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Jacques halbronn Le divorce Astrologie- Astronomie à la fin du XVIIe siècle.

Posté par nofim le 27 août 2021

 

 

Bulletin  de la BURA (Bibliothèque  Universitaire de Recherche Astrologique)

 

 

 

 

Le  divorce  Astrologie Astronomie à la fin du XVIIe siècle

par  Jacques  Halbronn

En 2003  Hervé Drévillon   résumait ainsi  son ouvrage  Lire et  écrire l’avenir (1996) ainsi :  cela ‘permettait de « comprendre  pour quelles  raisons  culturelles et politiqsues – et  non pas scientifiqies(   l’astrologie  a été disqualifiée au XVIIe siècle »  (Nostradamusq, l’éternel  retour, Gallimard 2003, p. 119)

Or, le débat autour des  signes  du  Zodiaque, de la précession des  équinoxes, ne reléve pas, à proprement parler, de « raisons culturelles et politiques » et la façon dont la pratique de l’astrologie fait probléme , contrairement à ce qu’écrit Patrice Guinard,  à propos d’Eustache Lenoble, n’est pas davantage  la clef du problème, vieux cheval de bataille  chez les  astrologtues eux mêmes, qui consiste à stigmatiser  une  astrologie « populaire », de presse, face à une  astrologie « savante », « scientifique »,  informatique, capable d’appréhender la personnalité de chacun dans toute sa spécificité..

Il convient d’abord de signaler que l’astronomie  de l’époque  aura connu bien des soubresauts, des remousn qui auront pu  déstabiliser les  astrologtues ; Les astronomes sont devenus en quelque sorte imprévisibles  avec Copernic, Galilée  et Kepler et à partir du XVIIIIe siècle,  le systéme solaire va s’enrichir de nouvelles planétes, à commencer, en 1781, par un astre au delà de Saturne qui sera bientôt  baptisé Uranus, après que l’on ait proposé  Herschell, le nom de son « inventeur », d’où le H  qui forme le glyphe de cette planéte..

Par ailleurs,  lles astrologues sont interpellés au sujet de la précession des équinoxes et là encore l’astronomie est sur la sellette puisque cela met en évidence  que l’on ne peut se fier  à ses données. Comme le note  le professeur d’astrologie Antoine de Villon  (Usage des éphémérides ) en 1624, l’on se trouve  en face de deux zodiaques, lequel  est le bon ?

Enfin, il esr reproché à l’astronomie  un  « méta-langage » , certes pittoresque à base de dieux (pour les planétes)  et d’animaux (pour les constellations) qui excuitent l’imagination du profane.(cf Eustache Lenoble,  Uraniesn 1697). alors qu’ile ne sont que de simple  convenance et tout à  fait  arbitraires, au demeurant. Le fait que par la suite,  comme on ll’a noté plus haut, les astronomes se soient complus, par la suite,  à conférer des nnoms de dieux de la mythologie à leurs dernières découvertes met en évidence  une certaine désinvolture de leur part.

Autrement dit,  l’astronomie  poserait un double probléme pour l’astrologie :  un savoir incertain, ambigu,  et  un langage fantaisste..  Quels liens l’astrologie doit-elle entretenir avec l’astrologie. Est ce que ce sont les astrologues ou bien plutôt  les astronomes qui ont produit, au cours des âges  toute cette symbolique  à base de fables dont d’ailleurs  traiteront les historiens du Ciel, comme l’Abbé Pluche, au milieu du XVIIIe siècle ? D’aucuns diront que l’on ne saurait séparer Astronomie et Astrologie dans l’Antiquuité . C’est un lieu commun chez les historiens de l’astrologie.

Prenons le jugement de Micheline  Grenet sur Kepler (La passion des astres au XVIIe siècle. De l’astrologie à l’astronomie. Hachette, 1994, pp. 62  et  seq) : « Comment un contemporain de Kepler  pourrait-il mettre en doute la qualité scientifique de l’astrologie dès lors qu’elle est pratiquée par un maître éminent ? » C’est oublier que Kepler entendait réformer l’astrologie de fond en comble (cf Gérard Simon, Kepler, astrologue astronome, Paris, Gallimard, 1979) laissant de côté tout une terminologie que l’astronomie  continuera par tradition et jusqu’à ce jour,  à  utiliser mais dont l’astrologie n’a que faire.

Qu’écrit l’historien allemand Wilhelm Knappich à propos  des « causes de  la  décadence » de l’astrologie ( Histoire de l’astrologie . trad. De l’allemand, 1986) ? Il insiste sur un certain décrochage mais il néglige d’aborder le point de vue des astrologues eux-mêmes quelque part déconcertés par certaines facettes  d’une astronomie se voulant à la fois en pleine remise en question et à la fois perpétuant tout un « méta-langage » dont elle ne parviendra jamais à s’abstraire.

En ce qui concerne la création de l’Académie des Sciences en 1666, nous avons montré que l’astrologie n’avait pas été exclue  par Colbert lequel, bien au contraire, avait obtenu que les académiciens en débattent– et Hervé Drévillon n’aura fait que reprendre nos travaux sur ce point, sans les citer même en notes de bas de page (Lire et écrire l’avenir.L’astrologie dans la France du Grand siècle -1610-1715), Champ Vallon, 1995, pp. 212  et seq).

Le  débat existe bel et bien à l’époque entre détracteurs et défenseurs de l’astrologie et c’est notamment le cas de Gassendi et de Jean-Baptiste Morin –Bordelon publiera un Entretien curieux de l’astrologie judiciaire où il met en face à face un tenant de chaque camp : De l’astrologie judiciaire, entretien curieux où l’on répond d’une manière aisée et agréable à tout ce qu’on peut dire en sa faveur, et où l’on fait voir en même temps la superstitieuse vanité de sa pratique.

Paris, L. Lucas & Et. Ducastin, 1689,  Quant à Morin, Professeur au Collége Royal,  il annonce une nouvelle Astrologie (à venir dans une Astrologia Gallica, posthume et peut être inachevée) qui se sera débarrassée de ses oripeaux (cf le Recueil de Lettres,  entre les divers protagonistes, 1650, Bib. Arsenal et notamment l’invective de François  de  Barancy). Ce  Recueil  précise  en son  titre  que « par occasion il  est traité d’astrologie  judiciaire »  On y relate les propose du dit Morin : » Mon Astrologie qui n’est pas habit de friperie  rapiécé  de quantité de vieilles & différentes opinions (…) mais c’est  un habit neuf garny de belles & véritables résolutions capables d’instruire &  contenter  les esprits  et un travail non desrobé »  On voit bien que le reproche fait alors à l’astrologie  est de ressasser les mêmes notions  au lieu  de se repenser comme a réussi à le faire l’astronomie du temps. En cela, l’astrologie détone.

On n’est donc pas ici dans des considérations extrascientifiques comme le laisse entendre Drévillon (cf supra) et la dimension sociale  est certes plus facile à appréhender pour certains historiens actuels que les éléments d’un débat dont ils n’ont pas vraiment envie de se soucier. En fait, nombreux qui se présentent au chevêt de l’Astrologie – à la façon des médecins du Malade Imaginaire- pour parvenir à la sauver.

En définitive, selon nous, on assiste à la crise d’un vieux couple (expression que nous avions utilisée en 1985 en sous titre de notre Monde Juif et l’Astrologie). La séparation nous semble devoir s’expliquer par des orientations devenues incompatibles. L’astronomie  a su se réformer mais l’astrologie tarde à le faire. L’astronomie acquiert une honorabilité sociale –les astronomes vont être pensionnés  et n’auront plus à dépendre peu ou prou de quelque pratique astrologique comme gagne-pain, à l’instar d’un Kepler : on fonde l’Observatoire de Paris en 1666.  Mais comme on l’a dit, une certaine élite astrologique va mettre toute une partie du savoir astrologique  sur le compte des astronomes, les astrologues n’ayant fait que le reprendre à leur compte.

On touche là à un probléme essentiel pour l’Histoire de l’astrologie, à savoir précisément ses rapports avec l’astronomie. Les astrologues et les astronomes  ne poursuivent pas les mêmes buts et on notera qu’aussi bien Antoine de Villon qu’Eustache Le Noble, à plus d’un demi-siècle de distance,  ont une approche que l’on pourrait qualifier d’ethnologique : ils ne disent pas ‘L’astrologie » mais « Les astrologues », c’est-à-dire des communautés s’articulant sur un certain savoir et il est clair que les astronomes ont fourni aux astrologues une grande partie de leurs outils alors que trop souvent on a semblé croire que c’étaient les astrologues qui avaient baptisé les constellations zodiacales. Le Noble explique que ces nominations  étaient le fait des astronomes qui ne leur accordaient d’ailleurs pas de grande importance. Par conséquent, l’astrologie n’aurait que faire de les prendre pour plus qu’elles ne signifiaient. Autrement dit, l’astrologie aurait été  comme colonisée par l’astronomie et il était temps qu’elle se libére d’une telle emprise. Rappelons d’ailleurs que ce sont dans bien des cas les astronomes qui auront souhaité  annexer l’astrologie : la Tétrabible n’est-elle pas l’œuvre de l’astronome Ptolémée discrédité par Copernic ? Cet ouvrage ne saurait donc faire autorité !

On est là dans une sorte de dépit amoureux avec des torts respectifs.  On voudrait faire chambre à part.  Mais comme on l’aura noté plus haut, qui aura  forcé les astronomes du XIXe siècle à continuer la série mythologique pour les planétes invisibles à l’œil nu ? Il est vrai que bien des astrologues auront considéré ces astronomes comme des sortes de prophétes, apportant les pièces qui manquaient à leur puzzle et par-dessus le marché en leur conférant  une signification.

Terminons  avec la thèse de Gérard Simon consacrée à Kepler lequel incarne bel et bien une volonté de réformer et de purger l’astrologie de ses scories.

(Kepler, astrologue  astronome, 1979)  Dans un paragraphe intitulé  « Le Zodiaque : repérage  iy division  conventionnelle? » (pp 96  et  seq),  Simon  se référe  à « Sur une Etoile  Nouvelle »: Kepler y  explique ce qu’il rejette et  ce qu’il  retient: Il s’agit d’échapper aux « objections » d’un Pic de la Mirandole  et l’on notera que nombre d’astrologues du XVIIe siècle, en France, font état d’objections  en se proposant d’y répondte. Les arguments de Kepler seront repris par Le Noble. « toute prédiction   fondée  sur les  dénominations ou les  symboles résulte,  résume  Simon  d’une  confusion  entre les  mots et les choses/ IL ne faudrait garder que ce qui est naturel  et ne pas mettre sur le même plan les données scientifiques de l’astronomie  et  l’arbitraire de son langage. Tout ce qui vient des astronomes n’est pas or. D’où l’intérêt  de distinguer entre l’astronomie  et  les pratiques des astronomes. Or, force est de constater que la division en 12 de l’écliptique  s’est perénisée jusqu’à ce jour, ce qui conduti les astrologues  traitant de l’Astrologie  à ne pas entendre, à ne pas comprendre les réformes radicales prpposées, à savoir qu’il ne faudrait garder du Zeodiaque que  4 points, aux équinoxes et aux solstices. Mais en rejetant la division en 12, on remet en question, ipso facto , le dsspositif des domiciles des planétes exposé dans la Tétrabible.

Dans  notre ouvrage consacré à Etteilla (Bib Arsenal), paru en 1993 (Ed Trédaniel en diptyque avec  notre édtion  de Nicolas Bourdin  et de son Commentaire du Centiloque,), nous avons montré que c’est bien plutôt dans le cours du XVIIIe siècle que dans celui du XVIIe siècle, que la rupture se sera produite au moins pour un siècle. Etrangeement,  par inadvertance, Drévillon  qualifie l ‘ouvrage de « traité savant »  -sans remarqier qu’il s’agit de la réédition de l’Uranie de Le Noble!!!- Or, avec Etteilla (1788), si le traité reste ce qu’il est, il n’est plus besoin d’astronomie pour le mettre en pratique. ( L’astrologie du Livre de Toth  suivie de « Recherches sur l’histoire de   l’astrologie du tarot) « A la place des données  astronomiques,  Etteilla, connu pour son tarot, propose de recourir à la numérologie et à la cartomancie. Précisons que la situation ne sera pas la même Outre Manche où l’astrologie  resrtera fidéle à l’astronomie.  Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, que l’astrologie française suivra l’exemple de l’astrologie anglaise.(cf  La vie astrologique il y  a  cent ans, Ed Trédaniel, 1992  avec des contributions de Patrick Curry  et  de Nicholas Campion,  historiens  britanniques.

 

 

 

JHB

27 08 21

 

 

 

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