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Jacques Halbronn Eustache Le Noble et la critique historique de l’astrologie.

Posté par nofim le 28 août 2021

 


Bulletin  de la BURA (Bibliothèque  Universitaire de Recherche Astrologique)

 

 

 

 

 

 

 

 

Eustache Le Noble et la critique historique de l’Astrologie

 

Par Jacques  Halbronn

 

Une lecture trop rapide des exposés astrologiques de l’Uranie d’Eustache Le Noble aura conduit Patrice Guinard à  trahir  la pensée de l’auteur. En fait, Le Noble s’inscrit dans le courant critique qui parcourt tout le XVIIe siècle (cf  notre post doctorat. Le dominicain Jean de Réchac  et la naissance de la critique nostradamique, EPHE  2007) et qui correspond à une voie intermédiaire entre le rejet et l’apologie, ce qui peut déconcerter certains observateurs.  Le Noble déconstruit l’astrologie et son œuvre appartient au XVIIIe siècle et annonce l’Histoire du Ciel de l’Abbé Pluche, dans les années 1740.(cf notre étude in L’Astrologie du Livre de Toth, Paris, Trédaniel, 1993)

Nous en donnerons ci-dessous des exemples qui ont pu induire en erreur ceux qui auraient voulu voir en lui un héraut de l’astrologie – Guinard parle en 1986 d’une   »Apogée de l’astrologie française à la fin du XVIIe siècle », (en Astralis , 19, Lyon, 1987) )  alors qu’il s’agirait plutôt d’un enterrement .

Le Noble «   Il est à coire qu’ils commencerent par la division des douze constellations qui composent le zodiaque, & qu’ayant vû [p.158] que pendant l’année de la révolution du Soleil la Lune se joignoit douze fois à lui, & revenoit douze fois dans son plein, ces douze lunaisons qui à onze jours & huit heures près égaloient cette révolution solaire, les obligerent à partager en douze parties la ligne Equinoxiale, et cet espace qui de côté & d’autre s’étend jusqu’aux deux tropiques, & sert de route aux planetes.
Cette division n’étoit point imaginaire, & ils y furent déterminez par une raison très solide ; non seulement à cause de ces douze stations de la Lune, mais parce que le Soleil en douze mois passant deux fois la ligne Equinoxiale, et puis s’écartant à droite & à gauche jusqu’aux deux points des tropiques, coupe & divise réellement l’année en quatre parties égales, qui font les quatre saisons ; & chaque saison ayant son commencement, son milieu & sa fin qui la subdivisent réellement en trois parties de differente température, on ne pouvoit pas imaginer une division plus naturelle du Ciel que de le partager en douze parties, dont trois seroient attribuées à chaque saison »

Ne nous trompons pas : Le Noble n’est pas ici en train de justifier  un processus qu’il attribue d’ailleurs aux astronomes et non aux  astrologues et l’on est  en plein dans la pratique d’un méta-langage dont les auteurs n’ignorent pas le caractère arbitraire.

.D’ailleurs Le Noble  conclut :    «  Voilà de quelle maniere ils diviserent le zodiaque ; d’où l’on peut voir l’impertinence des Astrologues, d’attribuer à ces constellations des influences qui répondent à la nature des animaux dont on leur a donné le nom, puisque ces noms qui ne servent qu’à désigner les effets de l’approche ou de l’éloignement du Soleil, ne conviennent pas mieux à ces constellations » Autrement dit,  le Zodiaque des  astrologues doit être lié aux 4 saisons et celui des astronomes  à la  symbolique animale qui leur chante.. On voit là l’expression d’une démarcation  face à une astronomie dont certaines facettes  fantaisistes défigurent l’astrologie.

Le ton  est donné en une certaine ironie  d’où la formule : « ils ont cru », qui signifie  « ils ont cru bon »….

«  Après que les Astrologues eurent divisé les signes du zodiaque en trois signes de feu, trois de terre, trois d’air, & trois d’eau, c’est-à-dire, en leur attribuant les qualitez de ces élémens, ils ont cru que les planetes avoient quelque domination particuliere sur certains signes, ou du moins qu’ils étoient plus sympatiques avec les uns qu’avec les autres; ce qui les obligea à leur assigner à chacun des domiciles propres, & voici de quelle maniere ils ont fait le partage de leur empire. »

Que dire de cette condescendance de la part  de Le Noble ? Il ne faudrait pas trop en attendre .

«  Car de s’imaginer que dans un art conjectural, & qui ne s’est établi que sur des expériences dont souvent les causes sont cachées [p.238] dans le sein profond de la nature, on ne doive reconnoître aucune régle que celles dont on aura une preuve & une certitude matématique, ce seroit vouloir exiger d’un art fautif plus que l’on n’exigeroit d’une vraye science. »
Comment Guinard  comprend les propos d’Eustache Le Noble ?

. » Contrairement à Kepler, il est persuadé de la validité du zodiaque, des maisons et même des domiciles. En ce qui concerne les signes, il écrit: « j’aime mieux croire que les anciens après de très-longues experiences ont reconnu dans quelques uns de ces signes quelque qualité dominante qui les a déterminés à cette division : ainsi quoi qu’à mon sens elle n’ait aucun fondement solide et naturel. » (p.232) »

Non, Le Noble n’est pas « persuadé » – on vient de le voir- de « la validité  du zodiaque (…) et même (sic) des domiciles » !

Nous-mêmes, dans les Mathématiques Divinatoires ( Paris, Trédaniel, 1983, Préface de Jean Charles Pichon) avons mis en évidence diverses cohérences sous jacentes  tout comme l’on peut décrire  et établir la grammaire d’une langue laquelle ne sera jamais qu’une langue, même restaurée dans sa logique première.

Le Noble introduit une dose de diachronie dans son approche synchronique.Il  décrit certes un  « ethno-savoir » (f  Le milieu astrologique, ses structures et ses membres,  DESS Paris VIII, 1995) mais il le désosse, le décortique voire le psychanalyse.

En fait, l’Uranie  reprend des développements  de   sa Dissertation chronologique et historique sur la naissance de Jésus-Christ,- Paris,  par Monsieur Le Noble, Baron de S. Georges. Paris    1693.  « J’avoue  avec Pic de la Mirandole  que ces noms  de Bélier,  de Taureau  & d’autres animaux qui leur ont été imposez  sont purement  imaginaires » (p. 198) Ce passage se retrouve dans l’Uranie (1697). On notera que la théorie des ères précessionnelles, telle qu’elle s’est développée depuis la fin du XVIIIe siècle aura conféré au symbolisme zodiacal une nouvelle emprise. Kepler  avait  abordé cette question à la lumière de la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne,

JHB

28 08 21

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