Jacques Halbronn Le mauvais copieur est il un créateur?

Posté par nofim le 16 octobre 2021

Jacques  Halbronn   Le mauvais copieur est il un créateur?

 

En 1990, il y a 30 ans, nous avions participé à un collectif avec Anne Rose et Alain Kieser sur les Eloges paradoxaux ( Ed Le Lierre et le Coudrier). Nous avions notamment contribué par un texte, issu de l’un de nos mémoires de linguistique,( LINGUISTIQUE DE L’ERREUR ET EPISTEMOLOGIE POPULAIRE.1987)   intitulé « Créativité de l’erreur ». Il y a là en effet comme une sorte de paradoxe: si le copieur est fidéle à son modéle, il se verra accusé de plagiat alors que s’il trahit peu ou prou celui-ci,on insistera sur ce qui différe du dit modéle, ce qui permettra de relativiser l’ampleur de l’emprunt; L’erreur de copie, le contre-sens seraient alors la planche de salut du plagiaire, de l’emprunteur, du pillard.

La question qui se pose ici est celle de la cause du décalage entre la copie et l’original. Autrement dit, ce qu’on appelle erreur ne serait-il pas, au contraire, la preuve de l’originalité, de l’idiosyncrasie de l’emprunteur?  IL est clair que nombre d’emprunts du  français à l’italien sont marqués par un refuse du français de recourir au « o » et au « a » à la fin des mots. Si Leonardo devient Léonard, cela ne tient pas à une erreur de lecture mais à une volonté de profiler le terme emprunté de façon à ce que celui-ci ne détone pas dans le paysage.  En revanche, dans le cas de l’anglais, le résultat obtenu ne reléverait pas d’un processus d’intégration, d’assimilation de tel mot ou de telle série de mots mais d’une sorte d’apartheid linguistique, comme dans le cas des participes  avec finale en « ed » (à une époque où le français traitait ainsi le  participe avant de passer  au « é », ce qui permet de dater l’emprunt. En fait, l’emprunt parfaitement fidéle à l’original est l’exception si l’on considéré la question de la prononciation orale et ne se limite pas à la forme écrite. C’est ainsi que l’anglais n’aura pas réussi à capter les régles de prononciation de l’écrit français qui d’ailleurs sont en grande partie « non écrites ». A de rares exceptions près, il ne proinonce pas « correctement » les mots français, ce qui lui permet  ipso facto de se différencier du français. 

Si l’on passe du champ linguistique au champ  culturel, l’on se demandera par exemple si certaines spécificités du christianisme ne sont pas dues à des erreurs d’interprétation de textes bibliques plutôt qu’à une idéologie au départ radicalement différente. Comme on dit : errare humanum est, perseverare diabolicum.  Une fois l’erreur décelée, convient -il de la corriger?

 

 

JHB

16 10 21

 

 

 

 

 

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