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Jacques Halbronn Le Janus Gallicus et l’actualisation du texte prophétique

Posté par nofim le 26 juillet 2021

 

Le Janus Gallicus  et l’actualisation du texte prophétique

Par  Jacques  Halbronn

 

La thèse de l’actualisation du texte prophétique était au cœur de notre thèse d’Etat – Le texte prophétique en France. Formation et fortune. Presses Universitaires du Septentrion 1999. Nous en trouvons une assez remarquable illustration dans La Première Face du Janus françois contenant sommairement les troubles, guerres civiles & autres choses memorables advenuës en la France & ailleurs dés l’an de salut M. D. XXXIIII. jusques à l’an M. D. LXXXIX. fin de la maison Valesienne. Extraite et colligée des centuries et autres commentaires de M. Michel de Nostredame, jadis Conseillier & Medecin des Rois Tres-Chrestiens Henry II. François II. & Charles IX. A la fin est adjousté un discours de l’advenement à la Couronne de France, du Roy Tres-Chrestien à present regnant : ensemble de sa grandeur & prosperité à venir. Lyon, par les héritiers de Pierre Roussin, 1594.

 

 

On notera cette addition présentée comme telle : « A la fin est adjousté un discours de l’advenement à la Couronne de France, du Roy Tres-Chrestien à present regnant : ensemble de sa grandeur & prosperité à venir » Cela concerne le couronnement d’Henri IV au début de l’an 1594  Le nom d’Henri IV ne figure d’ailleurs pas expressément. Mais ce point est précisé plus loin «  A très Heureux  et victorieux et très Chrestien Henri IIII Roy de France & de Navarre.

Or, la « première face » s’arrête  à 1589. Autant dire que cette Première Face ne traite que marginalement du nouveau roi de France, ce qui est prévu pour une « Seconde Face » ce qui est sous entendu par le titre « Première Face ».

« Quant au second, qui est encore sous l’enclume & n’est achevé, il sera presque plein de vos  gestes, Sire, de vos trophées & victoires sur vos ennemis, de vos expéditions et conquestes »

On voit donc Chavigny  ajouter des éléments  à son ouvrage de façon à se mettre en accord avec l’évolution des événements, notant la « fin de la maison valésienne » et donc constatant, par la force des choses, l’avénement de la maison des Bourbons..

Rétroactivement,  cela met en perspectives la succession des additions incessantes en ce qui concerne le « premier volet » au cours des années 1588-1589 tout particulièrement.

Il importe de comprendre que le « Janus Gallicus » est composé de plusieurs documents et pas seulement des éditions centuriques. D’où le sous -titre « Extraite et colligée des centuries et autres commentaires de M. Michel de Nostredame ». Ces ‘autres commentaires » ce sont notament ce qui est contenu dans le Recueil des Présages Prosaiques, dont le manuscrit qui nous  est parvenu est datée de 1589, à Grenoble et c’est dans ce Recueil que le Janus a trouvé nombre de quatrains d’almanachs de Nostradamus jusqu’en l’an 1567.  D’ailleurs, le Janus se référe explicitement à l’almanach pour l’an 1563 dont il cite des passges en prose. Signalons aussi que certaines éditions des Centuries comportent des quatrains tirés de l’almanach pour 1561 (cf  R. Benazra, Répertoire Chronologique Nostradamique), ce qui implique un certain usage du Recueil des Présages Prosaïques.

Reste la question des quelques quatrains figurant dans le Janus et pris des Centuries VIII à X. Si l’on peut admettre que ces Centuries circulaient alors, cela ne signifie aucunement qu’existait alors un volume rassemblant en son sein les « dix centuries ». Il est bien plus probable que le Janus ait intégré des quatrains appartenant à ce groupe mais ce serait aller un peu vite en besogne que de conclure déjà à ce moment là à l’existence  d’une édition compléte du genre  de celle de Benoist Rigaud 1568 ! C’est selon nous, au lendemain de l’édit de Nantes de 1598 que l’air du temps se prétait à joindre  des centuries correspondant à des positions opposées politiquement,  dynastiquement, religieusement.

 

Mais déjà dans la Première Face, l’on aura placé le quatrain  VIII, 60  lequel s’en prend à la maison de Guise –d’où l’anagramme Norlaris pour Lorrain, comme il est d’ailleurs  expliqué en note dans le Janus, ce qui montre une certaine mise à jour  au sein même du Janus à partir des Centuries du camp opposé à celui de la Ligue.

 

8:60

Premier en Gaule, premier en Romanie,

Par mer & terre aux Angloys & Paris,

Merveilleux faitz par celle grand maisnie,

Violant terax damnera Norlaris.

alors que le quatrain III, 51,  tout comme le quatrain IV, 46 s’en prend à Tours, ville honnie par la Ligue..

3:51

Paris conjure un grand meurtre commetre

Blois le fera sortir en plain effect:

Ceux d’Orleans voudront leur chef remettre

Angers, Tours, Langres leur feront un meffait.

 

On peut ainsi se faire une idée de la fabrication du « Corpus Nostradamus » dans les années 1588-1594.

Terminons notre étude avec la question des 58 sixains  (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, 2002), lesquels semblent bien avoir eu comme raison d’être de venir compléter les 42 quatrains ajourés à la Vie centurie de façon  à former, au final, une centurie septiéme faisant le raccord entre les six premières et les trois dernières. Il semble que ce « raccord » doive être daté des années 1600-1605. Il est précédé d’une épitre à Henri IV signée d’un « parent » de Nostradamus. On ignore pourquoi  il s’agit cette fois de sixains et non plus de quatrains mais cela peut tenir à la récupération de l’œuvre  de Morgard (cf nos Documents Inexploités) vouée à être recyclée au sein de l’ensemble centurique, le fait qu’il s’agit de sixains montre qu’il s’agit là d’une récupération  comme dans le cas d’Antoine Crespin.(cf nos Documents inexploités, op. Cit)

Ainsi, cette centurie VII  aurait été un sas entre les deux volets et il faudrait donc dater l’épitre à Henri II se référant à une « milliade » de quatrains  de ces années 1600 et suivantes, ce qui n’exclue nullement que les centuries qui prendront  par la suite les numéros VIII à X  n’aient point circulé plus tôt dans les dernières années du XVIe siècle, sans ce numéro d’ordre et sans la dite épitre à Henri II mais dans ce cas, comment le Janus François serait-il en mesure de fournir le numéro de la centurie et du quatrain ? Voilà qui pose, décidément, la question d’une interpolation dans le Janus par rapport à son édition initiale. Il est vrai que le nombre de quatrains issus du « second volet » dans le Janus est des plus faible, cela expliquerait le caractère composite des dernières années couvertes par le dit Janus.

 

 

 

 

 

 

JHB

26 07 21

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