590 les éditions des Prophéties de Nostradamus (…) sont publiées sans les trois dernières centuries »(p.272) Mireille Huchon se contente donc de constater qu’aucune « réédition » à 10 centuries n’aurait eu lieu entre 1568 et 1590 sans se demander si l’édition de 1568 a jamais existé, ce qui permettrait de comprendre pourquoi il n’en fut pas question dans les années citées. On voit là à quel point la biographie est tributaire de la bibliographie puisque la biographie est contrainte de conférer une réalité existentielle à toute la chronologie des œuvres, ce qui est là franchir un seuil redoutable ! Mireille Huchon ne peut éviter l’ecueil bibliographique quand elle évoque «  l’existence d’une édition en 155_ aujourd’hui perdue »(p 264) Quant à l’argument selon lequel certains quatrains traitent de telle époque du vivant de Nostradamus, c’est bien léger. Ce qui est plus grave, c’est quand certains quatrains traitent de la période de la Ligue (cf notre communication in Prophétes et Prophéties 1997) mais on peut alors mettre cela sur le compte de la vertu prophétique !D’ailleurs, Mireille Huchon s’interroge : » Préscience réelle s’il existe bien une édition publiée en 1558, ou prescience forgée par quelque faussaire qui a pu vouloir, après coup, donner l’illusion de la capacité de prophétie de Nostradamus » (pp 264-265)

Mireille Huchon est tout à fait avertie de l’usage de la Guide des Chemins de France (1552) et elle ne s’étonne pas plus que cela que Nostradamus se soit amusé à compiler cet ouvrage truffé de noms de lieux.(pp. 265 et seq) tout comme elle ne s’étonne pas que ‘Nostradamus se (soit) fait chroniqueur de la royauté française ». Il ne lui vient pas à l’esprit que de tels procédés seraient précisément ceux de tacherons payés par des libraires faussaires pour faire du quatrain à la chaîne ! Mais revenons sur le propos de Mireille Huchon (p. 266) à propos des quatrains géographiques (signalés par Chantal Liaroutzos) Elle mentionne la « correction « de Chastres en Chartres sans se demander ce que vient faire Chartres dans ce quatrain ; Or, la « correction » n’est nullement innocente, elle fait référence, selon nous, à l’annonce du couronnement d’un Henri IV, converti, dans la cathédrale de Chartres au lieu et place de celle de Reims qui lui est inaccessible dans les années 1593-94, ce qui, dans ce cas, permettrait de dater le quatrain pour ce moment qui fait suite à la fameuse formule «  Paris vaut bien une messe ».Il semble donc que Mireille Huchon ait pu croire que la forme « Chastres » était une erreur de la Guide des Chemins de France que l’on aurait corrigée dans le quatrain en question, alors que Chastres était tout à fait correct et n’a été changé en Chartres que pour les besoins de la cause ! Chastres alias Arpajon correspond bien géographiquement aux autres communes citées, ce qui n’est pas vraiment le cas de Chartres !

Mais venons-en à l’usage que tire Mireille Huchon du Recueil des Présages Prosaïques qui devait lui permettre, selon ses dires, de faire avancer le shmiblic. Elle nous parle d’extraits alors qu’il s’agit carrément de la reproduction intégrale de publications annuelles comme l’exposait Bernard Chevignard, en 1999, selon nos conseils. Mireille Huchon s’est probablement arrétée, par mégarde, dans ses notes en ce qu’en disait Pierre Brind’amour (décédé en 1995) en 1993 (Nostradamus astrophile) qui ne disposait pas d’assez d’exemplaires des imprimés de l’époque pour porter un jugement tout à fait pertinent. En fait, l’intérêt du dit Recueil, comme nous l’avons montré, est de nous permettre de retracer la genése de la préface à César dont Antoine Couillard se -fait l’écho en 1556 dans ses Prophéties sur lesquelles elle s’étend quelque peu (pp ; 166 et seq). Au premier abord, un tel témoignage semble attester de la parution de l’édition 1555 de Macé Bonhomme, qui s’ouvre par la dite Préface. Mais, justement il convenait de comparer le texte de Couillard avec la production de Nostradamus à ce moment -là, ce que permet justement le dit Recueil des Présages Prosaïques. L’on observe alors que certains passages des Prophéties de Couillard reprennent des éléments de la production de Nostradamus d’alors alors qu’on ne les retrouve pas dans la Préface à César en tête de la dite édition 1555. Inversement, à la lecture de la correspondance éditée par Dupébe, il n’est nullement question des Centuries mais –selon le texte latin d’une des lettres, d’ »éphémérides », c’est-à-dire d’almanachs (cf notre post doctorat Le dominicain Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique. EPHE 2007) dont il ne semble pas que Mireille Huchon ait pris connaissance 12 ans plus tard. Quant à Ronsard (cf pp. 213 et seq), dans son Elégie (dont Hervé Drévillon et J. P. Lagrange avaient traité avec une certaine désinvolture en 2003 dans son Nostradamus. L’éternel retour, chez le même éditeur, il n’attribue nullement la mort du Roi à une prophétie de Nostradamus –il s’agit d’une cométe qui avait laissé pressentir un drame notamment chez Junctin de Florence (cf Isabelle Pantin La poésie du ciel en France dans la seconde moitié du seizième siècle. Droz, 1995 , p. 477). Ronsard fait référence explicitement aux prédictions annuelles qui ont fait sa réputation et rappelons que ses almanachs comportaient des quatrains tirés de ses textes en prose – et dont il ne fut probablement même pas l’auteur- lesquels inspirèrent les faussaires dans leur projet « centurique » Mireille Huchon a

connaissance de la première Epitre à Henri II (p. 147 cf notre fac simile in Documents

inexploités sur le phénoméne Noastradamus, 2002)  sans même voir le lien existant avec

celle figurant en tête de l’édition contrefaite Benoist Rigaud 1568 ; » Dans sa

dédicace des présages merveilleux  à Henri II  etc », laquelle précéde de deux ans

celle en date de 1558. Nous avons montré qu’il s’agit là du passage d’un

Nostradamus « premier » à un Nostradamus  « bis ».  Mireille Huchon signale (p.305)

les sites  de Benazra et de Mario Gregorio  où figure un grand nombre de nos études

mais ne semble n’en avoir  rien tiré  de significatif  tout comme elle ne mentionne

ni notre thèse d’Etat de 1999  Le texte prophétique en France  dont un tiers

environ  traite de Nostradamus  ni notre post doctorat  sur la naissance  de la critique nostradamique au XVIIe siècle (2007) ni notre  exposé en 2011  dans la Revue Française d’Histoire du Livre  se

contentant de signaler la contribution  de Patrice Guinard à cette revue en 2008. « Nouvelle approche de la bibliographie centurique »

Un signe marquant  de « black out ‘ sur nos thèses concernant Nostradamus est le rejet de notre article « Nostradamus » lors de la publication en 2005  du Dictionary Of Gnosis and Western Esotericism  Édition en Anglais sous  la  direction    de Wouter J. Hanegraaff  et d’ Antoine Faivre.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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JHB

13.05. 21

 

 

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Jacques Halbronn La dialectique émission/réception. De l’héritage au mimétisme. Le cas de l’ Histoire de l’astrologie au XVIIe siècle

Posté par nofim le 9 juin 2021

 

 

La dialectique émission/réception . De l’héritage au mimétisme. Le  cas de l’

Histoire  de l’Astrologie au  XVIIe siècle.

Par Jacques Halbronn

 

 

Il est plus facile d’émettre que de recevoir. Celui-ci pourra s’exprimer en telle langue et ne comprendra qu’à moitié ce qu’on lui dira dans la dite langue, soit parce que son vocabulaire est limité, soit parce qu’il est troublé par le passage de l’écrit à l’oral, du fait de codes de prononciation qu’il ignore. On le comprend mais lui ne comprend pas tout, même s’il nie la chose.. Celui-ci dira des choses qui ne sont pas de lui d’où la formule : ce que vous dites d’intéressant n’est pas de vous et ce qui est de vous n’est pas intéressant.

Nous mettons en garde contre les fausses causalité : le récepteur a fort bien pu instrumentaliser l’émetteur en s’alignant sur lui alors même que le dit émetteur n’avait ni la conscience, ni la volonté d’influer sur lui. Lorsqu’un auteur puise dans un ouvrage des éléments de son propre travail, peut-on encore parler d’une dialectique émission/réception ?

L’historien des textes est évidemment confronté à de telles situations quand il s’agit d’apprécier équitablement l’apport d’un certain travail et cela vaut sur le plan artistique, de la musique au cinéma en passant par la peinture. Il ne suffira pas d’aimer telle œuvre mais de s’interroger sur ce qui l’aura marquée de façon à ne pas lui attribuer une originalité qui ne lui correspond pas. Le résultat final ne saurait en aucune façon épuiser le débat car cela fausse les perspectives. Rendons à César ce qui est à César.

Or, force est de constater qu’une telle déontologie est hors de portée de la plupart des « chercheurs » qui font l’impasse sur certaines informations disponibles, ce qui est rendu bien plus aisé avec les moteurs de recherche qu’il y a encore une vingtaine d’années. L’ exigence d’exhaustivité est la règle. Autrement dit, on demande à ce qu’un auteur non seulement cite correctement ses sources mais encore mentionne systématiquement à ses lecteurs les travaux qui ont précédé les siens, ce dont il devra absolument s’en enquérir. Il devra le faire de façon transparente, en ne se contentant pas de citer des textes en vrac dans une « bibliographie » mais en signalant, le moment venu, les recoupements et les pistes à suivre au moyen de notes en bas de page. On peut également étudier en aval l’impact d’une œuvre, d’autant qu’il arrive que certaines sources ne finissent par émerger que tardivement. Ainsi, tel auteur a pu s’inspirer d’un manuscrit inédit lequel finira par paraitre , ce qui risque de fausser la chronologie.

Afin d’illustrer notre propos, nous reprendrons le cas d’une thèse de doctorat, soutenue fin 1993 d’Hervé Drévillon et qui sera publiée en 1996 chez Chamvallon. Nous comparerons notamment le texte de la thèse et celui de l’imprimé, trois ans plus tard en ce qui nous concerne plus ou moins directement puisqu’il s’agit en l’occurrence de la façon dont Drévillon se référe à nos propres publications ou mémoires.

Titre de la thèse (EHESS 1993) Lire et écrite  l’avenir au XVIIe siècle sous la direction de

Roger Chartier

 

On commencera par le remaniement de la bibliographie.

 

 

Lors de la soutenance, fin 1993, Drévillon ne semble pas avoir pris encore connaissance de deux publications parue au printemps de cette même année, aux éditions Guy Trédaniel-La Grande Conjonction alors qu’en 1996, il les signalera dans sa bibliographie. Etrangement, des éléments figurant dans la bibliographie de la thèse auront disparu dans l’imprimé trois ans plus tard. On pense notamment à notre « Introduction Bibliographique à l’étude de l’Astrologie Française de la fin du xVe à

fin du XXe siècle (accessible  désormais   sur la plateforme SCRIBD) , qu’il mentionne (p. 486)  comme datant de 1989 en tant que mémoire universitaire d’une bonne centaine de page qui lui avait été communiqué sans que nous sachions exactement dans quelles circonstances. En tout état de cause, Drévillon ne prend pas la peine de signaler, ne serait-ce qu’en note de bas de page, l’usage qu’il en aura fait et donc de quelle façon cela l’aura aidé. Mais comme on l’a dit, cette mention de notre Introduction Bibliographique ne figurera plus en 1993. Nous

avions rencontré Drévillon à propos de son DESS-), Les traités des comètes de 1577 à 1683 : les révolutions d’un signe, DEA. EHESS, Paris (1990).

En revanche, d’autres de nos travaux s’y trouveront, à savoir les deux éditions signalées parues en 1993 et le Catalogue de l’exposition « Astrologie et Prophétie » que nous organisâmes au tout début de l’année 1994. La question qui se pose est la suivante ; quelle est la différence entre la thèse et l’imprimé et est-ce que cela tient – et jusqu’à quel point- à la prise de connaissance de ces trois publications ?

D’emblée, un point est saillant lors de la confrontation entre les deux corpus bibliographiques. Tout en tête de sa bibliographie de 1996, Drévillon mentionne comme seules sources manuscrites des recueils de l’Académie Royale des Sciences dont il ignorait totalement l’existence au vu de sa thèse de 1993. Or, ces références sont directement liées à la prise de connaissance de notre ouvrage consacré au reprint du Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin en la postface que nous lui avions adjointe. A aucun moment, Drévillon ne signale ce qu’il nous doit, si ce n’est très vaguement en mentionnant dans sa bibliographie le dit ouvrage. Est-ce à dire que dans son esprit, il va de soi que ce qu’il présente dans sa thèse serait repris des travaux qu’il aura pris la peine de signaler en vrac ? Est-ce que le jury de thèse aura fait la part des choses pour lui accorder son titre et sa mention ?

A propos de Nicolas Bourdin, traducteur de Ptolémée, on note une absence étonnante, dans la thèse tout comme dans l’imprimé, c’est celle de notre édition des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin sur le dit Commentaire de Bourdin (Ed. Retz, 1975) Or, il est évident qu’en 1993 nous avions mentionné notre édition de 1975. Eh bien en 1996, Drévillon ne jugera pas utile de réparer cette lacune d’autant plus criante qu’il va s’attarder et sur le cas de Morin de Villefranche et sur celui du Marquis de Villennes alias Nicolas Bourdin, dont nous traitions comme il se doit dans notre Introduction à notre réédition de 1975 !

Passons au dossier Eustache Lenoble qui apporte un nouvel éclairage à la production astrologique du dernier tiers du XVIIe siècle et dont par ailleurs, en puisant dans les ressources de la Bibliotheca Astrologica dont nous sommes le directeur, Patrice Guinard avait traité dès 1987 (dans la revue Astralis, Lyon) Or, Lenoble est absent de la thèse mais fort présent dans l’imprimé. En effet, l’autre ouvrage paru en 1993 consacré à l’Astrologie du Livre de Toth, accorde une place considérable à cet auteur qui publie son Uranie à la fin du siècle.

Mais revenons à ce propos aux documents de l’Académie des Sciences dont nous traitions dans l’ouvrage consacré à Bourdin. Dans notre postface, citée par Drévillon, mais seulement dans sa partie bibliographique (il ne donne pas d’index) nous montrions que lors de la dite Académie,fondée par Colbert en 1666, l’on aura pu dans ses premières décennies faire des communications liée à l’astrologie et nous y donnions l’exemple d’un certain Graindorge. Autrement dit, on aura compris qu’entre 1993 et 1996, Drévillon aura eu l’occasion- grâce à nous – de réviser complétement son propos sur la situation de l’astrologie à la fin de ce siècle qui fait l’objet de son travail. On note aussi que Drévillon a enrichi entre 1993 et 1996 sa bibliographie en ce qui concerne Pierre Bayle en y mentionnant non seulement les Pensées sur la Cométe mais les « Continuations » aux dites Pensées, ouvrage témoignant de l’activité astrologique à la fin du dit siècle. Or, nous avions en 1993 montré que Bayle s’était intéressé à Lenoble, ce qui nous avait d’ailleurs mis sur la piste du dit Lenoble/

Nous aborderons pour finir les questions relatives au volet proprement lié à l’histoire du prophétisme dans ce qu’il faut bien appeler la « compilation » d’Hervé Drévillon dont le titre de la thèse couvre un champ fort large association Astrologie et Prophétie, ce qui est, on l’a vu, le titre de notre exposition et de notre catalogue à la Bibliothèque Nationale de 1994. Signalons aussi notre article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis (1994) Il se trouve que Drévillon aborde dans sa thèse de 1993 des sujets dont nous traitons dans notre Introduction Bibliographique, qu’il cite dans sa bibliographie, en ce qui concerne la fortune du Mirabilis Liber et du personnage de Sainte Brigitte, ce qui sera développé dans notre thèse d’Etat, Le texte prophétique en France soutenue en 1999, donc après la parution de l’ouvrage de Drévillon en 1996 chez Champvallon. ( voir aussi  notre  étude  in Revue Française d’Histoire du Livre. 2013, Nº. 134 . De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien ·).  Faut-il aussi rappeler que Drévillon cite les Actes du Colloque de Londres de 1984 tenu au Warburg Institute- et dont nous avions été l’instigateur- que Patrick Curry publiera en 1987 sous le titre Astrology, Science and Society, avec une étude de notre part « The revealing process of translation and criticism for the History of Astrology »

Autrement dit, quand nous parcourons les deux documents produits par Drévillon, nous avons nettement et de façon récurrente une impression de déjà -vu tant et si bien que nous éprouvons un sentiment de paternité à leur égard.

Signalons notre étude(L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques ») sur le Nostradamus que Drévillon a produite en 2003 avec Jean-Pierre Lagrange, chez Gallimard, Cette fois, bien que Drévillon mentionne nos travaux de 2002 « Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Prophetica Judaica, Ed. Ramkat)- mais pas notre thèse d’Etat de 1999 ( Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion) dans sa bibliographie en insistant toute fois sur le fait que les positions qui y sont défendues sont « controversées », on ne peut dire qu’il en aura tenu compte dans le corps de sa publication comme co-auteur, ce qui d’ailleurs aura considérablement hypothéqué, à ses dépens, la valeur scientifique de celle-ci.

Pour la petite histoire, on notera que Jean Céard aura dirigé notre thèse d’Etat depuis 1985 et qu’il sera dans le jury de thèse de Drévillon et que le même Drévillon sera dans notre jury de thèse pour la soutenance de notre post Doctorat, en 2007, à l’EPHE Ve Section, « Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle), soit 4 ans après la parution de son Nostradamus, l’Eternel Retour, qui remettait évidemment en question son propre travail, consacré non plus au XVIIe mais au XVIe siècle.

A ce propos, nous avons consacré dans « L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques » la partie centrale de notre étude à la critique du Nostradamus de Drévillon et Lagrange, notamment dans leur interprétation biaisée de l’Elégie de Ronsard à Guillaume des Autelz et au caractère très improbable de la chronologie proposée des premières éditions des Centuries.

 

Pour terminer le présent travail consacré aux influences et aux emprunts, venons-en brièvement à la récente parution par Denis Labouré de ‘Astrologie & Religion au Moyen Age ». (Domuni Press 2019), ouvrage largement consacré à Pierre d’Ailly. Nous avions déjà étudié par ailleurs les Origines de l’Astrologie, aux Ed. du Rocher, du même Labouré lequel avait publié en 1990

aux éditions Pardés, un traité de Claude Dariot dont il avait pris connaissance à la Bibliotheca Astrologica avec notre postface.. Dans ses Origines de l’Astrologie, Labouré avait largement utilisé notre traduction des traités d’Abraham Ibn Ezra (Le Livre des fondements astrologiques, Préface de G . Vajda, Ed Retz 1977) en ne mentionnant pas cependant notre nom.

Toujours, dans l’optique des emprunts et de leur (non) reconnaissance, on commencera par noter deux absences dans la bibliographie de Labouré : Le Monde Juif et l’astrologie, issu de notre thèse de 1979 (EPHE) La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol et notre thèse d’Etat Le texte prophétique en France. Formation et fortune (1999). On y ajoutera notre étude consacrée spécifiquement au cardinal, parue dans le Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993 (Colloque européen 16-17 mai 1992 de Pierre d’Ailly à Christophe Colomb) « Pierre d’Ailly et l’Antéchrist » (pp. 49-78)/

En conclusion, la copie  se substitue à l’original  et tend à prendre sa place, ce qui

constitue assurément un appauvrissement  et une perte de compétitivité pour les

sociétés qui tolèrent ce pillage, ce dépouillement, c »est là une cause majeure de

médiocrité et les éditeurs ne devraient pas être complice de telles impostures, en

se montrant plus vigilants quant à la qualité de ce qui leur est proposé.

 

 

JHB

10 06 21

 

 

 

 

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Publié dans ASTROLOGIE, prophétisme | Pas de Commentaire »

L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques « 

Posté par nofim le 9 juin 2021

L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques »

par Jacques Halbronn

 

Nous assistons à un renversement des situations : celui qui crée la controverse deviendrait celui qui est controversé. On pense à un commentaire d’Hervé Drévillon, co auteur avec Pierre Lagrange en 2003 chez Gallimard— d’un Nostradamus, L’éternel retour. à propos de notre ouvrage paru l’année précédente sur Nostradamus (ed. Ramkat), Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamu. Il signale que notre travail est « controversé ». Or, comment une controverse pourrait-elle ne pas l’être du point de vue de ceux dont les positions font l’objet d’une critique ?

On assiste donc à une stratégie consistant à présenter les thèses critiques comme celles qui feraient l’objet de ….critiques ! Or, selon nous, c’est la défense du statu quo qui serait en principe vouée à la critique, en ce qu’elle est le fait du plus grand nombre qui se trouve ainsi déstabilisé et dont le consensus serait menacé. Comment en est-on arrivé à inverser ainsi les rôles ? Celui qui attaque ne défend pas un certain ordre social, il est forcément isolé, en tout cas minoritaire, marginal, du moins dans un premier temps ; Comment ne serait-il pas ipso facto « controversé » par les tenants d’une certaine doxa ? C’est donc bien le qualificatif de «controversé » qui nous apparaît comme impropre dans le propos de Drévillon et Lagrange.. Mais quelle jubilation dans une telle posture de leur part !

On rencontre ce même exercice rhétorique chez un Patrice Guinard 1 qui n’hésite pas à traiter notre approche de « canular » ou de « travaux iconoclastes et facétieux ». et de parler de « misère » et de « chagrin » à propos de la démarche critique d ’un certain nombre d’auteurs qu’il entend clouer au pilori. C’est la paille et la poutre quand on sait les gesticulations obligées pour déclarer qu’il n’y a rien à signaler (RAS), pas de quoi s’inquiéter, que tout est sous contrôle que tout va très bien, Madame La Marquise. Politique de l’autruche qui se satisfait du qualificatif de « controversé » face à un certain questionnement. En fait, on assiste à une forme d’inertie, de résistance jusqu’à « nouvel ordre  «  comme s’il fallait tenir la position « intenable » le plus longtemps possible.

Ecoutons Patrice Guinard :

« Chagrin de la Recherche Académique et Universitaire sur Nostradamus de Salon de CRAU : hormis les études du CURA, il faut chercher péniblement dans les revues, comptes-rendus et actes de colloques spécialisés, ou douteusement prétendus tels pour les études nostradamiennes, de rarissimes articles susceptibles de contenir quelque information substantielle concernant Nostradamus. Quatre siècles après les ouvrages de Chavigny, secrétaire de Nostradamus entre 1561 et 1566 sous le nom de Jean de Chevigny, la situation n’a guère évolué. Mis à part les essais de Pierre Brind’Amour, décédé en janvier 1995, et qui a obtenu une aide au Canada pour entreprendre son ouvrage de 1993, la recherche vivante se développe principalement chez des passionnés, à l’écart des institutions culturelles. Force est de constater qu’elle continue de proliférer en dehors des cercles académiques, dans l’édition dite populaire et maintenant sur internet. De pseudo-spécialistes et des fonctionnaires patentés et rétribués par les institutions culturelles étatiques, que ce soit en France ou à l’étranger, sont parfois commandités par des éditeurs et responsables de collection pour couvrir un sujet pour lequel ils n’ont pas la connaissance requise. C’est ainsi qu’on découvre avec une certaine stupéfaction des erreurs, des contre-vérités, des problématiques et des propos désuets dans les articles les plus récents. J’en étudierai quelques uns pour la période 2001-2006 (plus un article de 2012 rajouté et analysé le 29 Septembre 2013). 2

Comment y voir clair dans une telle polémique ? Nous dirons que certains milieux sont particulièrement frappés par un tel « renversement » alors que ce n’est guère le cas dans d’autres. Dans notre jargon, nous dirons que dans un cas, c’est la domination des Saturniens et dans l’autre, celle des Jupitériens. Quand les Saturniens l’emportent, le critique est celui qui est « controversé » alors que quand les Jupitériens l’emportent, ce sont les tenants du statu quo qui sont mis collectivement sur la sellette. On se rend bien compte que dans le domaine du religieux, des traditions (dont l’astrologie), de la pratique de la langue, Saturne aura l’avantage mais que dans le champ proprement « scientifique », un chercheur pourra l’emporter « contre tous » et imposer à terme sa « solution ».

Le Saturnien se reconnaitra au fait que ses « critiques » visent… les critiques.Il est sur la défensive.(cf André Barbault et sa Défense et Illustration de l’Astrologie, Grasset, 1955) et ce n’est que par des nuances, des ravalements de façade, qu’il se distinguera des autres membres de la corporation, alors que dans l’ensemble, rien n’aura été ébranlé de fondamental, on reste dans le même moule et dans l’interchangeable. Dans le champ nostradamique qui nous sert ici d’exemple, l’on observera que le Saturnien aboutira, au bout du compte, à conserver et à préserver le corpus tel qu’il se présente, à savoir notamment les dates de publication qu’il prend pour argent comptant. Comme on dit, on ne va quand même pas réinventer la brouette. Les choses resteront, en gros, en l ’état quitte à greffer par dessus quelque commentaire pour donner le change et l’illusion du progrès…En vérité, le Saturnien n’a pas assez confiance en ses propres forces intellectuelles pour aller au delà d’un certain seuil, qui le mettrait en décalage avec les données généralement établies et véhiculées. Courageux mais pas téméraire. En ce sens, en effet, le Saturnien ne risquera pas d’être qualifié de « controversé », c’est à dire de non-consensuel. Evidemment, il en sera tout autrement avec le Jupitérien qui sera dans la déconstruction et conduira à un changement de paradigme.

Or, il nous apparaît que les domaines où Saturne occupe le haut du pavé ont tendance à se scléroser et finalement ne parviennent pas à attirer les éléments les plus doués. Tout se paie. Si l’on reprend le dialogue de Dieu avec Abraham au sujet de Sodome qui ne pourrait être sauvée de la rage divine que si l’on trouve en cette ville un minimum de « Justes », nous dirons qu’une société qui n’accepte pas en son soin la vraie « controverse » propre à une poignée de Jupitériens est vouée à dépérir et à se corrompre. En effet, les deux protagonistes ont besoin l’un de l’autre car le jupitérien n’est pas censé vivre avec des Jupitériens mais dans une « diaspora » en milieu saturnien.

Il y a là un dilemme : soit l’on va tenter de rendre compte de certaines bizarreries du corpus considéré, au prix d’une lecture qui n’a que le mérite de la préservation en l’état du dit corpus- on pense aux propos embarassés d’un Robert Benazra quant à la chronologie des éditions centuriques entre 1555 et 1594 (Répertoire Chronologique Nostradamque, Paris, Trédaniel La Grande Conjonction, préface de Jean Céard, 1990), soit l’on est contraint de faire le tri entre les vraies et les fausses éditions, en ne démarrant cette chronologie qu’au milieu des années 1580, ce qui précédé n’étant que des contrefaçons antidatées.. Et l’on en revient au débat sur qui fait l’objet de « controverses », celui qui défend une chronologie « factuelle », produite par les libraires de l’époque, ou celui qui dénonce et défait une production contrefaite. Contrefaçon ou Controverse, that is the question..

Mais venons -en à l’ouvrage co(écrit à 4 mains par Hervé Drévillon et Jean-Piere Lagrange, chez Gallimard et voyons si le dit ouvrage ne préte pas le flanc à la critique. Examinons pour commencer leur narratif des premières éditions (pp.18 et seq) : « En 1555, il ( Nostradamus) publie à Lyon, chez Macé Bonhomme, son premier recueil de « centuries » (..) Il contient trois centuries complètes et 53 quatrains de la quatrième. Progressivement, entre 1557 et 1558 de nouvelles éditions portent le nombre des centuries à dix (..) Le succès des Prophéties fut favorisé par l’interêt manifesté par le couple royal Henri II et Catherine de Médicis.Au cours de l’Eté 1555, peu de temps après la première édition de ses centuries. (…) Trois ans plus tard l’édition contenant l’ultime livraison des quatrains prophétiques et assortie d’une épitre dédiée à Henri II où Nostradamus évoque son voyage à la Cour, ce moment où, écrit-il « mes yeux furent si proches de votre « splendeur solaire »

On note pour commencer l’absence du moindre doute sur cette édition- « controversée » justement – alors qu’il eut fallu au minimum signaler les arguments à ce propos, quitte à les réfuter.Donc on voit que lorsque l’on conteste une certaine version, on catégorise l’objection comme « controversée » alors qu’elle serait « controversante ». Les auteurs nous fournissent un luxe de détails sur le nombre de la dite édition comme si cela pouvait renforcer son authénticité. Ils ne signalent pas l’édition critque (posthume) de 1996 par Pierre Brind’amour, chez Droz, de la dite édition !

Les auteurs nous racontent à leur manière la succession des éditions  « entre 1557 et 1558 » alors que l’on ne connait que celle de 1568 pour une édition (posthume) à 10 centuries, comprenant l’Epitre à Henri II, certes datée de 1558. Autrement dit, les auteurs ont supposé qu’il y avait eu une édition à cette date, ce qui n’est nullement attesté. Cela leur permettait d’associer l’Epitre au Roi avec sa mort, l’année suivante 1559 et il est vrai que si cette Epitre n’était parue qu’en 1568, cela aurait fait un peu désordre. Ils oublient, malgré leur référence, dans la bibliographie, à notre publication alors très récente de 2002 , qu’était parue une telle épitre adressé au dit souvertain en tête des Présages Merveilleux pour 1557(en partie reproduite en fac simile dans le Testament de Nostradamus, Ed du Rocher 1982, pourtant recensé dans leur bibliographie et intégralement dans notre publication de 2002 , celle dont on nous dit que ses thèses sont « controversées ». A ce propos, nos auteurs semblent ignorer l’existence de notre thèse d’Etat (Paris X, 1999 sous la direction de Jean Céard) qui comporte un important développement sur les Centuries. Ils ne signalent pas davantage notre communication aux Journées Verdun Saulnier de 1997 sur la parution d’éditions des Centuries sous la Ligue et l’influence des événements sur la rédaction de tel quatrain de la Ive centurie figurant étrangement dans la dite édition de 1555 !.), “Les prophéties et la Ligue”, Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure. En fait, toute la question tient au décalage entre le scénario d’éditions des dix centuries du vivant de Nostradamus,, celui d’une édition posthume au lendemain de sa mort en 1566 et celui de premières éditions dans le cours des années 1580. Nos auteurs imposent ipso facto le premier scénario, sans autre forme de procès qui n’est d’ailleurs défendu par à peu près personne de nos jours., le deuxiéme étant le plus souvent adopté.

Passons à présent à une autre particularité du travail de Drévillon et Lagrange, à savoir l’instrumentalisation de Ronsard comme témoin précieux de la production centurique.

Nous les citons :

En 1560 , dans l »élégie à Guillaume des Autelz, Ronsard témoigne de la renommée acquise par Nostradamus. « Comme un oracla antique, il a dès mainte année/Prédit la plus grande part de notre destinée  (…) Notre prince au milieu de ses plaisirs est mort «  Ronsard associe la renommée de Nostradamus à la mort d’Henri II survenue en 1559 à l’ occasion d’un tournoi  (..) La postérité a retenu un quatrain (I, 35) qui semble avoir prédit ce funeste événément dans la première centurie publiée en 1555 »

Toujours dans l’idée que Nostradamus avait prédit la mort d’Henri II, ce qui fait partie de sa légende dorée (cf notre récente étude sur SCRIBD sur ce thème). Le probléme, c’est que le texte de Ronsard présenté a été tronqué par les auteurs  et nous en restituons l’intégralité. On a carrément

supprimé la référence à une cométe !  Ce qui est paradocal de la part de

quelqu’un qui a  obtenu  un  DEA  sur ce sujet  en 1990, Les traités des comètes de 1577 à 1683 : les révolutions d’un signe, DEA. EHESS, Paris.

« D’un sceptre si gaillard, en a monstré le signe : 190Depuis un an entier n’a cessé de pleurer : On a veu la comette ardente demeurer Droict sur nostre pais : & du ciel descendante Tomber à Sainct Germain une collonne ardente : Nostre Prince au meillieu de ses plaisirs est mort «

Les auteurs semblent ignorer l’impact des cométes dans le champ prophétique bien que Drévillon, dans sa thèse (1993) se réfère aux Pensées sur la cométe de Pierre Bayle (cf notre bibliographie sur le sujet), “Les variations d’impact des “comètes” en France. Etude bibliographique (fin XVe – fin XVIIIe siècles)”, in Actes du Colloque La comète de Halley et l’influence sociale et politique des astres, Bayeux

Ce sujet des cométes au XVIe siècle a été documenté par Isabelle Pantin dans sa poésie du ciel en France dans la seconde moitié du seizième siècle.par Isabelle Pantin. Droz, 1995 (page 477)– et il est attesté que la mort d’Henri II s’expliquait par le passage d’ une cométe. Michel Plaisance ( La cométe de 1577 dans le ciel de la poésie burlesque/Un madrigal retrouvé d’Antonio Francesco Grazzini) revient sur une cométe de 1557 :

 

« À propos de la comète de 1557 qu’il rattache au signe du Scorpion, (Junctin) constate qu’elle annonçait la mort de Henri II, roi de France et époux de Catherine de Médicis, car «en sa nati-vité le signe du Scorpion se trouva en la huictième maison du ciel» (p. 10). Giuntini qui cherche toujours à concilier religion et astrologie  pré-cise que c’est Dieu qui nous avertit par l’intermédiaire des comètes »

Signalons que Benazra, dans son RCN (p. 47) fournit également un texte ctronqué de l’Elégie de Ronsard et arrrêtre sa citation avant le développement sur la cométe. Quant à Patrice Guinard dans son « Ronsard, lecteur de Nostradamus » -Corpus Nostradamus 96) ?????

En réalité, Ronsard se référe aux almanachs et pronostications de Nostradamus dans son texte et non aux Centuries et d’ailleurs, nos auteurs n’écrivent-ils pas que « les présages contenus dans les almanachs constituent la matrice à partir de laquelle Nostradamus a composé ses Prophéties » (p. 23) ?Comme un oracla antique, il a dès mainte année/Prédit la plus grande part de notre destinée « . En fait, la réputation de Nostradamus, du moins de son vivant, relevait de sa production astrologique annuelle et non de ses « centuries ». Cela vaut d’ailleurs pour la Préface à César dont la mouture en tête des premières centuries est probablement calquée sur une préface ayant réllement figuré en tête de l’un de ses almanachs -(cf nos travaix sur le passage d’un Nostradamus premier à un Nostradamus bis et l’édition de B  Chevignard, du Recueil des Présages Prosaiques sous le titre de « Présages de Nostradamus (en vers et en prose) Ed Seuil 1999 non signalée par nos auteurs). Ce processus de calque vaut pour les quatrains des centuries sur le modèle des « présages » ainsi que pour l’Epitre à Henri II datée de 1558 reprise d’une première épitre datée de 1556 (cf nos Documents inexploités, 2002) Nous reviendrons prochainement sur les méthodes de travail d’Hervé Drévillon qui ont abouti à son ouvrage paru chez Champvallon en 1996 Lire et écrire l’avenir au XVIIe siècle..

 

 

 

 

09 05 21

 

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jacques Halbronn La question de la répartition des planétes et la genése de l’Indice Cyclique d’André Barbault

Posté par nofim le 7 juin 2021

L

 

 

La question de la répartition des planétes  et la genése de l’Indice Cyclique d’André Barbault.

(Supplément à La Vie Astrologique ; années trente cinquante, 1992) de Maurice Privat à Dom Néroman)

Par Jacques Halbronn

 

On sait l’importance qu’André Barbault accordera dans les Astres et l’Histoire (Paris, Pauvert, 1967) à ce critère, à la base de son indice cyclique.  Barbault s’y  référe à  Henri Gouchon et mentionne des publications introuvables parues  une vingtaine d’années auparavant  «  exposé dans le cadre d’études ronéotypées consacrées à des prévisions pour les années 1946 à 1949 » (et donc sans dépôt légal à la BNF)

Mais pourquoi Barbault ne mentionne-t-il un ouvrage de Gouchon  paru dès 1933, intitulé Les Secrets du Zodiaque (Cours d’astrologie scientifique), édité par le dit Gouchon,  écrit en collaboration avec Robert Dax, avec une préface de Paul Clément Jagot, deux ans avant la parution du Dictionnaire Astrologique de Gouchon qui n’est en fait qu’une reprise (mais cette fois sans mention de Dax) de ce qui était en œuvre dans les Secrets à savoir une présentation alphabétique de toute une série de notionset  qui comporte une entrée (p 91) intitulée « Répartition des planètes » (n°42).  Mais on trouve dans le Dictionnaire également une entrée « Répartition des planétes ». (p. 363, Ed 1948) donc à la même date où Gouchon produisit son « Indice de Concentration Planétaire » à la base du dit Indice Cyclique)  Il est i intéressant de comparer les deux textes vu qu’il ne nous est pas matériellement possible de déterminer lequel des deux co-auteurs a  rédigé l’entrée de 1933.

Mais commençons  par analyser le texte  de 1933, donc durant l’Entre Deux Guerres. D’entrée de jeu, le nom de Caslant apparait dès la première ligne : « Les travaux du colonel Caslant ont fait ressortir l’importance primordiale de la répartition des planètes sur le Cercle  Nous ne sommes pas qualifiés pour traiter à fond cette question, nous allons seulement donner quelques directives susceptibles de rendre service. Si les planètes se répartissent, se déploient à peu près régulièrement sur l’ensemble du  Cercle, il y a tendance  à l’équilibre mais sans caractéristique de grande envergure. Si les planètes forment des amas , il y a  en quelque sorte un déséquilibre du côté de cet amas «  Mais ce texte vise l’étude du  thème individuel et non l’astrologie mondiale. En 1935, Caslant avait publié, aux Ed. Véga de A. Rouhier, un « traité élémentaire de géomancie » (qui sera réédité) dans lequel il déclare (pp. 141 et seq) ; « L’interprétation de la figure de géomancie présente de grandes analogies avec celle d’un thème astrologique »

Passons à l’article du Dictionnaire : Gouchon renvoie à la loi de création de Wronski dont  traite Caslant. 1

« Cette  répartition serait plus importante que tous les aspects habituellement utilisés par les astrologues. Un soin particulier doit être   accordé à l’examen  des planètes massives(voir cet article qui enumère   Soleil, Jupiter, Saturne, Uranus  et Neptune (Pluton était juste découvert depuis 1930  et le Soleil n’est pas une planète « lente ») On renvoie aussi à l’article « Pentagone » :  « D’après  E. Caslant, les cinq planétes lentes disposées  en pentagone  (à environ 72° l’une de l’autre) constituent la  disposition  la plus heureuse que l’on puisse souhaiter » L’on en reste à une étude du thème natal et toujours pas d’application à la Mondiale. « Pour  résumer  sommairement  cette théorie, nous dirons  qu’une  répartition  à peu près homogéne revéle  en général   un thème moyen, sans points particulièrement saillants ni dans la psychologie, ni   dans la destinée alors que  les  amas  indiqueraient les faits saillants, les destins sortant de l’ordinaire, soit en bien, soit en mal »

Or, l’article de Gouchon figure dans une réédition de 1948 de son Dictionnaire –(cf BNF 4+ R 6184), donc postérieure à la Second e Guerre Mondiale. On s’étonnera  de  ne trouver ici aucune référence concernant l’astrologie mondiale et la succession des deux grands conflits alors même que selon Barbault Gouchon aurait au même moment publié une brochure relative à ce événements.

En 1949  parait  de l’éléve de Caslant, Marie Louis Herboulet, La loi de Wronski adaptée à l’astrologie. Théorie, technique, interprétation. . Editions du Nouvel Humanisme, Garches. L’ouvrage est largement consacré à l’étude de thèmes de psychanalystes et l’on sait que Barbault se consacra à ce domaine (ce qui débouchera sur De la psychanalyse à l’Astrologie, Ed du Seuil, 1961) dès cette même époque.

Une réedition  est réalisée  en  1993  sous le titre Les lois de la création de Wronski appliquées à l’astrologie. théorie,  Editions du Rocher (cf   Francis Warrain, L’œuvre philosophique de Hoené Wronski   Textes, commentaires et critique. (Trois tomes parus sur six prévus), Paris, Éditions Véga, 1933, 1936, 1938.) On note que le texte de Warrain  parait dans les années Trente qui  correspondent  à l’émergence de cette idée de « répartition des planétes » chez Dax et Gouchon. Dax est le pseudonyme de Marx Enkin,  israélite comme Henri  Selva  (cf ) : Psychologie zodiacale, définition et classification des douze types fondamentaux de tempéraments et des cent quarante quatre types de caractères généraux : Vichy,, 1950. In-8°  (réédition 1983)  avec lequel nous avons été en contact et qui demeurait dans la région lyonnaise, à Bron. Cet ouvrage se proposait notamment de bien distinguer les ascendants successifs entre eux,

Quant à Gouchon, nous l’avons cotoyé, des années durant (1967-1976),notamment dans le cadre du Centre International d’Astrologie dont il fut un temps Président. . Son Dictionnaire a été réédité chez Dervy en 1975. Il serait intéressant d’étudier les changements d’une édition à l’autre  sur une quarantaine d’années..

En tout état de cause, il semble bien que l’on ait songé à appliquer  une telle approche au thème « mondial » mais André Barbault, à notre connaissance, ne se sera pas référé à Eugéne Caslant, un des « grands «  astrologue de l’Entre Deux Guerres ni à la Loi de Wronski, préférant s’en tenir à  un document au demeurant assez confidentiel Pourtant, notre premier réflexe aura été d’examiner ce qui dans le Dictionnaire Astrologique de Gouchon pouvait annoncer, d’une façon ou d’une autre, la mise en œuvre de son Indice de Concentration planétaire, ce qui nous aura permis de remonter à 1933 et aux Secrets du Zodiaque, qui sont la première mouture du dit Dictionnaire.

.  En tout cas  Barbault (cf l’article dans Wikipedia)utilise  bel  et bien  la formule «  répartition des planètes »  dont on  a observé  l’usage dès 1933  (Barbault avait 13 ans): « Je tiens personnellement cet indice pour la clé de l’astrologie mondiale; il représente le coefficient de répartition des planètes autour du Soleil »

Il est remarquable que jusqu’à ce jour, l’on n’ait pas jugé bon d’aborder  un d’ équilibre  et  de déséquilibre e telle filiation sémantique d’autant que Barbault recourt littéralement mêmes expressions d’équilibre  et de déséquilibre. Tout se passe comme si Barbault n’avait pas souhaité faire apparaitre le nom du Colonel Eugéne  Caslant,(1865-194)  dont on connait pat ailleurs  les  Bases élémentaires de l’Astrologie (Ed  Traditionnelles 1976).  Tout au plus  aurait- on pu lui attribuer l’application de cette « loi » à la Mondiale mais comme il le reconnait lui-même cela aurait déjà été envisagé par Gouchon. Il reste qu’il y a bien un télescopage lorsque l’on  attribue à Barbault le mérite de cette notion de répartition des planètes sans signaler que cette notion était en vogue  dans l’Entre Deux Guerres  lorsqu’il  s’initia à l’astrologie (2 Au  regard de l’Histoire de l’Astrologie, il importait de remettre les choses à leur juste place. (cf notre ouvrage La vie Astrologique, Années trente-cinquante, Ed Trédaniel- La Grande Conjonction, 1995 )

Ci –dessous le texte de l’ouvrage de  Barbault ( sur la plateforme NUMILOG)  relatif  à Gouchon :

« , Essai exposé dans le cadre d’études ronéotypées consacrées à des prévisions pour les années 1946 à 1949. Selon le texte des Prévisions pour l’année astrologique 1946, l’auteur, déçu de n’avoir pu prévoir avec clarté la crise de 1939-1945 selon les méthodes astrologiques existantes, se mit à chercher des voies nouvelles lorsqu’il « lui vint l’idée de relever certaines distances angulaires pour le début de chaque année astrologique (21 mars) et, avec les chiffres ainsi obtenus, de dresser un graphique pour la période 1880-1950. Comme il s’agit d’une donnée purement astronomique — la mesure d’une distance, — aucun facteur d’interprétation ne peut agir sur ce graphique ». Or les résultats lui semblèrent curieux, et même frappante l’allure générale du graphique, notamment avec une baisse caractéristique du diagramme entre 1914 et 1918, et une autre encore plus accentuée de 1941 à 1945, soit deux énormes chutes de la courbe. Ce qui l’amena sur-le-champ à formuler de judicieux pronostics sur la guerre et la paix (pas de danger de guerre avant 1950-1951). Le président du C.I.A., en homme très prudent, avait déjà travaillé sur un tel graphique en 1940, mais s’était refusé à en tirer des conclusions logiques, à savoir « que la guerre puisse se continuer encore pendant quatre ans… », car il avait craint « une de ces coïncidences qui sont si fréquentes dans les recherches astrologiques ». Dans ses Prévisions mondiales pour l’année 1947, il se risque toutefois à avancer : « Certes, il serait téméraire de vouloir expliquer toutes choses d’après ce graphique, mais c’est cependant le meilleur facteur astral que nous ayons trouvé pour rendre compte des grandes maladies du monde, et, malgré les quelques exceptions qu’on peut constater, il semble utile d’introduire cette donnée parmi les éléments de l’astrologie mondiale. » Puis il revient à la charge dans ses Prévisions mondiales pour 1948, où, devant la gravité de la situation internationale et le pessimisme généralisé des informateurs politiques, il tente de montrer que son pronostic d’improbabilité de guerre pour 1948 repose sur un facteur « où toute interprétation personnelle est exclue » : « On pourra voir ainsi qu’il ne s’agit pas d’une simple intuition, d’un simple jeu de pile ou face, de guerre ou de paix, mais d’une déduction ayant réellement une base astrologique tout à fait vraisemblable. » Et c’est ainsi qu’il en vient à exposer sa découverte : : « On doit se demander si ce que nous pouvons baptiser indice de concentration des planètes lentes ne serait pas un nouveau facteur à prendre en considération en astrologie mondiale, à côté des grandes conjonctions, des éclipses, des lunaisons et surtout des taches solaires, dont le rôle est admis par la science officielle. A moins d’un concours extraordinaire de circonstances, on dirait bien qu’il existe, en effet, une relation entre ce graphique et les périodes de bouleversements mondiaux, surtout économiques, comme on peut le voir en 1914-1918 et 1938-1945. Chaque dépression ne correspond pas à une guerre, mais elle cadre toujours avec quelque anomalie d’ordre économique. On peut donc dire qu’il semble y avoir une relation entre les mauvaises périodes que traverse le monde et la répartition des planètes lentes sur le zodiaque, et la concentration semble plus importante que les aspects traditionnels. Ce graphique est établi en mesurant, au début de chaque année astrologique, l’arc de cercle qui englobe toutes les planètes lentes de Jupiter à Neptune. Tout se passe comme si l’accumulation de ces quatre corps célestes d’un même côté du zodiaque produisait une sorte de déséquilibre ayant ses répercussions sur notre monde sublunaire. Tandis qu’une répartition plus homogène favoriserait l’équilibre et la prospérité. Nous avons également l’impression que ce graphique donnerait encore de meilleurs résultats si on pouvait l’utiliser en corrélation avec les taches solaires. Seulement, l’amplitude de ces dernières est impossible à prévoir tandis que le graphique pourrait être établi cinquante ans d’avance… »

 

On retiendra surtout  le passage suivant  au regard de l’histoire des textes (cf Les Astres et l’Histoire p. 33) en notant qu’Yves Lenoble pas plus que Barbault – et ce en dépit de sa référence à Gouchon et à ses seules publications annuelles « ronéotypées » d’après guerre,lui même, n’auront réussi à retracer de façon satisfaisante la genése de ces « indices » lesquels se situent dans la continuité de l’interprétation des « amas planétaires » dans le thème natal avec notamment cette idée de déséquilibre. C’est d’autant plus étonnant que Barbault devait faire paraître, au cours des années soixante des textes d’une part en rapport avec la psychanalyse (1961) et d’autre part en rapport avec l’Histoire (1967)

Quant à Yves Lenoble (,La Découverte de l’Astrologie Mondiale par les cycles Correspondances des cycles avec les grandes étapes historiques mondial3e) il se permet d’écrire  bien imprudemment et non sans un ton par trop affirmatif et déplacé de panégyrique qu’André Barbault est « le premier astrologue à vraiment prendre en compte les planètes récemment découvertes Uranus, Neptune et Pluton. Au lieu de les considérer comme des octaves de Mercure, de Vénus et de Mars, ils les traitent à part entière, aussi bien d’ailleurs en astrologie mondiale qu’en astrologie individuelle, comme en témoigne son ouvrage écrit en 1950 avec Jean Carteret Analogies de la dialectique Uranus-Neptune » Or, l’usage du quatuor Jupiter-Saturne-Uranus- Neptune est attesté comme on l’a vu dès les années trente-quarante, notamment en astrologie individuelle sans parler de l’ouvrage de Marie- Louise Herboulet de 1949  truffé de thèmes se servant des dites planétes.

Gouchon résume ainsi son approche dans son Dictionnaire mais à usage purement psychologique :

«  Tout se passe comme si l’accumulation de ces quatre corps célestes d’un même côté du zodiaque produisait une sorte de déséquilibre ayant ses répercussions sur notre monde sublunaire. Tandis qu’une répartition plus homogène favoriserait l’équilibre et la prospérité. » ce qui  fait manifestement écho  aux deux  articles abordés plus haut. On note l’abandon du Soleil et pas encore le recours à Pluton, d’où  la mention de « quatre corps célestes  (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) On observe la transposition des  termes  de  l’analyse   du thème natal  vers le thème  « mondial » comme si l’astrologie mondiale n’était pas encore parvenue à se dégager du cadre d’une  astrologie généthliaque. On sait que pour notre part,  il importait –cf l’Astrologie selon Saturne 1994 1995- que la Mondiale s’émancipât   par rapport à un tel modèle en renonçant à combiner les planètes entre elles.

.

 

 

JHB

07 06 21

 

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Séances de l’Académie Nationale d’Astrologie 2009

Posté par nofim le 7 juin 2021

 

 

Séances de l’Académie Nationale d’Astrologie
Yahoo/Envoyés
      • Séances de l'Académie Nationale d'Astrologie 2009 dans ASTROLOGIE
Jacques Halbronn <teleprovidence@yahoo.fr>
À :beatricecrozat@laposte.net
lun. 5 janv. 2009 à 00:55
LA VIE ASTROLOGIQUE
Les séances de l’Académie Nationale d’Astrologie
par Jacques Halbronn
L’on nous a souvent reproché un certain goût pour les titres un peu ronflants. C’est probablement la faute à Jupiter. Mais rien ne se ferait de grand si certains ne voyaient grand.
Parfois, d’ailleurs, les choses ne prennent toute l’importance qu’après coup si bien que l’on est alors loin de l’effet d’annonce mais que l’on se situe dans une logique rétrospective ou rétroactive.
C’est ainsi qu’en parcourant les archives vidéo des réunions organisées à notre initiative, la question qui s’est posée : mais à quoi a-t-on affaire? Qu’est la signification d’un tel phénoméne et comment le qualifier? Et parfois le terme initialement utilisé ne semble pas vraiment approprié.
Depuis 2005, nous organisons deux fois par an des réunions en petit comité que nous avons appelées « colloque » mais, réflexion faite, la formule n’est point si heureuse que cela et nous préférons abandonner le mot Colloque à d’autres entreprises que la notre, comme par exemple ce qui se fait au RAO annuellement, à la fin du mois d’Octobre.
Le terme que nous lui préférons pour qualifier nos réunions est celui de séances d’une académie d’astrologie dont nous serions, en quelque sorte, le secrétaire.
Ces réunions rassemblent non seulement un nombre limité de « membres » – une cinquantaine, l’un dans l’autre, mais ces membres se retrouvent, peu ou prou,d’une fois sur l’autre, ce qui explique que nous ne proposions pas une liste ferme des intervenants puisque l’on sait à peu près qui sera là.
Parmi les habitués de ces huit séances depuis 2005, au vu des films qui seront prochainement mis en ligne, il faut compter Jean Claude Durand, Claude Rubel, Roger Héquet, Ariane d’Athis, Mireille Petit, Nocam, Pascale Ménardy, Claude Jarry des Loges, Hubert Brun, Cécile Carru, Fouzy Hamici, Didier Lustig, Jacky Alaïz, Jean Billon, Didier Massoule, Marie-Christine Boudineau, Béatrice Crozat, Alain Couvrat, Michel Théry, Barbara de la Motte Saint Pierre, Olivier Peyrebrune, Daniel Cobbi, Milo Baya, Isabelle Le Berre, Eric Cordier, Marie-Grâce Petit, Fréderic Caillard, Martine Huet, Alain Perrot, Barbara Malecka, Frederic Deglas, Bernard Biardeau, Françoise Fouchou Lapeyrade, Samuel Djian, Jean-Marc Lepers, Ghislaine Jeanson, Jean-Pïerre Rébillard, Marc Cohen, Kléa d’Orphell, Paul Roland, Raymond Mercier, Jean-Paul Rapp, Jean Affoman, Isabelle Devaux, Juste Jonaton, Dominique Orés-Taar., André Rudnicki, Nicole Ancelin, Giséle Gaignard. Sophie Artois, Dan Camille Danicel. Certains ont cessé de venir, pour diverses raisons (mutation en province, conflits d’intérêt etc), d’autres nous ont rejoint plus récemment.
Etrangement, certaines personnes, bien que transiliennes, n’ont jamais franchi la porte de notre Académie, qui n’avait pas encore adopté ce nom.(à ce propos, voir l’interview avec Jean-Pierre Rébillard, sur teleprovidence) comme si une sélection s’opérait d’elle même – car nous n’avons jamais interdit à qui que ce soit de nous rejoindre — rappelons que l’entrée en est libre -, vraisemblablement liée à une certaine tension que d’aucuns craignent de ne pouvoir supporter, en dépit de certains liens d’amitié. La forme du « pot astro » ou de l’entretien-interview font contrepoint en quelque sorte à ces séances académiques..
Ce genre « académique » est fort différent des « pots astro » que nous avons organisés depui juillet 2007 et qui durent moins longtemps et ne comportent pas de thème central. Ces séances, soulignons-le, ont toujours le lieu au même endroit, la Maison des Associations du XIIIe arrondissement, 11, rue Caillaux, les vendredi et samedi.
Nos huit réunions, dont la durée se situe autour d’une douzaine d’heures, (on en trouvera le détail sur le site grande-conjonction.org et on y reviendra dans le n°5 de Teleprovidence.hebdo) se sont articulées, chaque fois, autour d’un sujet relativement précis. Mais surtout, elles comportaient une certaine rigueur qui faisait que les participants ne se ménageaient pas les uns les autres et n’hésitaient pas à se prendre à partie.
Désormais, les choses seront plus claires et ces réunions porteront le nom de Séances de l’Académie Nationale d’Astrologie (SANA). Mens sana in corpore sano…..La prochaine séance se tiendra après Pâques comme de coutume.
JH
05. 01. 09

 

 

lun. 27 déc. 2010 à 16:55

+12 de Moi

Jacques Halbronn

L’astrologie et la lutte des classes Par Jacques Halbronn Le milieu astrologique est comme toute société traversé par des clivages opposant sa base à ses leaders., l’une affirmant sa spécificité et son expérience collective, son indépendance, l’autre

dim. 27 févr. 2011 à 16:07

Jacques Halbronn <teleprovidence@yahoo.fr>

 

lun. 7 mars 2011 à 16:21

 

Colloque des 24, 25 et 26 mars 2011, à Paris

 

Ces Journées aborderont trois grands sujets stratégiques qui divisent le milieu astrologique en deux ateliers : « Signes et constellations », « Prévoir et Prédire » et une assemblée plénière consacrée aux « Complémentarités entre Astrologie, arts divinatoires et Voyance »

 

Jeudi de 14h à 17h une table ronde pour la télévision astrologique sur « Panétes et Etoiles Fixes » : le 7 et le 10», sous 10h à 13h, une seconde table ronde sur « Astrologie individuelle et Astrologie Mondiale »

 

Lieu : la Bibliothèque, 8, rue de la Providence. 75013 Paris M°Place d’Italie l’ »égide de la Télévision Astrologique Francophone et du webmag Demi-Lune.

 

Lieu : la Bibliothèque, 8, rue de la Providence. 75013 Paris M°Place d’Italie

 

En soirée, de 19h à 21h, on pourra assister à la conférence (non filmée) organisée par l’association « Source », au Forum 104, rue de Vaugirard. M° Montparnasse- Bienvenue. Consacrée à « Uranus en Bélier » Entrée : 10 euro (renseignements sur les intervenants à cette soirée sur le site de la dite associaton : http://www.association-source.com/_private/01_accueil/accueil.htm)

 

 

 

Vendredi de 14h à 20 h réunion filmée ouverte au public. Entrée libre .

 

 

 

«Que peut-on attendre de l’astrologie ?» sous l »égide de FUTURVIDEO et du webmag Providence Hebdo

 

Maison des Associations. 11, rue Caillaux. 75013 Paris, M° Place d’Italie. Tramway Porte d’Italie.

 

20h30 Dîner au Restaurant le Campanie Porte d’Italie

 

 

 

Samedi de 10h à 13h, une seconde table ronde sur « Astrologie individuelle et Astrologie Mondiale »

 

Lieu : la Bibliothèque, 8, rue de la Providence. 75013 Paris M°Place d’Italie

 

 

 

 

On peut s’inscrire pour l’une ou/et l’autre des tables rondes. Tel 06 60 75 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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