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Eustache Le Noble (1643-17110 et les axes équinoxiaux et solsticiaux en astrologie

Posté par nofim le 31 juillet 2021

 

Eustache Le Noble(1643-1711) et les axes équinoxiaux et solsticiaux en astrologie.

Par  Jacques  Halbronn

 

L’article  de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert –qui parait à partir de 1751 -comporte un article « Précession des équinoxe que nous reproduisons et qui se termine par une pique contre les astrologues  qui reprend un argument avancé dans l’introduction à la Logique de Port Royal, environ un siècle plus tôt. La « Logique de Port-Royal » est « le nom habituellement donné à l’ouvrage d’Antoine Arnauld et Pierre Nicole, intitulé La Logique ou l’art de penser et publiée pour la première fois en 1662, à Paris sans nom d’auteur ».

Article de l’Encyclopédie :

PRÉCESSION des équinoxes, ou simplement Précession, s. f. est un terme dont on se sert dans l’Astronomie pour exprimer le mouvement insensible, en vertu duquel les équinoxes changent de place continuellement, & se transportent d’orient en occident, c’est-à-dire, comme disent les Astronomes, in antecedentia, ou contre l’ordre des signes. Voyez Équinoxes.

Il est prouvé par les observations astronomiques, que les poles, les solstices, les équinoxes, ont un mouvement retrograde, & vont continuellement d’orient en occident : par ce mouvement les points de l’écliptique reculent continuellement contre l’ordre des signes, de la quantité d’environ 50 secondes par an ; & ce mouvement retrograde est appellé précession ou rétrocession des équinoxes.

Or, comme les étoiles fixes sont immobiles, & que les points des équinoxes sont retrogrades, il s’ensuit que les étoiles doivent toujours paroître de plus en plus à l’orient par rapport à ces points, & qu’ainsi les longitudes des étoiles, qui se comptent depuis le premier degré d’aries, c’est-à-dire, depuis le point de l’équinoxe de printems, doivent croître continuellement. Voyez Longitude & Étoile.

C’est pour cette raison qu’aucune constellation n’est aujourd’hui au même endroit où les anciens astronomes l’avoient placée : du tems d’Hypparque les points équinoctiaux étoient aux premieres étoiles d’aries & de libra ; mais ces points en sont à présent fort éloignés ; & les étoiles qui étoient alors en conjonction avec le soleil au tems de l’équinoxe, en sont aujourd’hui distantes vers l’orient d’un signe entier, c’est-à-dire, de 30 degrés ; ainsi la premiere étoile d’aries est à présent dans la portion de l’écliptique appellée taurus : la premiere étoile de taurus est dans les gémeaux ; & les gémeaux sont en cancer. Voyez Signe & Constellation.

Les équinoxes qui retrogradent continuellement vers l’occident, reviendront enfin au premier point d’aries après plusieurs années ; & toutes les constellations reprendront alors leur premiere situation par rapport aux points des équinoxes ; la durée de cette révolution est de 25816 ans, selon Tycho ; de 25920, selon Riccioli, & de 24800, selon M. Cassini.

Les anciens, & même quelques modernes, ont cru faussement que les points des équinoxes étoient immobiles ; & ont attribué le changement de place des étoiles par rapport aux équinoxes, à un mouvement réel dans l’orbe des fixes, qu’ils supposoient tourner fort lentement sur les poles de l’écliptique ; selon ces Astronomes, les étoiles font leurs révolutions autour de ces poles en 25920 ans ; après quoi elles doivent revenir à leur premiere place.

Les anciens appelloient cette période l’année platonique, ou la grande année. & ils croyoient (mais sans aucun fondement) que quand cette période seroit finie, toutes choses recommenceroient dans leur premier état, & reviendroient dans le même ordre où elles étoient arrivées. Voyez An.

La précession des équinoxes fait que le tems qui s’écoule depuis un équinoxe de printems ou d’automne jusqu’à l’équinoxe suivant de printems ou d’automne est un peu plus court que le tems que la terre met à faire sa révolution dans son orbite. Voyez An.

Selon M. Newton, la cause physique de la précession des équinoxes vient de la figure de la terre, qui est, comme l’on sait, celle d’un sphéroïde applati vers les poles, & qui est telle, à cause de la rotation de la terre autour de son axe.

Ce phénomene vient en effet de la figure de la terre ; mais quelque ingénieuse que soit la théorie de M. Newton à ce sujet, elle laissoit encore beaucoup à desirer, & pour dire le vrai, elle étoit très-fautive & très-imparfaite. C’est ce que j’ai fait voir en détail dans l’ouvrage que j’ai publié en 1749, & qui a pour titre, recherches sur la précession des équinoxes, & sur la nutation de l’axe de la terre dans le système newtonien ; dans cet ouvrage j’ai résolu le premier exactement cet important problème d’astronomie physique, j’ai fait voir 1°. qu’en vertu de la figure applatie de la terre l’action du soleil & celle de la lune devoient produire dans les points équinoctiaux, un mouvement retrograde uniforme ; 2°. qu’outre ce mouvement l’inclinaison de l’orbite de la lune sur l’écliptique, & le mouvement de ces nœuds devoit produire une nutation dans l’axe, & une petite équation dans la précession, telles à-peu-près que M. Bradley les a observés. Voyez Nutation. Depuis ce tems j’ai fait voir dans les mémoires de l’académie des Sciences de 1754, que les mêmes lois de la précession & de la nutation auroient lieu, quand même les méridiens ne seroient pas semblables. Je renvoie le lecteur à ces différens écrits. (O)

En vertu de la précession des équinoxes, la différence entre le calendrier de l’horison & l’ordre des signes du zodiaque dans l’écliptique est très-considérable. Dans l’horison, le 21 de Mars répond au premier degré du bélier ; & ce premier degré touche l’équinoxe du printems, ou l’intersection de l’écliptique sur le premier degré de l’équateur au point de l’orient. Vous y trouverez de même le 22 Juin marqué vis-à-vis le premier degré de l’écrevisse, où arrive le point de l’écliptique le plus déclinant de l’équateur ; & c’est le solstice d’été. Vous y verrez ensuite le 23 Septembre placé vis-à-vis le premier degré de la balance, & à l’autre intersection de l’écliptique sur le 180 degré de l’équateur ; ce qui est l’équinoxe d’automne. Enfin on y voit le 22 Décembre placé vis-à-vis le premier degré du capricorne, où l’écliptique décline le plus de l’équateur avec le pole austral ; & c’est le solstice d’hiver. Si de dessus le bord de l’horison terrestre vous portez les yeux sur le globe terrestre, vous y trouverez à la vérité la marque abrégée du bélier auprès de l’intersection sur le premier degré de l’équateur ; mais les étoiles mêmes du bélier, & la figure de l’animal qui les embrasse dans son étendue, sont 30 degrés plus éloignés vers l’orient. Toutes les marques abrégées des autres signes sont placées sur tout le reste de l’écliptique, comme elles sont marquées dans l’horison. Mais les signes même, ou les animaux avec leurs étoiles commencent 30 degrés plus loin vers l’orient.

Les premiers astronomes eurent soin de poser les premiers degrés des signes du bélier, &c. aux points des équinoxes & des solstices. C’est ainsi qu’on comptoit depuis long-tems, & ils étoient persuadés que les étoiles qu’on voyoit dans ces points ne les quittoient jamais. Cependant peu-à-peu l’on s’est apperçu que la premiere étoile du bélier s’écartoit d’un degré du point de l’équinoxe vers l’orient, dans l’espace de 70 ans ; & enfin que tous les signes sont présentement avancés de 30 degrés vers l’orient. Mais ces points conservent encore aujourd’hui les noms des signes qui n’y sont plus.

Les Astrologues prétent à la balance des influences bénignes, au scorpion une impression de malignité, & aux autres signes des effets conformés à la nature des animaux ou des objets, dont ces signes portent le nom. Ils prétendent sur-tout que toute l’activité de l’influence se fait sentir au moment que tel ou tel signe commence à monter sur l’horison ; mais leur prétention est bien vaine, puisque, quand ils disent qu’un homme est né sous le dangereux aspect du scorpion, c’étoient réellement la balance, qui montoit alors sur l’horison ; que ce sont les gémeaux qui y montent, quand on dit que c’est le cancer, & ainsi des autres. Article de M. Formey, qui l’a tiré du spect. de la nature, t. IV. p. 378. »

 

 

Or, en 1697 , Eustache Le Noble (et non Lenoble), baron de Saint Georges, dans le sixiéme et dernier volume de son Uranie ou Tableaux des philosophes – qui connaitra des rééditions au début du siècle suivant dans le cadre des Œuvres complétes de l’auteur,  (cf notre étude sur l’Astrologie du Livre de Toth, Paris, Tredaniel, 1993. sur www.leslibraires.fr. … Suivie de « Recherches sur l’histoire de l’astrologie et du tarot ») aborde la question de la précession des équinoxes  dans la partie astrologique de l’Uranie,  Patrice Guinard, article

« Eustache Lenoble (1643-1711): Un Bilan
sur l’Astrologie à son déclin
(Avec des extraits de son Uranie, ou les Tableaux des Philosophes) »

Dans  son volume astrologique, Le Noble y prend ses distances  d’avec le symbolisme zodiacal dont il souligne le caractère purement de commodité, de méta-langage et il explique que ce qui compte ce sont les axes équinoxiaux et solsticiaux, qui divisent en 4 l’écliptique et qu’il importe de déconnecter d’avec le nom des signes et des constellations. Autrement dit, l’on peut certes continuer à utiliser une telle terminologie dès lors que celle –ci respecte la dite précession des équinoxe alors que les adversaires de l’astrologie, de l’Art de penser de Nicolle et Arnaud jusqu’à l’article de la Grande Encyclopédie, entendent par ce moyen  saper les bases mêmes de l’astrologie.

 

 

Article Précession :

« Les Astrologues prétent à la balance des influences bénignes, au scorpion une impression de malignité, & aux autres signes des effets conformés à la nature des animaux ou des objets, dont ces signes portent le nom. Ils prétendent sur-tout que toute l’activité de l’influence se fait sentir au moment que tel ou tel signe commence à monter sur l’horison ; mais leur prétention est bien vaine, puisque, quand ils disent qu’un homme est né sous le dangereux aspect du scorpion, c’étoient réellement la balance, qui montoit alors sur l’horison ; que ce sont les gémeaux qui y montent, quand on dit que c’est le cancer, & ainsi des autres. «

C’est dire que l’auteur de l’article et les éditeurs qui l’ont choisi pour cette tâche ignorent les propositions d’Eustache Le Noble- rééditées  en 1718 et 1726-  – et s’en tiennent à une idée figée du savoir astrologique, ce qui ne cessera d’être le cas jusqu’à nos jours, privilégiant la pratique générale en vigueur sur les travaux de recherche en cours. Le Noble écrivait notamment : « La division tropique évite de s’intéresser aux noms des signes et évite la question de la précession » (p. 59)

Mais une telle présentation exige en effet de la part des astrologues qu’ils n’accordent pas de signification aux signes zodiacaux mais seulement aux axes. C’est ce que nous avions proposé dès 1976 dans Clefs pour l’Astrologie en insistant sur l’importance du passage des planétes sur les dits axes « tropiques ».

D’ailleurs, à la fin du XVIIIe siècle, les études consacrées à la précession des équinoxes débouchant sur la théorie des ères précessionnelles  (cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, 1979 et Le texte prophétique en France, thèse d’Etat, Paris, 1999) ne s’appuyèrent-elles point sur le « point vernal »  c’est-à-dire sur l’un des pôles en question. Eustache Le Noble parle d’un « point équinoxial » et découpe le système entre 4 périodes s’étendant d’un équinoxe à un solstice et d’un solstice à un équinoxe ? Selon nous, l’on prenait la peine de noter à quelle étoile correspondait l’équinoxe de printemps dans l’hémisphère nord car c’est cette étoile qui « incarnait » ponctuellement le dit équinoxe et l’on avait noté que l’étoile équinoxiale changeait au bout d’un certain temps. En ce qui concerne les 4 étoiles fixes  royales, Aldébaran, Régulus, Antarés et Fomalhaut, elles furent probablement, à un certain stade, associées à ces 4 points.

Or, on aura jeté le bébé avec l’eau du bain quand au lieu de conserver la référence à ces quatre points saisonniers, d’aucuns, tel un André Barbault, et ceux qui emboiteront ses pas, décideront de n’accorder d’importance, en astrologie mondiale ni aux signes ni aux dits points, comme cela ressort de ce qui parut autour du cycle Saturne- Neptune ainsi qu’autour de ‘l’indice cyclique, suivant en cela  l’astrologie de Kepler (cf Gérard Simon ;, Kepler, astrologue astronome ; Paris ; Gallimard, 1979)

 

 

 

JHB

31 07 21

 

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