jacques Halbronn La confusion des marqueurs de genre dans les Livres de la Genése et de l’Exode. L’étrangeté à la langue.
Posté par nofim le 29 juin 2023
jacques Halbronn La confusion des marqueurs de genre dans les Livres de la Genése et de l’Exode. L’étrangeté à la langue.
L’objet de la présente étude critique -au sens de la critique biblique- est d’aborder la question de l’Ancien Testament sous l’angle de la critique linguistique en revenant sur la question des marqueurs de genre, point que nous avions d’ailleurs déjà abordé précédemment.. La question qui se pose en filigrane est celle de l’étrangeté d’un peuple par rapport à « sa » langue. Que peut-on conclure en effet quand on constate une méconnaissance du fonctionnement d’une langue de la part de ceux là mêmes qui la revendiquent pour leur? C’est ce que l’on appellera le syndrome de l’étrangeté à la langue . Le corpus sur lequel nous travaillons ici concerne des épisodes majeurs de la Bible juive, à savoir l »expose des Dix Commandements, la crise du Jardin d’Eden et l’annonce à Sarah de la naissance d’un enfant (à rapprocher de l’ Annonce à Marie, tout comme le sacrifice d’Isaac le serait à la Crucifixion de Jésus, le « fils » du « Père) Notre méthode consiste à établir une norme et à apprécier son (non) respect.
Les marqueurs de genre en hébreu sont les suivants, du moins selon notre analyse : le masculin est censé être plus bref que le féminin; ce que l’on retrouve en français (cf nos travaux sur ce point) Aussi, la forme la plus « contractée » correspondra-t-elle ua masculin tout comme en français beau par rapport à belle, vieux par rapport à veille etc.
On prendra le cas de la formation du futur en hébreu: Tigmor, tu finiras, ou impératif finis quand on s’adresse à un homme , Tigmeri, à une femme. Au présent, à un homme Ata Gomer, A une femme At Goméret, combinatoire étrange puisque le pronom a une finale féminine et le verbe au masculin est plus court qu’au féminin et vice versa! Apparemment, cela ne choque personne!
C’est justement le cas pour le décalogue de façon répétée.(cf Exode XX). Mais alors comment se fait-il que pour le posssessif, la forme longue avec le suffixe « Kha » soit réservée au masculin et la forme courte (Kh avec le sheva) au féminin? Or, ce processus est confirmé avec le pronom personnel en hébreu: Ata seconde personne du singulier s’adressant à un homme et « At », à une femme. En effet, le signe sheva est un facteur de racourcissement et correspond en français à ce qu’on appelle couramment le « e muet »n auquel nous avons consacré plusieurs articles. Ce sheva se marque par deux points superposés.
Si l’on aborde le corpus bilingue ci dessous, on observera qu’il est utilisé quand on s’adresse à une femme et que c’est le qamats qui prévaut quand on s’adresse à un homme. Le Commendement sur le Shabbats (ci dessous) est révélateur d’une certaine confusuon, cette fois dans la marqque de futur. La phrase débute par « Taawod » et se prolonge par « Vaassita » qui est un futur sur le mode du Vav inversif, soit deux pratiques distinctes dans une seule et même phrase et ce » Vaassita » qui transforme un passé en futur, est marqué par une finale fémine en « a » car le passé hébreu a des suffixes liés aux pronoms personnels (Ata)! On retrouve cette même incohérence dès les premiers versets de la Genése avec le « Bara » et le Vayomer, tous deux censés indiquer un passé..
| שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. | 8 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires, |
Cette étrangeté à la langue est d’ailleurs le pendant d’une étrangeté à l’Histoire. Le fait de placer au centre de la liturgie du Shabbat le « Ecoute Israel » qui s’adresse au Royaume du Nord dissident, est le signe d’une culture qui véhicile un savoir qui lui est étranger et dont elles ne maitrise pas ou plus les tenants et les aboutissants. (cf nos travaux sur ce point) Quelque part, le non respect de la systémique de genre de l’hébreu est assimilable à un sacrilége commis quotidiennement, en Israel par le biais d’un hébreu que l’on n’aura pas su tout au long du XXe siècle, réformé. Quelle « renaissance » donc?
CORPUS On mettre en évidence le recours erroné en hébreu « vocalisé » (nekoudé au possessif KHA pour le masculin et K + sheva pour le féminin
EXODE III
| ו וַיֹּאמֶר, אָנֹכִי אֱלֹהֵי אָבִיךָ, אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק, וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב; וַיַּסְתֵּר מֹשֶׁה, פָּנָיו, כִּי יָרֵא, מֵהַבִּיט אֶל-הָאֱלֹהִים. | 6 Il ajouta: « Je suis la Divinité de ton père (kha), le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… » Moïse se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur. |
EXODE XX
Genése Ch III
Genése XVIII
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